L'Eau Magazine n°23 jun à oct 2014
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Dossier - Gestion des eaux pluviales Depuis la fin des années 1990, le Siaap s’est doté du modèle de gestion dynamique appelé Mage (Modèle d’aide à la gestion des effluents). d’années, des réseaux séparatifs ont été construits  : les eaux usées partent d’un côté, vers les stations d’épuration ; les réseaux d’eaux pluviales vont de leur côté, vers les exutoires. Cette organisation a l’avantage d’éviter de surcharger les réseaux d’assainissement. En effet, jusquelà toutes les eaux – usées et pluviales – transitaient dans le même réseau dit « unitaire ». C’est encore le cas dans quelque 25% du linéaire en France. Dans ce cas, lors des événements pluvieux les eaux usées sont diluées par des eaux claires, et « cela gêne le fonctionnement des stations d’épuration », rappelle Patrick Fauvet, directeur des Réseaux au Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (Siaap). En outre, si la quantité d’eaux pluviales est importante, les déversoirs d’orage envoient dans les milieux un mélange d’eaux usées et d’eaux pluviales non traitées. Toutefois, l’existence d’un réseau séparatif ne garantit pas contre les pollutions, car les eaux pluviales sont souvent polluées. « Même s’il est possible d’installer des traitements des eaux pluviales sur les réseaux séparatifs, une des grandes difficultés reste liée à l’alimentation de ces réseaux qui est très fluctuante », note Laurent Monier, ingénieur en exploitation des réseaux et de l’assainissement par temps de pluie chez Veolia Environnement. En outre, « les réseaux strictement pluviaux ont toujours été un peu les parents pauvres des réseaux. L’eau et l’assainissement ont chacun leur budget propre, alors que ce n’est pas le cas du pluvial qui dépend du budget général. Il n’y a donc généralement pas de moyens pour aller loin dans les traitements », explique Vincent Parez, responsable de la direction Technique et performance de Veolia Environnement. 62 Siaap Motiver les maîtres d’ouvrage « Sur un budget annuel de 300 millions d’euros, l’agence de l’eau Loire Bretagne ne dépense que 400 000 euros par an pour le pluvial », regrette Philippe Agenet, chargé de mission Assainissement non collectif et Eaux pluviales à l’Agence de l’eau. Elle ne possède en effet pas d’enveloppe dédiée à cette thématique « mais pourrait en créer une lors de la révision courant 2015 de son X e programme à mi-parcours, si la demande existe », reconnaît Philippe Agenet. D’où son implication pour motiver les maîtres d’ouvrage  : « Nous avons lancé en 2013 une étude auprès des collectivités pour recueillir des bonnes pratiques en matière de gestion des eaux pluviales. En sont sorties trente fiches détaillant des réalisations exemplaires. Il y a au moins une ville par département, pour faciliter les visites par des collectivités voisines. Nous organisons aussi des colloques sur le sujet, au cours desquels interviennent des collectivités locales. Un réseau de villes se crée ainsi sur ce sujet. » Aujourd’hui, cette direction est donc souvent sollicitée pour accompagner la mise en conformité des raccordements aux réseaux. Le but est d’éviter que des eaux usées viennent polluer le réseau d’eaux pluviales, et vice-versa. D’autre part, les deux spécialistes notent un regain d’intérêt pour les techniques alternatives de gestion citées plus haut, en amont des réseaux séparatifs. Allant dans ce sens, Veolia Environnement travaille notamment sur un avaloir dépolluant pour les réseaux d’eaux pluviales et unitaires. Cet équipement comprend un dégrilleur pour piéger les déchets grossiers, puis un décanteur lamellaire capable de filtrer les pollutions plus fines. Les polluants sont stockés puis évacués pour traitement. Les niveaux de déchets et d’eau dans la cuve sont contrôlés et pilotés à distance par télérelève. Un prototype est testé à Arcachon depuis fin 2013. Les eaux filtrées y rejoignent le réseau d’eaux pluviales, qui se déverse en mer. Ce type d’équipement est à même de préserver la qualité de l’eau de la baie. Mieux gérer les réseaux unitaires Les difficultés liées à la gestion des eaux pluviales dans les réseaux unitaires ont été soulignées plus haut. Toutefois, ici aussi des solutions innovantes sont peu à peu mises en place. « Nous passons d’une gestion réactive des réseaux à une gestion en temps réel. Nous nous efforçons de faire cette transition en minimisant la création de nouveaux ouvrages. À Saint-Étienne par exemple nous utilisons tout d’abord les vannes actionnables à distance déjà présentes sur le réseau, et les prévisions météo, pour mieux piloter le stockage en réseau et la sollicitation de la station d’épuration. Puis nous affinerons la régulation sur L’eau magazine juin juin 2011 2014 N°17 N°23
ces vannes. Les gains sont rapides car la gestion statique des installations existantes n’est généralement pas optimale », décrit Guillaume Binet. Les réseaux et les stations d’épuration sont ainsi utilisés pour leurs capacités respectives de stockage et de traitement afin de réduire les déversements. Cette gestion optimisée doit permettre aussi de minimiser les risques d’inondations. Au Siaap, une gestion dynamique des réseaux a été mise en place dès la fin des années 1990. Aujourd’hui, le syndicat veut aller plus loin notamment « sur le volet qualitatif. Nous réfléchissons au couplage entre notre modèle de gestion dynamique appelé Mage (Modèle d’aide à la gestion des effluents du Siaap) et le modèle ProSe du groupement de recherche sur la Seine (Piren-Seine) 1 », explique Patrick Fauvet. ProSe est un modèle mathématique de la qualité de la Seine qui étudie l’impact des rejets de temps de pluie. Patrick Fauvet poursuit  : « En mesurant sur nos effluents des indicateurs tels que les matières en suspension, la DBO5 2, les nitrates, le phosphore, nous pourrions estimer la charge transitant dans les réseaux pour l’orienter au mieux vers l’usine qui abattra au mieux cette eau. En combinant ces informations avec celles de ProSe, nous pourrions diriger les effluents traités vers l’exutoire le mieux à même de les recevoir ». Du puits d’infiltration au réseau de plusieurs milliers de kilomètres, la dynamique de progrès a donc un même objectif  : s’assurer que les eaux pluviales ne sont pas une nuisance pour le milieu naturel. L’atteinte des objectifs de la directive-cadre sur l’eau en dépend aussi. Caroline Kim 1 Piren-Seine est un groupement de recherche dont l’objectif est de développer, à partir de mesures de terrain et de modélisations, une vision d’ensemble du fonctionnement du réseau hydrographique de la Seine, son bassin versant et la société humaine qui l’investit. 2 DBO5  : demande biochimique en oxygène pendant 5 jours, paramètre permettant de mesurer la quantité de matière organique biodégradable. Une taxe « vertueuse » mais rarement mise en œuvre La création de la taxe pluviale en 2010 avait pour objectif d’encourager l’installation de solutions de gestion des eaux pluviales à la parcelle (cf p.10). « C’est une taxe vertueuse car elle encourage celui qui la paye à faire des travaux pour réduire son utilisation du service public voire ne plus l’utiliser du tout », indique Jean-Jacques Hérin, président de l’Association pour le développement opérationnel et la promotion des techniques alternatives (Adopta) et directeur Aménagement, Réseaux et Constructions à la communauté d’agglomération du Douaisis. Cette communauté d’agglomération est l’une des rares collectivités à avoir mis en place la taxe pluviale, et ce dès 2011. Quel en a été l’effet concret ? « La taxe instaure un principe L’eau magazine juin 2011 N°17 Dossier – Gestion des eaux pluviales Veolia Environnement développe actuellement un avaloir dépolluant pour les réseaux d’eaux pluviales et unitaires. d’égalité face au service rendu  : auparavant seules les communes payaient pour la gestion des eaux pluviales, désormais tous les gros utilisateurs payent. Côté équipements, les collectivités locales étaient déjà bien sensibilisées car cela fait vingt ans que nous promouvons les techniques alternatives, et la taxe n’a donc pas eu d’effet important. Du côté des acteurs privés, il y a eu un effet notamment sur les agriculteurs. Certains renvoyaient les eaux de ruissellement de leurs toitures vers le réseau. Ils ont rapidement trouvé des solutions d’infiltration dans leurs terrains. Pour les autres entreprises, la faiblesse de la taxe fait qu’il ne serait pas rentable de faire des investissements dans l’immédiat. Par contre à la faveur de travaux, cet aspect sera sûrement intégré », analyse Jean-Jacques Hérin. L’eau magazine juin 2014 N°23 63 Veolia



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