L'Eau Magazine n°23 jun à oct 2014
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International Outre-mer  : Cayenne, mise en conformité de la station d’épuration D’une capacité de 60 000 équivalents-habitants (EH), extensible jusqu’à 90 000 EH, la nouvelle station de traitement des eaux usées Leblond (Guyane) a été inaugurée mi-janvier. La ville de Cayenne dispose désormais d’une usine moderne assurant un traitement conforme aux normes européennes. Degrémont 21 millions d’euros ont été nécessaires pour financer la construction de la station Cayenne-Leblond, désormais le plus grand ouvrage d’épuration de Guyane. 36 Après plus de trois ans de travaux, la nouvelle station d’épuration de Leblond à Cayenne (Guyane) est en fonctionnement. Cet ouvrage était attendu depuis 2005, date à laquelle la communauté d’agglomération du Centre littoral (CACL) avait fait l’objet d’une mise en demeure européenne pour non conformité sur ce site. Saturé et sous-dimensionné, ce dernier, construit en 1986, était par ailleurs inadapté techniquement. Seul un complexe lagunaire assurait alors le traitement des eaux usées avant rejet dans la mangrove… Désormais, la CACL s’est dotée d’une installation moderne réalisée par Degrémont et composée d’une filière eau à boues activées ainsi que d’une file boue. Une prise en compte du terrain et de la chaleur La filière eau est constituée d’un prétraitement (dégrilleurs et de dessableurs dégraisseurs), suivi de la partie biologique. Cette dernière utilise la technologie compacte Combigreen qui associe un chenal biologique annulaire à un clarificateur central, le tout en un seul ouvrage. « Le terrain étant marécageux, des micropieux ont été installés par l’entreprise de génie civil Sogea pour consolider le site et aider au maintien des ouvrages. Il a également fallu mettre en place des systèmes compacts comme Combigreen afin de rendre l’installation plus compacte et ainsi limiter le nombre de micropieux très coûteux », pointe François Foulon, responsable Commercial Environnement chez Degrémont. Outil de performance énergétique, ce procédé breveté assure également jusqu’à 15% de gain en énergie par rapport à un bassin d’aération classique avec clarificateur séparé. Par ailleurs, les réseaux d’assainissement étant longs, la température des effluents est comprise entre 28 et 35 °C, ce qui les rend plus agressifs vis-à-vis du béton. « Outre la construction des ouvrages, il a également fallu prendre en compte cette donnée pour le traitement biologique, la cinétique de réaction étant différente à ces températures », souligne François Foulon. Cet aspect est toutefois bien maîtrisé par Degrémont qui a l’habitude de travailler dans des régions chaudes comme au Moyen-Orient ou en Afrique. Une extension prévue dès le départ Au total, cette nouvelle station a coûté près de 21 millions d’euros (génie civil et construction des files), financés par la CACL, la région, l’État, l’Ademe et l’Onema. Son dimensionnement est défini pour traiter les eaux usées de la ville de Cayenne et du nord de Matoury, soit environ 60 000 équivalents-habitants (EH), avec une évolution à 90 000 EH à l’horizon 2030. « Pour cette extension, tout a été prévu, notamment le prétraitement construit déjà pour 90 000 EH ainsi que la possibilité d’ajouter directement un troisième filtre presse pour les boues. De la place a par ailleurs été laissée disponible pour bâtir un autre ouvrage de traitement biologique et agrandir le bâtiment de stockage des boues », conclut François Foulon. Clément Cygler Valorisation agricole des boues Sur cette station, une première file boue a également été mise en œuvre. Après injection de polymères, de chlorure de fer et de chaux, les boues sont envoyées sur deux filtres presse qui assurent une siccité de 32%. Elles sont ensuite stockées dans un bâtiment pendant près de huit mois, correspondant à la période des pluies, avant d’être épandues sur des terres agricoles. Un plan d’épandage est en préparation et pourrait concerner 1000 hectares de parcelles sur la commune de Macouria. L’eau magazine juin 2014 N°23
Au Koweït, la production d’eau potable s’est historiquement développée sur le dessalement thermique. Depuis 2010, le ministère de l’Électricité et de l’Eau a souhaité s’inscrire dans un schéma de diversification des procédés de production afin de s’orienter vers des usines hybrides. En cours de démarrage, la nouvelle unité d’Az Zour Sud répond à cette attente. Construite et exploitée par OTV, filiale de Veolia, en partenariat avec le groupe koweitien Al Ghanim, elle est équipée de la technologie membranaire par osmose inverse. Sa capacité de 136 000 m 3 d’eau par jour s’ajoute aux 500 000 m 3 d’eau produits par les unités de dessalement thermique existantes sur le site de production d’électricité d’Az Zour. « Pour un pays comme le Koweït, qui dispose de ressources pétrolières importantes, la question du coût énergétique imputable au dessalement thermique n’est pas une problématique majeure. Cependant ce procédé n’est pas spécialement flexible, à la différence de l’osmose inverse. Les composants mécaniques de cette dernière sont beaucoup plus simples à arrêter et à faire repartir », indique Grégoire Müller, en charge du projet chez Veolia, « d’où l’intérêt de ces usines hybrides ». Une température de l’eau élevée, vecteur d’optimisation énergétique Conforme aux exigences du client, l’usine d’Az Zour Sud présente par ailleurs des performances élevées, avec un rendement supérieur à 90%. Pour atteindre ce niveau, plusieurs solutions ont été mises en place. L’eau brute est premièrement récupérée sur le système de refroidissement de la centrale thermique, évitant ainsi la création d’une prise d’eau coûteuse en investissement et énergivore en exploitation. « La température de cette eau, préalablement prétraitée et un peu chlorée, avoisine les 40 °C. Or une température d’eau élevée est un vecteur d’optimisation énergétique car les besoins en termes de pression sont théoriquement moindres », précise Grégoire Müller. Un système de récupération d’énergie est également installé sur l’osmose inverse  : l’énergie dissipée avec les sels est alors utilisée pour mettre en pression l’eau entrante dans les membranes. Ajuster les trains de membranes en fonction de la demande En outre, la modularité de l’installation d’osmose inverse (dix filtres gravitaires pour le prétraitement et dix trains de membranes) participe aussi à cette optimisation énergétique. À chaque étape de traitement, il est en effet possible d’ajuster systématiquement le nombre d’équipements mis en service en fonction du débit requis. « En effet, la demande en eau est rarement au maximum de la capacité et les usines ont toujours tendance à être surdimensionnées, notamment pour assurer la continuité du traitement à l’échelle du pays en cas d’arrêt d’une autre usine pour maintenance », ajoute Grégoire Müller. Enfin, en sortie d’osmose inverse, seulement 30% de l’eau est envoyée au poste de reminéralisation et est reminéralisée en excès avant d’être de nouveau mélangée avec les 70% restants. Cette reminéralisation sur un débit partiel améliore le rendement process et diminue l’énergie habituellement requise pour faire transiter la totalité de l’eau.C.C. International Koweït  : l’osmose inverse pour diversifier les procédés de dessalement de l’eau de mer Deuxième installation de production d’eau potable à être équipée de la technologie d’osmose inverse au Koweït, l’usine de dessalement d’Az Zour Sud participe à la politique d’ouverture vers de nouveaux procédés, mise en œuvre par le gouvernement. Une diversification qui rime avec optimisation. Pour ces différents dispositifs d’optimisation, l’usine qui a coûté 105 millions d’euros a reçu le « WEX (Water and Energy Exchange) desalination award » en février 2014  : un prix qui récompense les entreprises ayant apporté une contribution clé dans le traitement des eaux, et particulièrement sur les aspects environnementaux, innovation technique et financière. L’eau magazine juin 2014 N°23 37 Photothèque Veolia



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