L'Eau Magazine n°22 nov 13 à mai 2014
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Patrimoine Tout le long du tracé, un système d’assainissement provisoire, constitué d’un réseau de fossés et de bassins de décantation, sera mis en œuvre pendant toute la durée du chantier. 44 de les associer au chantier pour des conseils ou la définition de certaines mesures correctives ou compensatoires », ajoute Philippe Ravache. La mise en œuvre de l’ensemble de ces différentes mesures sera contrôlée sur site par l’Onema et les services de l’État (DDT, Dreal). Préserver l’eau et les milieux aquatiques Un des premiers axes de la loi sur l’eau consiste à protéger la ressource. Le tracé de la LGV SEA a été conçu de manière à éviter au maximum les 1 130 sources, puits et forages recensés à proximité. Pour certains périmètres de captage d’alimentation en eau potable (AEP) traversés par la ligne, des études particulières et des modélisations ont été entreprises pour voir l’influence de la ligne en chantier et en exploitation. « Un réseau de surveillance a été établi et environ 200 points d’eau sont suivis régulièrement par un prestataire qui mesure la qualité et la quantité de la ressource », détaille David Bécart, responsable de l’Environnement chez Cosea. Ces secteurs sensibles peuvent également faire l’objet de préconisations pour empêcher toute pollution  : tapis filtrant pour retenir les matières en suspension, passage en remblai privilégié, désherbage des voies mécanique et non chimique… Ces mesures ont été soumises à l’approbation d’un hydrologue mandaté par l’État. Sous l’emprise du projet, certains captages à proximité ont par ailleurs été détruits, mais cela reste en conformité avec les études préalables validées. En phase travaux, les cours d’eau sont particulièrement sensibles à la pollution susceptible d’être engendrée par des opérations de défrichage et de terrassement. Pour éviter tout rejet de matières en suspension, un système d’assainissement provisoire a été mis en place. Pendant le chantier, toutes les eaux sont récupérées via un réseau de fossé qui aboutit à des bassins de décantation afin de traiter les matières en suspension et tamponner les eaux. « Plus un milieu est sensible, plus le bassin sera grand afin d’abattre la pollution aux taux définis par des normes au point de rejet. Plusieurs centaines de bassins sont répartis le long de l’activité de terrassement », explique David Bécart. En outre, la caractérisation de la sensibilité des différents milieux a été rendue possible par une série d’inventaires et de diagnostics effectués par RFF puis complétés par Cosea. « Le système d’assainissement demeure en phase d’exploitation avec les exigences permettant de répondre aux modifications d’écoulement des bassins versants générés par l’existence de la ligne », avance Thierry Charlemagne. Enfin, la volonté de préserver au maximum la ressource a poussé Cosea à limiter les prélèvements dans les cours d’eau et les nappes phréatiques pour les besoins du chantier. Ces derniers sont ainsi assurés en partie par des bassins de récupération d’eau de pluie. Des ouvrages aux incidences limitées sur les cours d’eau Avec au moins 600 écoulements naturels franchis par la LGV, dont 89 cours d’eau, Cosea doit garantir la transparence écologique de la ligne. Les ouvrages construits doivent en effet assurer le libre écoulement des eaux et sont donc conçus de manière à maintenir les conditions hydrauliques initiales recensées. Les ouvrages de franchissement sont également toujours dimensionnés pour la crue centennale ou la crue la plus haute historiquement connue, garantissant une influence nulle. Il est ainsi demandé à Cosea de limiter à un centimètre l’exhaussement, c’est-à-dire une surélévation de l’eau, engendré par l’installation de ces ouvrages. « Un travail de modélisation a été mené pour dimensionner chacune de ces structures et pour démontrer l’absence de perturbation, notamment pour les zones d’habitation », pointe David Bécart. Pour certains viaducs comme celui surplombant la Vienne, leur conception a dû être repensée. « En jouant sur la longueur de l’ouvrage et la forme des piles, qui aurait pu créer un effet de barrage des eaux, on permet à l’eau de s’écouler plus facilement en période de forte crue », assure le responsable de L’eau magazine novembre 2013 N°22 Lisea
l’Environnement de Cosea. Afin de limiter l’impact localisé sur certains écoulements, des dispositions adaptées sont aussi mises en œuvre comme des bassins écrêteurs, des systèmes antiérosion ou encore des nettoyages de cours d’eau dans les emprises des travaux. En outre, Cosea a dû prendre en compte la notion de continuum écologique, indispensable aux déplacements des espèces. Dans le cas de la construction d’un viaduc, les piles doivent ainsi être placées dans des endroits précis, souvent le plus éloigné des berges. L’aménagement de banquettes, voire de berges reconstituées à l’intérieur des ouvrages maintient également la possibilité de passage pour la faune en lui permettant de traverser l’emprise de la LGV via un corridor maintenu. 40 dérivations sur les 90 cours d’eau Quand les travaux concernent un cours d’eau, la loi sur l’eau impose le maintien de la continuité hydraulique et écologique. Des dérivations hydrauliques provisoires ou permanentes sont donc créées, permettant aux poissons de circuler de part et d’autre du chantier. Pour certains cas, la construction d’ouvrages franchissant le cours d’eau sans modifier son cours naturel s’est avérée impossible à réaliser, et le recours à des dérivations est le seul moyen pour respecter la réglementation. Sur les 90 cours d’eau franchis, 40 dérivations sont ainsi prévues. Un bureau d’études spécialisé, Hydroconcept, a étudié chaque site et leurs projets d’aménagement ont été présentés aux Directions départementales des territoires (DDT) et à l’Office nationale de l’eau et des milieux aquatiques (Onema) qui ont validé et émis des prescriptions complémentaires. Ces dernières portent essentiellement sur l’aspect des dérivations, les granulats choisis, la taille du lit ou le respect du débit minimum biologique. L’objectif est d’aménager la dérivation afin d’obtenir un milieu propice et accueillant pour les diverses espèces de poissons. Différents types d’enrochement sont utilisés et disposés de manière à créer une sinuosité dans le lit mineur du cours d’eau provisoire. Il faut également une alternance de radiers et de fosses, permettant respectivement à l’eau de se réoxygéner et aux poissons de se reposer. « En matière de dérivation des cours d’eau, un travail très poussé et de qualité, associant l’Onema, les fédérations de pêche et les associations de protection de l’environnement, a Lisea La biodiversité également prise en compte Les trois régions traversées par la LGV SEA présentent un patrimoine naturel riche, avec 14 sites natura 2000 et près de 50% des espèces protégées en France et en Europe. Fin 2012, 220 espèces avaient été identifiées dans l’emprise du projet, dont 112 oiseaux, et « Cosea s’est également engagé à prendre en compte toute nouvelle espèce protégée détectée », appuie Clémentine Dentz de Poitou-Charentes Nature. Comme pour l’eau, des mesures ont été élaborées pour éviter, réduire et compenser les impacts environnementaux. Cela se traduit concrètement par la prise en compte de la saisonnalité des déboisements, le déplacement des espèces ou la création d’ouvrages de continuité écologique. Des compensations sur des surfaces couvrant environ 3 000 hectares seront mises en œuvre après concertation avec les associations de protection de la nature et les chambres d’agriculture. Ainsi pour l’outarde canepetière, oiseau de plaine migrateur et symbole emblématique, près de 700 hectares de compensation ont été actés. De façon générale pour les mesures Patrimoine compensatoires, 20% de ces hectares se feront par acquisition des surfaces et pour les 80% restants, des conventions seront signées avec les exploitants agricoles ou forestiers. « Sur ces terres favorables à l’outarde canepetière, une gestion particulière de la parcelle sera mise en œuvre afin d’adapter le mode d’exploitation aux exigences biologiques de cette espèce », précise Clémentine Dentz. Une indemnité sera en outre versée à l’exploitant pour compenser le manque à gagner. L’eau magazine novembre 2013 N°22 45



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