L'Eau Magazine n°22 nov 13 à mai 2014
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International La station d’épuration d’As Samra, une construction en deux temps Mise en service début 2008, l’usine de traitement des eaux usées d’As Samra s’est lancée dans des travaux d’agrandissement. D’ici trois ans, la plus grande station actuellement en service en Jordanie présentera une capacité de 3,5 millions d’équivalent-habitants. 36 Construite en deux phases distinctes, la station d’épuration d’As Samra possèdera à terme une capacité de traitement de 365 000 m 3 d’eaux usées par jour. Ces deux dernières décennies, le grand Amman en Jordanie n’a cessé de se développer. Sa population croît et ses volumes d’eaux usées augmentent irrémédiablement. Pour répondre à cette problématique, la station d’As Samra, située à 40 km de la capitale et d’une capacité de 2,2 millions d’habitants, a été créée. Sur cette récente usine, construite et exploitée par Samra Project Company Wastewater Treatment Plant sous le contrôle de Suez Environnement et de Morganti, de nouveaux travaux ont pourtant débuté à la fin 2012. Face à la démographie croissante et afin de mieux protéger ses ressources hydriques, le ministère jordanien de l’Eau et de l’Irrigation avait en effet en tête un deuxième projet  : l’extension de cette station d’épuration. Après avoir renouvelé sa confiance à la société de projet, le gouvernement jordanien a donc accordé à Degrémont un nouveau contrat de partenariat public-privé de vingt-cinq ans (trois ans pour les travaux et vingt-deux ans d’exploitation) pour cette deuxième phase. Cet agrandissement permettra d’accroître les capacités de traitement de 267 000 à 365 000 m 3 d’eaux usées par jour, afin de répondre aux besoins d’une population estimée à 3,5 millions d’habitants. Soit près de la moitié de la population du pays ! Le traitement des boues augmenté et optimisé Cette phase d’extension de l’usine devrait accroître de 40% les capacités de traitement de la file Eau. Un nouveau décanteur primaire sera ajouté aux quatre existants, et trois lignes de bassin d’aération et de clarificateur compléteront les huit lignes déjà présentes sur le site. Au niveau des boues, la file augmentera de 60%  : le nombre de digesteurs – d’un volume unitaire de 15 900 m 3 chacun – passera de quatre à sept, et un atelier de déshydratation mécanique sera également installé. Une fois épaissies et digérées, les boues (quelque 100 tonnes par jour) sont actuellement envoyées vers des lagunes L’eau magazine novembre 2013 N°22 Degrémont
(environ 50 hectares), qui jouent le rôle de lits de séchage solaire. Le vent et surtout le soleil offrent ainsi la possibilité d’atteindre une siccité de 30%. Une fois déshydratées, les boues sont valorisées en agriculture comme fertilisant. « La mise en place d’un atelier mécanique par filtre à bande devrait remplacer à terme l’ensemble des lagunages. Ils seront toutefois conservés, comme soupape de secours pour évacuer les boues en cas de besoin », détaille Alain Meunier, de la direction technique de Degrémont. Une station quasi-autonome en énergie Outre l’agrandissement des files Eau et Boues, la station d’As Samra se verra également dotée de nouveaux équipements de production d’énergies renouvelables. En effet, cette usine est quasi-autonome en énergie. « Aujourd’hui, près de 90% de la consommation énergétique du process est assurée par six unités de cogénération alimentées par le biogaz issu de la digestion des boues et également par des turbines hydrauliques installées en amont et aval du site », indique Éric Fievez, responsable de l’efficacité énergétique chez Degrémont. La ville d’Amman ayant une altitude supérieure de 80 mètres par rapport à celle de la station, Degrémont a souhaité se servir de cette originalité topographique et a mis en place deux turbines Pelton (900 kW chacune) dans la conduite d’alimentation en eau brute. Ce modèle de turbine est moins sensible aux bouchages liés aux débris présents dans les eaux usées et est également plus simple d’entretien. « Ces turbines Pelton répondent par ailleurs à des spécifications particulières afin de supporter l’aspect corrosif de l’hydrogène sulfuré (H 2 S) et du sable », pointe Eric Fievez. Deux autres turbines d’une capacité de 850 kW et de technologie Francis ont enfin été installées dans la conduite de rejet des eaux usées traitées qui débouche dans l’oued Wadi Dhuleil, situé à une quarantaine de mètres en contrebas de la station. Au total, les consommations énergétiques de l’usine sont couvertes à 60% par la production de biogaz et un peu moins de 30% par les turbines, le réseau assurant les derniers besoins. Avec la hausse du volume d’eaux usées traitées, la quantité de boues deviendra d’ici 2016 bien plus importante. Trois nouveaux digesteurs (15 900 m 3) augmenteront la capacité de traitement des quatre existants et plusieurs modules de cogénération renforceront la production électrique. Par contre, le projet d’extension concerne peu la force hydraulique. Seulement une turbine Francis (850 kW) sera ajoutée en sortie de station, compte tenu de l’augmentation du débit de l’usine. « À la fin de cette deuxième phase de travaux, la production d’énergies renouvelables sera plus importante, même si le ratio diminuera. L’absence de turbinage supplémentaire en entrée diminuera forcément un peu l’autonomie énergétique d’As Samra. Mais même si on récupère moins qu’avant en pourcentage côté hydraulique, on valorise au mieux le potentiel hydraulique », souligne le responsable de l’efficacité énergétique chez Degrémont. Faciliter l’escalier de paiement Estimée à un coût de 170 millions d’euros, l’extension de la station d’As Samra a été financée par une bourse de 70 millions d’euros par la Millenium Challenges Corporation du gouvernement américain, et le solde restant par le consortium SPC et par un groupement bancaire mené par The Arab Bank. Entre la construction et l’agrandissement, près de 400 millions d’euros ont été investis dans cet ouvrage. « La construction prévue en deux étapes avait surtout pour objectif de faciliter l’escalier de paiement et également d’optimiser le traitement de l’eau pour la deuxième phase », explique Alain Meunier. Les habitants consommant peu de ressource, les eaux usées sont très concentrées, notamment en DBO5, ce qui a provoqué certaines surcharges et le traitement de plus de boues primaires. « Cette deuxième phase permet de s’adapter à ces valeurs un peu inédites », conclut-il. Clément Cygler Degrémont International Une réutilisation des eaux usées traitées Une fois agrandie, la station d’As Samra produira plus de 130 millions de m 3 d’eau par an, ce qui représentera plus de 10% de la ressource en eau en Jordanie. De très bonne qualité, cette eau sera envoyée au barrage King Talal pour y être stockée et surtout réutilisée pour des usages agricoles. Près de 90% de la consommation énergétique du process est assurée par des turbines hydrauliques installées en amont et aval du site et par six unités de cogénération alimentées par du biogaz. L’eau magazine novembre 2013 N°22 37



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