L'Eau Magazine n°21 jun à oct 2013
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Qualité et développement durable Pour des châteaux d’eau étanches, robustes et sûrs Comme tout élément du patrimoine, les châteaux d’eau doivent être régulièrement entretenus. Quelles sont les principales pathologies dont souffrent ces ouvrages ? Quelles sont les techniques de réhabilitation ? Petit tour d’auscultation. L’entretien d’un château d’eau l’immobilise de trois semaines à quatre mois. 54 TSM D’après José Morilleau, membre du syndicat Génie civil de l’eau et de l’environnement (GCEE) et gérant de la société TSM (Travaux Spéciaux Mournès), le principal besoin exprimé par les collectivités est une réhabilitation… de l’ensemble de l’ouvrage. La plupart des châteaux d’eau français ont été construits entre les années 1950 et 1970. Ils ne sont donc plus tout jeunes. Un château d’eau comprend plusieurs organes, et chacun peut présenter des pathologies. Le principal est sa cuve, qui doit être propre (pour garantir une eau potable) et étanche. Des désinfections des cuves sont réalisées chaque année, avant qu’une réfection globale de l’étanchéité ne s’avère nécessaire. Le maître d’ouvrage a alors le choix entre trois solutions techniques. La première est une imperméabilisation à base de liant hydraulique. Peu coûteuse, elle est de moins en moins mise en œuvre car elle résiste mal à la fissuration de l’ouvrage. La deuxième est un revêtement en résine époxydique stratifiée, c’est-à-dire qu’une toile est intégrée dans la résine, assurant une résistance à la fissuration. Enfin, la troisième est un système de membranes en polyoléfine indépendantes du support  : elles sont fixées mécaniquement et ponctuellement à ce support mais n’adhèrent pas au béton. « Chaque solution a ses intérêts et ses inconvénients, et la technique choisie dépendra de la configuration du château d’eau et du choix du maître d’ouvrage, entre durabilité et montant de l’investissement », estime José Morilleau. Les revêtements doivent être agréés par la réglementation sanitaire (voir dossier ACS, L’Eau magazine n°20). Toutefois, elle n’a pas d’effet rétroactif et certains châteaux d’eau présentent ainsi d’anciens revêtements. Ces ouvrages nécessiteraient une réhabilitation en priorité. Structure Deuxième organe essentiel  : la structure en béton. « Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces ouvrages sont très sollicités  : intempéries, forte charge (1 m 3 d’eau pèse une tonne), différences de gradient thermique entre l’eau et l’air du dehors… Et dès que des fissures apparaissent, la dégradation peut aller très vite – l’eau s’y infiltre, y gèle… », explique José Morilleau. La structure s’est parfois fragilisée au cours des ans, et il faut la renforcer avec des câbles précontraints, des structures en métal ou en béton armé, des plats carbone… Il arrive aussi qu’il soit nécessaire de consolider le toit lorsque l’exploitant souhaite y placer une antenne de télécommunication. Autres priorités  : réparer les épaufrures (éclats de béton) en les purgeant, en traitant l’armature en acier, en ragréant avec un mortier hydraulique ; ravaler la façade et la peindre afin de la protéger contre les intempéries. Équipements Lors des réhabilitations de l’ensemble de l’ouvrage, il arrive aussi que les canalisations soient refaites, les pompes changées. « Nous en profitons aussi toujours pour effectuer la remise en sécurité de l’ouvrage, avec une mise aux normes des garde-corps, des échelles à crinolines… », souligne José Morilleau. Ces éléments sont généralement en inox, en aluminium ou en matériaux composites. Pendant les travaux, pour maintenir l’alimentation en eau potable, l’exploitant met à profit le maillage de son réseau. Si ce n’est pas possible, une pompe est installée au pied du château d’eau pour le by-passer. Au final, une intervention sur un château d’eau l’immobilise entre trois semaines et quatre mois, selon le volume du réservoir et le type de travaux. Caroline Kim L’eau magazine juin 2013 N°21 TSM
Les effluents hospitaliers au centre d’un projet unique Face à l’obligation réglementaire d’effectuer un suivi des effluents du nouveau Centre hospitalier Alpes-Léman (Chal), le Syndicat des eaux des Rocailles et de Bellecombe a élaboré, avec le Graie 1, le projet Sipibel 2. Lancé en 2011 et prévu pour se poursuivre au moins jusqu’en 2015, ce dernier a pour objectifs de caractériser les effluents urbains et hospitaliers, de tester en conditions réelles des procédés de traitement et d’évaluer les risques environnementaux potentiels. Ainsi, sur la station d’épuration de Bellecombe, les effluents urbains et hospitaliers sont gérés en parallèle sur deux files de traitement distinctes. Degrémont, le concepteur de la station, participe à cette démarche qui mobilise de nombreux scientifiques des équipes de l’Insa de Lyon, de l’université de Limoges, de la faculté de pharmacie Paris-Sud ou encore du CNRS. Le centre hospitalier et le syndicat de l’Arve SM3A sont également au cœur de ce projet multi-acteurs. Polluants ciblés et étude écotoxicologique Pour assurer le suivi des effluents du Chal et de la file urbaine, des prélèvements et des analyses sont réalisés en entrée et en sortie de station d’épuration ainsi que sur la filière de traitement des boues. Trois points de mesure ont également été définis sur l’Arve. Outre les paramètres classiques, ces analyses portent sur des éléments spécifiques aux activités de soin et sur des indicateurs permettant d’évaluer à terme les risques pour l’environnement et pour la santé. Initialement, deux campagnes de mesure ont été menées entre février 2011 et janvier 2012 pour établir un état zéro afin de définir des valeurs de référence pour la convention de déversement de l’hôpital. Outre la surveillance d’une liste de micropolluants et résidus définis (voir encadré), le travail du Sipibel est également de réaliser une étude écotoxicologique visant à caractériser la dangerosité des effluents. 1 Groupe de recherche Rhône-Alpes sur les infrastructures et l’eau. 2 Site pilote de Bellecombe. Qualité et développement durable Pour étudier les caractéristiques, la traitabilité et les impacts des effluents hospitaliers et urbains, un dispositif d’observation et de recherche appelé Sipibel a été mis en place en Haute-Savoie. Zoom sur cette démarche qui devrait fournir à terme de nombreuses informations sur ces polluants, si difficiles à éliminer. Graie « Prendre uniquement en compte les concentrations de molécules séparément n’est pas suffisant, il faut tenir compte des cocktails de polluants qui peuvent présenter des effets antagonistes ou synergiques », explique Élodie Brelot, directrice du Graie. Le projet s’intéresse également aux moyens de lutte contre ces micropolluants, celle-ci pouvant passer par une réduction des rejets à la source et par un traitement plus efficace. Ainsi, Degrémont a installé à l’été 2012 des pilotes de traitement biologique avec ozonateurs pour évaluer l’efficacité de ce procédé sur l’élimination des composés ciblés. Les résultats de l’état zéro ainsi que les premières campagnes de mesure menées depuis la mise en service du Chal confirment certaines grandes tendances. « Tout d’abord, l’apport de résidus médicamenteux est plus importants dans les effluents urbains que hospitaliers », indique Élodie Brelot. Ainsi, plus de 95% des rejets de paracétamol, diclofénac ou d’ibuprofène proviennent des réseaux d’eaux usées urbains, en raison du grand volume rejeté. Ces premiers résultats confirment aussi une variation considérable de l’efficacité des stations d’épuration dans le traitement des substances pharmaceutiques selon la molécule concernée ainsi que la présence de traces dans l’Arve – comme dans la plupart des rivières européennes – qui justifie l’analyse des risques environnementaux. Clément Cygler Pour compléter les analyses sur la station de Bellecombe, trois points de mesure ont été définis sur l’Arve. Liste de micropolluants et résidus surveillés Détergents et Alkylphénols 9 métaux  : zinc, cuivre, plomb, nickel, cadmium, chrome, arsenic, gadolinium et mercure 12 médicaments  : Paracétamol, Aténolol, Ciprofloxacine, Sulfamethowazole, Propanolol, Carbamazépine, Kétoprofène, Econazole, Diclofenac, Acide Salicylique, Ibuprofène, Ethynilestradiol L’eau magazine juin 2013 N°21 55



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