L'Eau Magazine n°21 jun à oct 2013
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Patrimoine La renaissance du Collège des Bernardins Après cinq ans de travaux de rénovation et de modernisation, le Collège des Bernardins a retrouvé de sa splendeur ainsi que sa vocation initiale de lieu d’études, de recherches et de débats. Outre un aménagement contemporain, moderne et sobre, ce bâtiment intègre désormais une installation de géothermie très basse énergie qui fournit la totalité des besoins du site en chauffage et eau chaude sanitaire. 40 Chiffrée à 50 millions d'euros, la rénovation du Collège des Bernardins a été financée à hauteur de 30% par des subventions publiques (État, Région et Ville de Paris), à 35% par le diocèse et à 35% par le mécénat. Lancé en 2004, le chantier de rénovation et de modernisation mené par Hervé Baptise, architecte en chef des Monuments historiques pour la partie ancienne et Jean-Michel Wilmotte pour les espaces contemporains, s’est achevé en août 2008, quelques jours seulement avant la réception du pape Benoît XVI. Estimée à 50 millions d’euros, cette rénovation complète a tout d’abord consisté en l’installation de plus de 300 micropieux, enfouis à une profondeur de 15 à 25 mètres, dans les murs périphériques ainsi que sous chaque pilier. Cette opération a permis de stabiliser l’édifice et de rendre totalement accessible le grand cellier, en déblayant des tonnes de terre qui avaient été accumulées dans le passé pour stabiliser l’édifice. L’ensemble des étages supérieurs, du premier niveau jusqu’aux locaux techniques situés sous les combles, ont également été suspendus par des tirants d’acier à la nouvelle charpente métallique. Cette dernière supporte la toiture qui a été refaite dans ses dimensions médiévales. Ce chantier a également été l’occasion pour le diocèse d’intégrer une solution de géothermie très basse énergie afin de couvrir les besoins en chaud et en froid. « Le fait de choisir la géothermie est très représentatif de l’esprit cistercien qui est d’être toujours à la pointe de la technologie », souligne Cyril Adam, responsable de l’environnement du travail au Collège des Bernardins, « mais il fallait que cela reste esthétique ». Une collaboration permanente avec les différents corps de métier À l’image de la rénovation du Collège des Bernardins, la mise en place d’une installation de très basse énergie n’a pas été de tout repos. Coincé entre les rues de Poissy et de Pontoise (Paris V e), le bâtiment est en effet particulièrement difficile d’accès, « notamment pour faire passer une foreuse de 15 mètres de long », précise Gérald Sancier, gérant de la société Sanfor en charge de l’opération. Ainsi, tous les éléments équipements de géothermie mais aussi du chantier ont dû être apportés via la piscine Pontoise qui possède un passage vers le bâtiment historique. Chaque étape réalisée était également vérifiée par les architectes afin que soit respecté le cahier des charges assez contraignant. L’eau magazine juin 2013 N°21 Diocèse de Paris
Sanfor s’est ainsi évertuée à rendre le plus discret possible les différents éléments de géothermie. « Près de 170 mètres de canalisations cheminent dans des caniveaux techniques, faux plafonds et dans les douves du collège. Cela a conduit à un travail et une collaboration permanente avec les différents corps de métier présent sur le chantier », détaille Gérald Sancier. Chauffage, eau chaude sanitaire et climatisation Au niveau de l’installation géothermique, un doublet de forage, situé entre la piscine et le collège, puise une eau à une température de 16 °C dans la nappe du calcaire du Lutétien à environ 28 mètres de profondeur. Deux pompes de 7,5 kW assurent un débit de 20 à 60 m 3 par heure. « Ces pompes fonctionnent en alternance, une semaine sur deux. Et si l’une d’entre elles avait un problème technique, l’autre prend immédiatement le relais », pointe Gérald Sancier. Par ailleurs, la nappe ayant des eaux très incrustantes, les pompes et les divers équipements du forage sont en acier inox. L’eau puisée est envoyée sur un échangeur thermique à plaques pour l’alimentation de deux pompes à chaleur (PAC) réversibles. L’eau pompée est ensuite rejetée dans la nappe à environ 10 °C (Δ 6°) en hiver et de 21 °C (Δ 6°) en été. D’une capacité de 400 kW, cette installation assure, outre la production de l’eau chaude sanitaire, le chauffage de près de 2000 m² (par le sol pour les nefs et par ventilation dans les étages) ainsi qu’une partie de la climatisation. Pour assurer l’exploitation du doublet géothermique, un système de gestion technique du bâtiment (GTB) a été mis en place pour effectuer un suivi de plusieurs paramètres comme la température, la pression, le débit, la hauteur de la nappe, les heures de fonctionnement des pompes ou encore la consommation électrique. « Cette GTB offre un suivi en continu, permettant d’optimiser le fonctionnement et les performances de l’installation », appuie Gérald Sancier qui précise qu’un contrat de maintenance a également été mis en place. La mise en place de cette solution géothermique réduit ainsi d’un tiers la consommation d’énergie du Collège des Bernardins par rapport à un bâtiment classique. « Nous devrions dépasser les 50% d’économie énergétique avec des solutions de récupération d’eau de pluie et l’installation de panneaux photovoltaïques », espère Cyril Adam. Clément Cygler Patrimoine Une rénovation pour sauver huit siècles d’histoire Fleuron de l’architecture gothique cistercienne, le Collège des Bernardins, construit à partir de 1247 dans le V e arrondissement de Paris, était un lieu d’études théologiques. Plusieurs milliers de moines cisterciens venus de toute l’Europe ont ainsi été formés sur ce site d’exception entre le XIII e et le XVIII e siècle. À la Révolution française, le Collège des Bernardins a été vendu comme bien national et a servi successivement de prison pour les bagnards, puis d’entrepôt, avant de devenir à partir de 1845 et jusqu’à une date très récente, une caserne de pompiers, puis un internat pour l’École de police. « Fin 1998, le Cardinal Lustiger a souhaité que le Collège soit racheté par le Diocèse de Paris afin qu’il retrouve sa fonction L'exploitation du doublet géothermique est assurée par un système de Gestion technique du bâtiment (GTB) afin d'améliorer les performances de l'installation. d’origine », indique Cyril Adam. Mais avant de redevenir un lieu d’échanges et de réflexions, un important travail de rénovation devait être entrepris pour consolider l’édifice afin qu’il soit apte à accueillir du public dans des conditions satisfaisantes de sécurité. En effet, dès sa construction, le Collège des Bernardins, bâti sur un sol alluvionnaire, s’est affaissé sous son propre poids et a subi d’importantes déformations. En mars 2001, la mairie de Paris qui ne pouvait réaliser ces travaux de réhabilitation en raison notamment du coût, cédait le site à l’archevêché pour 1,9 million d’euros. Un montant relativement modeste par rapport au coût d’environ 50 millions nécessaire pour sauvegarder ce patrimoine architectural. L’eau magazine juin 2013 N°21 41 Diocèse de Paris



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