L'Eau Magazine n°21 jun à oct 2013
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Colloque a révélé Jean-François Commaille. Charles Saout a tenu tout de suite à préciser que cet arrêté est actuellement en cours de révision afin d’alléger certaines contraintes. Directeur adjoint de l’Eau et de la Biodiversité au ministère de l’Ecologie, Alby Schmitt a lui souhaité s’exprimer sur l’intérêt de la reuse en France. Un intérêt qu’il juge qualitatif et non quantitatif, l’Hexagone ne manquant pas réellement d’eau. « Les milieux récepteurs sont très contraints dans certains secteurs, et rejeter dans une zone conchiliycole ou de baignade est une problématique à traiter », a estimé Alby Schmitt. La reuse pourrait également être un moyen pour parvenir aux objectifs du Plan national d’adaptation au changement climatique qui vise en particulier à réduire de 20% 16 les prélèvements sur la ressource en eau. L’utilisation de nouvelles ressources pourrait également participer à diminuer la pression sur la ressource, mais leur intérêt divise. Charles Saout a jugé ainsi que l’utilisation des eaux de pluie pour des usages extérieurs aux habitations peut être pertinente. En revanche, les usages intérieurs posent des questions (risque sanitaire, redevances d’assainissement). Au niveau de la filière française, « la réalisation d’un panorama des actions internationales par le Certu 1 et le CSTB 2 nous a permis de voir des convergences dans les approches techniques retenues, mais également des différences au niveau 1 Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques. 2 Centre scientifique et technique du bâtiment 3. Réseaux et réservoirs  : quelles solutions pour un patrimoine durable ? De gauche à droite, le journaliste Stéphane Bergounioux, François Lacroix, Philippe Lucas, Stéphane Engel, Michel Thoury et François Dumez. La deuxième partie de la journée du colloque de l’UIE s’est ouverte sur une table ronde ayant pour sujet l’état de nos réseaux et réservoirs. L’occasion pour François Lacroix, directeur général adjoint de l’Onema (Office national de l’eau et des milieux naturels), de présenter la base de données Sispea de l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement. Parmi les indicateurs collectés par Sispea, certains intéressent la gestion patrimoniale et pourraient donc s’avérer utiles aux collectivités qui doivent respecter le UIE réglementaire et de la structuration de la filière », a pointé Nathalie Le Nouveau, directrice du secteur eau du Certu. Dans certains pays, cette structuration de la filière est un véritable levier de développement, de recherche et de dialogue avec les pouvoirs publics. En France, le crédit d’impôt a impulsé la clarification du cadre réglementaire. « En termes de développement, il y a une diversification des projets de réutilisation d’eaux de pluie qui sont avant tout le fait du particulier », a estimé Nathalie Le Nouveau. Des actions émergent aussi au niveau des collectivités pour l’arrosage des espaces verts ou le lavage de véhicules. Concernant les eaux grises, peu de choses ont été dites, excepté que l’Anses a été saisi en 2011 pour mener une évaluation sur 18 mois de cette pratique. nouveau décret fuite 1. « L’Onema a également développé un outil accessible librement 2 qui permet de simuler la conformité ou non d’un réseau aux valeurs seuils du décret », a ajouté François Lacroix. Ce dernier a également tenu à rappeler que la première synthèse des données de l’observatoire en mars 2012 établissait un rendement des réseaux de 75% en zone rurale et 80% en milieu urbain. « Viser une performance de 100% n’est pas réaliste d’un point de vue économique et technique. Mais si le rendement était amélioré de 1%, 30 millions de m 3 par an d’eau seraient économisés, soit environ 30 millions d’euros », note François Lacroix. En ce qui concerne les Agences de l’eau, elles n’interviennent pas directement sur les réseaux d’eau potable, mais du captage au stockage. « Sur le bassin Seine-Normandie, l’Agence de l’eau a prévu pour l’eau potable 360 millions 1 Le décret fuites du 27 janvier 2010 impose en effet aux collectivités de fournir d’ici fin 2013 un inventaire du réseau et un plan d’actions dans un objectif d’amélioration du rendement. 2 www.services.eaufrance.fr L’eau magazine juin 2013 N°21
d’aides sur l’ensemble du X e programme », a indiqué Philippe Lucas, directeur des collectivités et de l’industrie à l’Agence de l’eau Seine-Normandie (AESN), tout en soulignant qu’il faut remplir certaines contreparties (un rendement minimal du réseau, la protection de périmètres de captage et l’instauration d’une démarche zéro phyto). Sur les réseaux d’assainissement, une enveloppe de 150 millions d’euros par an sera disponible pour le X e programme. « Comme le font déjà d’autres Agences de l’eau, l’AESN imposera également la réalisation de chantier sous charte 3 à partir de 2015 », a précisé Philippe Lucas. Au niveau des réservoirs, il existe peu de données. Leur nombre est estimé à 40 000 en Hexagone, et 600 d’entre eux sont réhabilités chaque année. Soit un rythme de réhabilitation d’environ 60 ans, ce qui est insuffisant et pose un problème de pérennité de certains ouvrages. « Un ouvrage en béton qui fuit 3 Nouvelle charte de qualité des réseaux d’assainissement parue en mai 2011 et la charte des réseaux d’eau potable à paraitre en juin 2013. Infos disponibles sur www.astee.org La quatrième table ronde a permis d’aborder la question de la transition énergétique, un thème au cœur du grand débat national actuel. « Patrimoine commun, l’eau subit des pressions importantes. Les usages liés à l’eau ne cessent d’augmenter, ce qui doit nous pousser à modifier notre approche de l’eau », a déclaré Pascal Bonnetain, conseiller régional Rhône-Alpes. Comme première solution à cette problématique énergétique, André Weber, maire de Meistratzheim, a présenté la nouvelle station d’épuration de la commune qui produit du biogaz à partir de boues et également de jus de choucroute collecté dans la région. « Sur le site, on produit 3 600 m 3 de biogaz par jour qui est utilisé pour le digesteur et le sécheur de boues ainsi que pour faire de va vieillir de façon accélérée. À terme, le coût de réhabilitation sera beaucoup plus élevé, comparé à la réalisation régulière de travaux d’étanchéité », martèle Stéphane Engel, membre du GCEE (Syndicat des entreprises du génie civil de l’eau et de l’environnement), directeur général d’Etandex. De plus, la réhabilitation d’un réservoir peut aussi permettre sa mise en conformité d’un point de vue sanitaire… Maire de Saint-James et président du syndicat départemental pour l’eau potable de la Manche, Michel Thoury était venu témoigner des travaux entrepris sur son territoire. « Notre réseau d’eau potable présente un rendement de 92% », a souhaité préciser dès le début Michel Thoury. Depuis 2007, une équipe assure ainsi la quantification et le suivi du patrimoine qui est estimé à 100 millions d’euros, soit 6 000 euros par habitant. « L’âge des canalisations, le matériau utilisé, l’agressivité du sol, la pose ou encore le système de branchement sont autant de paramètres à intégrer dans cette réflexion patrimoniale si on veut avoir 4. Biogaz et géothermie  : des solutions pour la transition énergétique la cogénération », a développé André Weber. Les entreprises du Synteau (Syndicat national des entreprises du traitement de l’eau) essaient par ailleurs d’optimiser cette production de biogaz, Colloque une analyse fine », a indiqué le maire de Saint-James. En tant qu’administrateur de la FNCCR, il a également souligné la nécessité de se fédérer pour mener par exemple des actions générales sur le patrimoine départemental que des petites collectivités seules ne peuvent mener. « À partir de cette année, les collectivités les plus méritantes et performantes en matière de gestion de services publics d’eau et d’assainissement pourront être récompensées par le Label Aquaplus Service 4 », a ajouté François Lacroix, tout en félicitant Michel Thoury de ses efforts et résultats. Pour compléter les données énoncées précédemment, François Dumez, viceprésident d’Itea, a indiqué que les pertes d’eau sur le réseau d’eau potable correspondaient à 190 m 3 toutes les trente secondes. Au niveau réglementaire, la norme EN 805 exige une durabilité d’au moins cinquante ans des ouvrages d’eau potable qui peuvent être construits en différents matériaux utilisés (PE, PVC, PRV, fonte, laiton, bronze…) 4 www.aquaplus-info.com en améliorant l’hydrolyse des boues – ce qui réduit leur quantité. Outre la fourniture d’énergie gratuite, « le grand intérêt de la digestion est de réduire, d’hygiéniser et de stabiliser les boues d’épuration, De gauche à droite, André Weber, Pascal Bonnetain, Didier Le Tallec et Olivier Grière. L’eau magazine juin 2013 N°21 17 UIE



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