L'Eau Magazine n°20 nov 12 à mai 2013
L'Eau Magazine n°20 nov 12 à mai 2013

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 66 - 67  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
66 67
Dossier - Biogaz assurer une consommation suffisante est de développer l’utilisation du biométhane comme carburant Cette valorisation qui consiste à alimenter des véhicules roulant au GNV à partir de biométhane, « biocarburant » renouvelable donc, est tout juste en développement dans l’Hexagone. Depuis 2011, une partie des autobus de la communauté urbaine de Lille roulent au biométhane provenant en grande partie du Centre de valorisation organique (CVO) et également de la station d’épuration de Marquette-Lez-Lille. Avant de parvenir à ce résultat, la ville avait mené une première longue expérimentation entre 1994 et 2003 afin de démontrer la viabilité économique et technique du projet. Ces véhicules au GNV offrent une motorisation moins polluante et un bilan CO2 très performant, tout en étant nettement moins bruyant. « Le Club Biogaz soutient et encourage le développement de cette voie de valorisation. Si tout le gisement de la méthanisation (stations d’épuration, ISDND, déchets d’agriculture ou industriels) était transformé en bioGNV, un tiers du parc automobile français actuel pourrait être alimenté, améliorant notablement la qualité de l’air et l’autonomie énergétique des transports en France ! », estime Caroline Marchais. Des contraintes réglementaires fortes Même si de plus en plus de projets intègrent des procédés de méthanisation dans leur process de traitement La digestion des boues est un processus biologique qui nécessite un pilotage fin. 66 Veolia des eaux usées, certaines contraintes administratives ou réglementaires pourraient limiter ce développement. En premier lieu, certains équipements de valorisation du biogaz comme les chaudières ou les unités de cogénération sont soumis à autorisation au titre de la législation des Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Sont concernées les installations dont la puissance est supérieure à 0,1 MW pour le biogaz, soit un seuil relativement bas comparé à celui de 20 MW fixé pour le gaz naturel. De plus, la codigestion qui permet de doper la production de biogaz impose également de passer par une procédure ICPE pour s’assurer du suivi de la matière entrante. L’article 21 de l’arrêté du 10 novembre 2009 3 stipule même, et ce uniquement pour les boues de stations d’épuration, que le mélange de boues de différentes origines et le mélange de boues avec d’autres déchets sont soumis à l’autorisation préalable du préfet, avant toute demande d’autorisation d’exploiter (ICPE). « Toutes les démarches à entreprendre allongent forcément la durée de réalisation des projets de méthanisation, sans oublier le coût supplémentaire induit », martèle Jean-Pierre Bugel, qui ajoute que de nombreuses stations existantes pourraient améliorer leur production avec la codigestion, mais se confronteraient à une lourde démarche réglementaire. « Lorsque le projet de codigestion a été mis en place sur le site du Morillon, il n’existait pas de telles règles. Aujourd’hui, si la collectivité voulait faire cette même opération, elle aurait eu beaucoup plus de difficultés », appuie l’expert du cabinet Merlin. La réglementation ICPE impose par exemple certaines contraintes comme l’instauration d’une zone de rétention pour les digesteurs ou un éloignement des cours d’eau. Outre l’aspect réglementaire, la révision des tarifs d’achat en mai 2011 peut également s’avérer un obstacle pour le développement de la filière biogaz. Même si le tarif est désormais plus favorable aux petites et moyennes installations, la prime à la valorisation énergétique qui entre dans ce tarif semble difficilement atteignable. « En effet, le calcul ne prend plus en compte l’énergie servant à chauffer les digesteurs, contrairement à ce que permettait l’arrêté précédent », conclut Jean-Pierre Bugel.C.C. et M.C. 3 Arrêté du 10 novembre 2009 fixant les règles techniques auxquelles doivent satisfaire les installations de méthanisation soumises à autorisation en application du titre 1er du livre V du code de l’Environnement. L’eau L’eau magazine magazine novembre juin 2011 2012 N°17 N°20
La méthanisation, une technologie pour réduire les boues d’épuration Alors que les filières traditionnelles d’élimination (mise en décharge, incinération) ont tendance à s’amenuiser, la quantité de boues issues du traitement de l’eau ne cesse de croître. Leur devenir est donc devenu un enjeu majeur pour les collectivités. Depuis 2009, le Syndicat intercommunal de la vallée de l’Ondaine (Sivo) a doté sa station d’épuration du Pertuiset (80 000 EH) du procédé Bio Thelys de OTV afin de diminuer le tonnage des boues et faciliter leur valorisation. Cette solution qui associe des réacteurs d’hydrolyse thermique (Thelys) à des digesteurs, garantit des performances plus élevées en favorisant la dégradation de la matière organique. « OTV avait annoncé au départ un abattement de 40% de la matière organique, soit un tiers de plus que celui obtenu avec des digesteurs traditionnels pour des boues biologiques. Après trois ans d’exploitation, il atteint en fait les 48% », souligne Sébastien Lavigne, technicien assainissement au Sivo. Après digestion, les boues sont déshydratées jusqu’à atteindre, plus facilement, une siccité de 31%. Au final, la quantité de boues produite a diminué de moitié, en passant de 4 800 tonnes en 2008 à moins de 2 500 tonnes en 2011. « Cette réduction a par ailleurs facilité la recherche de véritables filières de valorisation, les boues étant auparavant mises en décharge. Une pratique qui été interdite dans le département de la Loire fin 2007 », note Sébastien Lavigne. Après diverses pistes étudiées, la solution de valorisation par épandage a été privilégiée. En effet, les besoins en fertilisant des activités agricoles à proximité correspondaient à peu près à la quantité réduite de boues produites grâce au procédé Bio Thelys. En termes économique, l’élimination des 4 800 tonnes de boues coûtaient 525 000 euros par an. Avec la diminution du tonnage et la valorisation par épandage qui divise par trois le coût de traitement, le Sivo a dépensé seulement 130 000 euros fin 2011. Soit une économie de 400 000 euros. 100% des besoins énergétiques du Bio Thélys couvert par le biogaz Au niveau de la production de biogaz, la dégradation optimisée de la matière organique assure quelques points de rendement supplémentaire par rapport à une L’eau magazine juin 2011 N°17 Dossier – Biogaz Depuis la mise en place d’un procédé de digestion poussée, la station du Pertuiset, dans la Loire, a réduit de près de moitié la quantité de boues d’épuration produites. Une satisfaction pour le syndicat en charge du site qui réalise des économies conséquentes, tout en améliorant la valorisation de ces boues. La station du Pertuiset est un des quatre sites en France à être équipés du procédé de digestion poussée Bio Thelys. installation de digestion classique. Pour améliorer encore cette production, le Sivo réalise de la codigestion en injectant avec parcimonie de la graisse qui provient d’une collecte extérieure (restaurants, cantines) « OTV a précisé les limites de cet apport externe en termes de DCO (demande chimique en oxygène) et de volume. Il faut ainsi respecter un ratio de 5% de graisses pour 95% de boues afin d’éviter tout problème avec le procédé », indique le technicien du Sivo. Selon les estimations du syndicat, cet apport de graisse, véritable dopant en matière organique, accroît la production de biogaz de base de ce digesteur de 10 à 15%. Sur la station du Pertuiset, cette énergie renouvelable est utilisée comme combustible pour couvrir entièrement les besoins du procédé Bio Thélys, en particulier pour produire de la vapeur d’eau nécessaire à la réaction d’hydrolyse thermique. L’excédent en biogaz, environ 10%, est éliminé pour l’instant en torchère. « La mise en place d’une unité de cogénération ne serait pas pertinente économiquement pour valoriser cette petite quantité restante. Mais si dans l’avenir, la production en biogaz augmente, cette solution pourrait être envisagée », avance Sébastien Lavigne. M.C. L’eau magazine novembre 2012 N°20 67 Sivo



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 1L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 2-3L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 4-5L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 6-7L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 8-9L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 10-11L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 12-13L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 14-15L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 16-17L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 18-19L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 20-21L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 22-23L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 24-25L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 26-27L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 28-29L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 30-31L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 32-33L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 34-35L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 36-37L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 38-39L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 40-41L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 42-43L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 44-45L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 46-47L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 48-49L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 50-51L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 52-53L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 54-55L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 56-57L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 58-59L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 60-61L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 62-63L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 64-65L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 66-67L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 68-69L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 70-71L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 72-73L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 74-75L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 76-77L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 78-79L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 80-81L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 82-83L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 84-85L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 86-87L'Eau Magazine numéro 20 nov 12 à mai 2013 Page 88