L'Eau Magazine n°20 nov 12 à mai 2013
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International Le marché indien de l’eau, immense et multiforme Plusieurs annonces fracassantes ont récemment décrit le marché de l’eau indien comme un eldorado ouvert aux entreprises françaises. Le pays présente en effet des besoins immenses en infrastructures. Le point sur ces perspectives, tant pour les grands groupes que pour les PME, les exploitants et les équipementiers, de l’eau et de l’assainissement au génie écologique. 34 En mars 2012, Veolia Water India, filiale de Veolia Eau, annonçait avoir remporté avec un partenaire indien le contrat d’exploitation et de maintenance du service d’eau potable de la ville de Nagpur, dans le centre de l’Inde, pour une période de vingt-cinq ans. Sa mission sera d’assurer l’approvisionnement à domicile, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, des 2,7 millions d’habitants de Nagpur. Quelques mois plus tard, Veolia Eau communiquait sur le contrat de construction et d’exploitation d’une nouvelle station d’épuration à New Delhi, la capitale indienne. Dans le même temps, cette dernière confiait la gestion de la distribution d’eau potable de trois de ses quartiers à des sociétés privées, dont l’un à Suez Environnement. En effet, Suez n’est pas en reste dans le pays  : sa filiale Degrémont y est active depuis la fin des années 1970. Elle a construit plus de cent cinquante usines et elle exploite actuellement Veolia dix-sept installations, tant dans la production d’eau potable que dans l’assainissement. Parmi ses références récentes  : la construction d’une nouvelle station d’épuration à New Delhi, et l’extension de l’usine de production d’eau potable de Bombay, qui passera d’une capacité de 900 millions de litres d’eau par jour à 1 milliard de litres d’eau par jour « Ce sera la plus grande usine de production d’eau potable d’Inde », annonce Shyam Bhan, directeur exécutif de Degrémont Inde. En termes de construction et d’exploitation, la concurrence locale et internationale est cependant rude. Si le marché de l’assainissement devrait connaître une forte demande dans les années à venir, il pourrait ainsi se voir colonisé par les opérateurs locaux, selon Sophie Clavelier, chef du pôle Infrastructures, transport, industries chez Ubifrance Inde. Les PME aussi Autre poids lourd français sur le marché indien de l’eau  : le cabinet d’ingénierie Egis India, filiale d’Egis. D’après le journal Les Echos, Egis India serait ainsi en train de réaliser des études pour la National Ganga River Basin Authority, dans le cadre d’un gigantesque projet de dépollution du Gange. Enfin, certaines PME s’engagent sur cet immense marché. À l’image de Tech Sub, dont la gamme de produits Aquago intéresse certaines localités qui souhaitent dépolluer leurs lacs. Ces derniers sont souvent très pollués, à un niveau atteignant parfois celui des lagunes d’épuration françaises. Le procédé d’aération d’Aquago, installé sur radeau, fonctionne à l’énergie solaire, « or s’appuyer sur les énergies renouvelables est une nécessité pour l’Inde », d’après Hélène Szulc, directrice générale de Tech Sub. À l’image aussi de l’Eau Pure, qui a conclu en 2011 un accord de distribution avec une société indienne, Earth Water Group, pour promouvoir sa technologie de traitement de l’arsenic de l’eau. L’eau magazine novembre 2012 N°20
« Si leurs produits apportent une valeur ajoutée technologique, les équipementiers français peuvent trouver une place sur le marché indien », note Sophie Clavelier. Elle cite aussi le cas des compteurs d’eau. « La volonté de facturer l’eau va croissante dans le pays. Or les producteurs locaux ne proposent pas le même niveau de finition que des fabricants hexagonaux », poursuit-elle. Ubifrance a identifié d’autres niches  : le dessalement de l’eau, la surexploitation des nappes augmentant la salinité de l’eau pompée ; ou encore la recherche de fuites. « L’Inde est un pays bruyant  : il faut favoriser les systèmes qui ne reposent pas sur l’écoute de la fuite », analyse Sophie Clavelier. De son côté, Shyam Bhan avoue que lors de la construction d’une installation, seuls quelque 10% des équipements sont importés, non en raison d’obligations réglementaires mais plutôt à cause du dynamisme du marché local. « Nous importons par exemple des récupérateurs d’énergie pour les usines d’assainissement  : des technologies complexes qui ne sont pas produites sur place », explique-t-il. Un marché difficile Bien qu’il soit prometteur, le marché indien reste très difficile. L’État fédéral élabore des plans quinquennaux, qui recensent les priorités du pays. Si une thématique n’y figure pas, elle ne sera généralement pas traitée. À l’étage inférieur, la mise en place de ces plans dépend des convictions et de l’agenda des décideurs de chaque État. C’est ainsi que « le gouvernement indien a lancé en 2005 un vaste plan de modernisation urbaine. Mené sur sept ans, il prévoit 10 milliards de dollars d’investissements nationaux. C’est dans le cadre de ce plan que se situe le contrat de Nagpur », note Veolia Eau. Viennent ensuite les municipalités  : elles aussi peuvent prendre des initiatives en termes de développement des infrastructures. La décision de confier la distribution de l’eau de certains quartiers au secteur privé a ainsi été prise par la municipalité de New Delhi. D’une manière générale, « le marché indien est 100% ouvert aux entreprises étrangères, mais il n’y a d’opportunités que si les États ou les municipalités veulent y souscrire », conclut Sophie Clavelier. Il est donc essentiel d’être au courant des appels d’offre, « et des organismes comme Ubifrance peuvent aider à identifier ces possibles marchés », poursuit-elle. Veolia Autre conseil  : s’associer avec des partenaires locaux de qualité. Ainsi, Tech Sub collabore avec la société indienne Enzen, car « le pays est complexe, les niveaux administratifs sont nombreux et compliqués », reconnaît Hélène Szulc. Troisième point  : « Il faut avoir une stratégie de long terme. Pour s’implanter ici, une PME aura besoin d’avoir une assise financière solide, car il n’y a pas de retours rapides sur investissement », rappelle Sophie Clavelier. Et d’enchaîner sur les « 4P » à respecter pour s’engager dans le pays  : Prudence, Patience, Pertinence de l’offre et Prix. Car, si la qualité des produits peut permettre d’élever quelque peu les prix, ce critère reste une variable très importante. Caroline Kim International Les grands chiffres L’Inde abrite 16% de la population mondiale 89% des habitants ont un approvisionnement en « eau traitée » 33% des habitants ont accès à une forme d’assainissement 63% des eaux usées des grandes agglomérations ne sont pas traitées 3% des grandes villes traitent l’ensemble de leurs eaux 41% de l’eau potable distribuée ne génèrent pas de revenu Le pays possède 4% des ressources en eau de la planète… mais 80% des eaux de surface sont polluées, et 29% des nappes phréatiques atteignent un niveau d’exploitation critique. L’eau magazine novembre 2012 N°20 35



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