L'Eau Magazine n°19 jun à oct 2012
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Qualité et développement durable Séparateur d’hydrocarbures, quelques précisions pour une bonne utilisation L’utilisation de séparateurs d’hydrocarbures, même si elle soulève parfois des doutes, peut s’avérer pertinente sur certains sites. Une seule condition  : être en présence d’hydrocarbures libres et abondants. Des dispositifs permettant de piéger les hydrocarbures en suspension dans les eaux. « Ces dispositifs peuvent être pertinents dans certaines zones. » 40 Utilisés depuis plusieurs décennies pour piéger les hydrocarbures présents dans les eaux pluviales, les séparateurs d’hydrocarbures sont de plus en plus contestés en raison d’un manque d’efficacité. Désormais, quand ils en ont la possibilité, les maîtres d’ouvrage ont tendance à se tourner vers des techniques alternatives comme les bassins de retenue ou encore les barrières végétales qui permettent une filtration passive avec le risque de contaminer les sols et les nappes phréatiques. « Depuis le début des années 2000, le principal message qui ressort de certaines études est que les séparateurs ne sont pas assez efficaces. Cela est complètement faux. Ces systèmes peuvent être pertinents dans certaines zones où la présence d’hydrocarbures flottants est avérée », précise Patrick Churlet, directeur commercial de Saint-Dizier Environnement et membre d’ISGH, syndicat des industriels de la dépollution pluviale, ajoutant que « chaque dispositif, que ce soit un séparateur ou un décanteur, doit être utilisé selon la configuration adaptée ». Hydrocarbures en abondance Précédé généralement d’un débourdeur – dispositif qui décante les matières les plus lourdes – qui décante les matières les plus lourdes, le séparateur d’hydrocarbures est destiné à piéger les Saint-Dizier Environnement hydrocarbures en suspension dans les eaux. Pour obtenir une bonne efficacité de ces dispositifs, il faut donc être en présence d’hydrocarbures en abondance et libres. Ces ouvrages sont plus appropriés dans le cas de pollutions massives rencontrées sur les stations-services, les aires de lavage, les dépôts pétroliers ainsi que lors de déversements accidentels. « En effet, sur une station-service, une particule d’hydrocarbure rejoindra rapidement le séparateur et demeurera en suspension. Mais, sur une route, un parking ou dans le cas des zones découvertes de stockage, cette même particule va probablement s’agglomérer avec d’autres éléments comme le sable, empêchant ainsi sa flottaison », détaille Patrick Churlet. Dans le cas de pollutions pluviales chroniques, essentiellement particulaires, le décanteur lamellaire semble ainsi la solution la plus pertinente pour traiter l’aspect multiparamètres de ces eaux de ruissèlement (hydrocarbures, métaux lourds, chlorure, MES 1, HAP 2). De plus, ces dernières présentent bien souvent une concentration en hydrocarbures inférieure à 5 mg/l, ce qui correspond au rendement maximum possible d’un grand nombre de séparateurs. Dimensionnement et entretien, des paramètres essentiels Mais l’efficacité de ces dispositifs dépend également de l’exploitation et de l’entretien de l’installation. Or, il existe un réel problème de maintenance, notamment pour les séparateurs d’hydrocarbures qui sont des ouvrages enterrés. Certains sont même complètement laissés à l’abandon. Une fois rempli, le séparateur n’assure plus sa fonction et laisse passer, en cas de circuit d’évitement contournant l’installation, l’eau polluée. Par ailleurs, les dysfonctionnements observés sur le terrain résultent également d’un mauvais dimensionnement du système. « Dans la conception des ouvrages, il est important de bien préciser la future exploitation ainsi que la capacité de traitement, notamment en cas de fortes pluies », conclut Patrick Churlet. Clément Cygler 1 Matières en suspension. 2 Hydrocarbures aromatiques polycycliques. L’eau magazine juin 2012 N°19
En France, la récupération et l’utilisation de l’eau de pluie sont des pratiques très récentes, mais qui tendent à devenir de plus en plus courantes. Avec la diminution des ressources naturelles et l’augmentation du coût du m 3 d’eau ces dernières années, la valorisation de cette eau représente, en effet, une solution pertinente. Mais récupérer et traiter l’eau de pluie pour une utilisation d’arrosage ou d’alimentation de toilettes ne se limite pas seulement à la simple mise en place d’une cuve standard et d’une pompe classique. Pour appuyer la réglementation existante 1, aider le développement de la filière et surtout éviter la multiplicité des mauvaises installations, la norme NF P 16-005 a été publiée par l’Afnor en octobre 2011. Mode d’emploi d’un bon dispositif Élaborée par l’Afnor en collaboration avec de nombreux professionnels dont l’Ifep (Industriels français de l’eau de pluie 2), syndicat représentant une vingtaine d’industriels du secteur, la norme NF P 16-005 traite de la récupération des eaux de pluie en aval de toitures non accessibles, des usages autorisés (extérieurs, intérieurs, pour les laves-linges à titre expérimental) et des bâtiments concernés. Elle recense des prescriptions générales sur la conception, le dimensionnement, la mise en œuvre, l’entretien et la maintenance des installations, tout en introduisant des critères minimaux applicables à chacun des systèmes. En outre, ce texte normatif s’applique aux habitats individuel et collectif, aux bâtiments du tertiaire, aux sites industriels, aux surfaces commerciales et aux lotissements. Qualité et développement durable La norme « Eau de Pluie », définition d’une installation conforme La norme NF P 16-005 traite de la récupération et de l’utilisation de l’eau de pluie à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments. Un document de référence attendu par la profession. L’eau de pluie pour une utilisation variée Selon les données du Centre d’information sur l’eau (Cieau), l’eau de pluie pourrait satisfaire près d’un tiers de nos besoins en eau, et ce, en respectant de façon stricte la réglementation. 1 Arrêté du 21/08/08 relatif à la récupération des eaux de pluie et à leur usage à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments. 2 www.ifep.info DR « La réglementation sur l’eau de pluie permet sans conteste de participer aux enjeux de réduction de la consommation en eau potable. » Christian Lacour, président de l’IFEP Ainsi, lorsqu’elle est utilisée à l’intérieur des bâtiments, l’eau de pluie est destinée à un usage domestique, principalement pour le lavage des sols et les toilettes. À l’extérieur, elle peut servir pour tous les types d’utilisation comme l’arrosage ou encore le remplissage partiel des piscines. Par ailleurs, la récupération et le stockage de l’eau de pluie offrent la possibilité de capitaliser un volume d’eau utilisable tout au long de l’année, mais également en périodes de sécheresse où les restrictions d’usage sont obligatoires. Manuel Castel L’eau magazine juin 2012 N°19 41



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