L'Eau Magazine n°19 jun à oct 2012
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DR International Une usine de dessalement à Gaza Un projet, soutenu par l’Union pour la Méditerranée, prévoit la construction d’une unité de dessalement sur la bande de Gaza pour offrir de l’eau à une population qui en manque cruellement. La bande de Gaza en Palestine, où 1,6 million d’habitants sont à approvisionner en eau. 28 « 40% de pertes dues aux fuites. » Cisjordanie Israël D’ici 2020, ce sont 100 millions de mètres cubes d’eau potable qu’une future usine de dessalement devrait fournir aux 1,6 million d’habitants de Gaza. Le projet, le premier labellisé par les 43 pays-membres de l’Union pour la Méditerranée (UpM) en juin 2011, coûterait 350 millions d’euros. Lors du Forum mondial de l’eau à Marseille, en mars dernier, le premier ministre de l’Autorité palestinienne, Salam Fayyad, a lancé un appel aux dons « à tous les pays et les institutions financières afin que ce rêve devienne réalité ». La France, par l’intermédiaire de François Fillon, alors Premier ministre, a répondu positivement à hauteur de 10 millions d’euros. Tout comme le Japon avec 32 millions. Les pays du Golfe se sont engagés, pour leur part, à assurer 50% du financement. Une étude de faisabilité, en cours, devrait être achevée dans les deux ans. La Banque européenne d’investissement (BEI) apportera son expertise technique et gèrera les fonds de l’aide internationale. Un projet qui relève de l’urgence humanitaire Sur la bande de Gaza, la seule ressource en eau douce disponible est un aquifère côtier qui coule également en Égypte et en Israël. Le territoire ne reçoit en moyenne que 300 mm de pluie par an, soit 45 millions de mètres cubes, dont 46% servent à recharger la nappe phréatique, d’après les Nations unies. Or, selon un rapport de la Banque Mondiale daté de 2009, 5 à 10% seulement de l’eau de cet aquifère sont conformes aux normes standards de salubrité (normes Organisation mondiale de la santé). Et pour cause. D’abord, l’aquifère est pollué par les nitrates et le chlore jusqu’à dix fois la dose admise par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En effet, en raison de la nature du sol, il subit l’infiltration des eaux usées, de l’eau d’irrigation ainsi que l’écoulement provenant des décharges surchargées ou non-protégées. Des tests effectués dans neuf puits privés par l’ONU ont démontré que la concentration de nitrates dans plusieurs d’entre eux excédait la limite de 50 milligrammes par litre fixée par l’OMS – l’un de ces puits affichait même 331 milligrammes par litre. Ensuite, l’aquifère subit un pompage de 170 millions de m 3 par an, soit trois fois supérieur à ce qu’il peut supporter pour permettre son renouvellement (55 millions de m 3). L’eau de mer entre ainsi dans la nappe  : selon un rapport des Nations unies, la salinité de l’eau dans la majorité de la bande de Gaza est au-delà de la limite de 250 milligrammes par litre établie par l’OMS – dans l’un des prélèvements, la salinité excédait même cette limite de plus de 700%. Actuellement, les Gazaouis dépensent un tiers de leur budget dans l’achat de bouteilles d’eau, mais consomment tout de même de l’eau insalubre, ce qui provoque diverses maladies, notamment chez les enfants. Comme l’a rappelé le ministre palestinien de l’Eau, Shaddad Al Attili, « cette eau est impropre à la consommation humaine et pourtant nos populations en boivent quand même, car il n’y a pas d’autre solution ». Or, un taux élevé de nitrates peut causer une L’eau magazine juin 2012 N°19
forme d’anémie chez les nourrissons connue sous le nom de « syndrome du bébé bleu ». Des analyses effectuées par le Programme des Nations unies pour l’Environnement (Pnue) dans plusieurs puits de Gaza ont révélé que la concentration en nitrates pouvait atteindre 331 milligrammes par litre, soit six fois le niveau fixé par l’OMS. Opportunité de développement économique durable Le nombre d’habitants sur la bande de Gaza devrait croître de plus de deux millions d’ici 2020, selon une étude réalisée par le projet MED CSD de la Commission européenne, la demande d’eau municipale et industrielle devrait augmenter de 180 millions de mètres cubes par an et celle de l’agriculture baisser de 80 millions de mètres cubes. Les besoins au total en 2020 seraient de 260 millions de mètres cubes contre 170 millions environ actuellement. Le projet dont le promoteur est la Compagnie palestinienne des eaux (Palestinian Water Authority) devrait se dérouler en deux phases  : dans un premier temps, il prévoit de 2014 à 2017 la construction d’un système d’adduction et de distribution d’eau à travers toute la bande de Gaza, pour un coût de 110 millions d’euros. Les pertes dues aux fuites représentent en effet plus de 40% de l’eau pompée. Parallèlement, une usine de dessalement d’eau de mer d’une capacité de 55 millions de m 3 par an sera construite pour 180 millions d’euros dans le sud, près de Khan Younès, sur un terrain d’environ 31 000 m². Dans un deuxième temps, entre 2017 et 2020, la capacité de production sera portée à 100 millions de mètres cubes par an. Il est estimé que l’usine aura besoin de 300 mégawatts pour fonctionner. Des négociations seraient en cours avec l’Egypte, qui pourraient les fournir. Cette usine constituerait par ailleurs une « opportunité de développement économique durable et de création d’emplois pour cette région qui connaît une très forte pression démographique ainsi qu’un enjeu de stabilité politique », selon l’UpM. D’ailleurs, le gouvernement israélien déclare soutenir le projet et offrir même son expertise technique en matière de dessalement si elle est requise.À noter que Gaza dépend encore en partie de Tel Aviv pour accéder à l’eau potable. Marie Mouralis



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