L'Eau Magazine n°17 jun à oct 2011
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54 Qualité et développement durable Travaux sans tranchée  : la microchirurgie souterraine En France, seulement 3% des réhabilitations et poses de canalisations s’effectueraient suivant la technique des travaux sans tranchée (TST), c’està-dire sans qu’il soit besoin de creuser le sol pour accéder aux réseaux d’eau potable, d’assainissement, de télécommunications, de gaz ou d’électricité. Pourtant ces techniques limitent la durée d’intervention sur la voirie ainsi que la quantité de déblais/remblais à manipuler. Elles génèrent donc un meilleur bilan carbone que les techniques traditionnelles. Des chantiers qui durent moins longtemps et provoquent moins de nuisances. Ainsi pourraient se résumer les principaux avantages des travaux sans tranchée. Car en évitant d’ouvrir le sol pour remplacer ou poser une canalisation, ces techniques limitent le bruit, la poussière, le blocage de la Passage de conduite en filière. Sade circulation et la surconsommation de matériaux nobles. Et ce grâce à une quarantaine de procédés qui vont du microtunnelier au forage dirigé, en passant par le tubage, le chemisage, le fonçage, le forage à la tarière, l’éclatement de canalisation. Ces solutions permettent de passer sous les routes, les voies de chemins de fer, les rivières, les bâtiments. Des techniques écologiques puisqu’en évitant de creuser une tranchée, les déblais/remblais sont divisés par dix et le bilan carbone est dix fois moindre qu’en mode traditionnel. En quelques chiffres, la pose d’une canalisation d’assainissement de 250 mètres en diamètre 400, comprenant dix branchements, produit en technique traditionnelle 595 kg d’équivalent carbone par mètre linéaire, 130 kg en éclatement de conduite et 26 kg en chemisage (selon une estimation du logiciel Carbone 6 de la Sade). « Ces coûts indirects ne sont pas systématiquement pris en compte. De même que la circulation des camions pour évacuer les déblais et rapporter de la terre est rarement intégrée dans l’analyse des coûts », constate Jean-Pierre Brazzini, ingénieur chercheur à GDF-Suez, vice-président et directeur scientifique à la FSTT, l’excomité français pour les travaux sans tranchée, aujourd’hui France sans tranchées Technologies. « Dans les pays où les pouvoirs publics insistent un peu plus sur l’environnement, le « sans-tranchées » est plus développé ». C’est le cas au Japon, pays pionnier dans ce domaine, où 80% des travaux sont réalisés suivant ce procédé, qui plus est de nuit pour ne perturber ni la circulation ni l’activité économique. Une raison à cela  : l’urbanisation très dense du pays. Ces techniques se taillent également la part belle aux USA, en Australie où 50% des chantiers sont réalisés en « sans-tranchées ». En Allemagne, elles sont utilisées dans 20% des cas. Variation de prix Par contre, elles tardent à décoller en France et ne seraient employées que pour 3% des interventions. Plusieurs raisons à cela. Tout d’abord les prix. Selon la FSTT, ils peuvent varier de plus ou moins 30% selon les cas, par rapport à une technique traditionnelle. Variation liée au coût élevé du matériel souvent très sophistiqué et fabriqué par peu d’industriels. « Payer 30% plus cher peut être énorme pour une collectivité, mais les riverains du chantier s’y retrouvent, question nuisance et durée du chantier », affirme Grégory Alvinsi, délégué permanent de la FSTT. En effet, l’un des atouts du sans-tranchées est sans conteste la rapidité des interventions et la moindre mobilisation de personnel. Selon Philippe Lagubeau, directeur adjoint réhabilitation du service des travaux spéciaux de la Sade, « nous sommes capables de chemiser une centaine de mètres et rénover complètement une canalisation dans la journée alors qu’en technique traditionnelle, il faut compter plusieurs jours. » Autre facteur ayant joué en défaveur du « sans-tranchées », mais en passe d’être corrigé  : les difficultés pour contrôler la qualité et la fiabilité de ces techniques de pose sur le long terme. Problème réglé grâce aux contrôles effectués sur la base L’eau magazine juin 2011 N°17
des normes NF-EN publiées depuis 2003 par les Agences de l’eau. « Celle de Seine-Normandie exige depuis deux ans des contrôles visuels, d’étanchéité et des prélèvements supplémentaires pour vérifier la résistance mécanique des chemisages dans le cadre de la procédure de réception des travaux », poursuit ce responsable, également intervenant lors de formations à la FSTT, à l’Engees 1 ou à l’OIEau. Enfin, ces techniques restent encore méconnues des collectivités. Auscultation des sols Que ce soit en réhabilitation ou en pose de nouvelle canalisation, ces procédés d’intervention s’adaptent quasiment à tous types de chantier. « On peut avoir des tunneliers de quatre mètres de diamètre. De même qu’on peut réhabiliter en « sans-tranchées » des ouvrages de forme ovoïde », indique Philippe Lagubeau. À Rennes, la 1 École nationale du génie de l’eau et de l’environnement de Strasbourg. Qualité et développement durable collectivité a opté pour l’utilisation d’un microtunnelier afin de créer une canalisation pour les eaux pluviales qui servira également de collecteur. Soit une conduite de 1,80 mètre, enterrée à dix mètres. « Impossible d’ouvrir une telle tranchée en centre-ville », précise Guy Dewonck, président de la commission technique des travaux sans tranchées de Canalisateurs de France, et directeur adjoint de la Sade, entreprise en charge du chantier rennais. Autre exemple, la construction du tramway de Brest où cinq techniques sont utilisées pour renforcer le réseau d’assainissement. En réhabilitation, les techniques sont fonction de l’état de la canalisation. Pour la pose de nouveaux réseaux, le choix dépendra de la profondeur, du diamètre de la canalisation et de la nature du terrain. D’où la nécessité de posséder du personnel hautement qualifié. « Malheureusement en France, le savoir-faire est acquis sur le terrain. Dans certains pays, comme en Allemagne et en Hollande, il existe des formations ». Néanmoins, la FSTT travaille actuellement à l’élaboration d’un certificat de qualification. Car les interventions souterraines nécessitent des connaissances non seulement quant à l’utilisation des machines mais aussi en matière géologique. « Ce qui est important, c’est de pouvoir faire un diagnostic pour connaître l’emplacement et l’état du réseau », indique Guy Dewonck. Diagnostic qui permettra d’établir la faisabilité. « Tout ce travail en amont doit normalement être réalisé par la maîtrise d’œuvre, ce qui n’est pas toujours le cas. L’entreprise détermine ensuite quel sera le type de réhabilitation le plus adapté  : faudra-t-il utiliser de la résine, renforcer la canalisation, quelle sera l’épaisseur de la chaussette et la façon de la polymériser ? » Car pas question pour l’entrepreneur d’avancer à l’aveuglette. « La réhabilitation par l’intérieur peut paraître simple. Or ce n’est pas à la portée d’un amateur. » D’où l’importance de



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