L'Eau Magazine n°17 jun à oct 2011
L'Eau Magazine n°17 jun à oct 2011

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 30 - 31  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
30 31
30 Colloque décret auront l’obligation de présenter un plan d’action. » Jean-Pierre Rideau a rappelé que « le prix de l’eau est un leurre  : sur 100%, vous avez 70% réservés aux frais de fonctionnement, et 30% réservés pour l’autofinancement, dont les réparations. Il n’y a rien de plus simple que de baisser le prix de l’eau artificiellement, en limitant les travaux d’entretien du patrimoine… ce qui au bout de dix ans aboutit à l’obligation d’une remise à niveau qui reviendra extrêmement cher. » Chiffre particulièrement frappant  : le patrimoine des services d’eau et d’assainissement, en termes de réseaux, représente « entre 220 et 280 milliards d’euros ». Jacques Dolmazon, président du Syndicat des Canalisateurs de France, a noté que son organisation s’est investie depuis longtemps dans cette démarche d’inventaire. « Les inventaires sont, pour nous, une démarche hautement utile pour les collectivités, puisqu’elles permettent de se projeter dans l’avenir. » Jacques Dolmazon a exprimé son accord avec l’idée qu’il était préférable de ne pas repousser les travaux, ce qui aurait pour résultat « d’alourdir la charge financière ». Gérard Leca, PDG de Résina et président du CGEE 2, a quant à lui rappelé l’importance de la question de la rénovation des réservoirs et châteaux d’eau. « Il s’en rénove environ 600 par an, sur un parc d’ouvrages estimé à quelque 40 000. » Et de noter qu’il serait tout de même dommage, lorsque l’on sait le niveau d’exigence en matière de traitement de l’eau potable, « de stocker de l’eau de très haute qualité dans des ouvrages qui le sont moins. » Aurélie Thouet, de la direction générale de Santé, a rappelé les objectifs des pouvoirs publics en termes de matériaux entrant en contact avec l’eau potable  : le principe essentiel est le principe d’inertie  : « Un matériau doit être primaire, c’est-à-dire qu’il ne peut influencer la qualité de l’eau potable, ni en termes biologiques ni en termes physico-chimiques. » En 1999, le dispositif des ACS (attestations de conformité 2 Syndicat du Génie civil, de l’eau et de l’environnement. Chritstophe Recoura verbatim José Rizo-Martin, direction générale de l’Environnement, commission européenne « Les travaux pour la mise à niveau de la directive eau potable ont commencé depuis sept ou huit ans, et nous sommes confrontés à une situation difficile, car l’espoir qu’un accord soit trouvé à l’échelle européenne ne s’appuie pas seulement sur l’intérêt environnemental, mais surtout sur l’intérêt industriel. On nous demande de définir des standards au niveau européen ? La commission européenne ne peut pas sanitaire) a été mis en place par le ministère de la Santé, qui vérifie toutes les substances introduites dans la fabrication des matériaux. « Ce processus protège les constructeurs, puisqu’il atteste de l’innocuité des matériaux. » Un dispositif salué par Pascal Farjot, directeur commercial France de Saint-Gobain PAM et président d’Itea 3, qui estime que « l’administration française a particulièrement bien fait son travail. Mais nous regrettons que les contrôles ne soient faits que sur des échantillons, et non sur site, dans nos usines. » Pascal Farjot a rappelé l’intérêt du système de certification, qui permet aux industriels de livrer des produits de qualité. Mais il a regretté que « les maîtres d’ouvrages se montrent souvent trop frileux, et hésitent à utiliser ces certifications dans leurs appels d’offres », et que la certification européenne, en revanche, se fasse aujourd’hui « a minima ». Aurélie Thouet a d’ailleurs 3 Syndicat des industriels du transport de l’eau et de l’assainissement. faire de miracles. Les poids lourds de l’industrie de l’eau – en France, en Allemagne – n’ont déjà pas la même approche, par exemple sur la question des matériaux de construction en contact avec l’eau destinée à la consommation humaine. Dans ce contexte, définir des standards est bien difficile. Nous continuons à travailler, à dialoguer, à chercher, à avancer. Mais je n’hésite pas à dire que les intérêts industriels nous rendent la tâche difficile. » précisé que cette question de l’évaluation des matériaux au contact de l’eau potable fait actuellement l’objet d’une démarche de travail volontariste d’un groupe informel composé de quatre États membres, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas. Les fabricants se félicitent donc de l’existence du système des ACS, mais regrettent qu’elles ne concernent que l’aspect sanitaire, et non la qualité. La qualité est en effet au cœur des préoccupations des industriels, tant chez les canalisateurs que chez les professionnels du transport d’ITEA  : les deux organisations s’apprêtent à signer une nouvelle Charte de qualité, élaborée par un groupe de travail de l’Association scientifique et technique de l’eau et de l’environnement (Astee), avec l’objectif de convaincre les maîtres d’ouvrages de signer de plus en plus de marchés sous charte. L’eau magazine juin 2011 N°17
Alvaro Yanez 1 6 Deuxième partie La mise en œuvre d’une politique de développement durable dans le secteur de l’eau Deuxième thème, abordé en début d’après-midi  : le développement durable appliqué à la politique de l’eau. Deux problématiques ont été abordées  : le « reuse » et les énergies renouvelables. Reuse  : réglementations et perspectives Valentina Lazarova, expert senior chez Suez-Envrionnement et présidente du groupe reuse de l’IWA (International water association), a procédé à un tour d’horizon mondial des pratiques en matière de reuse, mettant essentiellement en lumière les immenses différences de pratique existant d’une région à l’autre  : l’eau usée retraitée est utilisée, dans le monde, pour tous les usages – depuis l’irrigation jusqu’à la réinjection dans les nappes et l’eau potable. Il s’agit d’un changement de perspective considérable  : « L’eau usée commence à être considérée comme une ressource et non plus comme un déchet. » Il existe aujourd’hui dans le monde quelque deux mille usines 2 7 3 8 dédiées au reuse, et le marché est en forte croissance depuis 1995 (+25% par an aux États-Unis, +27% par an en Europe). « Le leader européen est indiscutablement l’Espagne, qui a pris, en 2000, une décision politique en ce sens. L’Espagne recycle aujourd’hui 400 millions de mètres cubes par an, et vise le milliard de mètres cubes. » Un objectif ambitieux, mais encore loin des réalisations de la Floride, qui utilise l’eau recyclée pour tous les usages, y compris l’eau potable. Quant à la France, « si elle a été leader dans les années 1990, aujourd’hui l’élan est tassé. » Au nom de la Commission européenne, José Rizo-Martin a regretté qu’il n’y ait « aucune législation européenne sur la réutilisation de l’eau usée traitée. Il n’y a pas d’accord politique, et chacun fait un peu ce qu’il veut. Pourtant, l’Agence européenne de l’environnement a souligné que si l’on veut éviter de graves situations de stress hydrique, il n’y a pas de petit profit, et qu’il faut être capable d’utiliser jusqu’à la dernière goutte d’eau ! » Colloque 1. Martin Guespereau, directeur général de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse 2. José Rizo-Martin, Direction générale de l’Environnement, Commission européenne 3. Nicolas Le Pen, Direction générale de la Santé 4. Valentina Lazarova, président du groupe Reuse de l’IWA 5. Didier Haegel, directeur général de Vinci Environnement, président du Synteau 6. Bernard Saunier, président de Saunier & Associés 7. Éric Garroustet, directeur général de Cotrasol, président du SFE 7. Ronan Nedelec, responsables du service études et méthodes à la direction de la prospective, SIAAP 8. Guillaume de Larminat, directeur des opérations Veolia Eau S&T 9. Bruno Leboullenger, chef du bureau de l’énergie, Direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services. 9 4 5 10 Martin Guespereau, nouveau directeur de l’Agence de l’eau Rhône- Méditerranée-Corse, a souligné que la gestion quantitative et qualitative de la ressource est « le nouveau grand sujet pour nous ». Ce sont pas moins de 72 petits bassins versants sur 200, sur le bassin, qui sont considérés comme étant « en situation de pénurie ou potentiellement en pénurie ». Il a insisté sur le fait que lorsque que l’on évoque la qualité d’une rivière, à l’heure actuelle, « on ne raisonne hélas qu’en termes physico-chimiques. Ce qui veut dire qu’on ne parle pas quantité, ni température de l’eau, par exemple. Il faut aller vers une vision globale  : qu’estce que c’est qu’une rivière qui fonctionne ? On est encore très loin de cette compréhension. » Selon Martin Guespereau, il devient patent que le fait de rejeter de l’eau usée dans le milieu naturel n’est pas toujours judicieux. « C’est pourquoi le reuse va rentrer par des portes auxquelles on ne s’attendait pas, par exemple, la limitation des rejets d’eaux usées. » Il a enfin déploré le L’eau magazine juin 2011 N°17 31



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 1L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 2-3L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 4-5L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 6-7L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 8-9L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 10-11L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 12-13L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 14-15L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 16-17L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 18-19L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 20-21L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 22-23L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 24-25L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 26-27L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 28-29L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 30-31L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 32-33L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 34-35L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 36-37L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 38-39L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 40-41L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 42-43L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 44-45L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 46-47L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 48-49L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 50-51L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 52-53L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 54-55L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 56-57L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 58-59L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 60-61L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 62-63L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 64-65L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 66-67L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 68-69L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 70-71L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 72-73L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 74-75L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 76-77L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 78-79L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 80-81L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 82-83L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 84-85L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 86-87L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 88-89L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 90-91L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 92-93L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 94-95L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 96-97L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 98-99L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 100-101L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 102-103L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 104-105L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 106-107L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 108-109L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 110-111L'Eau Magazine numéro 17 jun à oct 2011 Page 112