L'Eau Magazine n°17 jun à oct 2011
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16 Territoires Polynésie  : un pilote pour tester des unités compactes de traitement d’eau potable En Polynésie, les épisodes de forte pluie provoquent une brusque montée de la turbidité des eaux de surface. Pour réussir à traiter l’eau de façon satisfaisante, la Société Polynésienne des Eaux et de l’Assainissement (filiale de la Lyonnaise des eaux), teste en conditions réelles des unités compactes de traitement. La Polynésie française, c’est 118 îles dispersées sur un territoire grand comme l’Europe et composé de cinq archipels, où vivent 260 000 habitants. L’adduction d’eau potable y est un problème réel et récurrent (seules 6 communes sur 48 distribuent aujourd’hui une eau de qualité conforme !) que les élus ont l’obligation de traiter avant le 31 décembre 2015. Le problème de l’eau potable en Polynésie est ainsi expliqué par Andy Ceran-Jérusalemy, adjoint au maire de la commune de Faa’a et président du Syndicat des eaux Te Oropaa  : « Nous avons une rivière qui nous permet de capter 600 litres par seconde, nous n’avons donc pas de problème d’alimentation. Cette eau est simplement traitée dans un décanteur puis chlorée. Mais en cas de fortes intempéries, l’eau devient vite très chargée, à tel point que nous sommes obligés d’arrêter l’alimentation. Sur douze mois, nous arrêtons trois à quatre mois ! » Cette situation est classique en Polynésie – comme dans d’autres territoires d’outre-mer soumis à des climats tropicaux. Comme l’explique Isabelle Maunoury, directrice commerciale et projets au département Réhabilitation et projets standards de Degrémont, « ce sont des endroits où les filières simplifiées fonctionnent mal, parce qu’il y a des montées en turbidité très brutales  : pendant 90% du temps, on a une turbidité de 5 NTU 1, et on passe brusquement à 200 NTU. » En Polynésie, une telle situation est courante. Selon Brice Cabibel, directeur général de la SPEA (Société Polynésienne des Eaux et de l’Assainissement), « dans ces archipels, différents types de ressources sont mobilisables selon les îles et les vallées  : prise d’eau en rivière directe, captage de la nappe d’accompagnement de la rivière par galerie drainante, forage horizontal et forage vertical dans les nappes, dessalement d’eau de mer. L’enjeu, c’est d’essayer 1 Unité de turbidité néphélométrique (Nephelometric turbidity unit). d’utiliser les ressources disponibles les moins chères » – c’est-à-dire celles qui sont le moins gourmande et en énergie, et en travaux de génie civil. Car en Polynésie, l’acheminement obligatoire des matières premières rend tout excessivement cher. Selon Andy Ceran- Jérusalemy, « nous avons ici l’énergie la plus chère du monde. » Il faut donc traiter le problème de la régularité de l’approvisionnement en eau, tenter de supprimer les coupures, ce qui suppose, explique Brice Cabibel, « de trouver une technique à la fois simple, solide, fiable. » Degrémont est convaincu d’avoir la solution avec le dispositif UCD (unité compacte Degrémont), des unités de traitement physico-chimique qui peuvent être installées dans des containers, et donc être facilement transportées et installées. « Ces unités sont spécialement adaptées au traitement des eaux de surface très chargées, détaille Isabelle Maunoury. Elles sont facilement exploitables, L’eau magazine juin 2011 N°17
y compris par du personnel peu qualifié. On est sur de la décantation lamellaire et de la filtration sur sable. L’un des grands avantages de l’UCD est d’être souple  : si la taille des filtres est standard, en revanche le choix des réactifs, les automates, les sous-ensembles peuvent être ajustés au cas par cas, en fonction de l’eau traitée. » En outre, la gamme UCD se décline en quatorze modèles, permettant d’aller d’un débit de 5 m 3/h à 720 m 3/h. Une démarche de démonstration Les UCD sont déjà largement utilisées dans plusieurs territoires et départements d’outre-mer (Guyane, Saint-Pierre-et-Miquelon et Nouvelle-Calédonie entre autres). Degrémont et la SPEA veulent à présent en démontrer l’efficacité aux élus polynésiens. Selon Isabelle Maunoury, « il faut passer par cette phase de démonstration, prouver que notre dispositif fonctionne, et pas seulement sur le papier. » L’UCD présente, en la matière, le grand avantage d’être facilement transportable, ce qui permet à la SPEA de faire des installations provisoires, dans les communes, et de les faire fonctionner en réel, pour prouver aux élus que le système fonctionne. « L’UCD, en tout cas la version que nous utilisons pour ce pilote, une 5 m 3/h, tient dans un container 20 pieds. On peut donc le charger dans un bateau, le décharger avec un engin de levage et l’installer. » Un telle mobilité est indispensable en Polynésie, tout simplement parce qu’entre l’île de Tahiti et les Marquises, par exemple, il y a… 1 500 km ! Le pilote UCD est arrivé en novembre 2010 à Tahiti, sur le territoire du syndicat Te Oropaa, où il a été mis en service et testé. « Le système qui existait avant dans ces communes obligeait les responsables à arrêter l’alimentation dès que l’on passait les 2 NTU !, relate Brice Cabibel. Avec notre pilote, on est passé à un système qui fournit de l’eau potable à partir d’une eau brute Territoires pouvant excéder 200 NTU. » Ce qui explique que le président du syndicat, Andy Ceran-Jérusalemy, juge le test « plutôt satisfaisant ». Après Tahiti, le pilote UCD a pris le chemin des îles Marquises, où il a été installé sur l’île de Nuku Hiva, dans le village de Taiohae. Le maire de la commune, Benoît Kautai, explique que le contexte de Taiohae est particulier, parce que l’eau ne peut être produite qu’à partir de l’eau de rivière. Il n’y a ni sources ni nappes à proximité. Et là aussi, la qualité et la turbidité de l’eau sont sujettes à des très fortes variations. « Dans les premiers temps de l’installation du pilote aux Marquises, nous avions environ 30 NTU, relate Brice Cabibel. Puis, d’un coup, il y a eu énormément de pluie, et l’on est passé à 300, voire 400 NTU. On est en train de se caler, de choisir le bon réactif, les bons réglages. Pour l’instant, à part sur le gros pic de turbidité de 400 NTU sur lequel nous travaillons toujours pour



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