L'Eau Magazine n°16 nov 10 à mai 2011
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54 Qualité et développement durable Traitement des eaux usées en montagne  : concilier développement économique et développement durable Le traitement des eaux usées en montagne revêt un caractère spécifique, car il convient de concevoir des usines dimensionnées pour absorber les pics de fréquentation liés aux activités touristiques, tout en préservant la biodiversité. Et ce dans un contexte topographique contraint, nécessitant le développement de structures compactes, dotées de technologies d’assainissement de pointe. D’un côté, des écosystèmes fragiles ; de l’autre, l’impérieuse nécessité de maintenir et développer des activités industrielles, agricoles et touristiques dans d’excellentes conditions environnementales. Au centre, de fortes variations de population. Le traitement des eaux usées en montagne n’est pas une mince affaire. D’autant que les collectivités en charge de cette compétence doivent aussi tenir compte de l’habitat (souvent dispersé), de reliefs contraignants et de conditions climatiques rudes. Trois paramètres qui augmentent les coûts d’investissement et d’entretien des réseaux et stations d’épuration et freinent sans doute la construction d’unités de traitement des eaux usées. Selon Henry Nayrou, président de l’Association nationale des élus de montagne (Anem 1) et député de l’Ariège, « près de 15% des stations touristiques rejettent encore leurs eaux usées sans traitement et 60% des installations d’épuration n’ont pas un fonctionnement satisfaisant », affirme-t-il. « Une des difficultés tient au fait que la population peut être multipliée jusqu’à 300 en période hivernale dans certaines communes de montagne et que les installations d’assainissement ne sont pas dimensionnées pour absorber ces afflux massifs de touristes ». Or l’enjeu est de taille car il convient de limiter la pollution et de maintenir la qualité des eaux. Développement durable et réchauffement climatique obligent. « Des problèmes ponctuels mais persistants d’assainissement liés ou non à l’activité touristique ou des pollutions diffuses liées à l’élevage ou à la filière laitière s’exercent encore sur de petits cours d’eaux 1 L’Anem regroupe 4 000 communes, 42 départements et 12 régions dans 6 massifs montagneux représentant 25% du territoire national. Guy Imbert avec une incidence aggravée par les étiages naturellement faibles », note Jean-François Donzier, directeur général de l’Office international de l’eau (OIEau). Néanmoins, une prise de conscience – certes récente – a conduit une majorité de collectivités montagnardes à se mettre aux normes en matière de traitement des eaux usées. « Depuis la loi sur l’eau, elles n’ont pas le choix », juge utile de préciser Jean-Pierre Canler, ingénieur chargé du traitement des eaux résiduaires au sein de l’institut de recherche en sciences et technologie de l’environnement (Cemagref). Même si toutes n’ont pas encore conçu des réseaux séparatifs pour collecter d’un côté les eaux usées et de l’autre les eaux pluviales. Conséquences  : une baisse de température des effluents à traiter. « On se retrouve avec des entrées d’eaux parasites qui, si elles sont trop importantes, peuvent bloquer le processus de traitement. Ce qui aura un impact sur le conditionnement des installations ». Gérer les périodes de pointe L’objectif aujourd’hui des collectivités est de concevoir des systèmes d’épuration durables visant à préserver le milieu naturel et la biodiversité. Autrement dit, il s’agit de construire des structures compactes, intégrées au site et couvertes pour limiter les nuisances sonores et olfactives. Ainsi, les constructeurs ont conçu des unités de traitement perfectionnées multifilières, faisant appel à des technologies de pointe afin de traiter les boues et déchets, les recycler et réduire par là même l’empreinte écologique. Notamment en produisant des biogaz destinés aux besoins énergétiques de la station d’épuration mais aussi en réduisant les boues résiduelles en compost, valorisé en agriculture. Des unités de traitement bien évidemment dimensionnées pour absorber les variations de population et dotées pour cela de hautes performances épuratoires, grâce à des procédés de type physico-chimiques et biologiques. « La plus grande difficulté pour les collectivités est de gérer la période de pointe touristique L’eau magazine novembre 2010 N°16
qui est généralement de courte durée. Les techniques les plus adaptées pour cela sont les cultures fixées, car on a une biomasse que l’on arrive à fixer sur un support. Mais cela nécessite des investissements très coûteux », indique Jean-Pierre Canler. D’où le regroupement des communes pour mener à bien ce type de projets. Car non seulement les investissements sont Qualité et développement durable lourds, mais il faut parfois ajouter des coûts d’exploitation supplémentaires lorsque les installations ne sont pas préparées à la montée en charge. « Les bactéries se dupliquent à raison de 10% par jour. Si on a une variation de population supérieure à 10%, on ne respectera pas les normes de rejets imposées. Il faut donc préparer les installations quinze jours à trois semaines avant le pic de fréquentation ». Ce qui n’est pas toujours le cas, selon le Cemagref. « Cette problématique a été récemment intégrée par les constructeurs. Or pour une collectivité de 15 000 habitants qui ne s’y serait pas préparée, cela représente des surcoûts de l’ordre de 10 à 15% par an. C’est loin d’être négligeable. » Trois questions à Henri Nayrou, président de l’Association nationale des élus de montagne Quels sont les enjeux du traitement des eaux usées en montagne et les contraintes auxquelles sont confrontées les collectivités ? Les techniques d’assainissement individuel et collectif en montagne sont en amélioration constante, mais il n’est pas facile de trouver un compromis entre les divers enjeux que représente l’assainissement dans ces zones. En effet, il faut créer des installations discrètes pour préserver le paysage, sans odeur, permettant une épuration de qualité pour ne pas perturber l’environnement. Par ailleurs, la compétence en matière d’Assainissement non collectif (ANC) revient aux communes. La loi sur l’Eau leur donne la possibilité, à la demande du propriétaire, d’assurer l’entretien et les travaux de réalisation et de réhabilitation des installations d’ANC. Chaque année, 70 000 installations neuves et 30 000 réhabilitations lourdes sont réalisées. Dans les années à venir, on évalue à 200 000 le nombre d’installations ou de réhabilitations qu’il conviendrait de réaliser, sachant que le coût unitaire est estimé entre 6 000 et 10 000 euros. Quelles sont les solutions d’assainissement les plus adaptées aux communes de montagne ? Il n’y a pas de modèle unique en montagne, chaque territoire présente une spécificité (relief, pente, altitude, climat) qui doit être prise en compte dans le choix du mode d’assainissement. Le problème pour toutes les stations de montagne est la capacité à gérer les variations de flux de matières organiques durant les périodes de fortes fréquentations touristiques. Quelles sont les actions menées par l’Anem concernant la gestion des eaux usées en montagne ? L’une d’entre elles concerne le hameau des Viollins, situé à 1 200 m d’altitude dans le département des Hautes-Alpes. Celui-ci ne bénéficiait d’aucun système d’assainissement des eaux usées. Les rejets s’effectuaient directement dans la rivière. En 2007, l’Anem a noué un partenariat avec la branche eau de Veolia Environnement. Depuis fin 2009, ce hameau est équipé d’une installation d’assainissement collectif particulièrement innovante. La filière utilise la technique Ecofix, à base de copeaux de coco avec un rejet par infiltration. Ce projet présente l’intérêt d’une filière compacte, fonctionnant UTILISATION EPANDAGE RETENTION FILTRATION EPURATION Christine Cabiron en gravitatoire, sans énergie particulière. Quant aux copeaux de coco, ils peuvent être utilisés en fin de vie en compostage. Cette action a été menée dans le cadre d’un partenariat public/privé et financée à hauteur de 40% par l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, Veolia Environnement (40%) et la communauté de communes du Pays des Écrins (20%). Propos recueillis parC.C. La gamme des professionnels pour la gestion des eaux pluviales www.graf.fr - info@graf.fr Eau de pluie Carat et Platine et tunnels Modules Micro-stations d’épuration KLARO



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