L'Eau Magazine n°13 jun à sep 2009
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Développement durableDossier pour l’alimentation en eau potable à environ 2 km en aval du site. Caractériser la source de pollution La première phase de diagnostic environnemental a été réalisée dans le cadre de la vente du site pour une poursuite de l’activité industrielle. Ce diagnostic préliminaire, qui a reposé sur la réalisation de sondages et de piézomètres au droit des principales zones sources potentielles de pollution, respectivement pour la caractérisation de la qualité des sols et des eaux souterraines, a conduit à la découverte d’une source de TCE dans les terrains aux alentours de l’atelier de dégraissage. Dès lors, plusieurs phases d’investigations complémentaires ont été conduites, dans l’optique d’une meilleure caractérisation. Ces investigations successives ont compris notamment  : la réalisation de sondages MIP (Membrane Interface Probe, permettant une mesure en continu des composés organiques volatils et simultanément une caractérisation de la lithologie des terrains) et de piézomètres de différentes profondeurs, afin de préciser l’extension latérale et verticale de la zone source ; de manière plus générale, la réalisation de piézomètres de différentes profondeurs, afin de préciser la localisation et la répartition des impacts dans la nappe en aval de la zone concernée, d’une part, et de vérifier la présence continue, à l’échelle du site, des argiles noires formant le substratum des niveaux aquifères et protégeant ainsi les ressources en eau plus profondes. Ces reconnaissances ont abouti à une représentation tri-dimensionnelle de la zone source, permettant de délimiter son extension, et mettant en évidence une migration du TCE en phase libre jusqu’au toit des argiles noires ainsi qu’une distribution verticale hétérogène en lien avec la présence de lentilles argileuses intermédiaires. Des concentrations généralement de l’ordre de 600 mg/l ont ainsi été DR 74 L’école Française de l’Eau N°13 - JUIN 2009 mesurées dans la nappe, atteignant ponctuellement, dans certains horizons géologiques, des valeurs jusqu’à la limite de solubilité du TCE, à savoir 1100 mg/l. En revanche, les piézomètres implantés en aval hydraulique n’ont pas mis en évidence de migration significative de composés en phase dissoute. Un traitement ciblé La réhabilitation du site repose sur une démarche volontaire et pro-active de l’industriel. Plusieurs éléments ont conditionné l’approche technique retenue pour le traitement, dont notamment  : la très faible profondeur de la nappe, la présence de produit en phase pure au sein de la nappe, la forte hétérogénéité lithologique du milieu aquifère, induisant de forts contrastes de perméabilité des matériaux. De surcroît, le caractère actif du site induit des contraintes fortes d’implantation du dispositif de traitement. Sur la base d’une revue de l’ensemble des techniques disponibles, de l’expérience d’URS, ainsi que d’un bilan coûts avantages, l’approche finalement retenue repose sur  : un pompage ciblé au cœur de la zone source et au niveau des horizons présentant les impacts principaux, permettant l’extraction de l’eau souterraine et du produit pur présent au sein de la nappe avec un rendement maximal, Un pompage ciblé au coeur de la zone source une séparation de la phase libre, par séparateur, puis un traitement de l’eau par stripping (volatilisation des composés volatils au sein d’une tour de stripping, par circulation, à contre-courant de l’eau, d’un puissant courant d’air, les gaz issus de ce traitement étant ensuite traités sur des filtres à charbon actif) ; un traitement par venting des sols désaturés par le pompage (aspiration des gaz du sol par un réseau de piézomètres courts mis en dépression). À ce jour, après 6 mois de traitement, environ 6 tonnes de polluants ont été extraites, en phase pure et en phase dissoute, ce qui représente un taux d’extraction particulièrement élevé, notamment dans un contexte d’aquifère hétérogène. À terme, une fois atteintes les limites d’efficacité de cette première phase de traitement, sera mis en œuvre un traitement complémentaire, vraisemblablement par injection au sein de la zone source résiduelle d’oxydants chimiques puissants capables de dégrader le TCE. Un bilan positif L’approche d’URS pour la réhabilitation de cette zone source de TCE repose sur une démarche classique, bien maîtrisée, de « pump and treat ». La mise en œuvre préalable d’une reconnaissance approfondie de la zone source a permis de « cibler » le dispositif, en permettant notamment de disposer les zones d’extraction de pollution au cœur de la zone source, présentant les impacts prépondérants. Ce cas d’étude illustre que l’efficacité du traitement d’une zone susceptible de polluer une nappe est directement liée à la qualité du diagnostic préalable. Un approfondissement du diagnostic initial permet ainsi de mieux dimensionner le dispositif de traitement et de réduire les incertitudes de réhabilitation, en termes d’efficacité, de temps et de coûts. Richard SUMNER, Bertrand VIDART, URS France
photo SISA Avec son bassin versant d’une superficie d’environ 550 km 2, qui a la particularité d’être sur deux départements (le Var et les Alpes Maritimes), la Siagne constitue un enjeu majeur en matière d’alimentation en eau potable. Son bassin versant a deux visages  : sauvage en amont, fortement urbanisé en aval, ce qui rend certaines zones vulnérables aux inondations. Prévenir les crues Auribeau sur Siagne en 1994, Cannes et Mandelieu en 1996  : les inondations de la Siagne et de ses affluents ont laissé beaucoup de cicatrices (dommages estimés à environ 50 millions d’euros sur Cannes et Mandelieu). Sept communes du bassin versant sont concernées par le risque de crues torrentielles et sont donc confrontées à une montée des eaux qui, combinée à une vitesse élevée, se montre potentiellement très dévastatrice. Pour y faire face, le SISA (Syndicat intercommunal de la Siagne et de ses affluents) a pour mission l’entretien mais aussi l’aménagement des cours d’eau, avec entre autres la création de bassins de rétention visant à diminuer la fréquence des inondations. A cet effet, un système d’alerte de crue a été mis en place pour prévenir les communes concernées. Par ailleurs, le SISA va lancer prochainement les travaux d’aménagement de la Siagne (création d’un chenal de débordement) ; ils sont financés à environ 75% par l’Etat, le Conseil régional PACA et le Conseil général des Alpes Maritimes. Les 25% restants proviennent de l’autofinancement du SISA (participation des communes membres) Au-delà de son objectif de lutte contre les inondations, le SISA Collectivités locales Cannes  : des syndicats « à la source » Station limnimétrique de Mouans Sartoux située sur la rivière Mourachonne photo SISA La Frayère à Auribeau sur Siagne Après travaux souhaite s’intégrer dans une démarche plus globale de gestion du bassin versant, à travers un SAGE (Schéma d’aménagement et de gestion des eaux) ou un contrat rivière… Préserver le goût et la qualité de l’eau Cette volonté est partagée par le SICASIL (Syndicat intercommunal de l'eau potable du grand bassin cannois), qui a pris pour engagement en LE FONCTIONNEMENT DU SYSTÈME D’ALERTE DE CRUES. Des capteurs (pluviomètres et limnimètres, qui mesurent respectivement les quantités de pluie et les hauteurs d’eau dans les rivières) sont positionnés dans le bassin versant de la Siagne, à travers 12 stations de mesure. Chacune d’entre elles enregistre les données sur le terrain et les restitue au SISA par ligne téléphonique. L’évolution récente s’est concentrée sur cette transmission, qui a été doublée par une liaison satellitaire, lorsque les lignes téléphoniques sont coupées, consécutivement à un violent orage par exemple. Une fois les informations recueillies par le SISA, celui-ci en réalise l’expertise, en les couplant avec les données météorologiques issues de Météo France - une convention a été établie entre les deux structures. Puis le SISA alerte les veilleurs communaux (personnes relais) qui alertent leur direction et chaque commune met en œuvre son PCS (Plan Communal de Sauvegarde). Le SISA s’est doté d’un système d’alerte en nombre à double niveau  : 1er niveau  : appel des veilleurs par le SISA ; 2 ème niveau  : appel des riverains par les communes. photo SISA N°13 - JUIN 2009 L’école Française de l’Eau 75 Avant travaux



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