L'Eau Magazine n°13 jun à sep 2009
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Développement durable Avant d’aborder la situation mondiale, il faut savoir que les entreprises spécialisées n’interviennent encore que dans 8% des services d’eau et d’assainissement dans le monde  : nous pensons pouvoir jouer un rôle plus important, avec d’autres parties prenantes, pour contribuer à la mise en œuvre de solutions efficaces aux côtés des Autorités publiques. Avec l’ensemble des acteurs concernés (entreprises, ONG, associations de consommateurs, Agences de l’Eau…), la FP2E, sous l’égide du Ministère de l’Ecologie, a participé au Forum d’Istanbul au sein du PFE (Partenariat Français pour l‘Eau). La France a parlé d’une seule voix sur les quatre grands thèmes abordés. Au premier chef, il s’agit de faire en sorte que l’accès à l’eau devienne une priorité absolue pour tous (900 millions de personnes dans le monde en sont privées) ; cela fait partie des objectifs du Millénaire pour 2015. Mobilisée en ce sens, les entreprises de la FP2E participent à des actions de coopération décentralisée dans de nombreux pays en voie de développement. Au Bengladesh, l’arsenic, naturellement présent dans le sol, entraîne la pollution des ressources souterraines et l’intoxication progressive de la population. Dans le cadre d’une joint-venture avec la Grameen Bank du professeur Mohamad Younous, prix Nobel de la Paix, sont mises en place de petites installations de traitement d’eau de surface. Ainsi DR 72 L’école Française de l’Eau N°13 - JUIN 2009 constitués, des réseaux de distribution permettront à quelques centaines de milliers de personnes de pouvoir s’approvisionner pour les besoins alimentaires. Le prix de fourniture du service a été décidé par la Grameen Bank, et doit permettre de rémunérer le travail réalisé sur place. Des agents sont spécialement formés pour l’exploitation des ouvrages. Le but est de s’accorder, conjointement avec les autorités publiques, sur le « coût accessible » du service, mettant l’accent sur la participation des habitants et leur sensibilisation. Deuxième préoccupation, très prégnante, le manque d’assainissement qui constitue un vecteur terrible d’épidémies et de maladies infectieuses. A cela s’ajoutent les problématiques particulières liées au changement Centre d’appel clients climatique, qui aggravent les deux points précédents, et qu’il nous faut anticiper. Forts du savoir-faire qui est le nôtre, et des compétences largement développées par les pouvoirs publics en la matière, nous avons à cœur, au sein du PFE, de promouvoir la gestion des ressources et des services d’eau par bassin hydrographique. C’est pourquoi la France est l’un des principaux contributeurs au monde dans le cadre de l’aide au développement, et qu’elle essaye de promouvoir une meilleure gouvernance sur la base de notre expérience nationale. Ceci justifie d’ailleurs qu’elle soit candidate pour accueillir à Marseille le prochain Forum mondial de l’Eau. L’ensemble des professionnels de l’eau que je représente forme bien entendu le vœu qu’elle soit retenue !
Étude de cas  : dépolluer les nappes souterraines L’exemple de réhabilitation présenté ici repose sur le traitement d’un site selon une méthode classique et bien maîtrisée, dont l’efficacité a été renforcée grâce à un diagnostic préalable approfondi. La dépollution des nappes souterraines repose le plus souvent sur le traitement des zones à l’origine de l’altération de leur qualité. Dès lors, le diagnostic et la caractérisation préalables constituent des étapes clés de la réhabilitation, dont la qualité et la maîtrise conditionnent l’efficacité du traitement. Nombre d’activités industrielles, urbaines ou encore agricoles peuvent être à l’origine d’une altération de la qualité du sous-sol, en lien avec des apports chroniques ou accidentels de composés chimiques. Cette altération peut se révéler particulièrement préjudiciable lorsque la ressource en eau souterraine est atteinte. L’eau souterraine, mobile au sein des aquifères, est en effet susceptible d’entraîner les composés chimiques qui ont migré jusqu’à elle sur des distances significatives, bien souvent, dans le cas d’une pollution industrielle, à l’extérieur des limites du site à l’origine de la contamination. On parle alors de panache de pollution dissoute au sein de la nappe. Parmi les différents composés chimiques susceptibles d’altérer la qualité des nappes, les solvants chlorés sont parmi les plus nuisibles  : très solubles, ils peuvent générer des concentrations dissoutes particulièrement élevées ; très mobiles, ils peuvent engendrer des panaches de plusieurs centaines de mètres voire, en certains cas, de plusieurs kilomètres ; Caractérisation de la zone source par sondages plus denses que l’eau, une phase pure de produit aura tendance, au sein d’une nappe souterraine, à migrer vers la profondeur jusqu’à atteinte d’un substratum peu perméable et à s’y accumuler, rendant d’autant plus difficile son traitement ; peu miscible à l’eau, une phase pure aura tendance à rester sous forme de saturation résiduelle au sein de la matrice des terrains, pouvant entraîner un relargage pendant des dizaines d’années ; particulièrement toxiques, leur présence en de très faibles concentrations suffit à rendre une eau impropre à la consommation. À titre d’exemple, la limite de potabilité pour le chlorure de vinyle (0,5 µg/l) représente l’équivalent de 1,5 g déversés dans une piscine olympique. URS, entreprise leader dans la gestion de sites et sols pollués, intervient ainsi fréquemment pour des missions d’investigation et/ou de réhabilitation de sites pollués par des solvants chlorés. La réduction de l’incidence d’une pollution des eaux souterraines par les solvants chlorés repose le plus souvent sur le traitement de la zone source à l’origine du panache de composés, éventuellement complété par une approche de gestion des impacts à l’aval. Développement durable Dès lors, la clé de réussite de ce type d’opération de réhabilitation repose en grande partie sur la qualité de la caractérisation de la zone source, comme l’illustre l’exemple développé ci-après, inspiré d’un cas réel de réhabilitation de nappe actuellement en cours sous la supervision de la société. Le contexte Le site concerné, couvrant une surface d’environ 40 Ha en zone rurale, a fait l’objet d’activités industrielles depuis le début du 20 ème siècle, dont le dégraissage de pièces métalliques à l’aide de trichloroéthylène (TCE), depuis les années 1980. A ce niveau, la géologie est caractérisée par la présence d’alluvions, jusqu’à 5 m de profondeur, surmontant des sables silto-argileux, jusqu’à 18 m de profondeur, reposant euxmêmes sur un substratum argileux, épais de plusieurs dizaines de mètres. Deux nappes s’écoulent au droit du site, l’une au sein des alluvions, l’autre au sein des sables silto-argileux, qui présentent néanmoins une très faible perméabilité. La surface de la nappe alluviale se situe à environ 2 m sous le sol au droit du site et est en continuité hydraulique directe avec celle des sables sous jacents. Cette nappe alluviale est exploitée N°13 - JUIN 2009 L’école Française de l’Eau 73 DR



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