L'1visible n°9 novembre 2010
L'1visible n°9 novembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de novembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Prodeo

  • Format : (219 x 288) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 13,4 Mo

  • Dans ce numéro : être heureux, ça s'apprend.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 UNE VIE QUI BASCULE xw n°09 Novembre 2010 pour L’1visible En Irak, au cours de son service militaire, Mohammedfait une rencontre pénible. Lui le musulman se retrouve face à un chrétien. Sa vie s’effondre... Jusqu’à sa conversion. Devenu chrétien, il s’appelle désormais Joseph. Joseph Fadelle ne peut montrer ouvertement son visage en raison de la fatwa qui pèse sur lui depuis sa conversion. Je suis né en Irak, dans une famille musulmane chiite descendant du Prophète. Très vite, mon père, chef de clan, m’a désigné comme son successeur. Dès mon plus jeune âge, j’ai donc été considéré comme le représentant du Prophète sur terre. Tous me vénéraient, y compris les anciens. Même mon entourage le plus proche s’adressait à moi par ces titres glorieux : « Seigneur », « notre maître », etc. De tels égards ont fait de moi quelqu’un d’orgueilleux, sûr de sa puissance, à l’autorité écrasante. À 23 ans, je suis parti faire mon service militaire. À l’arrivée, je découvre avec stupeur que mon compagnon de chambrée n’est autre… qu’un chrétien. C’est le cauchemar. Le Coran m’a appris que les chrétiens sont des polythéistes, des hérétiques qu’il faut éliminer. IL COMMENCE À M’INTRIGUER Mais, à ma grande surprise, Massoud, le chrétien, est un homme accueillant. « D’où viens-tu ? », me demande-t-il d’emblée. Je lui décline fièrement mon identité. Les jours suivants, il se montre discret. Il commence à m’intriguer. Je m’enhardis à lui adresser la parole. Je découvre un homme fin et cultivé. Un jour qu’il s’est absenté, désœuvré, je tombe sur l’un de ses livres intitulé Les miracles de Jésus. J’entreprends sa lecture et assez vite, je ressens une sorte de fascination pour ce personnage inconnu de moi. Au retour de Massoud, j’en profite pour me renseigner sur sa religion, dans l’espoir de lui démontrer la supériorité de l’islam et de le convertir. C’est le devoir de tout bon musulman. Je lui IL EST VIVANT demande : « Les chrétiens ont-ils un livre comme le Coran ? », certain que non. « Bien sûr, me répond-il, nous avons la Bible. » Surpris, je ne me laisse pas abattre. S’il me prête la Bible, je pourrai sans peine lui démontrer ses erreurs. Mais Massoud ne l’entend pas ainsi : « Tu veux que je t’apporte l’Évangile ? C’est d’accord. À une condition : relis d’abord le Coran en cherchant à en comprendre le sens et sois honnête avec toi-même. » Ce langage est radicalement nouveau pour moi. « Peu à peu, je perds tous mes repères » De Mahommet au Christ Piqué au vif, je décide de relever le défi. Et j’entreprends cette lecture attentive. Mais verset après verset, le Coran me semble de plus en plus obscur. Je consulte un chef religieux dont les réponses me laissent perplexe… Je me plonge alors dans la vie du Prophète et découvre qu’il a commis des actes mauvais. Peu à peu, tel un château de sable, tout s’effondre autour de moi et en moi : ma religion, mon identité, mon rang social, ma famille. Je perds tous mes repères. Alors que je suis plongé dans cet état de grand trouble intérieur, une nuit, un songe m’apporte un bonheur tout nouveau. Je suis au bord d’un Ascension du Christ dans l’église Saint-Nicolas de Véroce en Haute-Savoie. Le mensuel catholique pour la mission - www.ilestvivant.com ruisseau. Sur l’autre rive, je vois un homme que je me sens poussé à rencontrer : « Pour franchir le ruisseau, mange le pain de vie », me dit-il. Mystère... Le lendemain, de retour de permission, Massoud me tend un livre : c’est l’Évangile. Je commence à le lire jusqu’à ce verset : « Moi je suis le pain de la vie » (1). C’est alors qu’une douce lumière commence à grandir en moi et autour de moi, accompagnée de la présence d’un être rempli d’amour. Je me sens pris de passion pour ce Jésus de l’Évangile. J’ai soif de le connaître davantage. Je finis par m’en ouvrir à Massoud qui, mois après mois, m’introduit aux mystères de la foi chrétienne. Il me faudra attendre encore treize années avant de recevoir le baptême et le ‘pain de vie’, c’est-àdire l’eucharistie, le corps du Christ. Pendant ce temps, je subis le rejet de ma famille, la prison, la torture, l’exil avec ma femme - convertie elle aussi - et nos deux premiers enfants. Aujourd’hui, je suis un homme nouveau. Je vis en Occident. Et si j’ai perdu richesses, pouvoir, famille et amis, j’ai tout gagné puisque j’ai trouvé Jésus Christ. a Propos recueillis par Laurence Meurville 1 : Jean 6, 48 À LIRE LE PRIX À PAYER Joseph Fadelle, L’Oeuvre Éditions, 2010. Virginia CASTRO/CIRIC
n°09 Novembre 2010 xw COUP DE CHAPEAU 15 ACTU Le premier septembre dernier, l’Allocation Adulte Handicapé (AAH) a été revalorisée de 2,2%, ce qui porte son montant mensuel à 681,63 euros. L’État a confirmé son engagement de revaloriser de 25% le montant de l’AAH sur la durée du quinquennat. Il a déjà été augmenté de 10% depuis 2007. LE CHIFFRE 591 696 personnes handicapées travaillent dans des entreprises privées, dans la fonction publique, dans les ESAT (ou CAT), ou dans les Entreprises Adaptées. enquête 2008 www.agefiph.fr ESAT (OU CAT) Un Établissement et service d’aide par le travail, (autrefois Centre d’aide par le travail) est un organisme chargé d’offrir un travail, un soutien médical et social à des personnes handicapées qui n’ont pas suffisamment d’autonomie pour travailler dans le milieu ordinaire du travail. DVD Les anges de la mine, réalisé par Marc Jeanson : ce magnifique film retrace l’aventure de la mine des Usclades « où, dit-on, des anges veillent ». www.dcx.fr/anges Bonne mine Défi. Perdue au milieu des vignes de muscat, dans l’Hérault (34), la toute dernière mine française de bauxite à ciel ouvert a été sauvée par le travail de personnes handicapées. C’est une histoire incroyable que celle de la mine des Usclades. Condamnée à la fermeture il y a une vingtaine d’années, elle a été miraculeusement sauvée par le pari fou de Robert Courtieu : employer des jeunes handicapés avec d’anciens mineurs au chômage. Cet homme atypique est à la fois un ancien chef d’exploitation - il a gravi tous les échelons du métier de mineur depuis l’âge de 14 ans - et le président de l’Apei (Association de Parents d’Enfants Inadaptés). Alors que dans les années 80, les mines françaises ont fermé les unes après les autres à cause de la concurrence internationale, en 1990, Robert Courtieu rachète la mine des Usclades, pariant sur les nouveaux débouchés que cette bauxite particulièrement riche pourrait offrir. Il permet ainsi à Éric, son fils lourdement handicapé mental ainsi qu’à d’autres jeunes handicapés de trouver un emploi. C’est un véritable défi économique, puisqu’il faut trouver de nouveaux clients afin d’écouler la production de bauxite, qui passe de 15 000 à 150 000 tonnes par an. Très vite, la Sodicapei devient filiale de l’Apei et connaît un vif succès auprès des cimentiers auxquels elle vend la bauxite. L’essor est tel qu’en 2008, Vicat - numéro 4 mondial du ciment - devient partenaire de la Sodicapei, en s’engageant à maintenir le système social si particulier de la mine. Pierre-Olivier Boyer, directeur des ressources humaines chez Vicat, témoigne : « Ce qui m’a le plus marqué, chez ces jeunes, c’est leur joie de vivre et de voir en quoi pour eux le travail est un lieu d’épanouissement. » « UNE THÉRAPIE EXTRAORDINAIRE » À la Sodicapei, les jeunes reçoivent une formation adaptée à leurs capacités et à leurs goûts : ils trient la bauxite, la pèsent, l’emballent. Certains conduisent même d’énormes pelleteuses de 40 tonnes. Pour Robert Courtieu, les personnes handicapées éprouvent le besoin de travailler : « Pour eux, la tâche accomplie, ça n’a pas de prix. Le travail est une thérapie extraordinaire. » Et pour qu’elle fonctionne, l’important est de créer quelque chose : « La personne handicapée doit voir le fruit de son travail. » Une jeune femme handicapée explique : « On varie, c’est pas toujours pareil. Moi quand je suis entrée, je ne savais rien faire ; on a appris à peser, à remplir, à souder… ». Avec leur paye, les jeunes financent les appartements de la résidence construite pour eux par l’Apei à Frontignan. Une autonomie gagnée par le travail, une exploitation minière qui renaît de ses cendres, du sens donné à la vie : tels sont les fruits de l’aventure Sodicapei. a Agnès Chareton Les personnes handicapées sont au centre du projet Sodicapei. Qui peut aider l’Eglise au Pakistan ? VOUS ! MERCI POUR VOTRE PRIÈRE Envoyez vos dons à : AED, 29 rue du Louvre 78750 Mareil-Marly ou www.aed-france.org AED AIDE A L'ÉGLISE EN DÉTRESSE Partout où l’Église a besoin de nous INFORMER - PRIER - PARTAGER pub 1visible pakistan.indd 1 15/10/10 18:16:31 Marc Jeanson, DCX



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