L'1visible n°7 septembre 2010
L'1visible n°7 septembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de septembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Prodeo

  • Format : (219 x 288) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 11,3 Mo

  • Dans ce numéro : « Dieu a beaucoup d'humour », Anne Roumanoff

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 PSYCHOLOGIE xw n°07 Septembre 2010 La confiance en soi : un moteur pour la vie D.R. Bruno Piettre Après une carrière d’officier pilote de chasse et de reconnaissance dans l’Armée de l’air, Bruno Piettre s’est formé à la psychanalyse jungienne et à la psychothérapie. Il exerce à Louveciennes (Yvelines), publie des articles et donne de nombreuses conférences. PAROLE DE SAGESSE La confiance en soi naît du regard de confiance que Dieu pose sur nous. Si lui nous fait confiance, nous pouvons nous aussi nous faire confiance. « Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau. » Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant qu’il y avait du vent, il eut peur. Et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. » (Matthieu, 14, 28-33). Ce passage de l’Évangile montre que saint Pierre marche sans difficulté sur l’eau tant qu’il regarde le Christ et lui fait confiance. Dès qu’il se retourne sur lui-même et cesse de se voir à travers le regard de confiance de Dieu, il sombre. a Grandir. Avoir confiance en soi est une clé pour être heureux et avoir des relations ajustées. Impossible, sans cette confiance, de prendre des risques et de trouver sa place auprès des autres. Comment se construit-elle ? Explications. Le risque, c’est la vie même. On ne peut risquer que sa vie. Et si on ne la risque pas, on ne vit pas », affirme Amélie Nothomb. L’amour est le risque de la rencontre, la réussite est le risque du travail, le bonheur est le risque de la vie. Me risquer, c’est proposer ce que je suis sans craindre de m’engager. Mais cela n’est possible que par la confiance en soi. Elle est l’oxygène de nos entreprises, le carburant de notre action. Qu’est-ce que la confiance ? Le mot vient du latin con-fidéi, c’est-à-dire fidèlité avec… Avoir confiance en soi signifie donc être fidèle avec soimême, c’est-à-dire bien se connaître pour accomplir ce pour quoi nous sommes faits. La confiance en soi est donc essentielle pour aller vers sa finalité et devenir qui l’on est. Cette notion s’ouvre à la fois sur la connaissance, le respect et l’accomplissement de soi. Pour être équilibrée et solide, la confiance se construit dès l’enfance, à partir des réussites élémentaires de la vie quotidienne. Elle se nourrit d’injonctions toute simples comme « continue, c’est vraiment bien ! », « tiens bon, tu vas y arriver ! », « écoute, tu vas comprendre », etc. L’enfant doit entendre ce message simple et fort : « Je crois en toi, j’espère en toi et je t’aime. » Il n’a pas besoin que de mots, il a besoin de preuves. Ces preuves de confiance lui permettront d’oser, à son tour, se faire confiance. De même, au lieu de gronder, l’éducateur doit aider et encourager chacun selon ses capacités. À l’inverse, la confiance est entravée par des remarques telles que « tu n’y arriveras jamais », « tu n’es vraiment pas doué », « décidément, tu rates tout », etc. Le pire étant d’être comparé avec les autres. La valorisation des réussites, mais surtout l’encouragement des efforts, même non couronnés de succès, sont les bases de développement de la confiance en soi. Elle permettra aussi à l’enfant de développer sa liberté intérieure. L’enfant « libre » a déjà acquis une bonne confiance en lui. L’OBSTACLE DES PEURS Dans l’enfance ou dans la vie d’adulte, le principal obstacle au développement de la confiance en soi, ce sont les peurs : notamment la peur de ne pas réussir, de ne pas être assez bon, du risque, d’essayer, d’entreprendre, etc. Elles sont elles-mêmes le reflet des peurs des parents - terriblement contagieuses - jusqu’à l’anxiété et même l’angoisse. Beaucoup de gens passent régulièrement par des complexes de supériorité ou d’infériorité. Entre ces deux pôles opposés, il est fondamental, pour être LEXIQUE Manque de confiance en soi ou timidité ? La timidité est un état de retenue. Elle peut être une expression, parmi d’autres, d’un manque de confiance en soi. Mais elle exprime plutôt la crainte du regard des autres, du jugement et de ne pas répondre aux attentes. Elle est le plus souvent la conséquence d’une exigence de perfection des parents. Cette perfection empêche la reconnaissance simple du bon, du beau, du bien dont l’enfant a besoin pour croire en lui. heureux, de se voir de manière ajustée. Ces complexes sont les conséquences de comparaison entre personnes, en famille, à l’école ou ailleurs. Ils sont développés par l’individu lui-même en fonction de ses facilités ou de ses difficultés. La juste mesure est l’ajustement de la personne. Ceci n’est possible que par une bonne connaissance de ses capacités et de ses limites, de son originalité et de sa singularité. À ce titre, les parents, premiers éducateurs, doivent être des révélateurs de talents. L’éducateur doit aussi bien distinguer le faire, l’agir, l’avoir, de l’être : favoriser l’être et non le paraître, le vrai et non le virtuel : « L’important n’est pas ce que tu fais mais ce que tu es. » Pour cela, l’écolier ne doit pas entendre : « tu es nul », mais : « ton travail est nul. » De même : « ton idée
n°07 Septembre 2010 xw PSYCHOLOGIE 11 La confiance en soi doit être ajustée à ses capacités et à ses limites Une bonne connaissance de soi est la principale vertu de la confiance. est remarquable » plutôt que « tu es remarquable ! » Les éducateurs aideront ainsi à acquérir une bonne connaissance de soi, base de la confiance en soi. Celle-ci naîtra donc d’un juste retour du regard des autres : appréciations constructives, repères clairs de ses dons, acceptations de ses limites, et reconnaissance de ses faiblesses dans certains domaines. LA SURESTIMATION Avoir confiance en soi ne signifie donc pas du tout être orgueilleux. C’est la surestimation de soi qui conduit à la toute puissance, la prétention ou l’orgueil. Au contraire, chacun doit acquérir une confiance en soi équilibrée, c’est-à-dire ajustée à ses capacités et à ses limites. Cependant, chacun peut pécher par excès ou par défaut de confiance, passer du Moi grandiose au Moi fragile. a a a TÉMOIGNAGE « Je me sens inutile » Le manque de confiance en soi peut entraîner de graves traumatismes dans la vie adulte. Mais il n’est jamais trop tard pour la construire. Audrey a 29 ans, elle est encore célibataire et cela commence à être dur à vivre. Seconde entre deux frères, elle a une licence de lettres modernes et un emploi de secrétaire. Elle est ravissante mais ne le croit pas : « À quoi ça sert, puisque je reste seule… » Elle a rompu des fiançailles, il y a cinq ans, parce qu’elle avait peur. Elle entreprend une psychothérapie en disant : « J’ai très peu confiance en moi, je ne me sens pas adulte. Je n’arrive pas à regarder l’avenir. Je me sens inutile. Le bonheur n’est pas fait pour moi… » En fait, elle est au bord de la dépression. Enfant, à l’école, on se moquait d’elle. Pourtant, la confiance en Dieu ne l’a jamais quittée, ni la volonté. Jour après jour, elle fait un travail sur soi en profondeur : relecture de son histoire, travail sur ses talents, ses peurs, ses envies, ses joies, etc. Peu à peu, elle ose y croire, puis elle ose tout court. La confiance en soi, en l’autre, en la vie, en l’amour, renaît. Un an et demi plus tard, elle a enfin l’audace. En un quart d’heure, elle s’inscrit sur un site de rencontre. Au milieu de beaucoup de réponses, un homme de 36 ans ouvre la porte de ses sentiments. Ils se donnent rendezvous. La rencontre est merveilleuse, « comme deux cœurs qui s’attendaient sans le savoir ». Six mois plus tard ils se marient. Elle est maintenant maman d’une petite fille et attend son second enfant. a plainpicture/alt-6/Jean-Francois Gratton



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