L'1visible n°26 mai 2012
L'1visible n°26 mai 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de mai 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Prodeo

  • Format : (219 x 288) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 17,8 Mo

  • Dans ce numéro : la crise de la quarantaine.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
10 PSYCHOLOGIE xw n°26 x mai 2012 La crise de la quarantaine N.Dumas Jacques Gauthier Poète et théologien, Jacques Gauthier vit au Québec. Il collabore à l’émission Le Jour du Seigneur (Radio Canada) et à différentes revues religieuses. Il a publié une soixantaine d’ouvrages. Il anime des conférences et des retraites. PAROLE DE SAGESSE 40, un chiffre symbolique « Voici quarante ans que le Seigneur ton Dieu est avec toi sans que tu manques de rien. » Deutéronome 2, 7 Dans la Bible, le chiffre 40 revient très souvent : 40 jours pour le déluge, 40 jours et 40 nuits pour le jeûne de Moïse sur la montagne, 40 ans d’errance du peuple hébreu dans le désert, 40 jours de désert pour Jésus, etc. Ce chiffre symbolique représente le temps de la maturation, de la préparation au désert avant une alliance avec Dieu : le don des tables de la Loi à Moïse après son jeûne, l’entrée du peuple hébreu en Terre promise à la sortie du désert, le début de la vie publique de Jésus après le désert, etc. Croissance. 40 ans, le milieu de la vie, déjà l’âge des premiers bilans. Certains traversent cette période par mer calme. Mais pour d’autres, il y a avis de tempête ! Pour faire de cette crise de croissance une occasion d’un plus grand bonheur, suivez les conseils d’un expert. La vie humaine est jalonnée de périodes, de passages. À la quarantaine, phase de transition par excellence, le changement devient plus intense. L’adulte vit une expérience de finitude qui atteint tous les niveaux de son être : physique, psychologique, social, professionnel et spirituel. Ce processus de croissance l’amène à descendre au fond de lui-même pour mieux connaître ses forces et ses faiblesses. LE DANGER DE L’ESSOUFFLEMENT Alors qu’il approche de la quarantaine, le jeune adulte réalise avec plus d’acuité que le temps est limité. Il ne peut pas tout faire. Il connaît mieux ses aptitudes, mais il se demande quelles sont ses priorités maintenant. « Est-ce que je peux avoir cette promotion annoncée depuis un mois ? » « Vais-je changer de métier ? » « Doisje avoir un autre enfant et mettre un frein à ma carrière ? » « Comment être disponible aux enfants et continuer le travail à l’extérieur ? » « Est-ce que ça vaut la peine de faire tous ces efforts ? » Etc. La tentation est grande de courir à gauche et à droite, de se disperser dans le divertissement, comme les jeux vidéo. L’individu ressent un peu plus le poids de la solitude. S’il la fuit, elle l’envahira plus tard. Il aura beau trouver divers moyens pour combler le vide et l’ennui, en travaillant toujours plus ou en esquivant les responsabilités conjugales et familiales, il se retrouvera à un carrefour où il devra choisir son chemin. C’est en s’arrêtant pour réfléchir ou méditer sur ce qu’il vit qu’il se découvrira davantage et que se posera la question de sa relation avec lui-même, les autres, l’univers, Dieu. À cet âge, le danger de l’essoufflement est grand, autant pour l’homme que pour la femme. Le défi est d’accueillir et d’écouter la vie qui sourd en eux. Ils ont à s’ajuster à un nouvel impératif qui les oriente vers un horizon inconnu, à l’intérieur d’eux-mêmes. Cela les conduit au tournant le plus marquant de leur existence, le milieu de leur vie. UN CHEMIN DE RENAISSANCE Les gens sont plus ou moins conscients de la crise qui survient à la quarantaine. Quelques-uns la traversent sans s’en rendre compte, d’autres l’ignorent, certains la subissent de plein fouet suite à une maladie, un licenciement, une séparation… Cette phase de transition s’apparente à une deuxième adolescence : changements physiques, sautes d’humeur, quête d’identité. Mais il y a ici un passé à évaluer, une expérience à assumer. Contrairement à l’adolescent qui cherche à être luimême en s’identifiant aux autres, le quadragénaire se mesure à luimême. Il sait un peu mieux ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas. La quarantaine est l’âge des bilans et des remises en question qui transforment la personne de l’intérieur. L’expression « démon de midi » illustre ce changement qui est plus d’ordre existentiel que sexuel. Pour le mystique rhénan Tauler, c’est Dieu luimême qui est à l’œuvre et qui cherche à ébranler le cœur humain pour le délivrer de ses illusions et l’ouvrir à une nouvelle rencontre avec son LEXIQUE Crise Dérivé du terme grec krisis (décision, jugement), le mot « crise » est utilisé ici dans un contexte évolutif de croissance. La crise devient ainsi un lieu de croissance, une occasion de grandir, malgré les déséquilibres et les peurs. Il faut donc appréhender la crise comme une opportunité et non comme un échec. La quarantaine exprime ce défi de croissance. Tous ne sont pas frappés de la même façon par cette étape de la vie, crise du désir et de la durée, qui se situe normalement entre 35 et 45 ans. En revanche, on peut vivre ce passage comme une évolution psychologique et spirituelle qui rend la personne encore plus humaine. mystère. La quarantaine devient alors un chemin de renaissance. Comment s’opère cette renaissance ? Par la crise elle-même qui travaille en secret. Il faut donc l’accueillir comme une grâce. Elle fait grandir la personne en la dépouillant de ce qui n’est pas essentiel et en l’orientant vers l’amour et la création. Le psychanalyste Jung, qui a beaucoup étudié cette phase de la vie, parle d’une profonde modification de l’âme humaine. Les symptômes ne trompent pas : solitude, doute, manque de confiance, périodes de dépression,
n°26 x mai 2012 xw PSYCHOLOGIE 40 ans, c’est le tournant le plus marquant de l’existence : le milieu de la vie La quarantaine est l’âge des bilans et des remises en question qui transforment la personne de l’intérieur. absence de plaisir à accomplir ce que l’on faisait habituellement, indifférence devant la vie, ambivalence, besoin d’aventure et de changement, difficulté à savoir ce que l’on veut, ennui, conscience de la mort, soif d’intériorité, nuit de la foi pour les croyants. Ces indices sont des signaux qui indiquent que des choses sont en train de changer. Il est temps de recentrer sa vie en fonction du désir profond qui correspond à l’élan vital de l’être. LE DÉSIR QUI FAIT VIVRE Approfondir ce désir qui fait vivre, c’est aller au bout de soi-même dans l’humilité, donc dans la vérité, en se décentrant de soi pour se tourner vers l’autre à aimer. Le désir, contrairement au besoin répétitif, relève du domaine de la communication, de la relation, de l’amour, du spirituel en nous. Encore a a a TÉMOIGNAGE « Envie de partir au bout du monde » Jacques Gautier a connu lui-même une grave crise existentielle vers 40 ans. Il témoigne de la manière dont il a remonté la pente. À l’approche de mes quarante ans, il me semblait que j’avais tout. Pourtant, je ressentais un grand vide intérieur qui se manifestait par la sécheresse spirituelle, l’insatisfaction, l’ennui, la fatigue, le doute. J’avais envie de tout envoyer en l’air et de partir au bout du monde. Je me sentais mal dans ma peau. REVOIR MES PRIORITÉS Je vivais comme dans un entre-deux, tiraillé entre le plaisir du divertissement et le devoir de la fidélité envers moi-même, mon épouse, mon travail à l’université, l’écriture. Dieu me semblait loin. Il fallait revoir mes priorités, consentir à ma nuit intérieure, renouer avec mon intériorité. La musique, la poésie, les larmes et le chapelet furent des phares. Cela dura quatre ans avec des périodes d’accalmie. Lors d’une pneumonie, où je pensais mourir, je me suis abandonné au Christ par 11 l’intercession de Thérèse de L i s i e u x. E l l e m’a f ai t comprendre que l’amour infini de Dieu se complaît surtout dans ce qui est faible, délaissé, éprouvé. NOUVELLE NAISSANCE C’était à l’été 1995, j’avais 45 ans, et ce fut ma sortie de la quarantaine. Une nouvelle naissance s’amorçait, le début d’une autre fécondité. Nous n’avons jamais fini de naître. Chaque âge a sa grâce. a AFFICHE DU FILM LE CŒUR DES HOMMES



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :