L'1visible n°24 mars 2012
L'1visible n°24 mars 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de mars 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Prodeo

  • Format : (219 x 288) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 17,3 Mo

  • Dans ce numéro : combattre les pensées négatives.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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8 D’ACCORD PAS D’ACCORD xw n°24 mars 2012 La souffrance peut-elle avoir un sens ? Controverse. Être révolté par la souffrance, quoi de plus normal ? Pour de nombreuses personnes, elle est un tel scandale qu’elle est la preuve que Dieu n’existe pas. Pour d’autres, seule la foi peut lui donner un sens. Débat entre Lili Sans-Gêne et le père Biju-Duval. 1Lili : Selon les chrétiens, Dieu n’est pas l’auteur du mal mais il le permet parce qu’il a un meilleur plan dans lequel il finit par gagner : tout est bien qui finit bien ! C’est bien gentil, cette stratégie divine, mais en attendant, les hommes continuent de souffrir, de mourir, de se faire du mal. Où est-elle, l’action de ton Dieu ? Ça lui est bien commode, à lui, de penser tranquillement depuis son ciel à des stratégies globales de salut. Pendant ce temps, des enfants continuent de mourir dans les bras de leurs mères, des jeunes continuent de se droguer. C’est trop cher payé. Denis Biju-Duval : Justement, ce que nous annonce l’Évangile, c’est que Dieu n’a pas géré le mal tranquillement depuis le ciel. Dans le Christ, il est venu partager notre condition humaine. Il s’est fait notre frère. Ainsi, il a lui-même vraiment TROUVER LE SENS souffert nos souffrances, a subi nos violences, nos trahisons et nos injustices. Et il est mort de la mort la plus atroce qui soit : cloué sur une croix. Mystérieusement, il nous rejoint, il porte avec nous nos difficultés. Il prend sur lui nos péchés, notre souffrance et notre mort, et ainsi il ne nous y laisse pas seuls. À chacun, il dit : « Je connais ta souffrance, ta détresse, tes péchés, car lorsque j’ai été jugé, condamné et crucifié, je les portais avec toi, pour toi, et même encore plus que toi. Vois comme mes souffrances ont été terribles. Veux-tu m’accueillir, me laisseras-tu porter la croix avec toi, pour que ton épreuve, ta mort, se transforme en chemin de vie, en résurrection et en victoire ? » 2Lili : Excuse-moi, mais il y a une chose que je ne saisis pas : qu’estce que ça peut changer pour moi aujourd’hui, quand je souffre, « Avouez qu’on supporte plus aisément une douleur qu’on croit utile. Lorsque vous allez chez le dentiste ou que vous entrez en clinique, vous vous préparez à vivre une certaine souffrance, mais vous avez aussi conscience de ne pas souffrir en vain. Supposez que vous soyez obligé de vous rendre chez le dentiste, ou d’entrer en clinique, sans rien comprendre ni avant, ni après, à ce qui vous arrive, sans avoir aucune idée de la raison d’être du dentiste ou du chirurgien. La même douleur physique ne vous paraîtrait-elle pas bien autrement pénible ? Si la souffrance n’a pas de sens, on se dit qu’on souffre pour rien. Et on souffre non seulement de la souffrance, mais de l’absurdité de la souffrance. » a Jean Guitton, Mon testament philosophique, Presses de la Renaissance, 1997 « Où est l’action de ton Dieu dans la souffrance ? » Lili Sans-gêne Cette journaliste s’est toujours intéressée aux questions religieuses. Elle a lu la Bible. Elle pose sans complexe les questions que beaucoup n’osent pas poser. qu’un certain Jésus soit mort sur une croix il y a 2 000 ans dans la province périphérique d’un empire disparu depuis longtemps ? Denis Biju-Duval : Si Jésus était un homme quelconque, tu aurais entièrement raison. Ce ne serait qu’un drame de plus sur une liste déjà longue… Mais Jésus est « Dieu qui sauve », selon la signification hébraïque de son nom. Parce qu’il est Dieu lui-même, c’est en lui que tout a été créé. Il nous porte tous et il nous aime. Alors quand il souffre, quand il meurt, et quand il ressuscite, c’est pour nous tous, avec nous tous. 3Lili : C’est bien beau, ce que tu dis, mais ça suppose encore que l’on connaisse le Christ. Or les deux tiers de l’humanité continuent à souffrir et à mourir sans avoir aucune idée du sens que cela peut avoir. Ce dont tu me parles, c’est d’un salut réservé à une élite. La majorité, elle, continue d’être écrasée. Et je ne te parle pas de ceux qui, même chrétiens, sont tellement broyés par les épreuves, par la douleur, qu’ils n’ont même plus la capacité de penser au Christ. Ils sont vaincus, pas vainqueurs… Denis Biju-Duval : C’est la raison même pour laquelle l’Église annonce le Christ : pour que tous le connaissent et pour qu’ils trouvent en lui l’espérance. Si ce que disent les Évangiles s’est vraiment passé, il est urgent que tous le sachent : c’est trop beau, et ça change tout que Dieu soit si proche de nous et qu’il nous aime à ce point-là. Ixene
Ixene n°24 mars 2012 xw D’ACCORD PAS D’ACCORD 9 4Lili : Il n’empêche qu’encore aujourd’hui, plus de la moitié de l’humanité n’a jamais entendu parler sérieusement du Christ. Denis Biju-Duval : Saint Paul a aussi écrit une phrase qui peut éclairer ce que tu dis : « La croix de notre Seigneur Jésus Christ a fait du monde un crucifié pour moi, et de moi un crucifié pour le monde » (Ga 6,14). Si je suis « un crucifié pour le monde », toutes mes peines, mes sueurs, mes épreuves, mes travaux, et même ma mort, sont unis à la croix de Jésus. Grâce à lui, elles deviennent une force de victoire sur le mal pour le monde. En « portant ma croix avec Jésus », je l’assume volontairement, et ça me permet d’être déjà victorieux du mal avec lui. Mais saint Paul dit aussi que « le monde est un crucifié pour moi ». Et cela signifie qu’en mourant sur la croix, le Christ a repris en lui toutes les souffrances des hommes sans exception, y compris ceux qui l’ignorent, pour en faire un chemin de vie. À terme donc, il n’y a pas d’hommes qui seraient de pures victimes absurdes. Le Christ les porte tous en son cœur, et leur offre victoire, salut et vie éternelle. 5Lili : Oui, alors plus on souffre sur la terre, plus il y a de salut au ciel, c’est ça ? Je vous reconnais bien là, vous les chrétiens : plus il y a de douleurs, de sacrifices et de malheurs, plus vous êtes contents. Et votre Dieu est pareil. Denis Biju-Duval : Non, dans ce que j’essaie de t’expliquer, le mal reste le mal : il est en soi quelque chose d’injuste, d’inacceptable. Face à lui, chrétien ou non, on a totalement le droit d’être révolté, ou de pleurer. C’est justement parce qu’il était rempli de compassion pour nous, à cause de l’état dans lequel le mal nous avait mis, que Jésus est venu nous y rejoindre. Il n’a pas supprimé la souffrance, mais il l’a transformée en occasion d’aimer davantage. Ce n’est pas le mal qui a de la valeur, c’est l’amour, encore plus grand, qu’à travers lui, Dieu nous a témoigné. Il n’y a que ça qui puisse expliquer par exemple une Mère Teresa : comme le Christ et à sa suite, elle plonge au cœur des misères les plus abominables, et elle en devient capable d’un amour toujours plus grand. Et cet amour fructifie, puisqu’aujourd’hui, des milliers de personnes se consacrent comme elle à la victoire de l’amour au cœur des plus grandes misères. « Il n’a pas supprimé la souffrance, mais il l’a transformée en occasion d’aimer d’avantage » Denis Biju-Duval Ce prêtre de Dijon est diplômé de l’École Centrale de Paris. Il en garde un goût pour l’exercice rigoureux de la raison. Membre de la communauté de l’Emmanuel, il est professeur de théologie à l’université du Latran à Rome. Cet intellectuel a une passion simple : la marche en montagne. 6Lili : Mais on reste dans le drame. C’est terriblement sérieux. Et la joie, la beauté, le plaisir, l’humour, on peut caser ça, dans votre foi hypercoincée ? Denis Biju-Duval : D’abord, c’est toi qui as commencé cette discussion sérieuse, et je ne te le reproche pas : on ne peut pas passer sa vie à faire comme si on était dans les divertissements à la télé. Il y a aussi de grandes, de bonnes questions, et qu’on se les pose prouve qu’on n’est pas quelqu’un de superficiel. Et puis laisse-moi te poser une question : ce serait quoi, « la joie, la beauté, le plaisir », si, en fait, tout devait toujours se finir par la souffrance et la mort ? Juste une fuite momentanée Licences & Masters d’État 8 filières Droit Histoire Langues Lettres Sciences Politiques Biologie Mathématiques Physique-Chimie pour oublier qu’en fait, tout est moche et tout crève… Ça te branche, toi, des plaisirs tristes, des danses désespérées ? Mais si, au bout du compte, c’est la vie et l’amour qui gagnent avec le Christ, alors on peut vraiment sauter de joie et rire sans arrière-pensée. a ALLER PLUS LOIN PETIT GUIDE DE LA FOI CHRÉTIENNE Denis Biju Duval, Éd. de l’Emmanuel, 1999 DIEU SOUFFRE-T-IL ? Pierre Descouvemont, Éd. de l’Emmanuel, 2008 SOUFFRANCE, SILENCE, PRIÈRE : CHEMINS VERS DIEU G. Bann, Éd. de l’Emmanuel Continuez la discussion sur la page facebook de www.facebook.com/l1visible Cours ouverts aux lycéens mercredi 7 mars 2012 2 e Portes ouvertes samedi 17 mars 2012 Grâce à un encadrement privilégié, les étudiants vivent l’expérience de l’école universitaire, véritable tremplin vers la vie professionnelle. Depuis 20 ans, l’ICES s’investit entièrement dans la formation humaine, intellectuelle, culturelle et spirituelle de milliers d’étudiants. www.ices.fr 17 Bd des Belges - 85000 La Roche Sur Yon 02 51 46 12 13 - info@ices.fr



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