L'1visible n°24 mars 2012
L'1visible n°24 mars 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de mars 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Prodeo

  • Format : (219 x 288) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 17,3 Mo

  • Dans ce numéro : combattre les pensées négatives.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 PSYCHOLOGIE xw n°24 mars 2012 Combattre ses pensées négatives DR Joël Pralong Joël Pralong est infirmier en psychiatrie et prêtre. Il est l’auteur de Combattre ses pensées négatives (Éditions des Béatitudes). PAROLE DE SAGESSE « Je ressemble à un homme assis sous un grand arbre, qui voit venir vers lui beaucoup de bêtes sauvages et de reptiles. Quand il ne peut plus résister, il grimpe et se réfugie dans l’arbre. Pour moi, c’est la même chose. Dès que je m’assieds dans ma cellule, des pensées mauvaises m’assaillent. Quand je ne parviens plus à me battre contre elles, je me réfugie en Dieu par la prière et me sauve de l’ennemi. » Abba Jean, père du désert (cité par A. Grün, Preghiera e conscenza di sé, Paoline, Milano, 2007). Bien-être. Un nuage noir dans la tête ? Cette ondée de découragement, de peur et d’échec disparaît parfois, pour peu qu’on fixe son attention sur plus lumineux et plus ensoleillé qu’elle. Allez, on hausse le ton. Et on arbore des pensées positives au balcon ! Il y a des jours sans. Dès le réveil, tout part de travers. La salle de bain est encore occupée. On se fait peur dans le miroir. À peine sorti, on broie du noir. On se sent nul, incapable, incompris. Un disque rayé vous crachote dans le ciboulot : « Tu n’y arriveras jamais. » « Tu as tout raté. » Rien à faire. Ces pensées négatives, on les connaît. Elles font irruption sans crier gare. Elles s’insinuent. Elles tournent en circuit fermé. Un vrai essaim d’abeilles. Si on n’y prend pas garde, elles assombrissent nos relations. Ces idées négatives sont même à l’origine de nos problèmes relationnels, professionnels ou sentimentaux. Stop ! ATTENTION, TU DEVIENS CE QUE TU PENSES Il importe de toujours se rappeler que nos pensées ne sont pas (ou pas toujours) la réalité ! En effet, nous avons souvent tendance à interpréter ce qui nous arrive de manière négative. Et à penser ensuite que c’est la réalité ellemême qui est négative. Nos pensées conditionnent notre vision des choses. En effet, positives ou négatives, les pensées fournissent du matériau aux jugements que nous portons sur les autres ou sur nous-mêmes. Elles nous influencent et façonnent notre personnalité. À la longue, elles nous taillent un caractère de cochon. Pire, elles dirigent notre comportement. Gare aux erreurs d’aiguillage. Le risque, si on perd le contrôle mental, c’est que ces pensées déformantes nous poussent à agir malgré nous. Pour se dégager des fausses représentations que nous nous faisons, il est nécessaire de filtrer les pensées parasites surgies de l’inconscient. ÉCOUTE-TOI PENSER ! Nos cafards sont des mouchards. Des indicateurs. Un bon exercice pratique consiste à analyser ses pensées. Moment particulièrement favorable à l’invasion des pensées obsédantes : l’aube, entre l’état de veille et de sommeil, est propice à la mise en route de notre cinéma intérieur. Au réveil, la mémoire faisant son compte rendu détaillé, le trouble est assuré… C’est le moment de prendre un papier et un crayon. On repère ses pensées, on les identifie, on en cerne la nature et le contenu (colère, tristesse, dépréciation, échec, érotisme) pour connaître ce qu’elles révèlent de nos conflits intérieurs et de ces forces irrationnelles qui remontent de l’inconscient. Après les avoir identifiées, on s’en détourne paisiblement pour vaquer à ses occupations. Quand elles se pointent, on les dérive. Des occasions génèrent à coup sûr telle ou telle pensée ? Des scénarios se répètent ? Si on les repère, on peut réagir et arrêter à temps l’engrenage toxique. Un sentiment négatif n’a d’emprise sur nous que si nous lui consacrons au moins quelques minutes. Juste ce qu’il faut pour que ces pensées initiales attirent d’autres pensées ravageuses… Avez-vous remarqué la rapidité avec laquelle vos pensées négatives s’emballent ? Plus on ouvre la porte, plus on se met en tension. Au lieu de se tracasser, on étouffe immédiatement la pensée toxique dans l’œuf. On évite ainsi l’effet boule de neige des pensées parasites. Stop à l’avalanche ! LEXIQUE Pensées Les pensées, tout comme les passions et les émotions, appartiennent aux mouvements de notre sensibilité. Imprévisibles comme des chevaux fougueux, il nous appartient d’en être les maîtres, à la manière du cavalier qui tient sa monture en bride. Si au contraire les pensées prennent les rênes, nous perdons la liberté d’allure et de jugement. Maîtrisées et canalisées, les pensées deviennent des énergies positives au service de notre bonheur. Optez pour la sérénité et la paix du cœur. Oui, mais comment ? MANGE, PRIE, AIME Pour filtrer les intrus, vigilance. Primo, fini le fast-food ! On réapprend l’art de manger lentement, avec d’autres, avec plaisir et reconnaissance. Ni trop, ni trop vite. On privilégie ce qui nous convient et les aliments qui nous permettent de garder les idées claires. Chacun doit connaître ses besoins et ses réactions. Une pincée de gratitude chasse bien des pensées moroses. On pense à remercier pour la nourriture qui remplit notre assiette. On pratique le jeûne qui peut libérer un esprit encombré. À goûter. Secundo, on prie. La prière libère de l’oppression des pensées et nous recentre sur notre cœur profond,
n°24 mars 2012 xw PSYCHOLOGIE Un sentiment négatif n’a d’emprise sur nous que si nous lui consacrons au moins quelques minutes. étanche aux turbulences. On cherche un endroit silencieux. On se pose un quart d’heure. Le matin de préférence ou le soir avant de s’endormir. On pose devant soi une icône du Christ ou une image représentant celui-ci. On le laisse poser son regard sur soi car c’est à lui qu’on adresse cette prière. Il se peut que des distractions nous tourmentent. On les laisse venir et on les regarde tournoyer sans s’en préoccuper. Elles font partie de la vie. On se fixe à nouveau sur Jésus. Sans hésiter, on invoque son nom pour y enfoncer nos émotions. Peu à peu, la prière nous décolle de nous-mêmes en nous fixant sur Dieu. La peine et l’effort disparaissent, la joie se fait sentir. « Dans le cœur est la vie et, là aussi, il convient de vivre » (O. Clément). On chemine de la tête au cœur. Ce n’est pas une technique de méditation réservée à une élite, mais une respi- a a a TÉMOIGNAGE « Le monde me semblait gris » À force de pousser ses limites toujours plus loin, Frédéric ne pouvait plus voir les choses positives qui l’entouraient. Jusqu’à ce qu’il craque. À la suite de mon burnout, reprenant peu à peu pied dans le réel, je m’émerveillais de la couleur des fleurs et des prairies, de la forme ciselée des montagnes enneigées, de la beauté des visages. Peu à peu ma tête s’est vidée. Les idées positives sont revenues, pas par magie, mais parce que j’ai changé de point de vue. Auparavant, en plein marasme, le dos toujours courbé, fixant la pointe de mes chaussures, filant sur des rails psychorigides sans regarder ni à droite ni à gauche, je fonctionnais comme une mécanique, fonçant continuellement vers de nouveaux projets. Le monde ambiant me semblait désespérant, gris, sans vie et sans joie. Ce n’est qu’avec l’ordonnance de mon médecin que je me suis reconnu le droit de m’arrêter. Il fallait que quelqu’un d’extérieur m’ordonne de prendre du repos. De moi-même, je n’aurais pas Nos pensées ne sont pas la réalité 11 réussi à lâcher prise. Tant que je tenais le couteau par le manche, j’exerçais un pouvoir. Le fait de craquer m’a poussé à l’humilité, m’a rendu tendre et capable de réceptivité. Pendant cette période de fragilité et de repos, j’ai eu besoin de la vie alors que, jusque-là, je fabriquais la vie. J’ai appris à recevoir. Sur le moment, le crash nerveux fut mon pire échec. Avec recul, il m’a permis de devenir plus humble et plus ouvert à la vie. a Jessica Peterson/GettyImages



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