L'1visible n°20 novembre 2011
L'1visible n°20 novembre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de novembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Prodeo

  • Format : (219 x 288) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 14,2 Mo

  • Dans ce numéro : Notre-Dame de Montligeon.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 SOCIÉTÉ xw n°20 novembre 2011 À CONNAÎTRE L’association française d’information funéraire A.F.I.F. www.afif.asso.fr LE CHIFFRE 34% C’est le pourcentage d’obsèques par crémation en France en 2011. La législation européenne prévoit désormais l’installation de filtration pour limiter les rejets dans l’atmosphère, en raison du mercure qui se dégage. Sources : A.F.I.F et Fédération française de crémation. C’EST QUOI ? La crémation, c’est l’introduction du corps, placé dans un cercueil, dans un four chauffé à 900°C. Sous l’effet de la chaleur, l’autocombustion du corps et du cercueil dure environ une heure trente. Elle aboutit à des restes calcinés d’os, après que cercueil, chairs et vêtements ont été transformés en gaz ou en poussières évacués avec les fumées. Le père Emmanuel Pic anime un blog qui sonne les cloches ! Entre autres sujets, il s’exprime en ligne sur les rites funéraires de nos contemporains. www.leblogducure.com DR La crémation Les feux de la mort Obsèques. En France, le nombre de crémations augmente. Alternative à l’inhumation, cette pratique funéraire interroge sur le sens de la mort. Cimetières saturés, crainte de l’abandon de la sépulture à l’heure de l’éclatement de la famille, coût bien inférieur à celui d’une inhumation, le fait est que plus de 30% des Français ont choisi la crémation en 2011. L’institut Ipsos et le Credoc annoncent 50% d’ici 20 ans. Dans une société plutôt encline à se débarrasser de la vue d’un cadavre, la crémation peut être ressentie comme une solution propre qui laisse « la terre aux vivants », selon la formule des pionniers du mouvement crématiste. Pourtant, de la fin de l’Antiquité jusqu’au XIX e siècle, il n’a pas été question de crémation en Europe. À l’heure où les communes s’équipent de crematorium pour répondre à la demande croissante, que révèle cette tendance sociétale ? Du côté des raisons avancées, on entend beaucoup la crainte de voir sa sépulture abandonnée ou oubliée, d’être un poids pour ses descendants et, entre les lignes, la phobie d’être enterré vivant. Dans la Pourquoi les chrétiens ont-ils une préférence pour l’inhumation ? Tout rite est porteur d’un sens profond. Les rites funéraires chrétiens portent le sens chrétien de la mort, qui est l’entrée dans un sommeil dont on se réveillera à la fin des temps, et le passage vers une autre vie. L’inhumation est pratiquée en référence à la parole du Christ sur le grain de blé tombé en terre, qui doit mourir pour renaître. La position couchée évoque le sommeil. Le mot « cimetière » signifie « dortoir » en grec. La crémation, Les raisons avancées pour choisir la crémation sont souvent la peur de l’abandon de sa sépulture et la phobie d’être enterré vivant. balance, les religions ont-elles encore leur mot à dire ? Le catholicisme, s’il n’interdit plus la crémation depuis 1963, privilégie néanmoins l’ensevelissement des corps. DÉNI DE LA MORT Parmi les confessions chrétiennes, c’est le protestantisme qui est le plus tolérant avec la crémation que l’islam et le judaïsme interdisent formellement. L’hindouisme pratique la crémation comme un dernier sacrifice offert à Dieu et un rite de passage essentiel. La tendance sociologique observée depuis les années 1980 en France dessinerait donc la courbe d’un déclin de l’influence religieuse dans un contexte sociétal de déni de la mort devenue paradoxalement un marché. Reste à s’interroger sur le devenir des cendres. Elles seront dispersées dans un 3 questions à Emmanuel Pic : « Le cimetière est un dortoir » dans ce contexte, n’aide pas à donner un sens à la mort et n’évoque pas l’espérance chrétienne. Peut-on célébrer des funérailles chrétiennes dans un crematorium ? Non, sauf exception. La cérémonie religieuse, centrée sur la résurrection des corps, a toujours lieu à l’église, en présence du corps du défunt. La crémation a lieu après. Les opérateurs funéraires oublient parfois de le préciser aux familles. jardin du souvenir, placées dans un caveau ou scellées dans un columbarium puisqu’il est interdit désormais de conserver une urne cinéraire chez soi. Quant à la mémoire, part-elle aussi en fumée ? Interrogé sur le sujet, Patrice, 37 ans est mitigé. « Un de mes grands-pères a été incinéré. C’est clair que son souvenir s’efface sans qu’on puisse vraiment se raccrocher à quelque chose aujourd’hui. Il a fini par ne plus laisser de traces et on n’en parle déjà presque plus, alors que la mémoire de mon autre grand-père, enterré, est bien vivante et dignement célébrée dans la famille. » Face au devenir de son corps après sa mort, c’est à chaque individu de signifier de son vivant ses volontés. Rédiger un testament olographe à ce sujet est aussi un service rendu à ceux qui nous survivent car décider pour un parent défunt est souvent déroutant à un moment que l’on aimerait serein. a Magali Germain Emmanuel Pic, curé de paroisse à Dijon, a réagi au sujet de la crémation sur son blog. Selon lui, les rites funéraires permettent d’apprécier le sens qu’une culture donne à la mort. happyone - Fotolia.com Se décomposer dans la terre ou partir en fumée, quelle différence au final ? La différence est la destruction rapide du corps, en présence de la famille - ce qui est, semble-t-il, une spécificité française, la crémation ayant lieu en privé ailleurs. Outre le traumatisme que la crémation représente pour l’entourage, l’Église catholique estime que l’inhumation met davantage en valeur le respect dû au corps à cause de la foi en la résurrection de la chair. a Propos recueillis par Magali Germain
n°20 novembre 2011 xw FAMILLE 5 pour L’1visible LA VIE Oser se faire aider après un deuil Soutien. Aujourd’hui, lorsqu’on perd un proche, la société nous pousse à clore le plus vite possible le chapitre de l’histoire que nous avons vécue avec lui. Des associations sont là pour nous épauler le temps du deuil. Le psychiatre ou rien. Pendant longtemps, c’était la seule alternative qui s’offrait aux personnes endeuillées. « Seuls 5% d’entre elles tombent dans une dépression sévère. Et la société ne reconnaît pas la souffrance de ceux qui vivent difficilement la perte d’un proche mais n’ont pas pour autant besoin d’une thérapie », affirme Suzanne Choffel, présidente de Vivre son deuil en Île-de- France, une association née en 1995 sous l’impulsion du psychologue Michel Hanus. Le développement des soins palliatifs a agi comme un révélateur : les accom pagnateurs de personnes en fin de vie ont compris la solitude des familles après la mort et ont cherché à combler ce manque. APAISER LA DOULEUR En offrant d’abord aux personnes en deuil une oreille attentive et compatissante, une écoute sans jugement, anonyme et patiente. Quand elle ne suffit pas à apaiser la douleur, des associations pron Vivre son deuil. Tél. : 01 42 38 08 08. www.vivresondeuil.asso.fr n Association Phare Enfants-Parents (prévention du mal-être et du suicide des jeunes). Tél. 0 810 810 987 (du lundi au vendredi, de 9 h 30 à 18 h). www.phare.org n Jonathan Pierres Vivantes. Tél. : 01 42 96 36 51. www.anjpv.asso.fr n Jalmalv. Tél. 01 40 35 17 42. www.jalmalv.fr n Association Elisabeth Kübler-Ross. Tél. : 02 54 07 01 69. http://ekr.france.free.fr posent des entretiens individuels, en face-à-face, limités à quelques séances, ou encore des groupes d’entraide composés d’une dizaine de personnes, qui se réunissent une fois par mois pendant un an. « Nous faisons juste circuler la parole. Ce sont les personnes entre elles qui s’aident, témoigne le retraité Charles-Henri de Saint- Julien, accompagnateur à l’antenne de Nantes de Jalmalv, une structure fondée à l’origine pour la fin de vie et qui a élargi son offre au deuil. Un lien particulier unit les personnes endeuillées. Il facilite la parole et l’échange de pistes pour avancer. » ÉCOUTER LA RÉVOLTE La perte d’un proche met aussi la foi à rude épreuve. Amélie, catholique, a perdu son mari et s’est retrouvée à 36 ans, seule avec ses quatre enfants : « J’étais en Pratique Trouver ou offrir un accompagnement n Espérance et vie (mouvement chrétien pour le veuvage). Tél. : 01 45 35 78 27. www.esperanceetvie.com n Apprivoiser l’absence (deuil d’un enfant). Tél. : 07 86 38 10 65. www.apprivoiserlabsence.com n Centre François-Xavier-Bagnoud. Tél. : 01 49 93 64 40. www.croix-saint-simon.org/formation-etrecherche/centre-de-ressources-nationalsoins-palliatifs-francois-xavier-bagnoud a L’hebdomadaire chrétien d’actualité - www.lavie.fr Mitch Fuqua colère contre Dieu. Je ressentais rage et découragement face aux tâches à accomplir et aux décisions à prendre. Ce qui m’a aidée à sortir la tête de l’eau, c’est une vraie écoute de mon mal-être par des personnes qui ont accepté de l’entendre, même si ça comporte une certaine violence, sans m’interrompre et sans chercher à tout prix à me raisonner et à me donner un tas de conseils. » Une vraie écoute qu’elle a trouvée en particulier auprès d’Espérance et vie, un mouvement chrétien consacré au veuvage, qu’elle a fini par rejoindre deux ans après son deuil, craignant de remuer le couteau dans la plaie. Ces rencontres avec d’autres veufs l’ont, au contraire, tirée vers le haut : « Nous découvrons tous au fond de nous une formidable envie de vivre. Elle vient de la beauté de notre amour avec nos conjoints qui n’a pas été cassée par la mort. » CRÉER L’ENTRAIDE Mais demander du secours n’est jamais simple. « Les groupes d’entraide, où l’on s’ins crit pour un an, attirent moins de monde qu’autrefois. Je crois que nous vivons dans une société où l’engagement fait peur », suggère Rosette Poletti, infirmière. Présidente de Vivre son deuil en Suisse, elle est l’une des premières à avoir expérimenté le cafédeuil : « C’est un rendezvous ponctuel mais il peut donner envie de prolonger le contact avec nous. » a Céline Marcon L’ART DE LA FAMILLE Bien manifester son amour au quotidien, transmettre ses valeurs mais aussi gérer les conflits ou faire les bons choix de vie, ce sont les nombreux thèmes pratiques et de fond qu’aborde ce guide pour mieux vivre la famillle. Pour faciliter le dialogue au sein des couples ou comme outil pour les médiateurs et conseillers conjugaux. « l’Art de vivre en famille(s) », Antoine et Chantal d’Audiffret, Éditions de l’atelier, 18 €. DES IDÉES POUR LES ADOS Comment aider son enfant à choisir un métier ? C’est le sujet de discussion numéro un dans les familles. Quokka.fr, nouveau réseau social sur Internet, spécialisé dans l’orientation, propose de former une communauté virtuelle pour partager entre familles expériences et bonnes idées. Un plus par rapport aux relais et ateliers parents, aux entretiens individuels que propose déjà ce réseau créé par des femmes éditrice, psychologue et pédagogue. www.quokka.fr LE TOP DES SAINTS Mieux que les people, les saints ! Le nouveau livre du botaniste et écologiste Jean-Marie Pelt évoque, non sans humour, ces grandes figures qui ont porté l’amour de Dieu. Du saint des clochards à celui des loubards, il nous présente son panthéon chrétien sans oublier des saints bouddhistes ou indiens. Un voyage au pays de ces géants de l’amour qui l’inspirent au quotidien. « Heureux les simples ! », Flammarion, 18 €.



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