L'1visible n°13 mars 2011
L'1visible n°13 mars 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de mars 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Prodeo

  • Format : (219 x 288) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 12,7 Mo

  • Dans ce numéro : Ganagobie, une abbaye en Proence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 D’ACCORD PAS D’ACCORD xw n°13 mars 2011 L’Église est-elle misogyne ? Débat. Les femmes ont-elles la place qu’elles méritent dans l’Église ? De nombreuses personnes considèrent cette dernière comme une institution machiste. D’autres au contraire pensent que les femmes y ont un rôle à jouer, différent de celui des hommes. Débat entre Ariane et Frigide Barjot 1Ariane : Tout le monde sait bien que l’Église est une institution misogyne dans laquelle les femmes ne sont pas reconnues et n’ont pas de place. Frigide Barjot : Je ne sais pas si les femmes n’ont pas de place dans l’Église, mais en tout cas je constate qu’il n’y a presque que des femmes dans les églises, de la nef à la sacristie, en passant par les salles de catéchisme ! Si vraiment elles n’étaient pas contentes, elles partiraient, non ? Sans vouloir caricaturer à l’excès, je dirais même : heureusement que les prêtres sont des hommes, sinon il n’y aurait vraiment plus que des femmes ! Et quand on regarde l’histoire de l’Église, on ne peut que se réjouir du rôle fondamental que certaines ont pu jouer. Pensez à Marie-Madeleine, choisie pour révéler aux apôtres la Résurrection, et à toutes les saintes dans leur mission unique : Mère Teresa, vénérée dans le monde entier, les femmes « docteurs de l’Église », comme Thérèse d’Avila, Édith Stein, Thérèse de Lisieux, etc. Et beaucoup de grands saints n’ont pu accomplir leur œuvre magnifique que parce qu’ils étaient épaulés par une femme (Regardez les binômes très féconds comme saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal, saint François d’Assise et sainte Claire, etc.). Enfin, n’oublions pas que c’est quand même une femme qui a été choisie par Dieu pour donner au monde son propre Fils : Marie. Et elle a même reçu la première place, la plus glorieuse, tout en étant pleinement femme ! 2Ariane : Peut-être, mais si on remonte plus loin dans le temps… qui a prétendument croqué la pomme ? Ève bien sûr. Les femmes sont encore souvent perçues comme celles qui sont responsables du péché. Frigide Barjot : La pauvre Ève, ce qu’elle prend depuis le paradis terrestre ! Mais elle voulait faire plaisir à son mec, c’est tout… Et Adam est bien faible et crétin d’avoir accepté ce qu’elle lui tendait avec tant de générosité – pourquoi y voir de la malice ? Le serpent est diabolique, pas Ève ! Et si son beau corps est conçu harmonieusement pour l’amour – physique, mais pas seulement – ça ne fait pas d’elle une allumeuse. Je rappelle que, depuis sa création, elle a aussi une âme et qu’aucun concile ne l’a lui a ôtée. Sinon, effectivement, on pourrait se faire du souci sur la destinée de son corps ! 3Ariane : L’Église a toujours considéré que l’homme était supérieur à la femme. Saint Paul a osé dire : « Femmes soyez « La Bible prône des idées misogynes et sexistes » Ariane Cette jeune consultante garde un attachement à la foi chrétienne de son enfance. Mais elle ne souhaite pas revenir vers l’Église catholique qu’elle considère comme arriérée concernant la place qu’elle offre aux femmes. soumises à vos maris. » Bonjour les dégâts depuis… Frigide Barjot : Ce n’est pas l’Église, mais les sociétés de l’époque, et encore la nôtre par certains points de vue, qui imposent une « domination » de l’homme sur la femme. Je rappelle aux plus distraits d’entre nous que Paul parlait il y a 2000 ans de cela, à ses contemporains de l’époque, pour qui les femmes n’avaient pas plus de droits que les esclaves. Mais relisons bien cette phrase de saint Paul aux Éphésiens (Ép 5, 21-32), et émerveillons-nous devant son caractère en réalité révolutionnaire et libérateur : « Par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ; les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus […] Vous, les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ : il a aimé l’Église, il s’est livré pour elle […] C’est comme cela que le mari doit aimer sa femme : comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime soi-même. » Il n’y a là aucune idée de domination, bien au contraire ! L’homme et la femme sont totalement mis sur le même plan : il s’agit d’un don de soi réciproque, en vue d’un amour parfait, et non d’une quelconque domination de l’un sur l’autre, qui serait contraire à l’Évangile. D’ailleurs, n’oublions pas que, sur cette base, l’Église catholique a été la première à instituer un mariage strictement égalitaire, dans lequel les époux se donnent mutuellement euxmêmes le sacrement… Si ça, ce n’est pas de la libération féminine pour l’époque, alors là, je n’y comprends plus rien ! 4Ariane : C’est peut-être beau dans le texte mais le Vatican est quand même un système religieux machiste. Il s’est opposé à tous les grands acquis de la libération de la femme au XX e siècle : IVG, contraception, etc. Ixene
Ixene n°13 mars 2011 xw D’ACCORD PAS D’ACCORD 9 LES FEMMES SONT DES SENTINELLES « Je vous lance un appel spécial, à vous les femmes. En apparaissant dans la grotte (de Lourdes,ndlr), Marie a lancé son message à une fille, comme pour souligner la mission particulière qui revient à la femme, à notre époque tentée par le matérialisme et la sécularisation : être dans la société actuelle témoin des valeurs essentielles qui ne peuvent se percevoir qu’avec les yeux du cœur. À vous les femmes, il revient d’être sentinelles de l’Invisible ! » a Jean-Paul II, à Lourdes. Frigide Barjot : La question c’est : en quoi est-ce une libération ? Connais-tu une seule femme heureuse et épanouie d’avoir avorté ? Et lui laisse-t-on vraiment un autre choix ? Concernant la contraception, quand on regarde les magazines féminins, la question est plutôt : au secours, je n’en peux plus de prendre la pilule, comment faire autrement ? Les femmes en ont marre de porter seule la contraception et ses conséquences physiologiques. Et puis, la liberté, ce n’est pas forcément de pouvoir tout faire comme les hommes, c’est de faire des choses qui nous font grandir… Par ailleurs, toutes les religions monothéistes défendent le caractère sacré de la vie. Dans l’Église, il ne s’agit pas d’interdits mais d’une éthique de vie, en vue d’un plus grand amour. Mais chacun de nous est libre de suivre cette voie ou pas. L’Église ne juge jamais les personnes : elle recherche leur libération profonde, ici-bas et pour l’éternité. 5Ariane : La meilleure preuve du machisme de l’Église, c’est qu’il n’y a toujours pas de femmes prêtres ! Frigide Barjot : Bon alors, une bonne fois pour toutes, il faut comprendre que le prêtre, C’EST le Christ ! Or le Christ est le Fils de Dieu, et non sa fille. C’est pour cela que les prêtres sont des hommes, parce que le Christ en était un et que c’est Dieu qui a choisi son genre. Par ailleurs, il aurait pu choisir des femmes pour poursuivre sa mission, mais il a luimême choisi des hommes. Pourtant, ce n’était pas son souci de répondre aux conventions de son époque : il avait, par exemple, de nombreuses femmes disciples. Mais pour lui succéder et célébrer l’eucharistie, ce sont des hommes qu’il a appelés. Ainsi, qu’on le veuille ou non, l’Église ne peut pas faire autrement que ce qu’a fait le Christ : elle n’est pas plus grande que le maître. 6Ariane : Pour moi, le problème de fond vient du fait que la Bible elle-même prône des idées misogynes et sexistes. Frigide Barjot : N’oublions pas que, dès la Genèse, l’humanité est créée « homme et femme » à l’image de « Jésus est le premier féministe de l’humanité ! » Frigide Barjot Après avoir été chroniqueuse dans les médias, Frigide a mis sa petite notoriété au service de la défense de l’Église. Dernier combat : la défense de l’embryon à l’occasion du débat parlementaire sur les lois bioéthiques. À paraître prochainement chez Plon : Confessions d’une catho branchée. La pétition qu'elle a lancée : www.appelaverite.com Dieu, et parfaitement égaux à ses yeux. Par ailleurs, trois livres de l’Ancien Testament portent des noms de femmes : Ruth, Judith et Esther, sans compter les prophétesses qui parlent au nom de Dieu, au même titre que les prophètes. Mais celui qui va vraiment donner toute sa dignité à la femme de son époque, et par son sacrifice, l’étendre universellement à toutes les femmes, c’est Jésus lui-même. Dans l’Évangile, deux femmes encadrent sa naissance et sa résurrection : Marie et Marie Madeleine. Jésus passe son temps à défendre des femmes et à montrer leur foi en exemple – sacrilège ! – aux hommes : il présente la femme adultère aux lapidateurs pour les confondre dans leur supériorité, demande à boire à une paria, la Samaritaine, distingue Marie de Béthanie comme sa disciple qui « a choisi la meilleure part », etc. Mais je manque ici de place pour citer toutes les femmes relevées par le Christ de leur indignité sociale et humaine... Jésus est bien le premier féministe de l’humanité ! a ALLER PLUS LOIN Cet article est réalisé à partir de vos questions et de vos objections ; écrivez-nous à redaction@l1visible.com - Les prochains thèmes seront : « La souffrance peut-elle avoir un sens ? » et « Marie est-elle vierge ? » Soutenons l’Église partout où elle a besoin de nous AED AIDE A L'ÉGLISE EN DÉTRESSE L’ÉGLISE ET LES FEMMES Aubrée Chapy, Ed. Tempora, 2009. LA FEMME, SENTINELLE DE L'INVISIBLE Daniel-Ange, Annie Laurent, Elizabeth Montfort, Ed. Le Sarment, 2008. AED - 29 rue du Louvre, 78750 Mareil-Marly www.aed-france.org informer - Prier - Partager



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