L'1visible n°13 mars 2011
L'1visible n°13 mars 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de mars 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Prodeo

  • Format : (219 x 288) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 12,7 Mo

  • Dans ce numéro : Ganagobie, une abbaye en Proence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 SOCIÉTÉ xw n°13 mars 2011 COUP DE CHAPEAU À 7 propositions pour « humaniser la bioéthique ». C’est le nom du document présenté par l’Alliance pour les droits de la vie (ADV) pour « stopper une fuite en avant vers l’instrumentalisation de l’être humain, en rééquilibrant la bioéthique dans le sens de la dignité des personnes ». www.adv.org IL L’A DIT : « Les Britanniques mènent des recherches sur l’embryon humain depuis 1970 sans obtenir les succès que nous promettent quelques chercheurs français. » Jacques Testart, « père » du premier bébé éprouvette en France. RÉVISION Le projet de loi prévoit l’abandon de la révision de la loi tous les cinq ans. Le passage par la case législative n’interviendrait plus alors qu’au cas par cas. Une garantie pour certains, un risque de main mise de l’Agence de la biomédecine pour d’autres. Dominique Folscheid a créé en partenariat avec l’AP-HP un Master d’éthique médicale et hospitalière destiné aux personnels de santé. D.R. Bioéthique Glissements progressifs de la loi Analyse. Le texte révisant les lois de bioéthique a été adopté à l’Assemblée le 15 février. Des changements limités mais une évolution inquiétante. Avec ses 94 propositions, c’est peu de dire que le projet de loi, qui suit les États Généraux de la bioéthique de 2009, est particulièrement dense. Si les principales dispositions demeurent – l’interdiction des mères porteuses et de l’assistance médicale à la procréation (AMP) pour les femmes célibataires et les personnes homosexuelles –, des élargissements ambigus se font jour. MENACE SUR L’EMBRYON Le premier concerne la recherche sur l’embryon et l e s c e l l u l e s s ou c h e s embryonnaires. La loi de 1994 avait posé un principe d’interdiction. En 2004, quoique toujours interdite, la recherche est autorisée pour cinq ans par dérogation. Le texte voté à l’Assemblée prévoit désormais l’abolition du délai quinquennal. Une mesure qui ouvre de fait à une plus grande libéralisation de la recherche. Que retenir du projet de loi ? Il reprend en gros les dispositions du précédent, mais tout se joue sur les concessions. Il donne du mou. Pour la recherche sur les cellules souches embryonnaires, il n’ose pas contester le principe de l’interdiction. Mais on ne voit plus ce qui empêcherait d’y déroger. C’est de l’habillage. Les groupes de pression y sont fanatiquement favorables, car il s’agit du cœur même de la vie. Sous ces revendications des laboratoires se cache une fascination pour le clonage. Les lois de bioéthique doivent-elles laisser toute liberté aux chercheurs ? D’autres méthodes ont pourtant prouvé qu’elles étaient une alternative efficace : la recherche sur les cellules souches adultes et de sang de cordon. Salués par la mission parlementaire, leurs résultats positifs devraient donc, d’après la loi, interdire la recherche sur l’embryon. FRAGILE ÉTHIQUE Une autre modification porte sur la possibilité de transfert post-mortem d’embryon, cas d’une veuve ayant entamé une démarche de fécondation in vitro avec son époux. Le transfert de l’embryon devrait alors avoir lieu dans un délai de dix-huit mois après le décès du mari. Une disposition revenant à « faire naître un orphelin », selon la Secrétaire d’État à la Santé, Nora Berra. L’interdiction demeure pour l’insémination post-mortem, qui impliquerait une fécondation après le décès avec des gamètes congelées. Comment en est-on arrivé à ce diktat du progrès ? Il y a en France un dogme progressiste, enfoui dans le subconscient : la science fait forcément le bonheur de l’humanité. Le progrès à tout prix implique que la France serait en retard sur ses voisins. C’est un sophisme véhiculé par les médias, puisque l’argument ne vaut plus pour les modèles à ne pas imiter : par rapport aux États-Unis, qui dira que la France est en retard pour la peine de mort ? Le texte propose aussi d’inclure dans le diagnostic préimplantatoire (DPI) le dépistage de la trisomie 21. Réalisé pour une fécondation in vitro, le DPI ne valait jusque-là que pour des maladies génétiques héréditaires, dont la liste n’était volontairement pas établie. Objectif de ce dépistage : empêcher la naissance d’enfants trisomiques, déjà largement éliminés par le dépistage prénatal. Sous des apparences mesurées, le projet de loi fait ainsi craindre une dérive eugéniste. Une évolution dénoncée avec force par Mgr Vingt-Trois, archevêque de Paris, qui rappelait dans une tribune du Figaro le 11 janvier que « la recherche sur l’embryon n’est pas seulement une question scientifique. Le diagnostic préimplantatoire n’est pas la chasse gardée de quelques spécialistes. (…) Ce qui est en jeu, c’est le respect imprescriptible de la dignité humaine ». La balle est désormais dans le camp des sénateurs, qui examineront le texte en juin. a Geoffroy Caillet Trois questions à D. Folscheid : « Tout se joue sur les concessions » Dominique Folscheid est professeur de philosophie morale et politique à l’université Paris-Est et spécialiste des questions d’éthique. Laurent Villeret/Dolce Vita/Picturetank À quelle issue faut-il s’attendre ? Pour ne fâcher personne, on cède aux lobbys principaux et on tente de montrer aux lobbys minoritaires que la loi défend encore des valeurs. D’ici l’été, les revendications seront nombreuses. Avec une élection présidentielle à la clé, le gouvernement ne lâchera pas sur les mères porteuses. Mais on n’en est qu’au tout début, et l’orientation vers un eugénisme de masse lié au dépistage de la trisomie 21 est un signal alarmant. a Propos recueillis par Geoffroy Caillet
n°13 mars 2011 xw FAMILLE 5 pour L’1visible Se ressourcer dans le silence La bonne idée. Vous avez envie de respirer quelques jours loin du bruit, de changer de rythme et de repères, pourquoi ne pas goûter au silence de la vie monacale ? Voici une sélection de lieux de retraite. M oines et moniales passent jusqu’à leurs repas et leur temps de travail en silence, pour qu’ils deviennent des temps de prière. Faire l’expérience de ce mode de vie est une plongée intérieure exigeante, mais marquante. VIVRE À L’ÉCOLE DE SAINT BRUNO Habitué des retraites, vous êtes en quête d’une expérience radicale, prêt à vous retrouver face à vous-même pendant de longues journées ? Fondée en 1202, la chartreuse de Sélignac, que les moines ont dû quitter en 2001, a été confiée à des laïcs qui perpétuent leur tradition de silence et de solitude, à l’école de saint Bruno. La proposition est exigeante : durant 8 à 10 jours, le temps qu’il faut pour tirer profit de ce grand saut intérieur, le retraitant, homme ou femme, s’engage à être présent aux laudes, vêpres et vigiles, à prendre ses repas seul dans sa cellule, à respecter un silence strict dans Témoignage « C’est un espace où rencontrer Dieu » Laurence, 42 ans, a tenté l’expérience au centre spirituel des carmes d’Avon. « Le fruit du silence, c’est pour moi un état d’éveil, de réceptivité à ce qui se déroule en soi et autour de soi. Les gestes de la prière, les échanges de regard prennent une autre intensité. Le silence permet de mâcher différemment la Parole entendue. Moi qui aime tant discuter, réfléchir, cela m’évite d’entrer tout de suite dans LA VIE toute la maison, à ne pas chercher à entrer en relation avec les autres hôtes et à participer au travail quotidien. – Chartreuse de Sélignac (01). Tél. : 04 74 51 79 20. www.selignac.org FAIRE ORAISON AU CARMEL S’il est un ordre qui accorde une importance particulière au silence, c’est bien celui du carmel. La prière silencieuse est au cœur de la journée des carmélites et des carmes. Deux heures par jour, chacun fait oraison, avec les autres à la chapelle ou seul dans sa cellule. Pourquoi tant d’importance accordée à la solitude et au silence ? Parce que c’est en lui-même que celui qui prie doit se retirer pour s’éveiller à la présence de Dieu, À Sélignac, des laïcs perpétuent la tradition des chartreux. le discours, pour recevoir d’abord par le cœur. Ma quête de silence exprime un désir d’offrir à Dieu un espace où le rencontrer : faire l’effort de rompre avec le monde environnant, si intrusif sur le plan sonore, créer un climat favorable à sa présence aimante, c’est mon travail pour favoriser cette rencontre. Une façon de réordonner mes désirs et de manifester que ma priorité est de mettre le Christ au centre de ma vie. » Interview Joséphine Bataille a L’hebdomadaire chrétien d’actualité - www.lavie.fr dr dit la spiritualité carmélitaine. Une recherche qui se poursuit dans la lecture de la Bible, les heures de travail et les temps en cellule. – Carmes du Broussey (33). Tél. : 05 56 62 60 90. www.carmel.asso.fr/-Monastere-du-Broussey – Carmélites de Mazille (71). Tél. : 03 85 50 80 54. – Carmélites de Saint-Maur (39). Tél. : 03 84 44 29 10. http://carmelsaint-maur. blogspot.com – Centre spirituel des carmes d’Avon (77). Tél. : 01 60 72 28 45. www.centrespirituel-avon.org TESTER LA VIE DES MOINES Et si vous deveniez moine pour cinq jours ? C’est l’expérience que proposent les bénédictins du prieuré de Chauveroche, à Lepuix-Gy (90), aux hommes de tous âges. Levés à 5 heures, les retraitants participent à la vie spirituelle et au travail manuel. Ils sont installés parmi les frères pendant les offices, par ticipent à la lecture de la Parole, aux enseignements sur la règle de saint Benoît, par tagent les repas et le quotidien de la communauté. – Prieuré de Chauveroche, à Lepuix-Gy (90). Tél. : 06 07 83 21 29. http://catholique-belfortmontbe.cef.fr/vie_spirituelle/religieux/chauvero.htm – Expérience similaire à l’abbaye Notre-Dame d’Œlenberg (68). Tél. : 03 89 81 91 23. www.abbaye-oelenberg.com Constance de Buor a COUPLES ET CARDINAL S’engager pour la vie, est-ce crédible ? Pourquoi se marier ? L’avenir est-il aux familles recomposées ? Et comment assumer l’écart entre la réalité des familles et l’idéal de vérité annoncé par l’Église ? Ce sont toutes ces questions qu’aborde un livre d’entretien entre trois couples et le cardinal André Vingt-Trois. Un dialogue fouillé où l’archevêque de Paris, observateur attentif des mutations de la société actuelle, répond sans détour. « La famille, un bonheur à construire », Cardinal André Vingt-Trois. Parole et silence, 16,90 €. 1001 CRÈCHES C’est un nouveau site et un réseau de 7 500 places en France. 1001 crèches, plateforme de conseil et de réservation, et filiale du groupe Babilou, aide les salariés à trouver une place en crèche le plus près possible de chez eux ou de leur lieu de travail. Un service aux entreprises qui devrait permettre d’aider à mieux concilier vie familiale et professionnelle. Site : 1001creches.com L’ANNÉE DE LA FAMILLE Du 25 au 27 mars se tiendront les premières Universités de la famille à Dijon. C’est dans le cadre de l’Année de la famille, orchestrée par les évêques de France, qu’un colloque s’interrogera sur « La famille, invention humaine ou dessein divin ? » Une quinzaine d’intervenants dont des théologiens, des psychologues, des économistes croiseront leurs regards. Site : http://catholiquedijon.cef.fr



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