Koikispass n°131 septembre 2016
Koikispass n°131 septembre 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°131 de septembre 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Koikispass SARL

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 11,5 Mo

  • Dans ce numéro : dossier spécial sur les bistrots de la Nièvre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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BISTROTS DE LA NIÈVRE, ON VOUS PAYE LA TOURNÉE ! Le Cornemuse Chez Gérard et Brigitte À moins d’être sacrément miro, difficile de louper la façade du Cornemuse à Arleuf  : un joyeux bordel de couleurs franches et joyeuses qui, il faut bien le dire, tranche et ça fait du bien, au milieu du rude paysage morvandiau. On y entre donc pour le décor (l’artiste, Bertrand Dios, a poursuivi son délire à l’intérieur, sol et plafond compris), on y reste pour ce qui est la grande fierté de la maison  : la salle de spectacle au sous-sol où alternent pièces de théâtre, projections de vieux films et bien sûr les concerts. Gérard le patron, autrefois moniteur d’auto-école, a débuté en tenant scène ouverte pour des musiciens locaux. La rumeur a enflé dans le milieu, le lieu s’est doté de sa salle de spectacle en 1998 et le succès a été immédiat. « Quand il y avait du monde, s’amuse Gérard, ça entrait par les fenêtres ! » Aujourd’hui, Arleuf accueille aussi bien Little Bob (un récidiviste), des noms de la musique world comme des vedettes des années 70-80  : Juvet, Nicoletta, Zouk Machine... Perdu dans le Morvan, c’est peu dire que Le Cornemuse est un lieu de rendez-vous important, comme le confirme Virginie, journaliste venue en voisine et habituée  : « C’est une institution, ne serait-ce que pour le décor ! Dans des villages désertés, le bistrot reste un lieu de lien social ». Gérard tempère néanmoins  : « Il n’y a plus la même convivialité, avant les gens venaient jouer aux cartes, s’attardaient, consommaient davantage. Aujourd’hui c’est fini, les jeunes sont sur leurs portables... » N’empêche qu’il reconnaît que son bistrot-restaurant a fait connaître Arleuf a un public venu parfois de très loin et avant que la façade ne pâlisse, on y entendra longtemps encore chanter les guitares et beugler les micros ! 18 KOIKISPASS SEPTEMBRE 2016 Parc naturel regional du Morvan NEVERS ARLEUF on vient pour Le programme culturel éclectique drivé par Gérard et Brigitte, le décor, l’échappée belle dans le Morvan. une institution
Lucette, sa collègue de Moulins Engilbert, l’appelle affectueusement « notre légende à tous ». En débarquant à Villapourçon, on a compris pourquoi... 83 ans « dont 38 sans dents », Alsacienne d’origine, Marie Lou est venue à Paris dès l’âge de 16 ans « d’abord comme bonniche, après j’ai travaillé comme vendeuse aux Galeries de Passy puis à Saint-Charles ». Elle y a rencontré son Morvandiau de mari qui un jour lui a dit de boucler les bagages pour retourner au pays, le sien à lui s’entend. Désormais le pays de Marie Lou serait donc le Morvan et le village de Villapourçon où elle tient le bistrot depuis 1979, de 7h à 20h quasi tous les jours de l’année. Calée derrière le bar, elle sirote le seul « médicament » dont elle a besoin  : « sa côte-du-Rhône ». L’eau, elle évite, le matin elle démarre au champagne ou à la bière. Plus de dents, donc, mais pas question de s’équiper d’un râtelier à son âge, c’est cher - « et je vais pas l’emmener au cimetière » - en revanche, les frisettes sont en place et la robe fleurie, elle a ses élégances. CD on vient pour La gouaille de Marie Lou, la tournée dans les verres Duralex, les randonnées dans le Parc régional. BISTROTS DE LA NIÈVRE, ON VOUS PAYE LA TOURNÉE ! Chez Marie Lou Ckez Mark etis eettuit et pis c’est tout NEVERS VILLAPOURÇON ly 83 ans L’établissement a ses habitués, qui se payent des tournées de rouge à un euro le verre et se souviennent du temps où Villapourçon comptait « boulanger, boucher, docteur, la Poste... et le curé ». Marie Lou écoute, commente et prend à témoin son défunt mari dont la photo trône au-dessus de la caisse enregistreuse. Avant, elle faisait aussi restaurant, maintenant c’est devenu compliqué à cause des normes et la patronne a son idée là-dessus  : « Qu’est-ce qu’on en a à foutres des normes ? J’ai fait la cuisine sans pendant des années, j’en ai jamais eu un de malade ! » Idem pour les zincs  : « Moderniser les petits bistrots, ça marche pas ! ». Pour fêter ça, on a payé la tournée de Côtes-du-Rhône. Normalement, on devrait vivre vieux. KOIKISPASS SEPTEMBRE 2016 19



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