Junk Page n°29 déc 15/jan-fév 2016
Junk Page n°29 déc 15/jan-fév 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°29 de déc 15/jan-fév 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Évidence Éditions

  • Format : (245 x 360) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 10,0 Mo

  • Dans ce numéro : Eagles of Death Metal, vendredi 13 novembre 2015...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PORTRAIT Depuis bientôt un an, Philippe Prost dirige le Pin- Galant. Rencontre avec un hyperactif au parcours taillé sur mesure pour la salle mérignacaise au large spectre artistique. L’HOMME AUX GRANDS ÉCARTS En cette matinée très ensoleillée de novembre, Philippe Prost, directeur du Pin-Galant, arrive tôt, dix heures. Lunettes de soleil noires, petite taille, physique généreux, il sort de sa voiture en boitant, résultat d’une séance de toboggan avec l’un de ses quatre enfants. L’homme n’est pas du matin. Pourtant, devant la machine à café, il esquisse quelques pas de danse, distribue bonjours et bons mots à son équipe, parle très vite, raconte son concert de la veille — Deep Purple à la patinoire Mériadeck. Pour une fois, ce n’était pas pour le travail. On le croit là, il est déjà ailleurs, téléphone à l’oreille. Philippe Prost est plutôt du genre hyperactif. Depuis le 1er février, il est seul à la tête du Pin- Galant, après une période de filage de cinq mois avec son prédécesseur, Jean-Paul Burle, parti en retraite. Une passation de pouvoir en douceur qui lui a permis de bâtir la programmation de la saison actuelle — 80 spectacles et 132 représentations — tout en ayant le temps de prendre connaissance des lieux et d’analyser le fonctionnement de la boutique. Inauguré en janvier 1989 par Charles Aznavour, le Pin-Galant est la deuxième plus grosse scène de spectacle d’Aquitaine après l’Opéra de Bordeaux 1, mais c’est la seule où l’offre est aussi large  : théâtre classique ou de boulevard, humour, opérette, opéra, ballet classique, danse hip-hop, flamenco, jeune public, musique, cirque, etc. Ce qui ne cesse de réjouir Philippe Prost  : « J’aime vraiment faire le grand écart en terme artistique. » Il est né à Casablanca, au Maroc, il y a quarante-cinq ans. Mère pianiste puis assistante maternelle, père instituteur, puis directeur de l’école pour mineurs et adultes de la maison d’arrêt de Besançon, ville où la famille déménage en 1973. Il loge rue de la Préfecture, à quelques encablures du théâtre. Sa sœur fait de la danse ; lui aussi. Il a quatre ans. Un jour, un professeur du conservatoire vient présenter son violoncelle. « Maman, je veux jouer du comme ça », déclare l’enfant à son retour d’école en mimant le violoncelliste. À six ans, il commence l’instrument. La suite ? Une scolarité qui se déroule à un rythme soutenu, avec jusqu’à plus de soixante heures de cours par semaine  : conservatoire 40 JUNKPAGE 29/décembre 2015 « Si on ne vit pas dans le risque, on ne vit pas. » de Besançon — où il rencontre sa future épouse —, classes musicales, horaires aménagés, orchestre, musique de chambre, concerts, danse classique, violoncelle, voyages. Au théâtre de Besançon, il peut être violoncelliste dans la fosse ou danseur sur scène. Quatorze ans plus tard et de multiples entorses aux chevilles et autres ligaments rompus, il arrête la danse. Trop de douleurs. Et il le prouve  : assis derrière son bureau, il lève la jambe à hauteur du nez en faisant basculer son pied à 90°. « La danse classique, c’est tout sauf un truc naturel. Le sourire est aux lèvres, mais derrière, le corps souffre. » Ce qui ne l’empêche pas d’avoir les pieds qui fourmillent parfois. « La danse et la musique m’ont amené à la scène. » Et de se rappeler, le regard entré en luimême  : « Lorsque vous entrez sur scène, vous captez les mille personnes qui vous regardent. Le pire du pire, c’est le rideau encore fermé. Il y a un avant et un après. Si le rideau est déjà levé, vous commencez à vous mettre en situation. Vous êtes dans le noir, vous ne voyez rien, et pourtant, vous sentez la salle, vous la sentez murmurer, tousser, respirer. C’est un vide intersidéral. Qu’est-ce que je fais là ? La musique commence. Vous lancez le premier pas. La mémoire du corps fonctionne. Et cette trouille indicible se transforme en plaisir indicible. » À la faculté, les vingt heures de cours hebdomadaires sont inconcevables pour cet homme au rythme effréné. En parallèle, il passe le BAFA, donne des cours de musique, joue dans des orchestres, fait des tournées et obtient haut la main sa maîtrise en musicologie. « À l’époque, on était dressé pour passer le CAPES de musique. » Mais non merci. Le paysage culturel français est en pleine restructuration. Les premiers DESS de gestion et administration des entreprises culturelles apparaissent. Une formation qui intègre tout, pile ce qu’il cherche  : artistique, administratif, politiques culturelles, droit des auteurs et du spectacle, etc. « Nous étions vingt-quatre dont une poignée d’étudiants. Tous les autres étaient des professionnels déjà en poste. Il n’y avait pas de formation à l’époque pour les directeurs de théâtre. » Mai 1995. Le jour-même de son retour de stage de fin d’études à Moscou, il est dans le bureau de la direction de la formation pour faire un point. « Avec ma valise, en bottes et en bomber, et le blue jeans qui devait encore sentir le métro moscovite. Le téléphone sonne. » Un poste de responsable des relations jeune public vient d’être créé. Il a le profil parfait. Le lendemain, Jean-Philippe Prost est dans la salle de réunion de l’Opéra de Lyon flambant neuve signée Jean Nouvel, face au directeur. « Je n’y croyais tellement pas que je ne me suis pas mis la pression. » Il est embauché. Puis il sera responsable des relations avec le public (billetterie, accueil, développement et recherche de nouveaux publics, gestion et analyse artistique). « Le poste était extrêmement intéressant, mais l’aspect artistique me manquait. Et je commençais à éprouver une lassitude. » En 2001, il démissionne et suit son épouse qui vient d’être mutée. « Si on ne vit pas dans le risque, on ne vit pas. » Il est alors intermittent du spectacle, administrateur et producteur de compagnies à Lille, notamment dans le cadre de Lille 2004, capitale européenne de la culture, directeur du théâtre de Wissembourg (Alsace) où il monte un festival de rock transfrontalier, diplômé européen en administration de projets culturels, directeur des salles de spectacles de Montauban et directeur général et artistique de l’ABC à Dijon où il gère le festival international jeune public « À Pas Contés ». Un parcours dont témoigne la décoration de son bureau. « Ce sont différentes expériences et envies, un ensemble de compétences qui font complètement sens au Pin-Galant », résume l’ancien danseur qui apprécie pleinement la valse à trois temps de la salle mérignacaise  : la préparation de la programmation de la saison prochaine, la gestion de la production actuelle et le bilan budgétaire de la saison passée. Sandrine Chatelier 1. La salle du Pin-Galant compte 1 410 places et reçoit quelque 100 000 spectateurs par an, soit environ un taux de remplissage de 80%. Le budget annuel est de 5 510 000 € , autofinancé à 60%, le reste provenant de la Ville de Mérignac. S’ajoutent 24 permanents, 40 postes d’accueil et 40 techniciens intermittents. Sébastien Le Clezio
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