Junk Page n°29 déc 15/jan-fév 2016
Junk Page n°29 déc 15/jan-fév 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°29 de déc 15/jan-fév 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Évidence Éditions

  • Format : (245 x 360) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 10,0 Mo

  • Dans ce numéro : Eagles of Death Metal, vendredi 13 novembre 2015...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LITTÉRATURE Comme dit Jérôme Leroy, « c’est la force de la littérature populaire et de mauvais genre de pouvoir tout se permettre ». Sébastien Gendron, de retour à Bordeaux après un détour par Paris, peut donc tout se permettre. Dick Lapelouse, par exemple, tueur à gages discount aux vues sociales installé boulevard Wilson. Après Le Tri sélectif des ordures et autres cons, voici La Revalorisation des déchets où Dick a des états d’âme et se demande si être de gauche suffit pour s’arroger le droit de tuer des nuisibles. Propos recueillis par Joël Raffier. EXTENSION DE LA LUTTE DES CLASSES Qui est Dick Lapelouse ? Un ancien tueur à gages de la mafia niçoise qui, après avoir servi une dizaine d’années, décide de rompre avec les habitudes du métier. Il s’installe à Bordeaux comme tueur discount. Il part du principe que les pauvres ont autant d’emmerdements que les riches, si ce n’est plus. Il se met à leur service avec des prix très compétitifs pour éliminer maris violents, banquiers véreux et patrons indélicats. Il ne faut surtout pas le traiter de détective privé, « métier qu’il exècre et que sa secrétaire croit qu’il exerce » … Il n’aime pas. Au départ je voulais décrire un détective privé mais je suis très mauvais pour les enquêtes, vraiment pas mon genre. Dick Lapelouse doit quand même passer par des enquêtes pour savoir s’il ne se fait pas manipuler. Une petite enquête « d’amoralité ». Il doit être certain que le type est une crapule. Dick Lapelouse évite les révolvers, il dit que c’est une arme de droite… Dans le polar, on a finalement assez peu d’accessoires à disposition. On dit souvent qu’un bon polar, c’est une femme, un révolver et qu’à partir de là on peut imaginer n’importe quoi. Le flingue, c’est la distance, un objet phallique, très fascinant du reste. Dick Lapelouse ne veut pas de cette distance. Il veut bien être le bras armé de la personne qui a besoin de ses services mais il veut que le commanditaire soit bien conscient qu’au bout il y a la mort. J’ai décidé que le révolver était une arme de droite avec laquelle on élimine sans se poser de question. C’est illustrer un préjugé, je le reconnais. Pourquoi tient-il à payer ses impôts ? Dick Lapelouse paie l’impôt sur les sociétés et sur le revenu. Il a pignon sur rue, il a déposé ses statuts et il tient à être clair sur son activité. J’aime bien partir de situations absurdes et les faire entrer de force dans le cadre de notre société où les conneries abondent. Il a une grille de tarifs, signe des contrats. Je me suis fait aider d’un juriste. 28 JUNKPAGE 29/décembre 2015 t- Raphaëlle Onet Grand reporter Léa Alfred Ranidom Reporter stagiaire Jackson l oririeg fl Amin Dada Photographe Chroniqueuse/ivres Lise Poriatovski Norbert Agassl Secrétaire rédaction Kinésithérapeute irigh oussm.n Guevara Florence Laviande Expert Reporter de guerre Bernadette Kich Emile Partages Comptable Pizzaiolo Pourquoi Bordeaux ? Je suis né à Talence, mais lorsque j’ai écrit le premier épisode je vivais à Paris. Paris, c’est trop de clients potentiels… Il fallait une bourgade. ? ? ? Ben oui, quand je vois les touristes dans des bus à l’impériale, une ville qu’on pourrait traverser à pied en une heure, cela me fait marrer… Bordeaux, c’est aussi parce qu’au niveau des annales du meurtre, il ne s’est pas passé grandchose. On a de grandes figures comme Papon bien sûr, quelques scandales politiques mais bon, ce n’est pas une ville qui favorise le fait divers. Pour Dick, qui a bossé dans le milieu niçois, c’est peinard Bordeaux. Il peut s’y concentrer sur son travail. Les financiers magouilleurs qui viennent passer le week-end dans le Médoc n’ont aucune chance avec lui… Lapelouse travaille pour les pauvres ! C’est la lutte des classes. Warren Buffet a déclaré que la lutte des classes était en plein boom et que c’était « J’aime bien partir de situations absurdes et les faire entrer de force dans le cadre de notre société où les conneries abondent. » les très riches qui la gagnaient. Il a même ajouté qu’ils ne devraient pas. Une provocation au moment où son système venait de craquer ! Est-ce de la littérature qui défoule ? De colère, de revanche, oui. J’espère que c’est cathartique ! D’extrême droite ou d’extrême gauche, il semble que le polar en France soit fatalement engagé… Il y a eu une grande période politique dans les années 1970 et jusqu’à récemment on a vu Didier Daeninckx se friter physiquement pour des questions de chapelles de gauche. Aujourd’hui, cela s’est calmé même si une nouvelle génération met à nouveau les pieds dans le plat, ce qui n’est pas encouragé par les éditeurs. On fait le portrait de la société et le crime importe moins que la raison du crime donc c’est forcément politique. Sur le mode  : comment en est-on arrivé là ? Comment, par exemple, j’en arrive à créer un tueur sympathique qui élimine des ordures. Le thriller prend tout et souvent il n’a plus d’aspect politique ou presque. On n’est plus au temps de Manchette. Votre maître ? Il en fait partie. Il y a aussi Jean-Bernard Pouy, mon parrain en littérature, Patrick Raynald, des gens qui ne sont pas restés bloqués sur l’aspect politique des choses et qui sont avant tout des êtres humains drôles et chaleureux. Et puis les grands américains, Elmore Leonard, Donald Westlake, Tim Dorsey. Dans les classiques ? Si on s’intéresse à la littérature noire, on trouve vite Melville, Steinbeck, London. Un des plus beaux livres sur la littérature est pour moi Martin Eden. Les russes aussi. Dostoïevski. Encore le meurtre… Ben oui. Crime et Châtiment, c’est du polar. Dans La Revalorisation des déchets, Dick Lapelouse est un peu comme Raskolnikov, avec de sérieux problèmes de conscience… Dans le premier épisode il redoute d’aller voir son voisin de palier qui est un psychanalyste, mais franchit le pas dans le deuxième. Je voulais m’interroger sur le personnage et qu’il s’interroge. Le premier est drôle, mais c’est une pochade. Dans le deuxième, je voulais le mettre face à quelques interrogations. J’en ai profité pour essayer de voir pourquoi j’avais créé un tel personnage et ce qu’il a dans la tête. Est-il pour la peine de mort ? Que ressent-il quand il tue des gens ? Qu’en sera-t-il du troisième volet ? J’ai des idées mais c’est le titre qui me bloque. Pour ce qui est des thématiques, j’ai le choix, la concurrence, la détérioration de l’entreprise, le discount du discount… La Revalorisation des déchets, Albin Michel, 384 p, 2015. Le Tri sélectif des ordures et autres cons, Pocket, 190 p, 2014.
Pierre-Lin Renié enseigne l’histoire de l’art et de la photographie à l’École des beaux-arts de Bordeaux. Spécialiste de l’histoire de l’édition photographique, il a été, durant de nombreuses années, responsable des collections du musée Goupil et a organisé plusieurs expositions et catalogues. Rencontre à l’occasion de la récente publication de son livre, superbement conçu, Parc, Palendriai. Propos recueillis par Didier Arnaudet. UN DOUBLE HÉRITAGE Pouvez-vous d’abord définir votre pratique photographique ? Après une interruption d’une quinzaine d’années, je me suis remis à faire des photographies en 2004, à l’occasion d’un séjour à New York. Je retrouvais un plaisir à photographier, sans idées préconçues, avec le simple désir d’être attentif à ce qui se passait autour de moi, et une grande liberté dans le choix des sujets. Je ne travaille pas un sujet spécifique, mais plutôt une manière particulière d’être au monde. Il ne s’agit pas non plus d’un journal personnel, car je photographie toujours dans des espaces publics et je n’organise jamais les images chronologiquement, même si mon travail est résolument ancré dans notre présent. J’utilise la photographie pour ce qu’elle est  : une technique d’enregistrement permettant de décrire le monde visible, partagé par tous. En douze ans, j’ai accumulé une collection de plus de 3 500 images, qui s’accroît toujours. C’est le matériau de mes projets, que ce soit des expositions, des livres ou un site internet. Chaque image est potentiellement disponible pour ces réalisations. Pour autant, certains ensembles émergent et acquièrent une autonomie. C’est le cas des photographies réunies dans mon dernier livre, Parc, Palendriai. Comment est né ce livre ? En juillet 2014, j’ai fait un voyage en Lituanie, durant lequel je suis allé à Palendriai. C’est un minuscule hameau, en pleine campagne, dont les seuls habitants sont les quinze moines d’un prieuré bénédictin. En 2000-2001, des travaux de réaménagement des forêts, marécages et prairies alentour ont eu lieu. Terrassements, creusement d’un étang et plantation de nombreux arbres et arbustes ont dessiné un paysage inventé. Depuis, il se modifie au fil des saisons et de la croissance de la végétation, retournant à un état de nature. Comme toujours, je n’avais aucun plan de travail en partant, mais la singularité de ce parc m’a aussitôt intéressé. Durant les quatre jours passés là-bas, je l’ai photographié, ainsi que le ciel – une habitude chez moi. L’idée d’en faire un livre est apparue dès le deuxième jour, et je l’ai réalisé cet été. Il s’articule en trois séquences symétriques  : travelling avant sur le paysage, le ciel (gris/bleu/gris), travelling arrière sur le paysage. Qu’est-ce que vous apporte, dans votre démarche d’artiste, la conception d’un livre ? Mon travail s’appuie sur un double héritage, celui d’une histoire de la photographie, méconnue du champ de l’art contemporain, et celui de l’art conceptuel des années 1960-70, ignoré du milieu de la photographie. Je me situe au croisement de ces deux traditions a priori antagonistes. Elles me nourrissent autant l’une que l’autre. Le livre, qu’il soit « livre de photographies » ou « livre d’artiste », a été investi par les deux, il était donc naturel que je m’y intéresse. Il est comparable à un espace d’exposition – un espace d’exposition transportable, manipulable, produit en nombre, et appropriable par chacun à faible coût. Il possède son propre format, dans lequel les images peuvent s’ordonner et occuper la succession des pages. Les livres que je produis ont valeur d’œuvre, au même titre que n’importe quelle autre forme d’apparition contrôlée des images que j’enregistre. Les techniques numériques autorisent aujourd’hui de faibles tirages à un prix abordable. Je prends tout en charge  : la réalisation (prises de vue, maquette, suivi de l’impression), le financement et la diffusion. La production repose sur une microéconomie, autonome et directe. Parc, Palendriai, Pierre-Lin Renié Disponible à la librairie La Machine à lire à Bordeaux et en ligne  : www.pierrelinrenie.bigcartel.com www.pierrelinrenie-dautresjours.tumblr.com D. R. 1115 95x340 PFA_Mise en page 1 20/11/2015 09:38 Page1 BEAUX-ARTSARTS GRAPHIQUES SCULPTURE ENCADREMENT C’est le temps des cadeaux pour les artistes ! Du 21 novembre au 31 décembre 2015 Seulement 49, 00 € Le coffret COffRET BOiS SENNELiER HuiLE ETuDE 12 tubes de 37ml + accessoires Réf.  : N13032201 Seulement 19, 95 € le bloc de 100 feuilles 24x32cm TTC MAXi BLOC MONTVAL 100 feuilles - 29,7x42cm 300g grain fin - Réf.  : 2000651 -30% TTC Seulement 22, 35 € 31,95 € TTC Seulement 29, 00 € Le coffret COffRET PROMARkER fiNE ARTiST Réf.  : 903003 Toute reproduction totale ou partielle est interdite. 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