Junk Page n°29 déc 15/jan-fév 2016
Junk Page n°29 déc 15/jan-fév 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°29 de déc 15/jan-fév 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Évidence Éditions

  • Format : (245 x 360) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 10,0 Mo

  • Dans ce numéro : Eagles of Death Metal, vendredi 13 novembre 2015...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 22 - 23  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
22 23
SCÈNES Du 15 au 31 décembre, Sara Renda, première danseuse au Ballet de Bordeaux, sera la princesse Aurore dans La Belle au bois dormant au Grand-Théâtre. Rencontre avec un talent qui monte. SARA LA BELLE « Je suis née avec la passion pour la danse », déclare Sara Renda avec son accent chantant de Sicilienne et un sourire éclatant. Transmise par sa mère. La démarche en-dehors propre à la danseuse, silhouette petite, très fine, chevelure très longue, elle a le port de reine d’une personnalité forte, sûre d’elle, et le pétillant d’une Kitri dans Don Quichotte, son ballet préféré. Ce mois-ci, sur la scène du Grand-Théâtre, elle incarne l’Oiseau bleu, et surtout, Aurore, dans La Belle au bois dormant de Charles Jude. C’est le deuxième rôle-titre de sa carrière. Il y a tout juste un an, à vingt-trois ans, Sara est promue première danseuse au Ballet de Bordeaux. Elle était Clara dans Casse-Noisette. Quelques mois plus tôt, elle avait obtenu la médaille de bronze au concours international de danse de Varna 2014. Une étape ? C’est ce qu’espère cette Italienne entrée à dix ans à l’école di ballo teatro alla Scala qu’elle quitte, son diplôme en poche, pour intégrer le Ballet de Bordeaux en 2010. « J’avais toujours plus ou moins dansé des rôles de soliste », se rappelle-t-elle. Et quand ce 10 décembre 2014 elle voit la direction de l’Opéra se réunir sur scène à l’issue de la première représentation de Casse-Noisette, elle espère que c’est peut-être pour elle… Ce qu’elle n’imaginait pas, c’est d’être nommée directement première danseuse 1. « J’avais les larmes aux yeux. Je sautais partout comme une enfant. Je suis tombée dans les bras de Charles [Jude, Ndlr]. Par contre, le lendemain, c’était dur. Je ne comprenais plus rien du tout. » Un an plus tard, elle assure que ce titre lui a « changé totalement la vie ». Elle est plus sollicitée pour des interviews, on lui propose de participer à des galas. Son nom circule. Cet été, elle a dansé en Russie et en Italie avec l’étoile bordelaise Roman Mikhalev. Mais ce sont aussi des changements dans le rythme de la vie, au sein du ballet. Des détails qui importent à haut niveau. Elle prend le cours à onze heures, comme tout le monde. Mais ensuite, elle ne se concentre que sur son rôle. Contrairement au corps de ballet présent aux répétitions tous les jours jusqu’à dix-huit heures. Par contre, elle doit assurer la responsabilité du rôle-titre. « Je suis protagoniste. Toute la compagnie est là, mais c’est toi qui racontes l’histoire, qui déroules le ballet. » Autre changement  : « Éric [Quilleré, maître de ballet, Ndlr] m’a beaucoup aidée. Quand je suis arrivée, ça se voyait que je n’étais pas issue de la même école. Dans la position des bras, les 22 JUNKPAGE 29/décembre 2015 arabesques. Les danseurs de l’école française ont comme des mains à la place des pieds ! À présent, mon corps a changé, les pieds sont plus cambrés, les muscles plus longs ; je commence à avoir des mouvements plus doux. Et je travaille avec Charles Jude, qui s’occupe des solistes et des étoiles. » Un directeur « juste », selon elle, qui dit quand ça ne va pas, mais qui sait aussi manier l’humour. « J’ai tendance à faire des mouvements saccadés. J’aime bien comment il te montre la façon de faire le geste, avec amour. » Elle esquisse un mouvement de bras. Fluide et élégant. « Il donne des conseils sur les pas, l’expression du visage, qui aident à monter sur scène. Dans le deuxième acte de La Belle, j’étais là, bien présente. » C’est le moment où la fée Lilas fait apparaître Aurore aux yeux du Prince Désiré, lequel est chargé de sortir la princesse de son long sommeil. « Je suis là, mais en fait, je ne suis pas là ! C’est un rêve. Ton expression doit être plus intérieure. Tu dois être comme absente. Il te donne les éléments justes pour interpréter le rôle. » La danse classique ne se réduit pas à la technique. « J’adore m’exprimer avec le corps ! Comme dit Carolyn Carlson, un regard, une position peuvent suffire pour dire quelque chose. » Car Sara Renda a commencé avec la danse moderne jusqu’à l’âge de neuf ans. Et si elle affirme que « le classique, c’est la base », elle apprécie à égalité la danse contemporaine. Et conserve un souvenir ravi de la tournée du Ballet au théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg à la Toussaint. La compagnie bordelaise a dansé Pneuma de la chorégraphe américaine, très applaudi par les Pétersbourgeois. Mais la Russie est loin, à présent. Cet automne, le studio Franklin sonne résolument classique, avec la magnifique partition de Tchaïkovski. Et un ballet studieux. « Il faut toujours travailler, jamais se dire que l’on est arrivé et se poser. Au contraire, même en répétition, interdiction de se relâcher comme si on était sur scène. Mon directeur est là, il me regarde, il faut danser pour lui. Pour le moment, j’essaie de bien faire. De rendre les pas fluides. C’est dur, mais j’apprends. Je dois trouver mon personnage d’Aurore. » Répétition après répétition, la danseuse investit le rôle. Aidée par son partenaire Roman qu’elle apprécie tout particulièrement. « Il a l’expérience. Il sait gérer. C’est beaucoup plus facile avec lui. Il faut avoir un feeling avec ton partenaire, il faut être comme une seule personne. Dans Casse-Noisette, Clara est une enfant qui voit son jouet se transformer en prince. Il me donnait de petits conseils  : « Avec les rats, fais comme si c’était vrai. Il y a vraiment des rats et tu as peur ! » Dans La Belle au bois dormant, c’est différent. Tu es une princesse. C’est le ballet classique pur. Aristocratique. Dans l’adage à la rose, avec les quatre princes, tu ne peux pas rater une pause. » Du corps de ballet à l’étoile, plus de soixante danseurs sont mobilisés pour les dix-huit représentations de La Belle au bois dormant devant près de vingt mille spectateurs. Avec Paris, seul l’Opéra de Bordeaux peut encore présenter ce genre de très grosse production. La version de Jude s’inscrit dans la lignée de Petipa et de Noureev. Elle fait la part belle à la danse et écarte la pantomime. Ce qu’en dit Sara ? « C’est compliqué ! Comme toutes les versions de Charles ! rit-elle. Ce sont des versions dansées à tous les niveaux, qui te donnent envie de danser et de monter sur scène, où tu oublies tout. C’est le plaisir de danser. Comme lorsque j’avais trois ans et demi, quand j’ai commencé. Tu mets la musique et tu danses. » Sandrine Chatelier 1. Au Ballet de Bordeaux, les grades, dans l’ordre, sont  : corps de ballet, soliste, premier danseur, étoile. La Belle au bois dormant, chorégraphie et mise en scène de Charles Jude d’après Marius Petipa, du mardi 15 au jeudi 31 décembre, 20h, sauf les 20 et 27/12 à 15h, relâche les 19, 24 et 25/12, Grand-Théâtre www.opera-bordeaux.com Sigrid Colomyes
Dans les pas de son mentor Akram Kahn, le danseur indobritannique Aakash Odedra fusionne danse classique indienne et influences contemporaines occidentales. Avec Rising, en 2011, il entrait directement dans la cour des grands. Sa pièce est jouée pour la première fois en Aquitaine le 4 décembre. THE RISING SON Qui a vu danser Akram Kahn peut avoir un avant-goût de ce qui se donnera le 4 décembre au Cuvier CDC d’Aquitaine. Des mains expressives, des bras aériens, des pieds agiles et rapides, une danse dépouillée mais chargée de symboles et de sacré. Aakash Odedra partage avec son mentor cette double culture, anglaise et indienne. Né à Birmingham, dans une famille indienne, il a pratiqué intensément, pendant vingt-deux ans, le kathak et le bharata natyam. Sa rencontre avec Akram Kahn, l’un des chorégraphes britanniques les plus acclamés de sa génération, a réorienté sa danse. Kahn le repère dans un solo kathak programmé au festival du Sadler’s Wells en 2009. Il est bluffé. « Pendant onze ans, j’ai travaillé dans ma compagnie avec des danseurs contemporains qui n’avaient pas reçu de formation en danse classique indienne. J’avais envie de travailler avec un danseur qui, au contraire, n’avait pas été formé à la danse contemporaine, mais à la danse kathak », explique Akram Kahn dans un documentaire consacré à Rising. Deux ans plus tard, il lui écrit un solo à la mesure de sa technique virtuose et convie des chorégraphes amis à faire de même, rien de moins que le belgo-marocain Sidi Larbi Cherkaoui (avec qui Kahn a créé Zero Degrees) et le britannique Russel Maliphant. Rising est né. « Cela a été très difficile de plier mon corps à un nouveau vocabulaire et d’envisager la danse totalement différemment. Cela a été compliqué de saisir non seulement le mouvement mais aussi leur manière d’expliquer les choses. Cela a pris du temps. Leurs chorégraphies m’habitent beaucoup mieux aujourd’hui. Après soixante-quinze représentations, c’est la moindre des choses ! » Rising rassemble donc les trois solos de ces stars de la danse et y ajoute une pièce kathak chorégraphiée par Odedra lui-même, Nritta. Le programme, qui tourne depuis cinq ans sans discontinuer, révèle toute l’étendue de la technique du danseur et surtout sa capacité à se glisser dans des atmosphères et gestuelles différentes, tout en gardant et affirmant son identité. « La danse classique indienne apporte un sens narratif et une âme au travail. Le public occidental est habitué à l’abstraction, mais il y a un risque alors que la performance se vide de son âme. Peut-être qu’apporter ces mouvements classiques dans la forme contemporaine donne une nouvelle direction au mouvement, une manière de raconter différemment ces histoires. » Depuis Rising, Aakash Odedra a monté d’autres solos plus personnels, mais toujours explorant cette modernité de la danse indienne. Inked, pièce hommage à sa grand-mère et ses ancêtres guerriers, ou Murmur, création sur le thème de la dyslexie qui l’a affecté enfant. Cette dernière est chorégraphiée par le danseur Damien Jalet, de la galaxie Cherkaoui. Comme quoi, Aakash Odedra y a pris goût. Stéphanie Pichon Rising, Aakash Odedra Company, vendredi 4 décembre, 20 h 30, Cuvier CDC d’Aquitaine, Artigues-près-Bordeaux. www.lecuvier-artigues.com Aakash Rising by Chris Nash THÉÂTRE MARDI 15 DÉCEMBRE I 20H15 Femme non-rééducable * Mémorendum sur Anna Politkovskaïa Stefano Massini - Arnaud Meunier CONCERT THÉÂTRAL SAMEDI 19 DÉCEMBRE I 19H Entre chou et loup Noémi Boutin & Sylvaine Hélary LE T4S FAIT SON SHOW MARDI 22 DÉCEMBRE I 19H Les artistes, musiciens, danseurs et comédiens seront réunis pour fêter le conventionnement "Musiques" du Théâtre des Quatre Saisons par le Ministère de la Culture. Suivi d'un bal (musiques de l'Est) Entrée gratuite MUSIQUE MERCREDI 6 JANVIER I 20H 15 Le Cri du lustre Stéphane Ghislain Roussel POÈME SONORE & VISUEL - JEUNE PUBLIC MERCREDI 6 JANVIER I 18H & JEUDI 7 JANVIER I 19H L'Avoir I Ode chantée au savon Laurent Dupont le1.3 ce- - fip www.t4saisons.com 05 56 89 98 23 Tarifs  : de 5,50E à 24 ville de gradignan O



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :