Journal du Golf n°84 mars 2013
Journal du Golf n°84 mars 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°84 de mars 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Journal du Golf SAS

  • Format : (260 x 360) mm

  • Nombre de pages : 128

  • Taille du fichier PDF : 37,9 Mo

  • Dans ce numéro :

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Interview On n’a pas besoin de remodeler des paysages de fond en comble. Plus la construction est simple, meilleur sera le parcours Cape Kidnappers (Nouvelle-Zélande), trou n°5. existant, il y a des membres qui sont déjà là, et qui sont là parce qu’ils aiment leur parcours. On ne va pas faire de changements radicaux, car on prendrait le risque de ne pas plaire à certains. L’essentiel du travail de restauration consiste donc à remettre en place des éléments anciens disparus. Au cours des ans, généralement dans le but de rendre le parcours plus facile, le club est amené à araser des buttes ou à supprimer des bunkers. Et le jour où il veut corser la difficulté, il faut alors remettre à leur place les éléments imaginés par le créateur. Travailler ainsi suscite beaucoup moins de controverses, et quand quelqu’un n’est pas d’accord, il suffit de lui répondre : « C’est MacKenzie qui avait mis ce bunker ici. Peu importe que vous soyez d’accord ou pas, c’est son parcours ! » Quels sont les architectes qui vous ont le plus inspiré, ceux que vous admirez le plus ? T. D. : Alister MacKenzie est celui sur lequel j’ai beaucoup lu quand j’étais jeune, et j’ai eu la chance de jouer Cypress Point très tôt. Je crois que c’est en découvrant ce personnage que je me suis dit qu’architecte pouvait être un métier agréable : il a voyagé partout dans le monde, dessiné des golfs en Australie, en Angleterre, en Écosse, en Irlande, aux États-Unis, en Argentine... C’est amusant de constater que j’ai travaillé dans presque toutes ces régions du monde ces vingt dernières années ! Il y a un lien étroit entre le modèle qu’on se donne et la carrière qu’on réalise. Mais c’est loin d’être le seul architecte que j’admire : j’ai eu la chance d’être consultant sur des parcours signés MacDonald, Tillinghast, Ross, Raynor, Park, Colt... J’ai le plus grand respect et la plus grande admiration pour leurs carrières et leurs œuvres respectives. Vous citez ces architectes d’antan comme des maîtres. Pensezvous qu’ils aient été égalés par vous-même et vos contemporains, ou qu’ils demeurent supérieurs ? T. D. : De nos jours, le business n’a rien à voir avec ce qu’il était il y a trois quarts de siècle. MacKenzie, MacDonald et les autres ont travaillé en toute liberté sur des sites exceptionnels, où l’on ne pourrait probablement pas faire aujourd’hui ce qu’ils ont réalisé à l’époque en raison notamment des contraintes environnementales. C’est un fait incontestable, même si certains architectes contemporains servent trop souvent cette excuse... Quant à moi, je suis fier que ma carrière ait permis de démontrer que, dans les bonnes circonstances, on peut créer un grand parcours de golf qui s’accommode harmonieusement des impératifs écologiques locaux. Les attentes des clients sont également différentes : MacKenzie, qui est l’auteur de la plupart des meilleurs parcours australiens, n’a été là-bas qu’une fois dans sa vie, pendant six semaines ! Il passait deux ou trois jours dans chaque club, esquissait quelques dessins des greens ou des bunkers, trouvait sur place quelqu’un qui comprenait sa philosophie et lui disait quoi faire, puis s’en allait. Il n’a jamais vu le résultat de ses propres yeux... Moi au contraire, j’ai la chance de revenir sur le site plusieurs fois pendant la construction pour faire des adaptations. Par ailleurs, la façon de travailler n’a plus rien à voir aujourd’hui. Je suis béat d’admiration quand je vois ce que ces architectes ont réalisé il y a près d’un siècle, sans équipements modernes pour déplacer de la terre, mais ils avaient l’avantage de pouvoir prendre tout leur temps. Il faut dire enfin que les parcours anciens que l’on encense aujourd’hui n’étaient souvent pas si bons que ça quand ils ont ouvert. Ils sont devenus des chefs-d’œuvre non seulement grâce à leurs architectes, mais aussi grâce à ceux qui s’en sont occupés ensuite, notamment leurs greenkeepers. Ils se sont améliorés avec le temps. Avec cinq de vos parcours figurant déjà dans le top 100 des meilleurs golfs du monde de Golf Magazine, quelles sont vos ambitions pour les années à venir ? T. D. : J’ai passé ces cinq dernières années à me poser cette question. Si vous me l’aviez posée il y a vingt ans, je n’aurais sans doute même pas osé répondre « avoir un parcours dans les cent meilleurs du monde » ! Lorsque que l’économie était encore florissante, je me satisfaisais très bien de chaque opportunité de créer un nouveau grand parcours, n’importe où. Mais aujourd’hui le business s’est ralenti, et j’aimerais revenir au point où je m’occupe d’un seul parcours à la fois, afin de passer du temps dessus et refaire un peu plus de travail créatif moi-même. À l’heure actuelle je travaille sur l’île de Hainan en Chine, sur l’île du Nord en Nouvelle-Zélande, dans les Sand Hills au Nebraska, et ici près de Bordeaux. Ce sont quatre endroits exceptionnels, mais j’ai à peine le temps d’en profiter car je dois à chaque fois sauter dans un avion pour me rendre à l’autre bout du monde... J’aimerais ralentir un peu le rythme. Et en termes de création pure, quels objectifs vous fixez-vous ? T. D. : À ce niveau-là, il me reste un grand objectif. On construit beaucoup de golfs en Asie aujourd’hui, mais je ne pense pas qu’on y ait déjà construit un véritable grand parcours. Je ne prétends pas dessiner le meilleur parcours du monde, car ce serait m’exposer immanquablement à l’échec, mais je pense qu’il est vraiment important de construire un ou deux grands tracés dans cette région afin de faire un exemple. Quand MacKenzie est allé en Australie et a créé le Royal Melbourne, ça a élevé le niveau de tout le golf australien. C’est exactement ce dont l’Asie, et en particulier la Chine, a besoin aujourd’hui... C’est un pays où le potentiel est illimité en termes de qualité, si seulement un jour ils en prennent conscience. On dit de vous que vous êtes un architecte minimaliste. Pouvezvous nous expliquer votre philosophie de l’architecture, et la façon dont vous travaillez ? T. D. : On m’a effectivement catalogué comme un architecte minimaliste. C’est principalement une bénédiction, et parfois une malédiction ! Les gens aiment vous coller une étiquette... Mais je suis plutôt ouvert d’esprit, et je n’ai pas envie de faire la même chose d’un parcours à l’autre. Cela dit, mon travail s’inspire grandement de tous ces anciens parcours que j’ai vus aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Ils ont tous été construits à une époque où on ne disposait pas de bulldozers pour déplacer la terre. C’est pour cela que je continue à croire que c’est toujours possible aujourd’hui, qu’on n’a pas besoin de remodeler des paysages de fond en comble. Sur des sites idéaux, plus la construction est simple, meilleur sera le parcours. Une grande partie de mon succès tient à mes efforts pour donner l’impression que le parcours existe depuis toujours. Mais plus on modifie le terrain, plus c’est dur d’entretenir l’illusion ; alors que moins on passe de temps sur les travaux lourds, plus on peut fignoler les détails. Pour finir, quels sont les meilleurs parcours que vous ayez vus ou joués ? T. D. : Dans le livre que j’ai écrit à ce sujet, il y a une douzaine de parcours à qui j’ai mis la note de 10 sur 10. La moitié sont aux États-Unis, comme Pine Valley, Shinnecock Hills, Cypress Point ; l’autre moitié à l’étranger, dont le Royal Melbourne en Australie, le Old Course de St. Andrews et le Royal Dornoch en Écosse, Ballybunion en Irlande... Tenter de choisir parmi cette petite liste est une folie ! Ils sont tous exceptionnels. Et même un cran en dessous, il y a au moins une centaine de parcours dans le monde que j’aurais été extrêmement fier d’avoir dessiné. Aujourd’hui, mon but est toujours de créer des parcours dont je pourrais me dire ensuite : « Je suis fier d’en être l’architecte ». Remerciements à André et Kristel Mourgue d’Algue
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