Journal du Golf n°84 mars 2013
Journal du Golf n°84 mars 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°84 de mars 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Journal du Golf SAS

  • Format : (260 x 360) mm

  • Nombre de pages : 128

  • Taille du fichier PDF : 37,9 Mo

  • Dans ce numéro :

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Interview N’importe qui peut devenir architecte... s’il parvient à convaincre quelqu’un de lui confier un chantier ! Renaissance Club (Écosse), trou n°11. voyages. Voudriez-vous écrire un petit article pour nous ? » Voilà comment à l’âge de vingt ans, alors que j’étais toujours étudiant, j’ai signé mon premier papier dans Golf Magazine... Et ils m’ont laissé écrire sur l’architecture. C’est très différent d’être crédible comme architecte et comme critique. Pour devenir architecte, les gens doivent vous faire confiance pour des millions de dollars, mais n’importe qui peut le faire s’il parvient à convaincre quelqu’un de lui confier un chantier ! Certes, si vous n’êtes pas un pro connu, il vaut mieux avoir de sérieuses références... Alors que pour être critique, pas besoin de références : il faut simplement savoir écrire et savoir de quoi on parle. Au début de ma carrière, j’étais effectivement plus connu en tant que critique qu’architecte, même si c’est le métier que j’avais étudié et auquel je m’étais destiné. Vous avez même publié un recueil de critiques de parcours qui vous a rendu célèbre... T. D. : « The Confidential Guide to Golf Courses » a été conçu comme un cadeau pour les quelques personnes qui m’avaient aidé à voyager et à découvrir tant de golfs. Au moment où je l’ai écrit, j’avais déjà vu plus de six cents parcours en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en Australie. Beaucoup de gens savaient que j’avais voyagé et vu des parcours qu’ils ne connaissaient pas, et me demandaient fréquemment mon avis sur les golfs à jouer dans tel ou tel endroit du monde. J’ai donc écrit pour eux ce recueil de courtes critiques de ceux que j’avais visités alors, bons ou mauvais. Et comme je l’avais écrit à l’usage exclusif de gens en qui j’avais toute confiance, c’étaient des critiques honnêtes et pas nuancées. Si le parcours était célèbre mais que je ne l’aimais pas, j’écrivais qu’il était surcoté. S’il ne valait pas le détour, je le disais de manière humoristique. À l’opposé, j’ai encensé de nombreux parcours méconnus. J’ai donc écrit et auto-publié ce livre, que j’ai donné à quarante personnes. Mais pourquoi ce livre vous a-t-il valu une réputation controversée ? T. D. : L’une des personnes à qui je l’ai donné était le rédacteur en chef de Golf Magazine, qui a publié un petit article dessus. Les gens ont donc su que ce livre existait, et se sont mis en quête de copies, ou les ont faites de manière pirate. Il est devenu controversé car certaines critiques qui n’étaient réservées qu’à mes amis étaient désormais publiques. Pendant quelque temps, la situation fut bizarre : le livre n’était pas censé être public, mais on me critiquait pour l’avoir écrit. Enfin un ami m’a dit : « Tant pis, publie-le. Ton avis ne regarde que toi, et dans tous les cas tu as vu tous ces parcours, et tes critiques méritent d’être lues. » Je l’ai donc publié à plus grande échelle en 1994, à 1000 exemplaires ; puis à 12 000 en 1996. J’ai effectivement reçu des critiques me disant que je ne pouvais pas être architecte et critique à la fois, mais à cette époque je n’avais réalisé qu’un ou deux parcours moi-même. Je n’étais pas encore sérieusement considéré comme un architecte. Je n’ai pas publié le livre dans le but de devenir célèbre, mais je dois avouer que ça m’a aidé. Envisagez-vous de publier une édition réactualisée de ce guide ? T. D. : On m’a posé cette question ces vingt dernières années, et ma réponse a toujours été « non », ou « lorsque je prendrai ma retraite ». Je comprends bien qu’être architecte et critique en même temps est délicat. Je pense que les gens me voient comme un concurrent direct de tous les autres architectes actuels, mais en réalité le marché ne fonctionne pas ainsi. Par rapport à ma philosophie et à ma façon de travailler, je n’ai en réalité qu’une poignée de concurrents. Si un promoteur veut un grand parcours de championnat, il s’adressera probablement à un grand joueur devenu architecte, et pas à moi. J’ai très rarement, peut-être une ou deux fois seulement, été en concurrence sur un projet avec des gens comme Greg Norman ou Jack Nicklaus. Donc je ne me vois pas comme leur rival, et je n’écris certainement pas sur leurs parcours dans le but de leur piquer des contrats. Pendant longtemps je me suis dit à propos du livre qu’il fallait laisser les choses en l’état, et ne pas m’en soucier outre mesure. Mais j’ai changé d’avis depuis un an ou deux, et j’ai maintenant envie de le mettre à jour. C’est possible aujourd’hui car ma réputation est établie. Et puis je prends un grand plaisir à aller voir les parcours de mes confrères, et à m’inspirer de leurs idées. Pendant de longues années, j’ai été tellement occupé à construire mes tracés que je n’avais plus du tout le temps pour cela. Je veux à présent retrouver ce plaisir, et le livre est le moyen d’y parvenir. Revenons à votre carrière d’architecte. Pourquoi avez-vous quitté le cabinet de Pete Dye, alors que c’était l’architecte de référence ? T. D. : À l’époque, M. Dye s’efforçait d’intégrer ses deux fils dans le business. Il leur confiait donc beaucoup de projets, et si je voulais continuer à travailler pour lui il fallait que je travaille pour eux. Son fils aîné Perry a commencé à construire des parcours un peu partout en Asie. À chaque fois, c’était sur des terrains très montagneux et peu adaptés au golf. Mais comme l’économie était florissante, on pouvait se permettre de dépenser cinquante millions de dollars, et ce n’était pas un problème de dynamiter un flanc de montagne pour faire un golf. Je ne savais pas alors quel était mon style personnel, mais je savais que ce n’était pas ça. Étant donné tout ce que j’avais vu en Grande-Bretagne, je pensais pouvoir faire les choses plus simplement. Aller travailler en Asie ne m’intéressait pas, donc j’ai pris une année sabbatique pour voyager à nouveau. Comment avez-vous décroché votre premier contrat en solo ? T. D. : Un des endroits que je tenais absolument à revoir est un parcours dans le nord du Michigan, Crystal Downs, que je tiens pour l’un des meilleurs au monde. C’est
journaldugolf.fr mars 2013 un vieux tracé d’Alister MacKenzie que j’avais brièvement visité par le passé. J’y ai donc passé quelques jours en compagnie du pro local. Peu après ma visite, un pro de la région a appelé son confrère de Crystal Downs, et lui a dit : « Je connais des gens qui veulent créer un parcours dans le coin, mais ils ne veulent pas d’un architecte célèbre car ils n’ont pas un budget illimité. Et je m’efforce de les convaincre de ne pas embaucher l’architecte qui a réalisé tous les parcours autour, afin qu’ils fassent quelque chose de différent. As-tu une idée de quelqu’un que je pourrais leur recommander ? » Et mon ami lui a répondu : « Oui, il vient juste de partir. » Et c’est comme ça que j’ai dessiné mon premier parcours, à High Pointe, à l’âge de vingt-six ans. Comment cette première œuvre personnelle a-t-elle été accueillie ? T. D. : Fort heureusement, sur le dernier chantier de M. Dye auquel j’avais participé, j’avais utilisé moi-même le bulldozer pour réaliser les greens. Je savais que j’étais capable de le faire tout seul, et j’ai pu me vendre au client en lui disant que je m’occuperais personnellement de la réalisation. Ça lui a plu. Vous savez, c’est plus facile de décrocher sa première commande que sa troisième ou quatrième, car pour la première les gens se disent « on donne sa chance à quelqu’un », alors que pour la quatrième ils se disent « on doit choisir entre un architecte qui a réalisé trois parcours, et un autre qui en a créé cinquante ». High Pointe fut une belle opportunité de faire mes preuves sur un site magnifique, qui présentait quelques caractéristiques intéressantes mais pas trop prononcées. J’ai pu créer un parcours sans déplacer trop de terre, et j’ai même pensé que si je commettais une erreur, ça aurait été celle de ne pas en déplacer assez. Le parcours s’est révélé très différent de ses voisins ; il n’a pas fait l’unanimité mais certaines personnes l’ont aimé. Ça a été suffisant pour me permettre de décrocher un autre contrat, et j’ai continué comme cela, en construisant un parcours à la fois. On pourrait croire qu’il suffit de faire un bon parcours pour que votre carnet de commandes se remplisse tout à coup, mais ce n’est pas vraiment le cas. Ça prend du temps de se créer une réputation, et aussi de s’améliorer, car on apprend toujours à mesure que l’on travaille. Parlez-nous du tournant dans votre carrière en 2001 : Pacific Dunes, le parcours qui a fait de vous un architecte réputé à l’échelle internationale... T. D. : J’ai réalisé douze parcours en onze ans avant de commencer Pacific Dunes, sur le resort de Bandon Dunes dans l’Oregon. C’était un site parfait, avec un client – Mike Keiser – parfait pour moi : on pensait de la même façon et on voulait la même chose. Le tracé est très différent de la plupart des golfs américains, qui semblent plaqués là de façon artificielle. À Bandon Dunes, le décor ressemble beaucoup à un links, donc j’ai pu appliquer tout ce que j’avais appris en Grande-Bretagne. C’est véritablement grâce à Pacific Dunes que les gens sont passés de « On a entendu parler de ce type » à « C’est l’architecte d’un très grand parcours ». Après Pacific Dunes, vous avez signé d’autres parcours mondialement réputés comme Cape Kidnappers en Nouvelle- Zélande, Old MacDonald à Bandon Dunes, Ballyneal dans le Colorado ou encore Barnbougle Dunes en Tasmanie. Y en a-t-il un dont vous êtes plus particulièrement fier ? T. D. : Le cliché parmi les architectes, c’est que les parcours sont vos enfants et que vous ne pouvez en préférer un. Mais si vous aviez trente enfants, je vous garantis que vous auriez des favoris ! Quand j’ai commencé Pacific Dunes, j’ai pensé que c’était probablement l’un des meilleurs sites que je verrais jamais dans ma vie. Depuis, j’ai travaillé sur d’autres sites exceptionnels, mais la différence est la suivante : parce que mep 26x12 golf:Mise en page 1 18/02/13 14:38 Page 1 Un grand cru signé Tom Doak à Saint-Émilion On y accède par un petit chemin en terre battue dont l’entrée est à peine visible depuis la départementale qui traverse le village de Gardegan-et-Tourtirac. Après quelques dizaines de mètres sous les arbres, on débouche sur un replat dégagé où s’élève, à l’ombre d’un immense chêne, un vieux manoir en ruines. Si les bâtiments voisins, d’anciens corps de ferme, sont quant à eux déjà rénovés et prêts à accueillir les golfeurs, c’est surtout la vue dégagée sur le vallon en contrebas qui retient l’attention : au milieu de cette cuvette parsemée de bosquets d’arbres et encadrée par les vignes se dessine l’ébauche du premier dix-huit trous de Tom Doak en France. Le site est la propriété des Mourgue d’Algue et c’est André, le fils du créateur du Trophée Lancôme, Gaëtan, qui supervise les travaux. Grâce aux efforts de toute la famille, l’un des architectes les plus cotés du marché est venu poser ses valises, ses planches à dessin et ses bulldozers dans cet écrin de tranquillité à une heure de Bordeaux. « C’est un site magnifique pour implanter un parcours, s’enthousiasme Tom Doak. Le terrain est naturellement vallonné, les arbres sont mûrs et majestueux. Je n’ai aucune crainte quant au caractère qu’auront les trous : ils ne seront pas plats, car il s’agit simplement de modeler les contours naturels du site. Le décor me fait penser à ce qu’on peut trouver autour de Londres en termes de changements d’élévation. Là-bas le sol est plus sablonneux et il y a davantage de bruyère ; ici, l’herbe est plus épaisse car le sol est plus fertile, et les arbres sont plus grands. Mais pour l’allure générale, je crois que ce parcours va ressembler à ceux des environs de Londres, avec des bunkers certes moins voyants. » Le tracé ouvrira ses portes en deux temps : les neuf premiers trous en septembre prochain, les neuf autres en 2014. Et vu la réputation d’excellence de leur concepteur, il ne devrait pas tarder à attirer les amoureux du jeu. « Je ne connais pas très bien les golfs français : j’ai joué à Chantilly et à Morfontaine il y a des années de cela, et plus récemment quelques parcours autour de Biarritz. Mais ici à Saint-Émilion, je crois pouvoir faire quelque chose de différent de ce que j’ai déjà vu en France. Et ça me plaît déjà... » j’ai construit un autre parcours à Bandon Dunes, et parce que j’y ai amené des clients de temps à autre, j’ai eu la chance de jouer Pacific Dunes à maintes reprises. Là-bas, j’ai tapé les coups que j’avais imaginés, et j’ai vu d’autres golfeurs jouer ces coups. Donc je sais que le parcours se joue exactement comme je l’avais voulu. Quelquesuns de mes autres parcours, comme Barnbougle Dunes, Ballyneal, ou encore Rock Creek dans le Montana, sont probablement aussi bons que Pacific Dunes, mais malheureusement je n’ai eu que peu d’occasions de le vérifier par moi-même. La Tasmanie est à l’autre bout du monde, et j’ai joué mon parcours le jour de son inauguration, et la fois suivante le jour de l’inauguration du deuxième tracé qu’ils ont fait construire à côté du mien, six ans après ! J’aimerais pouvoir dire que c’est mon meilleur, mais je ne le connais pas assez pour l’affirmer. En tant qu’architecte, on croit savoir comment son parcours va évoluer, mais on ne peut pas le savoir si on n’y retourne pas. En plus de dessiner des nouveaux parcours, vous avez également restauré bon nombre d’anciens tracés. Parlez-nous de cette facette du métier d’architecte... T. D. : Quand on crée un nouveau parcours, il faut juste qu’il soit suffisamment bon pour trouver son public, et ainsi être rentable. Mais quand on travaille sur un tracé » >



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