Journal du Golf n°84 mars 2013
Journal du Golf n°84 mars 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°84 de mars 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Journal du Golf SAS

  • Format : (260 x 360) mm

  • Nombre de pages : 128

  • Taille du fichier PDF : 37,9 Mo

  • Dans ce numéro :

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Interview Propos recueillis par Alexandre Mazas – Photos Brian Walters etL.C. Lambrecht Tom Doak, le maestro C’est au cœur des vignobles de Saint-Émilion que Journal du Golf a rencontré Tom Doak, l’un des architectes contemporains les plus talentueux et réputés. Sur le chantier de son tout premier tracé en France qui ouvrira en septembre prochain, ce discret quinquagénaire originaire du Michigan nous a accordé une rare et longue interview dans laquelle il revient sur sa carrière, son œuvre et ses ambitions, et nous livre les clefs de sa philosophie de la création de parcours de golf. Rencontre avec un authentique génie de l’architecture. Journal du Golf : Comment avez-vous découvert le golf ? Tom Doak : Mes parents n’étaient pas des joueurs assidus, mais mon père jouait quelquefois dans l’année avec ses relations d’affaires. Il assistait parfois à des conventions qui se tenaient dans des grands resorts de golf américains. Les premiers parcours que j’ai vus étaient donc parmi les meilleurs des États-Unis : Pinehurst, Harbour Town, Pebble Beach... Puis, quand j’avais dix ans, il s’est construit tout près de chez nous un petit parcours municipal, et c’est ainsi que j’ai commencé à jouer régulièrement. Et c’est la différence entre ce petit golf et les grands resorts qui a suscité mon intérêt pour les parcours. probable qu’on me donne de l’argent pour aller étudier et jouer au golf en Europe pendant un an ! J’ai donc rassemblé autant de lettres de recommandation que j’ai pu. J’ai expliqué que tous les grands architectes d’antan étaient soit nés en Écosse, soit avaient passé du temps là-bas. Et j’ai eu la bourse ! Je suis resté un an au Royaume-Uni, les deux premiers mois à St. Andrews où j’étais caddie. J’ai appris à bien connaître le Old Course, et j’ai passé beaucoup de temps avec le greenkeeper Walter Woods qui m’a enseigné un tas de choses sur les spécificités des parcours et du golf en Écosse. Après ces deux mois, j’ai voyagé de ville en ville et visité à peu près cent cinquante parcours au cours de l’année. Quand avez-vous commencé à envisager l’architecture de golf comme une carrière possible ? T. D. : Vous savez, aujourd’hui beaucoup de pros célèbres sont impliqués dans l’architecture, et tout le monde s’y intéresse. C’est difficile de concevoir qu’il y a trente ans, à l’époque où je commençais tout juste à m’y intéresser, les gens ne savaient pas qui avait dessiné les parcours. C’est vraiment parce que les pros s’y sont intéressés que la télévision s’y est intéressée, et ensuite les fans de golf. L’architecture de parcours n’était pas une profession en tant que telle jusqu’à l’époque où je suis entré à l’université. C’est à ce moment-là que ça m’a paru possible d’en faire mon métier. J’avais déjà lu beaucoup au sujet des architectes anciens célèbres, mais il n’y avait que peu d’architectes modernes connus jusqu’à il y a trente ans. Racontez-nous vos premiers pas dans le métier. T. D. : En réalité, 90% de ce qu’on fait lorsqu’on est architecte de golf est extrêmement spécialisé : on l’apprend sur le tas ou de quelqu’un qui détient déjà ce savoir. Pendant mon cursus en architecture paysagère à l’université Cornell dans l’État de New York, j’ai écrit des lettres aux meilleurs clubs américains pour leur demander si je pouvais venir voir leurs parcours et les étudier in situ. Comme la profession n’existait pas réellement, les clubs ont été surpris par mes lettres mais intéressés, et ils m’ont accueilli. J’ai donc eu la chance de visiter très jeune les meilleurs clubs des États-Unis. Puis, l’été précédant ma dernière année d’études, j’ai fait un stage dans le cabinet de Pete Dye. Vous avez ensuite passé une année complète (1982-83) en Grande-Bretagne, à étudier et jouer les links, écossais notamment... T. D. : En retournant à l’université, j’ai déposé ma candidature pour une bourse d’études à l’étranger. Cette possibilité était offerte aux étudiants qui ne pouvaient pas étudier exactement ce qu’ils souhaitaient dans l’enceinte de l’école. Je me suis dit que cette bourse était faite pour moi, car personne ne pouvait vraiment m’enseigner l’architecture de golf à Cornell. Bien sûr, ça me paraissait peu Vous avez commencé votre carrière auprès de Pete Dye. Qu’avez-vous appris avec lui ? T. D. : J’avais d’abord fait ce stage pendant mes études, puis j’ai travaillé pour lui les trois années qui ont suivi mon retour de Grande-Bretagne. À l’époque, M. Dye était sans conteste LA personne pour qui il fallait travailler. Tous les clubs à qui j’avais écrit des lettres pendant mes études m’avaient dit : « Vous devriez travailler pour lui, car il ne se contente pas de dessiner un plan : il vient sur place et construit lui-même le parcours. » Et pour être bon dans ce métier, il est essentiel de savoir faire les deux. Lors de mon stage, j’ai travaillé sur un chantier de construction en Caroline du Sud, à Long Cove. C’était un site sablonneux, et ça m’a demandé un peu de temps avant d’arriver à me représenter mentalement ce que les gens voient aujourd’hui. Ce n’était que de la boue et du sable, et j’ai fini par comprendre que les endroits où on n’allait pas semer d’herbe deviendraient les bunkers ! À l’époque, je n’étais qu’un gamin de vingt ans, et je ne pense pas que M. Dye nous prenait au sérieux, les autres stagiaires et moi, et pensait qu’un jour nous deviendrions architectes. Mais il était pourtant très ouvert, il n’hésitait jamais à nous dire ce qu’il faisait et pourquoi, et il n’avait pas peur de nous livrer ses secrets. Peu de temps après mon embauche, il m’a dit qu’il avait parfois dessiné des parcours et laissé à d’autres le soin de les construire, mais que les détails ne correspondaient pas exactement à ce qu’il voulait. Il avait donc décidé de prendre le temps de soigner lui-même les finitions pour qu’elles ressemblent précisément à ce qu’il souhaitait. C’est pour cela qu’il ne s’occupait que d’un ou deux projets à la fois, et qu’avec sa femme Alice il résidait l’essentiel du temps sur le site. C’est une des raisons qui expliquent pourquoi ils ont tous deux réalisé tant d’excellents parcours. À vos débuts, vous n’étiez pas seulement architecte, mais également critique. Comment est née cette carrière parallèle ? T. D. : Lorsque j’étais à l’université, j’avais écrit au rédacteur en chef de Golf Magazine à propos d’un de leurs articles. Il m’avait répondu en me disant : « Vous semblez écrire plutôt bien, et avoir vu pas mal de parcours au cours de vos » > 82
Tom Doak sur son parcours de Pacific Dunes à Bandon Dunes (Oregon, États-Unis). Philosophie minimaliste, succès maximal Patrice Boissonnas, architecte et rédacteur pour Journal du Golf « Beaucoup de grands architectes ont connu une vocation tardive. Avant de dessiner des golfs, Alister MacKenzie était médecin, Pete Dye vendait des polices d’assurance et Jack Nicklaus était joueur professionnel. Tom Doak au contraire a toujours voulu être architecte de golf. Sûr de ses convictions, il chemine depuis trente ans d’un pas décidé, tel un apôtre investi d’une mission divine. Son combat ? Redonner au golf le goût du vrai. Fin connaisseur des grands links britanniques, il rêve que le golf redevienne un jeu d’imprévus, de créativité et de sensations, dans un paysage aussi peu modifié que possible. Selon lui, ce sont les spécificités du site, mêmes minimes, qui doivent inspirer l’architecte lorsqu’il imagine le séquencement des trous et l’enchaînement des coups à jouer. Cette attitude à l’écoute du terrain a valu à Doak son étiquette d’architecte « minimaliste », un qualificatif forcément réducteur mais qu’il accepte faute de mieux. Tom Doak peut être fier d’avoir gagné son pari. Il a construit sur toute la planète des tracés encensés par les critiques et appréciés de tous les golfeurs pour leur jouabilité et leur inépuisable variété. S’il n’a pas signé de parcours de championnat, conscient que pour ce type de projet un maître d’ouvrage préférera toujours la signature d’anciens champions comme Nicklaus, il a essaimé le monde de petits joyaux gourmands et inspirants, sans céder à la surenchère du spectaculaire. Loin d’être isolé, Tom Doak est l’aîné d’une génération vertueuse qui parvient aujourd’hui à maturité. D’autres comme Gil Hanse marchent sur ses pas. Une excellente nouvelle pour notre planète golf. » 83



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