Journal du Golf n°84 mars 2013
Journal du Golf n°84 mars 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°84 de mars 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Journal du Golf SAS

  • Format : (260 x 360) mm

  • Nombre de pages : 128

  • Taille du fichier PDF : 37,9 Mo

  • Dans ce numéro :

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Interview mode d’Tour, Thomas Levet et Alexander Levy ont 22 ans d’écart. Soit à peu près la durée de carrière du vainqueur de l’Alstom Open de France 2011 et l’âge exact du deuxième. Journal du Golf a voulu réunir le tout nouveau venu sur le Tour et le palmarès sur le Tour européen le plus fourni de l’histoire du golf tricolore. L’un parle beaucoup, l’autre sait écouter. Une interview master-class entre un grand espoir et un routier du Tour rompu aux pièges de cette nouvelle vie. Journal du Golf : Alexander, quel serait le plus gros piège pour votre première année sur le Tour ? Alexander Levy : J’en ai déjà parlé avec plusieurs personnes et je crois que c’est la belle vie du Tour au sens large. Les grands hôtels, le confort général… Thomas Levet : Les Pro V1 au practice (rires), le mec qui te demande combien de gants tu veux… A.L. : Oui, les camions de matériel, les putters au bord du green en libre service, tout ce que je n’ai jamais eu auparavant. C’est Michaël Lorenzo-Vera qui m’a parlé de ce piège-là. Je vais essayer de ne pas faire de différence entre ce que je faisais avant pour arriver sur le Tour et ce que je vais y faire à présent. La seule différence, ce sera la qualité des parcours et les infrastructures pour s’entraîner. Les pièges étaient-ils les mêmes à vos débuts, Thomas ? T.L. : Quand j’ai commencé, on partageait nos chambres dans des hôtels pas chers parce qu’on n’avait pas les moyens de faire autrement, donc c’était globalement très différent. Mais je crois qu’Alexander a bien identifié le piège principal de tout nouveau venu sur le Tour : l’accès au matériel à profusion. On est sans arrêt sollicités par plein de gens qui veulent nous faire essayer un nouveau driver, un nouveau shaft… En une année, on a essayé 270 000 putters, on a oublié de jouer au golf et la carte passe sous le nez. Un autre piège est aussi de trop regarder les autres, surtout les meilleurs. Alexander, pendant vos premières journées au practice aux côtés de McIlroy ou Woods, êtes-vous tombé dans le piège d’être spectateur ? A.L. : Il ne faut pas se le cacher, il y a encore trois semaines, ces joueurs-là je ne les voyais qu’à la télé. Aujourd’hui je tape à leurs côtés et je putte à quelques mètres d’eux. Donc oui, ça fait bizarre. C’est vrai qu’il ne faut pas rester focalisé dessus et devenir spectateur. Je suis aussi acteur. Mais bon, un joueur comme Woods m’a attiré vers le golf. Donc forcément j’ai regardé. T.L. : On peut prendre le temps de regarder. Ça se planifie dans la journée, un moment, quelques dizaines de minutes où on regarde pour apprendre. Et puis on peut se rendre compte au bout d’un moment que ces gens-là, aussi exceptionnels soient-ils, restent humains donc faillibles. À quel point la structure, l’organisation de l’entraînement, la gestion du temps sont-elles cruciales à ce niveau de compétition ? A.L. : C’est un point qu’on a abordé avec Alain Alberti, mon entraîneur, avant le début de la saison. Je me suis fixé des objectifs à remplir chaque jour avant les tournois. J’ai des parties de reconnaissance à réaliser le matin pour ne pas rester des 46
Propos recueillis par Philippe Chassepot et Martin Coulomb– Envoyés spéciaux à Abu Dhabi Photos Mark Newcombe au Westin Hotel d’Abu Dhabi emploi heures sur le terrain. J’ai des séances de practice spécifiques et des séances de gym à mener. Une fois que toutes les choses que j’ai à faire dans ma journée sont effectuées, je peux me dire : « Ok, le boulot est terminé. » Je peux alors prendre du temps justement pour aller voir Woods puisqu’on en parlait, ou rentrer à l’hôtel, mais pas avant. Il me faut chaque jour remplir mon contrat. T.L. : C’est important ce que tu dis. Taper des balles juste histoire de passer le temps peut s’avérer catastrophique. Il faut être assez structuré pour arriver au practice avec un but et en sortir en l’ayant accompli. Il faut être clair et net sur ses objectifs sur une journée et encore plus sur un mois ou une année. L’important est aussi de savoir ce qui est le mieux pour soi. Certains ont besoin de 4 heures de practice, d’autres juste de 50 minutes à fond pour être calés. Avez-vous justement l’impression de savoir ce qui vous convient, Alexander ? A.L. : Oui, j’apprends au fur et à mesure des années à me connaître. Je sais de plus en plus ce qu’il me faut faire pour être dans mon truc. C’est pour ça que j’ai ce petit système de carnet à remplir pour être structuré avant mes tournois ou pendant les semaines d’entraînement. Thomas, croyez-vous que le fait d’arriver sur le Tour et de penser que pour y rester il faut chambouler beaucoup de choses soit un piège récurrent ? T.L. : Beaucoup le prennent en pleine tête, oui. Souvent les nouveaux arrivants se rendent compte de la masse de travail qu’il faut abattre pour être au niveau. Le souci, c’est qu’ils pensent effectuer ce travail sur une courte période. Alors qu’en étant réaliste, ce niveau s’acquiert sur plusieurs années. Si on est arrivé sur le circuit, c’est qu’on a les armes pour y rester. Il ne faut pas tout chambouler d’un coup au risque d’être désarçonné. Le but de la première année sur le Tour est déjà de conserver la carte, mais aussi de garnir sa panoplie de coups. C’est autour des greens en particulier qu’il faut densifier son jeu. Par exemple, les chips dans un rough épais à 1 mètre du bord du green mettent du temps à rentrer. Avoir des exemples comme Thomas, Grégory Havret, Raphaël Jacquelin, pour ne citer qu’eux, est-ce important Alexander ? A.L. : Oui ! J’essaie de leur poser des questions dès que j’en ai, j’essaie de profiter au maximum de leur expérience. T.L. : Il sait surtout qu’il est le bienvenu et qu’il ne sera pas jeté (rires) ! A.L. : Oui c’est vrai, et c’est génial. C’est important de ne pas avoir peur d’aller vers ces joueurs qui ont beaucoup de métier. T.L. : D’autant que certains, même s’ils demandent des conseils, ne les intègrent pas forcément et le regrettent des années plus tard… On n’a pas la vérité loin de là, mais on insiste souvent sur des points qui nous paraissent importants. Sur quels points cruciaux insistez-vous, Thomas ? T.L. : Sur le jeu lent d’abord. Actuellement en France, on a quatre ou cinq des joueurs les plus lents du Tour. Ce sont de mauvaises habitudes prises dès leur plus jeune âge qui s’amplifient ensuite sur le Tour. Même Alexander qui joue relativement vite, je me souviens lui en avoir parlé lors d’une partie. Il faut vraiment faire attention. On peut vite se faire avoir, surtout sur des parcours compliqués ou sur des coups qu’on n’a pas trop l’habitude de faire. Alexander, comment envisagez-vous les dotations qui sont bien plus importantes sur le Tour. L’argent, c’est une motivation ? A.L. : Non, ça ne l’a jamais été. C’est le plaisir du jeu pur qui me motive. Je sais qu’en une semaine je peux gagner plus du triple de tout ce que j’ai amassé l’an passé. C’est sûr que c’est un sport où on peut gagner énormément d’argent. T.L. : Tu peux en perdre énormément aussi (rires). » > 47



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