Journal du Golf n°84 mars 2013
Journal du Golf n°84 mars 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°84 de mars 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Journal du Golf SAS

  • Format : (260 x 360) mm

  • Nombre de pages : 128

  • Taille du fichier PDF : 37,9 Mo

  • Dans ce numéro :

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Interview Je dis qu’on trouve quatre catégories de deuxièmes places : trop de décontraction, surestimer les autres, d’autres où j’ai été victime d’un super finish d’un autre joueur, et d’autres où j’ai craqué sous la pression. Et maintenant, quand je me retrouve aux avant-postes, je peux me dire : « Ah oui, cette situation me rappelle celle-là, ou celleci… » Par exemple, pendant mon play-off contre Sergio Garcia au British Open 2007, à Carnoustie. Sur le 17, j’ai raté un putt de 2,5 mètres qui m’aurait donné trois coups d’avance. Je l’ai manqué parce que je n’y ai mis aucune intensité, comme si j’avais déjà gagné le tournoi. Et en marchant vers le dernier tee, je me suis remis un gros coup de pression. Parce que je savais que si je m’impliquais correctement, ça allait le faire. C’est pour ça que c’était aussi chaud entre vous et Garcia sur ce fameux tee du 18 ? (alors que Padraig Harrington plantait son tee, Sergio Garcia et son caddie étaient restés ostensiblement tout près de lui. Harrington leur demanda alors : « Ce serait bien de vous pousser les gars, j’apprécierais beaucoup. » L’Espagnol répliquant alors : « Tu veux pas que je rentre chez moi aussi ? ») P.H. : Oui. J’étais dans un état tel que j’avais l’impression que mes yeux sortaient de leurs orbites. Vous n’êtes pas obligé d’être tout le temps comme ça. Mais une fois que vous êtes dans cette situation, la dernière chose que vous voulez, c’est sortir de cet état pour tout gâcher. Je me souviens avoir perdu dans les mêmes circonstances chez les amateurs, quand j’avais 18 ans… Je me souviens avoir pleuré ce jour-là. Vraiment : j’ai pleuré quand j’avais 18 ans pour une défaite… J’avais fait trois bogeys sur les quatre derniers trous pour perdre d’un coup. Les jeunes peuvent être durs à cet âge-là, et vous donner des tas de surnoms. Ça m’avait fait mal. Vraiment mal. À l’été 2009, vous êtes en tête du WGC Invitational et très près de la tête à l’USPGA… P.H. : (Il coupe) Oui, j’ai eu vraiment une grande chance de regagner l’USPGA, jusqu’à ce que je fasse 9 sur le par 3 n°8, malgré un bon tee-shot (8 en fait, pour un quintuple bogey). Après avoir commencé par sept pars. J’avais une vraie chance de gagner ce jour-là. Ça fait partie des trois Majeurs que j’aurais pu gagner. Mais ce genre de choses arrive… Je les vis toujours comme quelque chose de positif, parce que ça veut dire que j’étais près de gagner. Et ça reste mon but principal en golf : me retrouver à jouer la gagne aussi souvent que possible. Si je me retrouve à la lutte dans les quatre Majeurs cette année, il y en a au moins un qui tombera. Ou si je suis en course sur deux Majeurs cette année, et deux l’an prochain, il y en a un qui tombera. C’est juste une question d’opportunités. Peut-être que j’irai les chercher, peut-être que d’autres joueurs me donneront le tournoi. Je me sens aussi fort que n’importe qui quand il reste neuf trous à jouer. Ce qui me manque, c’est de m’y retrouver plus souvent. Je vais perdre des tournois, pas de doute là-dessus. Et ce n’est pas un problème. En 2012, j’ai eu ma chance dans deux Majeurs. Par exemple, j’avais un coup de wedge pour gagner l’US Open sur le 18 et, à cette époque, j’étais le meilleur joueur de wedge du Tour. Il suffisait que je fasse wedge-putt à 90 mètres et j’allais en play-off. Donnezmoi ce coup toutes les semaines, et j’en mettrai bien quelques-uns. En 2007 et 2008, votre putting était au sommet, avant de souffrir ensuite. Vous pensez que c’est la partie du jeu la plus capricieuse ? P.H. : Capricieuse ou inconstante, je ne sais pas, mais c’est la plus importante, oui. En fait, ça dépend de votre attitude. Quand vous rentrez un putt de 8 mètres, vous pouvez vous dire que le putting est quelque chose de capricieux. La ligne, le rythme… Parfois ça rentre, et d’autres jours, même les putts parfaits ne rentrent pas. Mais le putting est ce qu’il y a de plus important. Exemple : vous envoyez votre drive sous les arbres (et vous marchez vers votre balle avec le sourire, je vous rappelle…). Puis vous tapez un mauvais coup de fer, et vous enchaînez avec un pauvre chip à trois mètres. Si vous ratez le putt qui suit, vous vous retrouvez sur le tee suivant en vous disant : « Je drive mal, je tape mal mes fers, je chippe mal et je putte pareil. » Si vous rentrez le putt, sur le tee suivant, vous vous souvenez juste que vous avez sauvé votre par. Je ne dis pas que je suis immunisé contre tout ça, mais je travaille le plus dur possible pour que le résultat du putting ne perturbe pas ma vision du jeu. Lors de votre victoire à l’USPGA 2008, vous avez pris un seul putt sur les onze derniers greens. P.H. : Ah oui, j’ai fait ça moi ? (rires) Pouvez-vous nous expliquer ce qu’on ressent dans ces moments-là ? P.H. : Je me souviens surtout des trois derniers putts du 16, du 17 et du 18, où j’ai rentré cinq mètres à chaque fois (en fait seulement 2,5 m sur le 17). Ceux-là, ils étaient parfaits : la routine, la lecture, le coup d’essai, la roule jusqu’au trou… On aurait pu vérifier avec un métronome, tous ces putts ont été joués dans le parfait tempo. Fluide, quoi, « in the zone », comme on dit. On travaille dur pour se retrouver le plus souvent possible « dans la zone », mais ça n’arrive pas souvent, parce qu’on a besoin de pression pour y arriver. Et là-bas, j’y étais. Je n’ai jamais regardé plus de cinq minutes de « highlights » de mes trois victoires en Majeurs. La dernière fois, c’était à Noël, où j’ai revu quelques extraits de mon British 2007. Mon tout dernier putt pour gagner devait faire quelque chose comme 80-90 centimètres. Mais je m’en souvenais comme d’un putt beaucoup plus court. Parce que je l’ai rentré avec tellement d’élégance… Tous les mouvements étaient si parfaits, comme pour le putt le plus facile du monde. Alors qu’une heure plus tôt, le putt sur mon 72e trou était identique, mais je l’ai vécu comme un exact contraire. Que de la crispation pour le rentrer. À l’arrivée, tout est une question de contrôle des nerfs. On est toujours nerveux quand on réussit quelque chose de bien dans la vie. Donc il est normal qu’on soit nerveux semaine après semaine sur les parcours. Imaginons qu’un débutant sur le Tour vienne vous demander conseil. Que lui diriez-vous ? P.H. : Il y a des années, je lui aurais dit : « Surtout ne confie tes secrets à personne ! » Mais je ne suis plus comme ça parce que je me suis rendu compte que même si je donnais tous mes secrets à tout le monde, c’était ensuite à chacun de savoir réaliser les choses. Aujourd’hui, si un gars qui vient juste de passer pro me pose une question, je lui dis : « Pendant une période donnée, disons deux ans, tu ne fais que jouer ton jeu. Tu n’essaies surtout pas de surjouer, tu joues ton jeu. Et au bout de deux ans, tu sauras à quel niveau tu te situes. Et tu seras sans doute surpris tellement tu vas te trouver bon… En tout cas, tu sauras où tu en es et ce que tu dois éventuellement améliorer. » Je vois beaucoup de jeunes qui arrivent et essaient tout de suite de jouer comme les pros. Du genre qui se mettent à taper des fers au départ d’un par 4 parce que ça fait professionnel. Ça veut dire quoi, ça ? Vous savez, j’ai travaillé avec Jos Vanstiphout (célèbre préparateur mental du Tour européen). Et j’ai retenu une chose fondamentale avec lui, dont je me sers toujours. J’étais à la bataille avec Monty (Colin Montgomerie) au German Masters 1998, et avant le dernier tour, je me suis dit que je devais jouer aussi bien que lui pour avoir une chance. Et en essayant de l’imiter, j’ai échoué misérablement et j’ai très mal joué. Et ce jour-là, Monty n’a pas très bien joué, mais ça lui a suffi pour gagner. Parce que je ne lui avais mis aucune pression. Alors que si je m’étais contenté d’évoluer à mon niveau, j’aurais eu une chance de le pousser à la faute. Je lui ai tellement facilité les choses ce jour-là… 28



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