Journal du Golf n°83 déc 12/jan-fév 2013
Journal du Golf n°83 déc 12/jan-fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°83 de déc 12/jan-fév 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Journal du Golf SAS

  • Format : (260 x 360) mm

  • Nombre de pages : 92

  • Taille du fichier PDF : 60,3 Mo

  • Dans ce numéro : double Mac... Graeme McDowell et Rory McIlroy.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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44 Texte d’andré-jean lafaurie - Photos Tim Clary, Stephen Jaffe/AFP Vers la fin de l’année 1969 naît à Johannesburg (Afrique du Sud) un gros bébé blond, déjà lourd et fort dans son berceau. Son prénom : Theodore. Son surnom : Ernie. Son nom : Els. Six ans plus tard, au dernier jour de l’an 1975, naît à Cypress (Californie) un long bébé noir, déjà vif et souriant dans les langes. Prénom : Eldrick. Surnom : Tiger. Nom : Woods. Au départ, rien n’indique qu’ils doivent se rencontrer. Et puis le cheminement de la vie montre que tous les deux ont pris chaque fois avec insistance le virage qui les rapprochait, parmi tant de virages possibles, parmi tant de hasards. L’origine, le pays, la couleur, la culture et le comportement, d’emblée tout les opposait. Ernie Els pratiquera maints sports, jusqu’à un haut niveau (tennis par exemple, ou rugby), tandis que Tiger Woods sera mis de force au golf à l’âge de 2 ans, et ne fera que ça. Les parents d’Els, sont calmes, souriants, bons vivants. Ils décident de laisser le fiston s’exprimer à sa guise, choisir sa vie. Ceux de Woods sont rudes, méchants, ambitieux. Ils proclament que l’héritier sera la star du monde, et suivra l’étoile qu’ils désignent. Les neurones feront à leur gré : ainsi est-il curieux de constater que le « froid » des deux, c’est Els, et le « chaud », c’est Woods. Les petits ne deviennent pas ce que les géniteurs ont décidé mais ce qu’ils peuvent. À condition d’être un peu géniaux, tout de même. Sinon, les cimetières de rêves sont peuplés d’enfants massacrés. Ernie Els n’a pas vingt ans quand il passe professionnel. Il commence à gagner d’abord sur les parcours de son pays, où le niveau a toujours été de classe internationale, puis en Europe, dont il sera le numéro 1, et rapidement aux États-Unis. Même le Grand Chelem lui tend d’emblée les bras. À moins de 25 ans, il remporte l’Open américain, dès 1994. À cette date, Tiger Woods est encore amateur. Hélas, il y a des malchanceux. Tom Watson est arrivé pendant le règne de Jack Nicklaus. Ce dernier, l’âge venant, allait lui laisser enfin la place majeure lorsque Watson tombe sur… Ballesteros ! Chez nous, Pascassio, lui, est tombé sur Garaïalde. Il a patienté nombre d’années en numéro 2. Naguère Sam Snead, phénoménal, naît en même temps que Ben Hogan, génie pur. Pas de chance. Le plus poissard en ce domaine est justement Ernie Els. Champion suprême, sur la voie d’être sacré numéro 1 mondial, patron du golf, maître révélé, il se retourne, et qui voit-il sur le tee du 1 ? Tiger Woods. Il y a de quoi se ronger les ongles à travers le gant. Els est plus grand que Woods, quelques centimètres. Mais plus lourd : 95 kilos, onze de plus que l’Américain. Ce dernier n’a pas besoin de son surnom pour être un tigre. Il attaque avec fulgurance. L’autre est comme un éléphant, bonasse et Les grands duels LE TIGRE ET L’ÉLÉPHANT Ernie Els Tiger Woods Ernie Els allait devenir roi du golf. Il se retourne et qui voit-il sur le tee ? Tiger Woods. Aïe ! lent. Puis soudain, il charge. Cela est flagrant dans l’étude parallèle de leur swing. En fixant des plans TV débutant sur la même image, on est surpris de voir Tiger Woods monter plus vite qu’Els, puis amorcer sa descente quand l’autre n’a pas fini son backswing. Et d’un seul coup, la masse épaisse de « l’éléphant » charge : il revient plus vite sur la balle. Ensuite, Woods traverse plus en avant, fantastique coup de patte du « tigre ». Ainsi, depuis une quinzaine d’années, Ernie Els se heurte avec insistance à Tiger Woods. Il en fut parfois désespéré, sachant qu’en d’autres temps, ou encore si le Woods avait décidé de faire plutôt du football, lui, Ernie Els, eût été roi du golf. Chaque fois qu’Els a gagné dans le Grand Chelem, ce n’était pas en battant directement Woods. Un peu comme si l’autre lui laissait de temps en temps le champ libre. En revanche, Ernie Els a plusieurs fois terminé à la deuxième place quand Tiger Woods gagnait. Pour caricaturer, on dirait que dès que Woods est absent, Els gagne, et que dès que Woods est là, Els finit deuxième. Preuve que le pauvre Ernie est tombé au mauvais moment. Lorsque Tiger Woods rétrograda, à partir de 2010, Els avait plus de quarante ans, et sa carrière touchait à sa fin. Mais ce n’est pas un hasard si, dénoué du « complexe Woods », il a derechef gagné cette année l’Open britannique. Ultime avatar dans l’éternel duel golfique du chaud et du froid. Toutefois, Tiger Woods, unique, est le seul qui soit les deux. Un peu trop chaud d’ailleurs. S’il n’avait pas suivi ses pulsions, il serait le Major de l’Histoire. Sans doute ne le deviendra-t-il jamais. Jack Nicklaus nous avait confié : « À un très haut niveau, un champion de golf ne peut pas bien jouer s’il est malheureux. » Quelques courtscircuits dans le cerveau lui font rater un putt. À la fin, cela le relègue à la 4e ou 5e place. Or Tiger Woods est malheureux. Sa carrière s’est brisée. Sa vie a explosé. Son épouse qu’il aime profondément, hormis les égarements charnels, est partie. Ses enfants qu’il idolâtre sont loin. Il a perdu la moitié de sa fortune. On voudrait qu’il soit heureux ? Mais l’autre, pas davantage. Ernie Els a un malheur d’adulte, tandis que Tiger Woods a des soucis d’immature. L’un des deux enfants du Sud-Africain est autiste. Son père l’a annoncé. C’est autrement plus rude à assumer que des coucheries répétitives avec des starlettes du porno, qui ont obligé l’autre à ralentir sa carrière. Toutefois, les mêmes blocages n’ont pas les mêmes effets. Au bout du compte, Ernie Els s’est « enrichi » avec cette épreuve, créant une fondation très active. Avec ses soucis, Tiger Woods s’est « appauvri », lui. Ainsi vont les duels des deux écoles du golf, la Chaude et la Froide. Leurs élus s’affrontent sans se fondre. On pourrait dire : artistes contre artisans. Cela débuta entre Tom Morris Jr. et son père il y a deux siècles. Cela se poursuit aujourd’hui entre Rory McIlroy et Luke Donald. C’est sans fin – même si la série des Grands Duels s’achève ici.



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