Journal du Golf n°82 novembre 2012
Journal du Golf n°82 novembre 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°82 de novembre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Journal du Golf SAS

  • Format : (260 x 360) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 27,6 Mo

  • Dans ce numéro : tout sur la Ryder Cup.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 50 - 51  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
50 51
50 Livres The Big Miss The Big Miss, le livre de Hank Haney sur ses six ans de collaboration avec Tiger Woods, sortira en français en librairie début novembre. Journal du Golf, partenaire du projet, vous proposera dans ses trois derniers numéros de l’année de larges extraits de ce livre événement. Avec The Big Miss, vous comprendrez pourquoi Tiger Woods est l’un des plus grands joueurs de tous les temps ; le Tigre en quête de la perfection golfique se désintéresse de tout ce qui n’est pas utile à sa réussite. Hank Haney et Tiger woods Photo Warren Little/Getty/AFP Ce mois-ci, Journal du Golf vous offre un passage du livre, dans lequel Hank Haney explique en profondeur son travail avec Tiger Woods. Dans les périodes un peu troubles où il travaillait moins avec Butch Harmon, Tiger a développé de mauvaises habitudes au swing. Il plaçait ses bras trop loin du corps au takeaway, début du swing. Il cherchait à maintenir de l’amplitude à la montée, l’un des principes de Butch, pour créer un espace qui permette au club de rester loin de lui et, ainsi, éviter de rester bloqué. Mais cette position provoquait une déconnexion des bras au sommet du swing. Avec sa force et sa vitesse du bas du corps, Tiger avait tendance à s’affaisser à la descente au risque de rester coincé et de frapper de mauvaises balles. En résumé, Tiger avait régressé, perdant son avantage sur les autres bons joueurs. Si cela avait duré, comme ce fut le cas en 2004 avec plusieurs mois sans victoire, je savais qu’en tant que nouveau coach, c’est moi qui aurais pris. Perdu pour perdu, je décidai de considérer Tiger non pas comme une icône intouchable mais comme un joueur ordinaire avec de vrais problèmes, et de ne rien lâcher. Pour être franc, j’ai dû faire avec lui un vrai travail de coach. Cela impliquait un certain nombre de changements qui faisaient de moi l’homme tentant de ravaler le Taj Mahal. Comme l’avait prédit Butch, le job le plus facile du monde se compliquait singulièrement. L’état du swing de Tiger et les corrections requises rendaient la situation difficile à trois niveaux. Premièrement, son genou gauche. Le protéger tout en continuant à être efficace n’était pas simple. Tiger prétendait que Butch l’avait encouragé à tendre son genou gauche pour gagner en distance. Ce mouvement avait une autre conséquence tout aussi positive. Une rapide et spectaculaire rotation des hanches responsable de l’hyper extension était un moyen de freiner la rotation de la tête de club, pour éviter de taper en hook, même lorsque le plan de swing était un peu en dehors de la ligne. En hyper extension, la jambe gauche de Tiger lui permettait de frapper puissamment et plus facilement en fade (trajectoire de la gauche vers la droite pour un droitier, et réciproquement,ndt) avec son driver. Il contrôlait aussi mieux ces coups de fer qui risquaient moins de partir à gauche. En gros, cela lui permettait d’éviter toute une partie du parcours, la marque de fabrique des grands joueurs, de Ben Hogan à Bobby Locke et de Jack Nicklaus à Lee Trevino. Mais désormais, Tiger avait besoin de retrouver un peu de souplesse dans sa jambe gauche à l’impact pour préserver son genou. Cela voulait dire ne pas tourner les hanches avec autant d’agressivité, s’exposer au risque de tourner les mains dans la zone d’impact et de frapper en hook. C’est le coup qu’il craignait le plus. Avec une vitesse de la tête de club supérieure à 200 km/h, un hook de Tiger pouvait se transformer en catastrophe. Le deuxième problème, c’était sa tête. Il tenait beaucoup à la tourner vers la droite à la montée et à la laisser où elle était dans la descente. Cela lui avait permis, lorsqu’il était un junior maigrichon, de rivaliser en longueur avec les plus costauds de ses adversaires. En restant derrière la balle, il imprimait un mouvement de catapulte qui créait une grande vitesse et lui garantissait la distance nécessaire pour vaincre même s’il perdait en précision. Bien qu’il ait gagné en longueur en vieillissant, il estimait devoir conserver la position de sa tête pour distancer la majorité des autres pros. Il n’avait pas tout à fait tort. Cependant, dans ce cas précis, c’était l’une des causes de son blocage. Il aurait pu continuer à tourner la tête vers la droite à la montée s’il l’avait replacée à la descente dans sa position de départ. Mais avec les clubs les plus longs, en particulier le driver, il n’y arrivait pas. Pire, elle restait à droite et s’abaissait. En certaines occasions, j’ai pu lui faire entendre raison et, selon moi, c’est comme cela qu’il a produit son meilleur golf. Mais c’était une lutte permanente. Le troisième problème était le plus ennuyeux. Pour dire les choses sans détour, Tiger était terrorisé à l’idée de jouer son driver. Ce fut un choc pour moi. On décrivait le plus souvent Tiger Woods comme « sans peur ». Mais plus je l’observais de près, plus cela devenait clair : il ne l’était pas. Nous n’avons jamais parlé de cela
‘‘Création : MRC - Crédits photo : Fotolia/J-D Lagant directement. Je ne voulais rien dire qui puisse saper sa confiance, un paramètre plus essentiel que n’importe quel progrès technique. Parfois, pour minimiser la chose, il me rappelait qu’il ne s’était jamais considéré comme un bon joueur au drive, en tout cas en comparaison du reste de son jeu. « C’est pour ça que je m’appelle Woods « forêts », plaisantait-il. Les choses auraient été différentes si je m’étais appelé Fairway (zone herbeuse et bien tondue séparant le départ du green,ndt). » Il avait déjà montré des signes d’anxiété avec le driver avant que je ne devienne son coach. Je savais qu’il bataillait sur les fairways étroits comme ceux de Southern Hills, du TPC Stadium ou de Harbour Town à Hilton Head, qu’il avait fini par rayer de son programme. Je me souvenais d’un jour en Allemagne, en 1999 ou 2000, où il jouait un tour d’entraînement avec Mark O’Meara. Sur un par 4 bordé d’eau sur la droite dont la zone cible me paraissait plutôt large, Tiger a frappé un bois 3. Cela m’avait surpris et je lui avais demandé pourquoi. « Heu, l’eau était vraiment proche », avait-il répondu. Plus parlant encore, le trou n°1 à Isleworth. Il ne présente aucune difficulté et, à l’entraînement, Tiger frappait son driver sans presque jamais rater le fairway. Mais lors de la Tavistock Cup, qui se disputa à Isleworth en 2005, une première pour lui sur ce parcours en compétition, il frappa un bois 3. Quand je lui en ai demandé la raison, il m’a dit : « Le hors-limite n’est pas très loin sur la gauche. » J’étais stupéfait. Jamais je ne l’avais vu flirter avec le hors-limite sur ce trou. La preuve la plus évidente de ses craintes au driver, c’était le déroulement de son échauffement par rapport à la compétition. Avant chaque tour, vers la fin de la séance au practice, il se mettait à balancer une série de bombes au driver, longues et droites. Une véritable démonstration juste avant de se rendre au départ du trou n°1. Là, une fois son nom annoncé, il tapait un coup très à droite ou, pire, très à gauche. Dans la suite du tour, il jouait défensivement, évitant les ennuis même si cela impliquait d’envoyer la balle dans le rough (partie du parcours longeant les trous où l’herbe est haute,ndt), généralement à droite. Du coup, il n’était pas très chaud pour appliquer les modifications sur lesquelles nous travaillions et qui fonctionnaient si bien au practice. Avant chaque tour, Steveet moi nous posions cette question : « Le jour est-il venu où il réussira enfin à s’investir dans son nouveau swing ? » Au cours des années passées ensemble, Tiger a progressé au driver. Mais c’est arrivé très lentement, sans saut qualitatif radical et au prix d’améliorations durement gagnées. Nous avons essayé de nombreuses stratégies, jusqu’à développer le « stinger » un coup bas tenu, destiné à augmenter la précision et susceptible d’être facilement reproduit. Il l’exécutait sans faute au practice mais n’était jamais assez confiant pour le faire en compétition. Je peux avouer aujourd’hui que je ne me sentais jamais tranquille quand Tiger utilisait son driver en tournoi. Quand il frappait un bon coup, j’étais soulagé. Je craignais la grosse faute. Et la plupart du temps, lui aussi. Au driver, sa stratégie, c’était de jouer le plus loin possible de la partie du trou la plus dangereuse, au besoin en allant dans le rough. En général, il préférait rater sur la droite parce qu’un coup en push (trajectoire de balle qui part en ligne directement à droite,ndt) ou en fade, plutôt qu’en hook (trajectoire de balle qui s’incurve nettement vers la gauche en fin de vol,ndt) avait plus de chance d’atterrir en douceur sans mauvais rebond. Dans le rough, il savait qu’avec un bon lie – position de la balle au sol –, il était suffisamment fort pour atteindre la plupart du temps le green ou ses abords et éviter le bogey. En vérité, c’est son incroyable habileté à manier les treize autres clubs qui le rendait si prudent au driver. Il avait juste besoin d’un coup, pas seulement pour survivre mais pour gagner. Il misait sur les trous où il avait frappé de bons drives, en particulier les par 5, pour scorer bas. À cause de cette tactique, les fairways étaient deux fois plus étroits pour lui que pour les autres. Il en visait une moitié pour éviter les zones critiques. Il était assez fort pour se permettre une demi-erreur mais il n’était pas à l’abri d’une grosse faute. Il ne craignait que le driver, sans doute parce que c’était l’un des clubs avec lesquels il cherchait plus la distance que le contrôle. Le principal défaut de son swing était que le manche de son club était trop à plat à la descente. C’était plus dangereux avec les longs clubs qui touchaient la balle dans un plan de swing plus plat. Ce n’est pas un hasard si Tiger était meilleur au drive au début de sa carrière. Il utilisait alors un manche en acier de 43,5 pouces (1,10 m). En 2003, il a finalement fait comme les autres et opté pour des manches en graphite de 45 pouces (1,14 m), plus légers et swingués plus rapidement. C’est là qu’ont commencé les problèmes. Ironie du sport, pour de moins bons joueurs, le drive, frappé avec plaisir, était le coup le plus facile. Pour lui, c’était le plus difficile. RENDEZ-VOUS ENCORE PLUS NOMBREUX EN 2013 POUR SOUTENIR L’UNICEF. Jean Van De Velde et Victor Marchiset, vainqueur de la Finale nationale 2012 du Trophée Unicef-Le CLub. ‘‘ Extrait du livre : Mes années à coacher Tiger Woods - The Big Miss de Hank Haney. 2012 GolferOne - Tous droits réservé Jean Van De Velde, Ambassadeur de l’Unicef 39 compétitions Plus de 2 000 participants Plus de 30 000 € collectés auprès des joueurs Une grande Finale au golf Barrière de Deauville



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 1Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 2-3Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 4-5Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 6-7Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 8-9Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 10-11Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 12-13Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 14-15Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 16-17Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 18-19Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 20-21Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 22-23Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 24-25Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 26-27Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 28-29Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 30-31Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 32-33Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 34-35Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 36-37Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 38-39Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 40-41Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 42-43Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 44-45Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 46-47Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 48-49Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 50-51Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 52-53Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 54-55Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 56-57Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 58-59Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 60-61Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 62-63Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 64-65Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 66-67Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 68-69Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 70-71Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 72-73Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 74-75Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 76-77Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 78-79Journal du Golf numéro 82 novembre 2012 Page 80