Journal du Golf n°82 novembre 2012
Journal du Golf n°82 novembre 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°82 de novembre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Journal du Golf SAS

  • Format : (260 x 360) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 27,6 Mo

  • Dans ce numéro : tout sur la Ryder Cup.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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46 Golf d’Hardelot, trou n°5 Architecture green et tromper le golfeur sur la longueur du coup à jouer. Avec un télémètre, on peut toujours connaître la distance réelle, mais ces bunkers optiques troublent notre appréciation de la distance ressentie. Or le rapprochement de ces deux paramètres est essentiel pour frapper une balle en toute confiance. Certains bunkers sont également créés pour des raisons fonctionnelles : freiner les balles dans leur course vers un hors-limite, orienter la circulation des joueurs dans une certaine direction, etc. D’autres sont totalement atypiques et nous rappellent que l’architecture de golf n’obéit pas toujours à la logique et s’autorise certaines fantaisies. Par exemple, peu de gens connaissent le trou n°6 du Riviera (Californie), un par 3 dont le green est troué en son centre par un bunker. C’est pourtant un parcours qui reçoit le PGA Tour tous les ans et qui a accueilli plusieurs tournois du Grand Chelem. À Pine Valley (New Jersey), le 7 est coupé en deux par un bunker géant long de 100 mètres, un véritable Sahara surnommé « Hell’s half acre ». Et que dire des fameux « Church pews » (bancs d’église) aux 3, 4 et 15 d’Oakmont (Pennsylvanie) dont la forme en peigne placée en travers de la ligne de jeu reste un des meilleurs exemples de bunker purement punitif. Dans un obstacle de ce type, l’architecte cherche clairement à faire perdre des points aux joueurs. UN RÔLE STRATÉGIQUE ESSENTIEL Le dernier mais non le moindre, la star des bunkers, reste incontestablement le bunker stratégique. Toujours placé de façon latérale ou diagonale par rapport à la ligne de jeu, il incarne la quintessence de l’architecture classique telle qu’elle s’est développée en Europe et aux États-Unis entre les deux guerres. Son principe est simple : il ne doit jamais gêner les hauts handicaps mais pimenter le jeu des bons joueurs en créant un danger à proximité immédiate du coup idéal. Ainsi, une balle qui tombe dans un bunker stratégique ne résulte pas d’un coup raté, mais d’un coup insuffisamment parfait. Mieux que personne, John Low (architecte anglais autour de 1900) a su résumer l’esprit de ces obstacles : « Ils acceptent d’être évités, mais pas d’être ignorés. » Ils contribuent à l’intérêt et au plaisir du jeu en forçant les joueurs à arbitrer entre raison et tentation. La bonne architecture de golf ne consiste pas à récompenser les bon coups ni à punir les mauvais. Elle cherche plutôt à proposer des options, sans nécessairement privilégier l’une par rapport à l’autre, et en admettant qu’aucun obstacle n’est injuste dès lors qu’il est visible ou connu des joueurs. Le bunker stratégique reflète une vision non manichéenne du golf : le golfeur connaîtra des succès et des échecs, mais surtout des situations intermédiaires dont il devra s’accommoder. Golf le Vercura, parcours Est, trou n°16
Autrefois, il arrivait que pour positionner certains bunkers avec la plus grande justesse, on inaugure certains trous sans leurs obstacles, puis on observait le jeu pendant quelques mois avant de construire les bunkers près du point où le plus grand nombre de balles finissaient leur course. Ce procédé avait toutefois ses limites car aucun bunker ne peut gêner tous les joueurs et, pour défier le jeu de tous, il est essentiel de varier le type de défense présenté à chaque trou. Sachant par exemple que la majorité des joueurs ont une tendance au slice, il serait ridicule de toujours punir le côté droit ! De la même manière, il importe de moduler la protection des greens : statistiquement, 40 à 50% des balles manquant le green échouent court à droite contre 25 à 30% long à gauche. Les balles courtes à gauche sont plus rares et celles longues à droite encore plus. Sachant cela, l’architecte doit choisir trou par trou quel coup il entend favoriser et quel type de joueur il souhaite mettre au défi. Enfin, notons que sur un trou stratégiquement conçu, les bunkers sont placés en relation les uns aux autres : à trop vouloir éviter un bunker de fairway on s’expose davantage aux défenses du green et, inversement, un drive flirtant avec le danger procurera une approche beaucoup plus facile. PEU IMPORTE LE NOMBRE Le nombre de bunkers disposés sur un tracé est relativement indépendant de leur capacité à le défendre. À l’origine, Augusta ne comptait que 22 bunkers, et bien qu’il en ait plus du double aujourd’hui, il serait certainement tout aussi compétitif avec un nombre bien inférieur. Au Royal Belfast, il y avait autrefois 365 bunkers, un par jour de l’année ! À Whistling Straits, hôte de l’US PGA 2010, il y en a 967 ! L’essentiel est que les bunkers stratégiquement importants soient placés au bon endroit. Le reste fait partie du décor. D’ailleurs, en matière de défense et de stratégie, d’autres types d’obstacles peuvent parfaitement remplacer les bunkers. Un mouvement de terrain, un ruisseau ou un buisson, n’importe quelle zone dangereuse peut faire l’affaire, si bien que certains trous célèbres pour n’avoir aucun bunker n’en sont pas moins de vrais tests de golf : le 14 d’Augusta, le 1 de Hoylake, le 10 de Troon ou le 14 du Royal Dornoch. Le Old Course du Royal Ashdown Golf Club dans le Sussex est un des très rares tracés au monde à n’avoir aucun bunker. Mais bien défendu par son relief et ses bruyères, il reste un vrai parcours de championnat encore utilisé pour les qualifications du British Open. Si on peut si bien se passer de bunkers, pourquoi s’acharne-t-on à en Partageons plus sur : Application gratuite : Patrice Boissonnas construire autant ? Par habitude bien sûr, par facilité aussi, puisque défendre un parcours sans bunker demande davantage d’imagination. Enfin, pour des raisons esthétiques puisque la contemplation d’un paysage parsemé de tâches de sable clair fait partie des grands plaisirs du jeu. Mais il existe aussi une raison plus profonde qui légitime définitivement l’usage quasi systématique de bunkers : de tous les obstacles, le bunker est certainement le plus « golfique » en ce sens où le coût final du séjour dans le sable dépend de l’habileté du joueur à s’en sortir. Avec de l’eau, un hors-limite ou un buisson épineux, rien de tel ; que vous soyez débutant ou professionnel, la sanction sera la même. Seul obstacle dans lequel on peut vraiment jouer, le bunker va tester nos compétences, mais il doit surtout être perçu comme un amusement supplémentaire et une source de variété pour le jeu. C’est donc un élément à placer en priorité sur tout parcours de golf. LA VALEUR PÉNALE DES BUNKERS EN QUESTION Aujourd’hui, la valeur pénale des bunkers fait l’objet d’un grand débat dans le golf professionnel. En dix ou vingt ans, la qualité de leur entretien, combinée à la dextérité des joueurs et aux performances du matériel, a clairement diminué leur valeur d’obstacle. En moyenne, un joueur du Tour fait approche-putt une fois sur deux depuis un bunker, c’est-à-dire qu’il n’y est pas plus mal à l’aise que n’importe où ailleurs autour du green. Lors du dernier US Open à Olympic, combien de fois a-t-on entendu un joueur supplier sa balle d’aller dans le bunker plutôt que dans le rough ? Si le bunker est un lieu où il fait bon être, il a clairement perdu son intérêt stratégique et on est en droit de questionner son utilité. Plusieurs voix se sont élevées aux États-Unis pour demander l’arrêt du ratissage systématique des bunkers ou pour l’introduction de râteaux spéciaux produisant des lies irréguliers comme ceux qui furent imaginés à Oakmont au début du siècle. Mais le golf-business supporte mal le hasard, et les joueurs ont perdu l’habitude de jouer sur des surfaces aléatoires. Pourtant, si les bunkers redevenaient des obstacles à éviter absolument, ne verrait-on pas davantage de pros jouer bois 3 ou fer 2 depuis le départ, et les parcours soudainement retrouver un peu de leur longueur perdue ? Pour contacter Patrice Boissonnas : pb@patriceboissonnas.com sur Golfplus.fr journaldugolf.fr novembre 2012



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