Journal du Golf n°82 novembre 2012
Journal du Golf n°82 novembre 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°82 de novembre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Journal du Golf SAS

  • Format : (260 x 360) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 27,6 Mo

  • Dans ce numéro : tout sur la Ryder Cup.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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44 Architecture Les bunkers : nos meilleurs ennemis Obstacles redoutés des joueurs, les bunkers sont un élément incontournable de l’architecture de golf, tant pour leur valeur esthétique que stratégique. Derrière une grande variété de styles et d’usages, leur principale mission reste inchangée : rendre les parcours plus stimulants et plus amusants. Souvent critiqués pour leur caractère punitif, nos chers pièges de sable méritent d’être redécouverts et célébrés pour leur contribution à la qualité de notre jeu. Avant même de venir garnir le fond des bunkers, le sable a toujours été la matière première idéale des parcours de golf. Pour commencer, notre jeu est né sur du sable, dans les dunes écossaises. Plus tard, lorsqu’on entreprit de dessiner des tracés à l’intérieur des terres pour les rapprocher des grands bassins de population, on privilégia les sites sablonneux pour leurs vertus agronomiques et structurelles : humidité favorable à la pousse du gazon, drainage parfait et malléabilité propice aux mises en forme souhaitées par l’architecte. Sur un site rocheux ou argileux, il est difficile de construire un bon golf sauf à compenser cette géologie défavorable par l’apport d’importants volumes de sable. Si l’eau est le sang du golf et le gazon sa peau, le sable reste un organe non moins essentiel, à la fois squelette et muscle du parcours. Le sablage régulier de nos terrains est là pour nous le rappeler : c’est un mal nécessaire qui souvent nous irrite mais qui s’avère indispensable à la santé des gazons. Lorsque les pionniers du golf frappèrent leurs premières balles, les parcours n’étaient pas encore dessinés par des architectes. Les trous étaient placés sur des surfaces correctement engazonnées, les départs se prenaient à quelques mètres de ces « greens », et il arrivait qu’ici ou là, le vent, les moutons ou quelque animal fouisseur ait mis à nu des zones sablonneuses dont la texture irrégulière offrait aux joueurs un lie aléatoire, pour le meilleur ou pour le pire. Au fil du temps, ces pièges de sable se sont imposés comme des éléments incontournables du paysage golfique. Ils furent intégrés à tous les parcours sous toutes les latitudes et jusque dans le désert où ils retrouvaient une légitimité géologique. L’eau, les arbres, le rough ou les reliefs sont autant d’obstacles que l’on rencontre fréquemment, mais les bunkers sont certainement les plus emblématiques de notre jeu, la marque visuelle qui distingue un golf d’un parc ou d’un jardin et la signature stylistique des architectes. Texte de patrice boissonnas - Photos DR sauf mention Kiawah Ocean, trou n°10 DES DIZAINES DE STYLES DIFFÉRENTS Tous les bunkers ne se ressemblent pas. Pour les quelque 35 000 parcours éparpillés sur notre planète, on dénombre des dizaines de styles différents. Historiquement, les premiers bunkers construits par l’homme furent simplement creusés dans le sol. Leur face remontante sablonneuse permettait d’attraper des balles rasantes et surtout d’être visibles de loin, obligeant les joueurs à viser en connaissance de cause. Ces sand faced bunkers* (il n’existe pas d’expression française pour les nommer) furent plus tard complétés par les reveted bunkers* dont les hauts bords très raides sont obtenus par l’empilement méthodique de mottes de gazon, comme des murs de briques. Parfois comparés à des tombes, les reveted bunkers sont aujourd’hui souvent assimilés à l’architecture des links, notamment depuis que le Royal & Ancient, appréciant leur difficulté, a choisi de les implanter sur tous les parcours du British Open. Reste que de nombreux links conservent encore leurs bunkers sand faced et il existe autant de raisons d’opter pour l’un comme pour l’autre. Affaire de goût mais aussi de logique architecturale et de respect de l’histoire. De ces deux premières catégories de bunkers dérivent de multiples variantes stylistiques dont les caractéristiques impactent tant l’esthétique des obstacles que leur jouabilité. Au Royal County Down (Irlande du Nord), les bords des bunkers sont plantés de grandes herbes enfermant les joueurs entre des parois naturelles presque aussi hautes que celles des reveted bunkers. Au Royal Portrush (Irlande du Nord), certains bunkers s’apparentent à des plantes carnivores : leurs bords en pentes engazonnées attirent les balles au fond d’un trou où les attend le sable. À Castle Stuart (Écosse), Mark Parsinen et Gil Hanse ont inventé un style hybride mélangeant toutes les techniques précitées pour un résultat remarquable et
Susan Lambert & SteveUzzell parfaitement intégré. Au golf du Médoc, les bunkers de Bill Coore affichent un style ouvert et fleuri imitant des zones naturellement arides sans intervention humaine. Derrière leur évidente diversité, tous ces bunkers gardent en commun le souci de ne pas brusquer la nature et d’offrir au regard des paysages purs et authentiques. À l’opposé de ces styles traditionnels nés dans les îles Britanniques, l’école américaine moderne glorifie la domestication de la nature pour le golfeur. À partir des années cinquante, les parcours sont entrés dans l’ère de l’arrosage automatique, des lacs artificiels et des voiturettes. Pour faciliter la fabrication et l’entretien des bunkers, il convenait d’imaginer des styles simples à reproduire (ronds, ovales, patates, trèfles, etc.) que l’on recouvrait d’un sable blanc contrastant vivement avec les fairways vert foncé. À l’extrémité de cette tendance, on trouve les bunkers figuratifs (oreilles de Mickey, singe, oiseau, formes humaines, etc.) utilisés à des fins marketing ou pour ajouter un clin d’œil artistique au parcours. Retenons cependant que les bunkers au style artificiel ne sont aucunement incompatibles avec du golf de grande qualité, l’essentiel étant leur emplacement et le rôle qu’ils jouent dans la stratégie du tracé. En revanche, ils contribuent à une expérience golfique différente, plaçant les joueurs dans un environnement clairement créé par l’homme, tandis que les bunkers d’inspiration traditionnelle cherchent au contraire à reproduire les conditions d’un combat contre les forces de la nature. DES OBSTACLES MULTI-FONCTION Les bunkers sont des outils très appréciés des architectes car ils peuvent être employés pour de multiples usages. Dans certains cas d’ailleurs, leur vocation n’est pas de recevoir des balles mais de servir de cible en indiquant la ligne de jeu ou de venir équilibrer visuellement une partie du terrain. Alternativement, ils peuvent être introduits pour fermer la vision d’un coup, créant par là-même un inconfort visuel et une difficulté qui n’existe que dans la tête des joueurs ! Le golf de Saint-Germain présente quelques bons exemples de ce type comme au trou n°2, juste à gauche des départs, un innocent petit bunker nous pousse inconsciemment à jouer à droite alors que la sécurité est à gauche. Pour les architectes friands d’illusions d’optique, les bunkers sont d’excellents accessoires : astucieusement positionné 30 mètres devant un green, un bunker peut sembler « collé » au » > * Sand faced bunker * Reveted bunker journaldugolf.fr novembre 2012



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