Journal du Golf n°82 novembre 2012
Journal du Golf n°82 novembre 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°82 de novembre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Journal du Golf SAS

  • Format : (260 x 360) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 27,6 Mo

  • Dans ce numéro : tout sur la Ryder Cup.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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42 La Grand Blond et le Petit Brun. Le Nordiste et le Sudiste. Le Taciturne et le Volubile. Le Religieux et le Mécréant. Le Sobre et le Fêtard. Vous prenez le Dictionnaire des Contraires, et le duel Johnny Miller/Lee Trevino fonctionnera à chaque entrée. Ils se détestaient. Or, leurs carrières se chevauchèrent. On imagine l’ambiance. Bien que Lee Trevino soit né sept ans avant Johnny Miller et ait rejoint le circuit encore plus jeune que l’autre, c’est au début des années soixante-dix que tous deux s’installèrent au sommet de ce qui n’était pas encore nommé le Classement Mondial. Le duel dura jusque vers le milieu des années quatre-vingt. Une solide quinzaine d’années de crocs sortis. Lorsqu’ils se confrontaient, la surprise pour le public était forte. L’un s’installait sur le départ, beau comme un dieu, surnommé l’Ange Blond, jambes interminables, peau rose et cheveux d’or. L’autre frétillait devant sa balle, SuperMex, tout trapu, poil noir et basané. Miller, membre du sélect Olympic Club de San Francisco, était passé par l’université de Brigham Young. Trevino, ramasseur de coton à 5 ans au Texas, caddy à 8 ans, élevé par son grand-père croque-mort, était passé par l’université de la Vie. À l’évidence, jouant durant la même décennie et même au plus haut niveau, ils furent maintes fois réunis au trou n°1. Toutefois moins souvent qu’avec, par exemple, Nicklaus, ou Watson. Lors des premiers tours, où un prétendu tirage au sort détermine les parties, Johnny Miller faisait discrètement savoir qu’il « préférait tomber sur un joueur disons… plus silencieux ». Trevino, à l’inverse, se réjouissait si cela tombait bien. Il savait qu’il déstabilisait Miller par sa faconde, ses jokes, sa communion avec le public tandis que l’autre ne communiait qu’avec le Seigneur (Miller est un mormon pratiquant, pas un joyeux drille). Leur duel s’exprimait sur le parcours. Sinon, ils ne se fréquentaient pas. Club en mains, l’opposition empirait. Miller offrait le swing le plus pur de toutes ces décennies. Sa position à l’impact, en C renversé, était à hurler de beauté, à fondre d’élégance. Trevino, lui, trafiquait tout son swing. Autodidacte absolu, il avait eu une tendance au hook. Alors il fit toute sa carrière à l’inverse, en fade. Stance et jambes ouvertes, épaules droites, descente liftée. Il parvenait à une précision tétanisante pour les autres. En 1971, de retour de l’Open britannique qu’il avait gagné la veille, il fut convié à une exhibition à Saint-Cloud. Il n’y avait jamais planté les clous de ses chaussures. Descendu de son avion, il surgit sur le tee du 1 et tapa son drive. Arrivé à sa balle, il fixa le drapeau au loin et on l’entendit, tourné vers son caddy, dire en anglais mais en utilisant les mètres et pas les yards, premier ébahissement : « 134 mètres. » Il tapa et pitcha près du drapeau. Plus tard on revint sur l’endroit où avait fini son drive. Les grands duels LANGUES DE FEU ET FER Johnny Miller Lee Trevino Johnny Miller vs Lee Trevino : déjà la sonorité de leurs noms les oppose. Tout le reste aussi. Cela dura quinze ans. Et cela continue. Texte d’andré-jean lafaurie - Photos Visionsingolf On mesura avec un décamètre. Vous avez deviné : 134 mètres, pile. Une fois, on le convia à la cabine TV, pour les derniers trous. En fait, il commenta en solo. On demeurait bouche bée à l’écouter, transis devant sa puissance d’analyse. Nous nous sentions de tout petits connaisseurs minables à côté de ce monstre de science et d’intelligence du jeu. Pas un millimètre du lie où se trouvait la balle d’un joueur ne lui échappait. À l’inverse, il est arrivé que l’on capte en cabine le retour d’antenne de la chaîne américaine où officiait Johnny Miller. Le gentil mormon glorifiant Dieu était d’une cruauté féroce envers ses anciens collègues. Il ne pratique pas la langue de bois, mais la langue de fer. Oubliée la bienséance golfique où chacun est beau, gentil, mais manque simplement de chance. Miller disait d’une voix glacée : « Je n’ai jamais vu quelqu’un jouer aussi idiotement au golf que ce gars-là. » Merci pour lui. Attention, Trevino n’est pas plus tendre. Un jour il apostropha un confrère dont un article évoquait trop la « pression » que savent, ou ne savent pas, gérer les champions. « Et toi, tu sais donc ce que c’est, la pression au golf ? – Non, Lee. Je ne joue pas à ce niveau. – Ce n’est pas la bonne réponse. La vraie pression, je l’ai apprise quand j’ai débuté au Texas. En jouant contre des types de la Mafia. Quand tu as parié 100 dollars alors que tu n’as pas 20 cents en poche, si tu ne les payes pas, tu n’as plus de genoux le lendemain. Tu as intérêt à enquiller le putt. À côté de ça, la fin du Masters, c’est une promenade. » Lors d’une conférence de presse au British Open, Trevino revint en salle de presse, trempé, vêtu d’un gilet aux mailles aérées, dont les manches gorgées d’eau tombaient à la hauteur des genoux. Il monta carrément sur la table et commença un numéro de canard sauvage (le pull était jaune), à mourir de rire. Soudain un confrère pressé lui posa une question technique ultra pointue. Là, en une seconde, toujours debout sur la table qui devenait une mare, Trevino, sans rire, improvisa une analyse technique hypnotisante. Soudain, un ingénieur parlait. Silence total dans la salle alors riante. Quand il eut fini, il effectua une cabriole pour redescendre, renversant les micros et retrouvant son fou rire. Miller, quand on l’interrogeait, répondait avec franchise « oui », ou « non ». Puis son regard bleu indiquait : « question suivante ? » Bien que « les vieux golfeurs ne meurent jamais », ils ont toutefois une fin de carrière. Les deux connurent la joie d’engranger tard un ultime grand succès. Miller à l’US Open à Pebble Beach, pour ses 46 ans, Trevino au PGA pour ses 45 ans. Or tous deux avaient été blessés et de retour de l’enfer. Miller après un hiver passé à faire le bûcheron, qui lui bloqua le haut du torse ; Trevino après avoir été frappé par la foudre. Logique : Miller le Froid s’abîma dans les montagnes ; Trevino le Chaud rencontra son compère l’orage.
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