Journal du Golf n°82 novembre 2012
Journal du Golf n°82 novembre 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°82 de novembre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Journal du Golf SAS

  • Format : (260 x 360) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 27,6 Mo

  • Dans ce numéro : tout sur la Ryder Cup.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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36 Ryder Cup Journal du Golf : Thomas, comment avez-vous vécu cette Ryder Cup, avec votre casque et votre micro ? Thomas Levet : J’ai vibré, bien sûr. J’étais dans le truc comme si j’étais joueur. Et puis j’essayais de sentir comment ça allait se passer. On sait que le dernier jour, les douze simples sont forcément aléatoires. Pas un seul mec n’est sûr de gagner son match. On le voit dans toutes les Ryder : ceux qui jouent bien en doubles se font parfois éclater en simple. Alors le dimanche matin, je sais que ça peut passer pour les Européens. Où se situait le véritable enjeu, selon vous ? T.L. : Le principal, c’était de ne pas laisser les Américains marquer des points en début de journée. Il fallait absolument remporter les quatre ou cinq premières parties. Quand j’ai vu le tirage, je me suis tout de suite dit que Davis Love avait peutêtre fait une erreur en mettant ses joueurs en forme dans les premières parties. Parce qu’à la fin, il avait aligné des gros noms qui ne jouaient qu’avec leur expérience, pas avec leur forme de la semaine. Il aurait peut-être dû mettre Woods en premier, par exemple. Parce que c’est bien de mettre Bubba Watson pour électriser la foule, mais après, il faut calmer le jeu et aligner des mecs un peu plus en dedans. Du genre Stricker ou Furyk, par exemple. Dans quel état avez-vous terminé la semaine ? T.L. : J’étais mort de rire ! Le soir, on attendait l’avion pour Londres avec Søren Thomas levet « Ils se sont fait écraser, voilà ce qu’il faut dire » Propos recueillis par Philippe Chassepot - Photo AFP Vainqueur de la Ryder Cup en 2004, Thomas Levet a suivi l’édition 2012 de sa cabine de commentateur pour Canal+. Il nous livre ici sa vision de l’événement. Hansen et, toutes les trois minutes, j’éclatais de rire en repensant à la journée qu’on venait de passer. Je repensais au putt de Justin Rose au 17, ou à tous ceux de Ian Poulter, et je me disais : « Mais jamais ils ne l’ont vu arriver le dernier point, les Américains ! » Ils ont passé toute la journée au bord du truc, sans conclure. Question à six sous : cette Ryder Cup, ce sont les Américains qui l’ont perdue, ou les Européens qui l’ont gagnée ? T.L. : Les États-Unis n’ont pas loupé grand-chose, finalement. Il y a la virgule de Furyk au 16, contre Garcia, mais c’est un putt de cinq ou six mètres, pas un putt donné. Et quand Rose rentre son birdie au 18, il ferme la porte au nez de Mickelson… Les Américains n’ont juste pas assez bien joué le dernier jour. Ils se sont fait écraser, voilà ce qu’il faut dire. Et les Européens, lors des deux premiers jours ? C’était limite, non ? T.L. : Ils n’arrivaient pas à démarrer la machine. Des joueurs étaient mis en avant mais ne jouaient pas bien, comme Graeme McDowell. Des doubles jusque-là invaincus perdaient, comme Donald-Garcia. Mais il y a quand même eu deux ou trois choses essentielles. D’abord, ils ne se sont pas fait exploser en quatre balles le vendredi grâce à la victoire de Nicolas Colsaerts. Perdre la session 3-1 plutôt que 4-0, ce n’est pas du tout la même chose. Et en plus, tu plombes Woods avec deux défaites en deux matches, ça aide à se décomplexer. Et puis le lendemain, il y a la victoire de
journaldugolf.fr novembre 2012 Poulter avec ses birdies à la pelle. Ce point-là était très mal barré, puisque Poulter- McIlroy étaient 2 down avec six trous à jouer. Ça a remonté tout le vestiaire. On est à 10-6 au lieu de 11-5, et là il y a match. Quand Kaymer a deux putts pour la gagne et qu’il dépasse de 1,80 mètre sur le premier, c’est fou ? T.L. : C’était un premier putt compliqué, personne n’a réussi à l’arrêter de la journée. Et puis, il n’avait pas envie de se laisser un mètre en descente. C’est vraiment impressionnant, car il n’aura jamais d’autre putt comme ça de toute sa carrière. Il n’y a qu’en Ryder Cup que tu as ce genre de putt : ça rentre, tu gagnes, ça rentre pas, tu perds. Parce que même en Majeur sur le 18, si tu rates le putt pour la gagne, tu pars en play-off. Là, c’était celui de la dernière chance. Et il l’a rentré le plus simplement possible, en reprenant les bases et en oubliant tout le contexte et les enjeux. Vous avez, vous aussi comme Kaymer, Garcia ou McIlroy, repensé au putt de Bernhard Langer en 1991 ? T.L. : Non, parce que l’Europe était dans une telle dynamique que je ne pensais pas à ça. J’étais beaucoup plus positif que ça, car Kaymer putte très bien sous pression. Et puis celui de Langer n’était pas vraiment pareil. À Kiawah Island (lieu de la Ryder 1991), il y avait plus de vent et plus de pente. Et puis si Kaymer ratait, on avait finalement encore une chance avec Francesco Molinari dans la partie suivante. Langer, lui, il n’avait plus personne derrière… Cette drôle de fin de partie entre Woods et Molinari, avec un petit putt raté (Woods) et un autre petit donné (à Molinari), vous en pensez quoi ? T.L. : Malheureusement, on demande aux joueurs de terminer leur partie alors qu’il n’y a plus d’enjeu. J’avais vécu ça en 2004, quand on avait gagné alors qu’il me restait quatre ou cinq trous, et que je n’avais plus la tête à jouer encore. Les capitaines demandent qu’on finisse, mais je ne suis pas vraiment pour. Le spectacle n’est pas terrible quand même… Les joueurs ont la tête à autre chose. En général, en France, dès que les matches internationaux ont désigné leur vainqueur, on partage toutes les autres parties. Dans la règle pure et dure, ce serait comme ça. Vous pensez que les Américains vont être durablement marqués par cet échec ? T.L. : J’espère bien, oui (rires). Ça va leur montrer qu’on a beaucoup plus de caractère qu’eux, en fait. Ils n’ont pas fait d’erreurs de composition d’équipes, ils ont été très soudés, ils ont joué avec le public, car ils ont compris qu’il fallait être beaucoup plus interactif avec la foule… Mais leur plus grosse erreur, c’est qu’ils ne s’attendaient pas à perdre. Et quand ça ne se passe pas bien le dimanche, toute leur équipe s’écroule parce que personne ne les a prévenus. Ils n’étaient pas prêts à se mettre au combat une fois que les Européens avaient gagné les quatre premiers matches. Et on retrouve ça dans d’autres sports, chez eux. Quand ils perdent en basket contre l’Argentine en 2004 aux JO, c’est la même chose. Ils ne s’y attendaient pas, tout simplement. Ils n’avaient pas le deuxième scénario. C’est leur plus gros défaut en matches par équipes ? T.L. : Ils sont trop sûrs d’eux quand ils mènent largement, oui. En 2004, à Detroit, on menait 11 à 5 après les doubles. Et je peux vous dire que dans le vestiaire, il n’y avait pas un joueur qui croyait la victoire acquise. Les anciens nous ont demandé de ne pas lâcher le moindre demi-point et de nous battre à mort. L’ambiance, c’était : « Les gars, il y a un gros combat demain ! » Les premiers mots du capitaine Bernhard Langer avaient été : « Les mecs, c’est pas fini ! » Puis Thomas Bjørn en avait rajouté une couche, et Darren Clarke aussi. C’est un sacré piège d’avoir une grosse avance au bout de deux jours. Car il y a 16 matches les deux premiers jours, et 12 le dernier. Le dimanche compte pour plus de 40% du résultat final. Vous la classez où dans l’histoire, cette Ryder ? T.L. : C’est la plus grosse bagarre de l’histoire. Le lundi avant les matches, j’ai envoyé un texto à Olazabal où je lui disais : « J’espère que la Ryder te donnera autant que tu lui as donné. » Et à la fin, c’est tellement ça… Car en 1999, qui se fait cagouler par Justin Leonard sur le green du 17 ? C’est José Maria, qui avait le putt pour égaliser le match. Il a tellement apporté dans toutes les équipes… Il a dû leur tenir un discours exceptionnel le samedi soir. Si certains disent qu’il pleurait pendant son discours, c’est que ça devait vraiment être fort. Olazabal, c’est à la fois la discrétion et le charisme ? T.L. : Complètement. Même dans une remise des prix ou pendant une cérémonie. Après celle de clôture, il s’est tourné vers les Américains et leur a dit : « Les gars, si j’étais votre capitaine, je serais fier de vous. Vous vous êtes battus comme des malades. » Ça, c’est la grande classe. 37



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