Journal du Golf n°82 novembre 2012
Journal du Golf n°82 novembre 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°82 de novembre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Journal du Golf SAS

  • Format : (260 x 360) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 27,6 Mo

  • Dans ce numéro : tout sur la Ryder Cup.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 BALLESTEROS TRANSFIGURE OLAZABAL Texte d’André-Jean Lafaurie C’est à un champion au Paradis que les Européens ont envoyé une salve de swings d’honneur. José Maria Olazabal et Severiano Ballesteros pendant la Ryder Cup de 1989. Même si le souvenir de la guerre de 14-18 n’est pas identique dans l’inconscient collectif allemand et dans le français, tout le monde connaît et admet le résultat final. La subjectivité compte, mais l’Histoire demeure une passion froide. Pour apprécier la place que cette dernière Ryder Cup laissera dans l’Histoire, il faut donc vivre des deux côtés de l’Atlantique. En Europe, elle est un exploit des leurs. En Amérique, elle est une bêtise d’eux-mêmes. Les Européens affirment avoir arraché la victoire ; les Américains affirment avoir laissé filer la défaite. Le résultat est le même, le ressenti est inverse. Qui a raison ? Ah ! s’il fallait additionner tous les coups du sort, les rebonds magiques et ceux injustes, les putts qui tournent autour du trou, sans doute l’arithmétique s’équilibrerait-elle entre les deux équipes. La victoire est donc venue d’ailleurs. En Ryder Cup, mettons de côté le talent des joueurs. Ils se valent tous. Mettons de côté les statistiques qui indiqueraient qu’une équipe est « plus forte » que l’autre. On a vu, cette année ! Avantage : USA. Victoire : Europe. Que reste-t-il ? Le capitaine. La clé, c’est lui. Trois critères le définissent. D’abord sa capacité à former les paires. La majorité des matches, seize sur vingt-huit, est disputée en doubles. Il s’agit de créer une osmose entre deux individualistes exacerbés, deux ego surdimensionnés qui vont jouer, par exemple en foursome, un coup sur deux sur la même balle. Bon courage à qui doit associer ces monstres. Se tromper dans la fusion des cerveaux mène à l’échec à coup sûr. Olazabal n’a pas fait d’erreur de casting. Le résultat des doubles a été cruel, mais pas à cause d’une mésentente européenne. Ce furent plutôt les Américains qui s’étaient mis en feu d’emblée, alors que les Européens le feront le dernier jour. Deuxième critère, justement : organiser l’ordre des simples du dimanche. Cette année, pour l’Europe, c’était bien évident. Aligner les meilleurs au début afin de rattraper le plus vite possible le retard et instiller le doute dans l’équipe adverse. José Maria Olazabal l’a fait. Vous, moi, l’aurions fait. Pas besoin de génie dans cette configuration. En tout cas, Txema (son prénom basque) ne s’est pas trompé et cela n’a surpris personne. Il sait. Mais cet homme secret, silencieux, souvent sombre, très intériorisé, manquait du troisième critère, et celui-ci est vital : le charisme. Nul ne met en cause son fantastique talent, son histoire heurtée, son invraisemblable courage, tout ce qui fait de lui un Homme, un vrai. Sauf que, et il n’y est pour rien, il n’insuffle pas de feu. La magie d’un capitaine est que ses joueurs, tous des monstres, vont ou ne vont pas avoir envie de « mourir pour lui ». C’était le cas avec Ballesteros bien sûr, avec Montgomerie, avec Nicklaus. Ce n’était pas le cas avec Nick Faldo, ou cette année avec Davis Love. Cela risquait de ne pas être le cas, disons-le franchement, avec Olazabal. Les douze joueurs ont un immense respect, une immense admiration pour lui. Ils ne seraient pas « morts pour lui », alors qu’ils seraient morts sans hésiter pour Ballesteros. Là soudain, réside le génie de Olazabal. Qu’il ait été calculé, ou bien que son subconscient l’ait dicté, peu importe. Le résultat est le même. Il eut cette extraordinaire vision que les joueurs Ryder Cup allaient réussir un exploit inouï pour… Ballesteros. Lui-même, Olazabal, endossait cette transmutation. Il convient tout de même de comprendre qu’il a osé faire broder sur les chemises de chaque joueur le nom de Severiano, avec ses dates de naissance et de dé-naissance (ainsi disaient les Romains, natus, et denatus, réservant le mot mort à ceux qui, toujours vivants, évoquaient ainsi le disparu). Il y ajouta la silhouette de son swing. Cela aurait pu être morbide. Ce fut magique. Sur la manche, à même la chair, c’était la main de Severiano qui se posait sur le joueur. Olazabal, et lui-même vivait ce propre transfert comme on dirait en psychanalyse, a « transféré » sur Ballesteros, sur l’inspirateur-dieu qui les regardait depuis son Ciel. Les joueurs eux-mêmes l’ont reconnu : « On se battait pour Seve. » Et du doigt, ils montraient les étoiles. Ils s’embarquaient dans un transport en commun. Transfigurés par le culte voué à Ballesteros, ils effectuèrent une collection de swings d’honneur. On ne félicitera jamais assez José Maria Olazabal d’avoir créé cette mutation de l’âme vers le génie disparu qui les a tous mis en feu. Cet homme est grand dans la modestie. Il y eut du jamais vu, certes. Soyons réaliste, ce fut plutôt anecdotique. Qu’Olazabal soit le premier capitaine basque victorieux, admettons. Montgomerie avait bien été le premier capitaine écossais de culture anglaise. Cette tendance communautariste, on en connaît les ravages ailleurs. Passons. Que les Européens aient remonté de 4 points le dimanche était nouveau. Avec une nuance : les Américains l’avaient déjà fait. Bien sûr, c’était chez eux, mais ce n’était pas davantage le même parcours (qui a son rôle tout de même, en golf, n’est-ce pas ?), ni les mêmes joueurs, ni le même temps. Bref, on tord les chiffres en tous sens pour ne rien prouver. Que le putt victorieux ait été enquillé par le joueur le moins en forme de toute la semaine, sans doute est-ce également une première. Tous ces éclairages aboutissent à la même conclusion : la Ryder Cup ne sert pas à entrer dans l’Histoire. C’est dans les battements du cœur qu’elle demeure. La Ryder Cup est là pour faire pleurer d’émotion. Il faut se garder comme la peste, après chaque édition, de bâtir des analyses savantes sur l’état du golf terrestre (après tout, la moitié de la planète n’y participe pas), ni sur la comparaison des forces golfiques américaines et européennes. Pour cela, les circuits permanents, les Championnats du Monde, le Grand Chelem, les statistiques et le Classement Mondial font leur œuvre lumineuse dans ce sport qui ne se juge que sur la durée. Or la Ryder Cup est l’inverse. C’est un éclair. Grâce au coup de génie psychologique de José Maria Olazabal, ces trois jours d’automne où tout fut crucial dès le premier drive du premier match resteront inoubliables car l’ombre immense de Severiano Ballesteros a couvert d’estime de soi une Europe entière. Oui, la place unique que la Ryder Cup 2012 occupera dans l’Histoire est que, pour la première fois, une équipe a gagné en étant dirigée par un fantôme. Visionsingolf
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