Jour de France n°26 mai 2013
Jour de France n°26 mai 2013
  • Prix facial : 2,90 €

  • Parution : n°26 de mai 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 54,2 Mo

  • Dans ce numéro : Daniela Lumbroso, la secrète.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 46 - 47  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
46 47
e-lebeiedie:eleboje'..01, "*.•ei\\te à ette,"•11ẹe1Wee.:4-e•eevieee ûl-e. wee.s",:oe„eine,17.. I.fr 46 Ny'rn : Wer,-01,1 evb, ff4r-e" ? -eoeje‘'-‘97eleg e _e -.1/71 ; ejilie• -Obeee5/4tz-à -ediej Zfl. ‘•"- eedfite-,411927/4* 4 ee-Fi'elifie`eb,,,,,, te-r7-7*/(0" Yeriirkelà-Zt ge, 0'4.19 e•z- -képhils sê Tg& nrw'e44,e "eeid,eseee• 91 ; 1/.„..„.61E7 ze0').• rele teke,./.." >e.ore - Eva Darlan met les points sur les i =../r « Arrêtons avec le plaisir obligatoire » eva darlan esT d’abord une acTrice de ThéÂTre eT de cinéma, on se souvienT d’elle dans le JoUet, Un, DeUX, trois soleil, Je VoUs troUVe très BeAU, ou à la Télévision dans merci BernArD eT PAlAce...renconTre avec eva darlan qui nous parle de son corps eT du corps des femmes dans son dernier livre, crUe et nUe. un livre pour les femmes, mais aussi les hommes, qu’elle adapTe acTuellemenT au ThéÂTre eT qu’elle présenTera au fesTival d’avignon. à ne pas manquer.
Jour de France : dans votre jeunesse, vous ne vous trouviez pas belle alors que vous l’étiez, pensez vous que cela soit quelque chose qui touche beaucoup de femmes ? eva Darlan : Je sais maintenant que j’étais belle, mais je ne l’ai pas du tout vécu comme cela. Je pense qu’il y a une insécurité commune aux deux sexes, surtout à l’adolescence mais chez les filles cela dure. Cette insécurité vient de ce que la société nous donne, nous impose, nous transmet. Les filles se trouvent souvent trop grosses, elles font des régimes très jeunes, il y a quelque chose qui est vraiment posé à l’adolescence. Se trouver moche lors que l’on est adolescent, c’est assez banal, c’est plus tard que ça devient gênant. mieux vaut se sentir bien dans sa peau quelque soit son poids plutôt que de chercher à maigrir pour séduire ? Nous pouvons dire cela comme ça, sous réserve que l’on s’accepte telle que l’on est et c’est cela qui fait l’insécurité. C’est pour cela que nous sommes toutes de grandes consommatrices de tous ces régimes épouvantables qui nous bousillent le moral, le physique et le porte-monnaie. Les normes imposées par la société sont tellement irréalisables que cela en devient décourageant. On ne voit dans les magazines que des filles de 15 ans aux corps trafiqués et que l’on nous donne en exemple. Cela n’existe pas pour les hommes. les régimes c’est donc fini pour vous ? Pas du tout, je suis dedans (éclats de rire) ! Je n’ai pas dit que j’étais cohérente ! Je suis dans un petit régime, je fais attention, on fait cela en famille. Je suis en complète contradiction, mais je ne me consacre pas uniquement à ce régime, c’est juste qu’il faut faire attention à sa santé, ne pas manger trop gras. Je ne suis ni maigre ni grosse, mais je ne suis pas mince. Je me trouve trop ci, trop ça, mais je sais d’où cela vient, c’est à cause de toutes ces images de la femme que l’on nous met sous le nez. Ceci dit, je me sens bien. vous avez subi une opération de chirurgie esthétique pour remonter vos seins, vous le regrettez toujours ? Oui, c’était complètement débile, mais bon c’est comme ça. Ils sont très bien mais je me demande encore pourquoi je l’ai fait. Je traversais une période très triste de ma vie privée et je me suis dit : « il faut faire quelque chose » et allez hop… Ce n’est pas grave, cela n’a pas changé ma vie. vous êtes désormais opposée à la chirurgie esthétique... Je peux comprendre que l’on y ait recours, tant que cela n’est pas du domaine du pathologique, mais quand c’est exagéré comme chez certaines femmes et certaines actrices, cela montre de la détresse, de la peine. A force de vouloir être jolie en se changeant, ces quelques femmes là sont effroyables et repoussantes. Il faut quelques petites retouches, à gauche à droite. J’ai essayé le botox par exemple, c’est formidable, mais ça ne dure pas. Je ne suis pas contre la chirurgie esthétique mais je trouve cela dommage que, encore une fois, cela soit réservé aux femmes parce qu’il faut qu’elles soient à la fois et jeunes et lisses… Dans la réflexion, je trouve cela très triste. Quand j’ai rencontré Angelina Jolie sur le plateau de Michel Denisot, elle était tellement figée qu’elle avait l’air d’avoir 65 ans : comme il n’y a plus rien qui bouge chez elle on se dit qu’elle doit être drôlement vieille pour s’être fait refaire ainsi. lorsque vous parlez des magazines féminins, on ressent une forme de colère, trouvez vous qu’ils nous donnent l’image d’une société hyper sexualisée ? Certains magazines ont fait des choses extraordinaires pour la cause des femmes : contre le viol, pour les femmes afghanes… et puis à côté de cela, il y a « la pipe ciment du couple », c’est complètement schizophrène ! selon vous les gens mentent sur la fréquence de leurs rapports sexuels ? On sait qu’au bout de très peu de temps, le désir s’émousse dans un couple et qu’on en arrive à une sorte de camaraderie très profonde en étant passé par tous les orages... Donc après ces premiers temps assez brefs, se crée un rythme plus lent ou parfois inexistant. Nous faisons souvent des mensonges à propos de notre sexualité si on trouve qu’elle ne correspond pas à ce qu’elle nous impose, on en invente une. J’ai des amies qui me racontaient qu’avec leurs maris c’était encore tout le temps et partout alors qu’ils étaient mariés depuis des années et avaient des enfants… En fait, ce n’était pas vrai. Le seul rythme de sexualité élevé, c’est quand on se rencontre, au bout de deux ans, cela devient déjà beaucoup plus routinier. On sait que la sexualité est quelque chose de très fragile et de très passager dans les couples. Il ne faut pas raconter d’histoires aux copines. Cela vient d’une obligation assez forte que l’on a de s’envoyer en l’air tout le temps, de jouir tout le temps. Et bien non, on ne jouit pas tout le temps, non. Nos partenaires ne sont pas tous top, on est ce qu’on est, on fait ce que l’on peut. vous dites dans « crue et nue » que les magazines culpabilisent les femmes qui n’ont pas de plaisir. Oui bien sûr, on est vraiment dans une obligation de jouir, ça c’est clair. On peut le voir, récemment il y avait un titre : « l’orgasme, comment y arriver ? ». Comme si on pouvait trouver la solution dans les pages d’un magazine. Cela va toujours dans ce sens, mais imaginez une femme qui a une vie moyenne, avec des satisfactions moyennes et qui se dit « je n’y arrive pas » … je trouve cela très culpabilisant. C’est pour cela que j’ai écrit ce livre pour essayer de nous déculpabiliser, y compris moi. Il y en a assez de toutes ces instructions pour nous formater. Le but de tout cela est de nous faire consommer. l’arrivée de la ménopause a-t-elle été pour vous une vraie libération ? Et bien, c’est génial de ne plus avoir de règles, vous ne pouvez pas vous imaginez comme c’est épouvantable d’avoir ses règles. Qu’est ce que c’est bien quand cela cesse ! Dès que cela s’arrête, on peut à nouveau faire des choses, prendre des rendez vous, voyager, c’est génial, vraiment ! vous sentez vous plus à l’aise sexuellement depuis ? Cela n’a rien à voir avec le changement hormonal. Si je me sens à l’aise, c’est plus avec le temps qui passe et avec une prise de conscience, du coup, cela me détend par rapport aux obligations. Je sais ce que j’aime bien, je sais aussi de qui ne me donne pas de plaisir. Donc effectivement je suis plus détendue, je n’ai plus d’obligation, j’en ai eu mais plus maintenant. vous avez vécu un accouchement difficile, un avortement difficile, lorsque la vie sort de votre corps c’est toujours dans la douleur ? Oui, toujours. Quand j’entends parler de ce mouvement qui déconseille la péridurale cela me fait bien rire. vous avez été victime de violences de la part de votre ex-mari récemment, pourquoi ne pas en avoir plus parlé ? en parler aurait pu médiatiser vote cas et donner le courage aux femmes battues de sortir de l’ombre... C’est ce que je fais, je suis en pleine procédure : de divorce et pénale. Qu’est ce que je peux faire de plus que d’en parler dans mon livre, une conférence de presse ? Au début, j’ai eu honte, même lorsque j’ai commencé à porter plainte, mais j’ai écrit ce qui était important pour que d’autres aient le courage de le faire car c’est très difficile. vous parlez de manière très touchante de votre fille adoptive, de votre rencontre dans un orphelinat vietnamien, est-ce pour cela que vous êtes contre la procréation médicalement assistée (pma) ? Oui bien sûr, ce n’est pas que je suis contre mais j’aurais tendance à dire qu’il faudrait d’abord faire une campagne sur l’adoption. Il y a tellement d’enfants qui ont besoin de parents, qui ont besoin d’amour que je ne comprends pas forcément ce besoin de se reproduire. Mais c’est facile pour moi de dire cela alors que j’ai eu une enfant du ventre avant. Mais je comprends tout à fait que l’on puisse avoir envie d’un enfant de l’amour. Donc je ne suis pas contre, Questions à domicile mais des enfants ont besoin de nous. Si j’avais pu en adopter plus, je l’aurai fait. vous allez perdre des amis en disant que vous aimez la fourrure... Oui, je le regrette et puis quelque part je n’aime pas cela, j’aime tellement les animaux. Mais j’ai grandi là dedans. Le travail de la fourrure est un artisanat, c’est comme la haute couture. C’est une de mes contradictions et ce n’est pas la seule. vous n’épargnez pas Jane fonda, vous êtes assez violente avec elle non ? Oui, heureusement elle n’a pas besoin de moi pour exister. C’est une comédienne que j’adore et que j’ai adoré, elle a été un véritable emblème contre la guerre du Vietnam, pour la libération de la femme et pour les droits des noirs aux Etats-Unis. Et puis elle aussi a ses contradictions : la gymnastique, les régimes, elle mange trois haricots verts par jour, elle a beaucoup d’argent mais on ne peut pas toutes avoir sa vie. Quand elle dit « je fais l’amour à 75 ans », on se dit c’est génial, elle ose, c’est super ! Mais quand on y repense, il y a très peu de femmes qui peuvent vivre cela, qui peuvent avoir suffisamment d’argent toute leur vie pour s’occuper de leur corps. vous allez présenter l’adaptation théâtrale de votre livre au festival d’avignon, allez vous faire d’autres scènes avant ? Le 23 mai je serai sur scène près de Nancy dans la ville de Tomblaine, ce sera l’avant-première « mondiale » et puis après on verra comment cela se passe, en fonction de l’accueil qu’aura la pièce au Festival d’Avignon. crue et nue, de Eva Darlan, éditions Jean-Claude Gasewitch, 15,90 € propos recueillis par matthieu maury L'actrice a reçu Jour de France dans son appartement parisien. 47



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 1Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 2-3Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 4-5Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 6-7Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 8-9Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 10-11Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 12-13Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 14-15Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 16-17Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 18-19Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 20-21Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 22-23Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 24-25Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 26-27Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 28-29Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 30-31Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 32-33Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 34-35Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 36-37Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 38-39Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 40-41Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 42-43Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 44-45Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 46-47Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 48-49Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 50-51Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 52-53Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 54-55Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 56-57Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 58-59Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 60-61Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 62-63Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 64-65Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 66-67Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 68-69Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 70-71Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 72-73Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 74-75Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 76-77Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 78-79Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 80-81Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 82-83Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 84-85Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 86-87Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 88-89Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 90-91Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 92-93Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 94-95Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 96-97Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 98-99Jour de France numéro 26 mai 2013 Page 100