Je Sais Tout n°48 janvier 1909
Je Sais Tout n°48 janvier 1909
  • Prix facial : 1 F

  • Parution : n°48 de janvier 1909

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Publications Pierre Lafitte

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 178

  • Taille du fichier PDF : 117 Mo

  • Dans ce numéro : interview du tsar des Bulgares.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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qu'elle servait à sécher du linge auprès de la buanderie. Est-ce possible ? — Monsieur le juge d'instruction, c'est ici même que je suis surveillé, par quelqu'un qui se trouve au coeur de la place, qui me voit, qui m'entend, et qui, minute par minute, assiste à mes actes et connaît mes intentions. — Vous croyez ? — J'en suis sûr. C'est à vous de le découvrir et vous n'y aurez pas de peine. Mais, pour moi, je veux en finir et vous donner les explications promises. J'ai marché plus vite que nos adversaires ne s'y attendaient, et je suis persuadé que, de leur côté, ils vont agir avec vigueur. Le cercle se resserre autour de moi. Le péril approche, j'en ai le pressentiment. — Voyons, voyons, Beautrelet... — Bah 1 on verra bien. Pour l'instant, dépêchons nous. Et d'abord une question sur un point que je veux écarter tout de suite. Vous n'avez parlé à personne de ce document que le brigadier Quevillon a ramassé et qu'il vous a remis en ma présence. — Ma foi non, à personne. Mais est-ce que vous attachez une valeur quelconque... — Une grande valeur. C'est une idée que j'ai, une idée du reste, je l'avoue, qui ne repose sur aucune preuve... car, jusqu'ici je n'ai guère réussi à déchiffrer ce document. Aussi, je vous en parle... pour n'y plus revenir. Beautrelet appuya sa main sur celle de M. Filleul, et, à voix basse  : — Taisez-vous... on nous écoute... dehors... Le sable craqua. Beautrelet courut vers la fenêtre et se pencha. — Il n'y a plus personne... mais la platebande est foulée... on relèvera facilement l'empreinte des chaussures... Mais un jeune rhétoricien du lycée Janson de Sailly, Isidore Beautrelet, démontre d'abord que quatre Rubens ont été remplacés par des copies, puis que Jean Daval n'a pas été tué par le cambrioleur blessé, mais par le comte de Gesvres. Celui-ci avoue et ajoute que Daval était le complice de Lupin. Isidore Beautrelet retourne à son lycée, se prête aux interviews, annonçant qu'il profitera de ses vacances de la Pentecôte pour continuer ses démarches. Lorsde son retour au château d'Ambrumésy, on montre à Beautrelet un papier froissé couvert de signes, de chiffres et de points, et trouvé par un gendarme. Le lycéen apprend également l'enlèvement de 4° ANN. 2'SEMESTRE. VI. - 53 L'Aiguille Creuse RÉSUMÉ DES PRÉCÉDENTS NUMÉROS (suite) 727 Il ferma la fenêtre et vint se rasseoir. — Vous voyez, Monsieur le juge d'instruction, l'ennemi ne prend même plus de précautions... il n'en a plus le temps... lui aussi sent que l'heure presse... Hâtons-nous donc, et parlons puisqu'ils ne veulent pas que je parle. Il posa sur la table le document et le maintint déplié. — Avant tout, une remarque, Monsieur le juge d'instruction. Il n'y a sur ce papier, en dehors des points, que des chiffres. Et dans les trois premières lignes et la cinquième, — les seules dont nous ayons à nous occuper, car la quatrième semble d'une nature tout à fait différente, — il n'y a pas un de ces chiffres qui soit plus élevé que le chiffre 5. Nous avons donc bien des chances pour que chacun de ces chiffres représente une des cinq voyelles, et dans l'ordre alphabétique. Inscrivons le résultat. Il inscrivit sur une feuille à part  : e. a. a..c..c.. a.. a.. a...c.e..c. oi.c..c.. ou..c.o...e..c.o..e. ai.ui..e.. eu. e Puis il reprit  : — Comme vous voyez, cela ne donne pas grand'chose. La clef est à la fois très facile, — puisqu'on s'est contenté de remplacer les voyelles par des chiffres et les consonnes par des points, — et très difficile, sinon impossible, puisqu'on ne s'est pas donné plus de mal pour compliquer le problème. Il est de fait qu'il est suffisamment obscur. — Essayons de l'éclaircir. La seconde ligne est divisée en deux parties, et la deuxième partie se présente de telle façon qu'il est tout probable qu'elle forme un Mil° de Saint- Véran et que Heriock Sholmès, mandé par M. de Gesvres, doit venir sous peu. Les évènements se précipitent  : Beautretet fouille les ruines du château et abat à coups de canne de fausses statues qui ont remplacé les vraies, enlevées par la bande à Lupin. Puis, dans une crypte, on trouve, la tête écrasée, le cadavre d'un homme tandis qu'on apprend que le corps d'une jeune femme vient d'être trouvé sur la plage. Beautrelet, à bicyclette, quitte le château pour poursuivre son enquête ; en revenant, il se jette dans une corde tendue en travers de la route, tombe et trouve, attaché à la corde, un billet ainsi conçu  : « Troisième et dernier avertissement ».
Je sais tout mot. Si nous tâchons maintenant de remplacer les points intermédiaires par des consonnes, nous concluons, après tâtonnement, que les seules consonnes qui peuvent logiquement servir d'appui à la voyelle ne peuvent logiquement produire qu'un mot, un seul mot  : « demoiselles ». — Il s'agirait alors de Mile de Gesvres et de Mile de Saint-Véran. — En toute certitude. — Et vous ne voyez rien d'autre ? — Si. Je note encore une solution de continuité au milieu de la lernière ligne, et si j'effectue le même travail sur le commencement de la ligne, je m'aperçois aussitôt qu'entre les deux diphtongues ai etui la seule consonne qui puisse remplacer le point est un g, et que, quand j'ai formé le début de ce mot aigui, il est naturel et indispensable que j'arrive avec les deux points suivants et l'efinal au mot aiguille. — En effet... le mot aiguille s'impose. — Enfin, pour le dernier mot, j'ai trois voyelles et trois consonnes. Je tâtonne encore, j'essaie toutes les lettres les unes après les autres et je constate, en partant de ce principe que les deux premières lettres sont forcément des consonnes, je constate que quatre mots peuvent s'adapter  : les mots fleuve, preuve, pleure et creuse. J'élimine les mots fleuve, preuve et pleure comme n'ayant aucune relation possible avec une aiguille,et je garde le mot creuse. — Ce qui fait aiguille creuse. Fichtre ! J'admets que votre solution soit jus.te, et je l'admets parce qu'elle ne peut pas ne pas l'être, mais en quoi nous avance-t-elle ? — En rien, fit Beautrelet, d'un ton pensif. En rien, pour le moment... plus tard, nous verrons... j'ai idée, moi, que bien des choses sont incluses dans l'accouplement énigmatique de ces deux mots  : aiguille creuse. Ce qui m'occupe actuellement, c'est plutôt la matière même du document, le papier dont on s'est servi... Fabrique-t-on encore cette sorte de parchemin un peu granité ? Et puis cette couleur d'ivoire... Et ces plis... l'usure de ces quatre plis... et enfin, tenez, ces maques de cire rouge, par derrière... A ce moment, Beautrelet fut interrompu. C'était le greffier Brédoux qui ouvrait la porte et qui annonçait l'arrivée subite du procureur général. M. Filleul se leva. Du nouveau ? M. le procureur général est en bas ? — Non, Monsieur le juge d'instruction. M. le procureur général n'a pas quitté sa voiture. Il ne fait que passer à Ambrumésy, 728 - - Roman et il vous prie de bien vouloir le rejoindre devant la grille. Il n'a qu'un mot à vous dire. — C'est curieux, murmura M. Filleul. Enfin... nous allons voir. Beautrelet, excusez-moi, je vais et je reviens. Il s'en alla. On entendit ses pas qui s'éloignaient. Alors le greffier Brédoux ferma la porte, tourna la clef et la mit dans sa poche. — Eh bien ! quoi ! s'exclama Beautrelet tout surpris, que faites-vous ? Pourquoi nous enfermer ? — Ne serons-nous pas mieux pour causer ? riposta Brédoux. Beautrelet bondit vers une autre porte qui donnait dans la pièce voisine. Il avait compris. Le complice, c'était Brédoux, le greffier même du juge d'instruction. Brédoux ricana  : — Ne vous écorchez pas les doigts, mon jeune ami, j'ai aussi la clef de cette porte. — Reste la fenêtre, cria Beautrelet. — Trop tard, dit Brédoux qui se campa devant la croisée, le revolver au poing. Toute retraite était coupée. Il n'y avait plus rien à faire, plus rien qu'à se défendre contre l'ennemi qui se démasquait avec une audace si brutale. Isidore qu'étreignait un sentiment d'angoisse inconnu, se croisa les bras. — Bien, marmotta le greffier, et maintenant soyons brefs. Il tira sa montre. — Ce brave M. Filleul va cheminer jusqu'à la grille. A la grille personne, bien entendu, pas plus de procureur que sur ma main. Alors il s'en reviendra. Cela nous donne environ quatre minutes. Il m'en faut une pour m'échapper par cette fenêtre, filer par la petite porte des ruines, et sauter sur la motocyclette qui m'attend. Reste donc trois minutes. Cela suffit. C'était un drôle d'être, contrefait, qui tenait en équilibre, sur des jambes très longues et très frêles, un buste énorme, rond comme un corps d'araignée et muni de bras immenses. Un visage osseux, un petit front bas et têtu, indiquaient l'obstination un peu bornée du personnage. Beautrelet chancela, les jambes molles. Il dut s'asseoir. — Parle. Que veux-tu ? — Le papier. Voici trois jours que je le cherche. — Je ne l'ai pas. — Tu mens. Quand je suis entré, je t'ai vu le remettre dans ton portefeuille. — Après ?



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