Je Sais Tout n°48 janvier 1909
Je Sais Tout n°48 janvier 1909
  • Prix facial : 1 F

  • Parution : n°48 de janvier 1909

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Publications Pierre Lafitte

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 178

  • Taille du fichier PDF : 117 Mo

  • Dans ce numéro : interview du tsar des Bulgares.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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« Cela me mit en confiance. Mais je n'ai pas pour habitude de marcher à l'aveuglette. J'aime à savoir ce que je fais. Je me rendis avec Manglion chez un dépositaire qu'il connaissait. Quand nous arrivâmes, ce directeur de garage, M. Crapoussin, était en grande conversation avec un monsieur qui me parut être un représentant de commerce. Avant même que Manglion ait pu lui adresser la parole, je lui avais posé la fameuse question  : « — Pourquoi l'Auto-Shrapnell est-elle celle que vous préférez vendre ? « Il feignit que l'interrogation vînt de son interlocuteur, lui frappa sur l'abdomen en riant un gros rire et s'écria  : « — Tiens, gros malin, parce que c'est celle qui me faitles plus fortes remises. « — Comment ? Comment ? fisje, effaré. « Il me vit alors et m'expliqua  : « — Oui, Monsieur, ces voitures sont si bonnes que tous mes clients en achètent et, comme beaucoup d'entre eux me les laissent à entretenir, je suis constamment obligé d'agrandir mes garages ou remises. « Ce ne fut pas long. Une demi-heure après, j'étais acquéreur d'une Auto-Shrapnell pour le prix de quinze mille francs. J'en versai dix mille comptant et promis paiement des cinq mille restants à deux mois de date. Tout bien réglé, le négociant me dit  : « — Maintenant que vous connaissez aussi bien que moi le maniement simple et commode de cette excellente petite voiture, allez donc un peu voir au Bois l'effet que peut produire sur les masses un chaufeur un peu « dessalé » ! « Il s'exprimait à la façon de Manglion. Celui-ci s'excusa de ne pas m'accompagner de suite. Il lui fallait encore un certain L'Auto=Shrapnell nombre de renseignements techniques pour qu'il fût bien assuré de m'éviter tout ennui. « Un chauffeur de la maison m'accompagna et, content comme un dieu, je saisis le volant. Nous nous dirigeâmes vers le Bois. Je n'eus pas la moindre anicroche... sauf, pourtant, une voiture de tomates accrochée et versée, dont il me fallut payer le contenu à la grande joie des gamins qui me bombardèrent de pommes d'amour un kilomètre durant. Je me couchai ravi de mon acquisition. « Mais le lendemain vit le début d'une incroyable série de pannes. Les pneumatiques crevaient comme des mouches, le carburateur se bouchait, la bougie s'encrassait, le moteur s'arrêtait brusquement, non sans avoir imprimé'au véhicule sept ou huit rudes secousses à contre-sens, qui me faisaientcogner le nez sur mon volant de direction. Alors, je mettais pied à terre et il m'était loisible de donner autant de tours de manivelle qu'il me plaisait. Mon moteur, à chaque tour, se contentait de se gratter la gorge  : « Ouaroagrr, grr, CONSOLATION grr ! ouaroagrr, grr, grr ! — Tu n'as pas la bosse de la mécanique — et puis  : Etsuiii ! — (Page 816, col. 1.) J'obtenais un violent éternuement et le moteur reprenait d'une voix creuse  : « Ouaroagrr, grr, grr ! « Autour de moi la foule s'amassait et, mortifié, je l'entendais commenter malignement mon infortune  : « — Drôle d'air qu'il.noud, son orgue. — Si seulement il ne dîne qu'à Rouen, il n'y a pas de temps de perdu. — Oh ! il arrivera, en poussant sa bagnole par derrière. — Moi, je connais un Anglais qui a un truc  : il court devant en tendant un bol d'essence. Alors l'auto suit par gourmandise... » Ici, Mc Oliphant fit exécuter à son sablier 815
Je sais tout une discrète culbute et marqua sur sa fiche un cran au crayon bleu. Cependant, il se disait  : — Force m'est d'avouer que le gaillard a plus de fond que je n'aurais cru. Le débit reste net et régulier. Aurai-je le temps d'aller rue de Babylone ?... A quoi tiennent pourtant nos projets !... Avec tout ça, c'est qu'il me faut des bottines... M. Derriberry filait son monologue  : — Vous voyez d'ici ma tête. Il en fut ainsi jusqu'au jour où mon cylindre éclata, fusillant littéralement la route de ses débris et justifiant le nom d'Auto- Shrapnellau delà de toute portée. On m'a ditrfl depuis que cet accident n'est jamais arrivé qu'à moi. C'est au moins un record que je détiens. « J'échappai à la catastrophe, remisai, de guerre las, ma voiturette dans un hangar où elle achève de se rouiller, et je renonçai à me jamais locomouvoir autrement qu'à pied ou en fiacre. A LA PORTE Encore une pro- — Moi, je te phétie réalisée  : ayant acheté une Auto-Shrapnell, je n'en voulais plus d'autre. Ces gens-là, au moins, ne sont pas menteurs. « Manglion me (lisait pour me consoler  : « — Tu n'as pas la bosse de la mécanique, mais c'est de la bonne petite voiture. Je voudrais en avoir seulement cinquante comme ça ; je ne serais pas ici ! « Vous vous imaginez sans peine les sentiments que je pouvais nourrir à l'égard de mon fournisseur de machines infernales. Aussi, quand on me présenta la facture Nouvelle complémentaire de cinq mille francs pour solde de tout compte, cette feuille de papier fit déborder la coupe d'amertume. « J'avisai le sieur Crapoussin qu'il se devait estimer fort heureux que je ne le poursuivisse pas pour tentative d'homicide par imprudence, qu'il n'aurait plus un sou de moi et que, Français, je me rendrais d'autant moins qu'il s'était déjà personnellement chargé de me faire sauter... Quelque chose de bien tourné. « De ce moment, je fus en butte aux importunités de l'indélicat commerçant. Il sonnait chez moi à toute heure du jour et même de la nuit, avec une ténacité vraiment admirable, s'endormant le temporal appuyé contre le bouton électrique, ce qui lui donnait loisir de prendre quelque repos sans cesser de déchaîner en mon logis un vacarme écoeurant qui me fit enfin comprendre que je suis le frère des demoiselles téléphonistes. « Il me relançait au théâtre, improvisant des scènes dans la salle que n'avait pas prévues l'auteur, m'invectivait dans les restaurants mondains où j e fréquente, `fripant ma réputation sous une pluie de basses injures, tandis qu'une autre pluie fort déplaisante s'abattait sur mon potage. « Il surgissait au détour d'une rue et ne me quittait plus, grimpant sur les ressorts et s'accrochant à la capote du fiacre dans lequel je'sautais pour lui échapper, braillant comme un ramoneur « — Regardez-moi ce mirliflore 1... Ça prend des sapins et ça ne peut pas payer cinq mille francs que ça doit !... « Un jour, pourtant, je réussis à le dépister. Depuis un moment il me poursuivait chaudement et je le sentais près de m'atteindre, quand j'eus une inspiration géniale. J'envahis une des stations du métro, prouverai que, pour toi, il n'est pas d'escalier en te passant par-dessus la rampe. (Page 817, cul. 2.) 816



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