Inform@ctions n°64 nov 18 à avr 2019
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vertueux. Nous analysons aussi 500 fournisseurs stratégiques à la demande de Wal-Mart qui vient d’être agréé 2° C par l’initiative Science Based Targets (SBT) 2. Est-ce que les indices environnementaux affichent de meilleures performances que les traditionnels ? LB – De plus en plus souvent. Les entreprises vertueuses en matière environnementale surperforment la moyenne de la Bourse. Par exemple, la société suisse d’indices Stoxx a un indice, le Global Climate Change Leaders, qui surperforme de près de 25% l’indice Stoxx Global 1 800 depuis 2012. Plus les investisseurs vont voir ce type de graphiques, plus ils vont être incités à investir dans ces entreprises-là. Après les entreprises, vous vous lancez maintenant dans la notation des fonds. LB – En effet. En partenariat avec ISS Climate, nous avons lancé Climetrics, la première notation de fonds qui permet aux investisseurs d'intégrer l'impact climatique dans leurs décisions d'investissement en utilisant notamment les notes entreprises du CDP. Par conséquent, le CDP note également les fonds de ses propres investisseurs signataires mais aussi d’autres bien entendu. Sur 10 000 milliards d'euros de fonds actions et obligations en Europe, Climetrics note déjà des fonds représentant un montant total de 3 000 milliards d'euros. Dans un premier temps, nous commençons par l’Europe. A ce jour, nous notons 630 gérants d’actifs et près de 3 700 fonds. Il s’agit d’une véritable innovation. C’est la première fois au monde qu’il y a une notation transparente et indépendante qui mesure l’impact climatique d’un fonds d’investissement (actions, obligations d’entreprises ou mixte). Quelle est votre méthodologie ? LB – D’abord, pour que nous puissions noter un fonds, il faut qu’au moins 60% des actifs sous gestion soient notés par le CDP. Autre condition, le fonds doit avoir une taille d’au moins 150 millions. Climetrics note les fonds en utilisant une combinaison unique de critères passés et futurs. La notation est élaborée à partir de trois niveaux d’analyse  : - la stratégie d’investissement du fonds et son respect des principes de l’investissement responsable (5%) - le score de la société de gestion avec l’intégration du changement climatique dans la gouvernance et les décisions d'investissements (10%) - le score du portefeuille du fonds avec l’analyse de l'impact climatique de chaque société qui compose le portefeuille (85%) La note finale est symbolisée par une feuille verte pour les fonds avec la note la plus basse ; cinq pour les meilleurs. Un fonds qui a cinq feuilles a commencé à faire sa transition vers une économie bas carbone. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il est aligné sur 2°C. Mais cela donne un excellent signal à un investisseur privé soucieux d’investir pour le bien de la planète. Il sait qu’il peut s’orienter vers des Du 1er août 2012 au 5 octobre 2018 Stoxx Global Climate Change fonds à quatre ou cinq feuilles. Où peut-on trouver la liste de ces fonds ? LB – Actuellement sur climetrics-rating.org, yourSRI.fr et, très bientôt sur OPCVM360.com en France. Notre but est d’être sur le plus de plateformes possibles. Il faut faire monter le buzz pour inciter les gérants à utiliser ces feuilles dans leur communication commerciale. Il faut donc susciter une demande de la part des institutionnels et des investisseurs particuliers. D’ailleurs, j’encourage très vivement tous vos lecteurs et membres à demander à leurs conseillers en gestion de patrimoine la note Climetrics de leurs fonds. Est-ce que l’environnement est favorable à cette thématique d’investissement ? LB – Très, en particulier en France qui est le pays le plus avancé sur les thématiques environnementales. Récemment, la Banque postale a promis que les 220 milliards d'euros de sa gestion d'actifs seront conformes aux principes de l'investissement socialement responsable (ISR) d'ici à 2020. Tous les jours, il y a un gérant d’actifs dans le monde qui fait ce type d’annonces. Le fond du problème est que nous ne sommes pas en situation de réaliser les accords de Paris. Il y a une urgence climatique dont les gens ne se rendent pas compte. Il va donc falloir faire beaucoup plus en beaucoup moins de temps. C’est-à-dire beaucoup plus d’efforts. C’est là que les investisseurs ont un rôle essentiel à jouer. S’ils bougent dans le bon sens, l’entreprise bougera pour rester dans l’univers des actifs éligibles. L’investisseur a une très grosse responsabilité pour réaliser les accords de Paris. L’article 173 Stoxx Global 1800 Jan13 Jul 13 Jan 14 Jul 14 Jan15 Jul 15 Jan16 Jul 16 Jan17 Jul 17 Jan18 Jul 18 Entretien L’article 173 de la loi sur la transition énergétique du 17 août 2015 définit les obligations d’information des investisseurs institutionnels concernant leur prise en compte des paramètres environnementaux et sociaux. Il s’adresse à plus de 840 investisseurs institutionnels qui sont donc désormais tenus de publier avec transparence leur intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans leurs opérations d’investissement. Ces investisseurs institutionnels rassemblent les différentes mutuelles, sociétés de gestion, banques et compagnies d’assurance qui sont maintenant soumis à la même obligation de transparence. Cet article fait de la loi TEE la première mondiale à inciter les investisseurs institutionnels à publier le reporting ESG de leurs activités. Ils devront indiquer la part verte de leurs portefeuilles, mais aussi la contribution de leurs investissements dans la lutte contre le changement climatique et la favorisation de la transition énergétique. Il s’agit d’une innovation législative de premier ordre pour l’investissement responsable qui valide l’obligation pour les investisseurs institutionnels de communiquer sur leur gestion du risque climat et de la part carbone de leurs portefeuilles. Les sociétés sont aussi concernées. Elles doivent déclarer dans leur rapport annuel les risques financiers liés aux effets du changement climatique ainsi que les mesures adoptées pour les atténuer. (2) Initiative du CDP, du UN Global Compact, du World Resources Institute et du WWF visant à mobiliser les entreprises pour qu’elles alignent leurs émissions à effet de serre sur l’objectif de 2°C. Novembre 2018 - N°64 - INFORM@CTIONS <9> +100% +50% 0% -50%
DOSSIER 10 ans après Lehman, a-t-on tiré toutes les leçons de la crise ? La faillite de Lehman Brothers, le 15 septembre 2008, est le symbole d’une crise financière profonde déjà en cours depuis un an. Elle met à nu la très grande vulnérabilité du système financier international. Depuis, les réformes et les efforts d’assainissement nécessaires ont été entrepris. Le prix en a parfois été élevé mais les banques centrales ont mené une politique vigoureuse de taux bas qui a adouci l’amertume du médicament. Il s’agit maintenant d’en sortir. C’est là que le bât blesse. <10> Novembre 2018 - N°64 - INFORM@CTIONS DDans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 septembre, la vénérable banque d’affaires de Wall Street Lehman Brothers se place sous le régime des faillites. Avec un bilan de près de 700 milliards de dollars, c’est la plus grosse banqueroute de l’histoire. C’est la conséquence directe d’une crise des prêts hypothécaires à risque – dite des « subprimes » - qui avait commencé à l’été 2007 aux Etats-Unis. La crise trouve son point de départ dans la hausse des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine à partir de 2005. Cette hausse, renchérissant le coût du remboursement des prêts, provoqua un taux de défaut de 15% de ces crédits en 2007. En outre, à partir de de cette année-là, pour la première fois depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, les prix de l'immobilier se mirent à baisser. Cette baisse, qui n'avait pas été anticipée, provoqua de nombreuses faillites parmi les organismes de crédit qui avaient délivré des subprimes. En effet, ces organismes se remboursent, en cas de défaut sur un prêt, en vendant le bien immobilier. L’afflux massif et inattendu de biens à vendre sur le marché immobilier provoqua une chute des prix des actifs. Cette baisse a provoqué également des faillites nombreuses parmi les fonds d'investissements qui spéculaient sur ces mêmes prêts hypothécaires à risque. cAc40  : 21 mois de dégringolade Enfin, la crise s'étendit au monde dans un contexte de contagion à l'ensemble des acteurs économiques dû à la pratique de la titrisation. En effet, les établissements qui accordaient des prêts subprimes, les ont découpés puis revendus sous forme d’instruments plus liquides à une multitude d’investisseurs attirés par des rendements plus élevés. Lorsque les banques (qui financent les fonds d'investissement, ces derniers ayant fait faillite) refusèrent de se prêter de l'argent de peur qu'elles détiennent des liquidités « toxiques », elles initièrent la crise bancaire et financière de l'automne 2008, entraînant le monde dans la crise économique la plus grave depuis la Grande Dépression des années trente. » e≠et de contagionéconomiques Pour Lehman, l’effet est ravageur. La banque a largement contribué à la diffusion des produits subprimes. Elle en détient pour 85 milliards de dollars dans ses comptes. C’est un des plus gros portefeuilles du marché. Pourtant elle n’est pas la seule dans ce cas. Dans les mois qui précèdent sa faillite, plusieurs institutions sont sauvées par le Trésor américain  : la banque Bear Stearns, l’assureur AIG et les sociétés de crédit hypothécaires Freddie Mac et Fannie Mae sont renflouées. 6000.00 5000.00 4000.00 2958.74 876.75M Juil Sept Nov 2008 Mars Mai Juil Sept Nov 2009 Mars Source  : Yahoo/finance



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