Inform@ctions n°63 mai à oct 2018
Inform@ctions n°63 mai à oct 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°63 de mai à oct 2018

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Fédération des Investisseurs Individuels & des Clubs d'Investissement

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : les Fintech françaises, dynamiques mais en manque de fonds.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DOSSIER i aml m-mmim-mm -'<10> Mai 2018 - N°63 - INFORM@CTIONS que font les Fintech FInnuh loe cafedelabourse.com Interview de Sylvain Forté CEO et co-fondateur de SESAMm Vous vous présentez comme un spécialiste de l’exploitation des données alternatives pour la finance de marché. De quoi s’agit-il exactement ? Sylvain Forté – Depuis 10 ans, la principale source de données utilisées et exploitées à travers différentes méthodes est considérée comme traditionnelle  : il s’agit des données relatives à l’information partagée par la presse sur les entreprises, les bilans des sociétés, des cours de marché, des volumes, les échanges, la volatilité etc… Grâce à l’émergence de technologies innovantes, une complémentarité se crée avec une nouvelle série de données alternatives à valeur ajoutée. Elles sont issues des données textuelles (web, réseaux sociaux, forums, blogs…), de l’enregistrement de certains échanges par satellite, par géolocalisation et à travers les transactions. Elles ont pour objectif de permettre de prédire ce qui se passe sur les marchés financiers. Actuellement les acteurs de marché souhaitent avoir une source de données différenciantes et non accessibles à tous les utilisateurs, car elle vient avant une décision d’investissement. L’exploitation des donnée alternatives permet de profiter des inefficiences du marché, de générer potentiellement plus de performance que la concurrence, et également de découvrir des opportunités d’investissement. Quelles solutions proposez-vous ? Vos clients sont des gérants d’actifs, en quoi elles les intéressent ? SF – Le cœur de l’exploitation des données afin de prédire l’humeur des marchés réside dans l’extraction de données de texte sur le web dans le monde entier. Une fois un article identifié, l’algorithme du traitement automatique des langues transforme le texte en valeur numérique afin de donner à des messages et textes un sens compréhensible par les machines. Il s’agit de détecter et de séparer le bruit, non utile au processus d’investissement, de l’information pertinente qui permet une réelle prise de décision. Un sentiment positif ou négatif est évalué, puis un modèle d’interprétation, notamment grâce au machine learning, permet de prédire quel mouvement cela va provoquer sur les marchés. Sujet d’actualité, les Fakes News sont aussi détectées et intégrées au processus, car elles affectent directement les biais comportementaux. Une série de données correspondant aux sentiments, émotions et opinions à laquelle, s’ajoutent des méthodes d’interprétation basées sur des algorithmes de machine learning, permettent de générer un signal. Par sa solution, SESAMm fournit à ses clients des indicateurs et méthodologies complètes d'investissement. Songez-vous vous intéresser au marché des particuliers ? SF – SESAMm se concentre aujourd’hui à déployer sa solution vers les fonds d’investissement et ne prévoit pas à moyen terme de s’intéresser aux particuliers. Tous nos efforts se concentrent à introduire notre technologie à une échelle mondiale à travers un réseau de partenaires, avec notamment l’ouverture d’une filiale à Londres. Interview de Mark Kepeneghian CEO et fondateur de Kriptown Quel problème avez-vous identifié ? Mark Kepeneghian – Après avoir travaillé chez Rothschild en salle de marchés, je me suis intéressé aux problématiques liées aux facteurs de risques et, plus précisément, au risque d’illiquidité qui est le plus important sur les petites capitalisations. Partant de ce postulat et puisqu’il n’y a pas de liquidité dans l’investissement en start-ups, par définition non cotées, nous avons cherché une solution qui consiste à la fois à créer une liquidité qui permettrait à des investisseurs de rentrer, tout en réduisant indirectement le risque intrinsèque de l’actif, par l’augmentation même de la liquidité. Actuellement la plupart des investisseurs ne sont pas intéressés par cette classe d’actifs que sont les start-ups car elle est jugée trop risquée, avec un horizon d’investissement trop long. De plus, il est compliqué d’y investir. Les levées de fonds se font à travers des réseaux fermés tel que celui des Business Angels. Le particulier lui a accès au crowdequity, un secteur peu développé en France, avec un marché de niche en actifs sous gestion et sans liquidité. De plus, le crowdequity ne dispose pas de marché secondaire, les plateformes se rémunérant sur les souscriptions. Pour l’investisseur il s’agit d’un investissement « coup de cœur », sans notion de plus-value, et avec un accompagnement de 5 à 10 ans. Votre solution consiste donc à créer la Bourse des startups. De quoi s’agit-il exactement ? MK – A travers sa plateforme, Kriptown propose une introduction de la start-up sur un marché primaire, avec une phase de souscription à prix fixe (inspiré des IPO). L’investisseur participe à une levée de fonds en euros destinés à la start-up et perçoit en échange des tokens (jetons). C’est Kriptown qui gère l’augmentation de capital. Pour ce faire, nous utilisons notre blockchain propriétaire qui permet une émission rapide, fiable et sécurisée des tokens. L’investisseur ne devient pas actionnaire de la start-up mais propriétaire de tokens dont la valeur est liée à celle de leur sous-jacent, les parts de l’entreprise. Par la suite, les tokens sont librement échangés sur le marché secondaire. Notre objectif est de faciliter l’investissement en start-ups et de démocratiser l’accès aux levées de fonds. Pour pouvoir avoir accès à notre plateforme, Kriptown a mis en place un système d'éligibilité novateur en élaborant et en standardisant leur « White Paper » (inspiré du prospectus AMF). Une fois rempli par la start-up, ce dernier est certifié par trois tiers de confiance pour permettre aux investisseurs d’avoir accès à l’intégralité des informations avant souscription  : un cabinet d’avocat, un commissaire aux comptes et une agence de notation. Qui sont vos clients ? MK – Tout type d’investisseurs. Cependant l’émulation suscitée par les cryptomonnaies révèle une forte appétence des jeunes âgés de 25 à 35 ans. Mais, bien sûr, à long terme, il s’agit d’intéresser les fonds institutionnels et de private equity grâce à notre solution d’apport de PM:J-C liquidités ESS qui contribue à réduire le risque intrinsèque aux start-ups.)
La donnée  : Le nouvel or noir des banques (et surtout des fintech) ? Par Jonathan Herscovici, fondateur et CEO de WeSave et membre du bureau de France Fintech Le scandale Facebook - Cambridge Analytica montre bien à quel point la donnée et son exploitation sont devenues des enjeux ultra-stratégiques à la fois sur les aspects de business model mais aussi de sécurité et d’encadrement réglementaire. Dans le milieu bancaire et financier, nous n’en sommes qu’aux balbutiements sur tous ces aspects. Heureusement, les fintech prennent le rôle de véritables émulateurs de marché. La ruée vers l’or de la data bancaire. Grâce à la généralisation des technologies Internet, adoptées par les banques et les assureurs, les fintech seront en mesure d’exploiter des gisements de données extrêmement précieux pour nourrir la relation exclusive qu’elles veulent entretenir avec les clients finaux. Les évolutions réglementaires sont en train de contribuer à ces bouleversements. La directive européenne DSP2 imposera aux banques de mettre à disposition des API - d’ici à septembre 2019 - qui permettront aux clients finaux (à travers des fintech principalement) de disposer de toutes leurs informations bancaires. Le leitmotiv principal de ces disrupteurs fintech est de reprendre à leur compte la relation avec les clients finaux, obligeant les banques à se réinventer. Le point de départ de cette nouvelle ère bancaire est indéniablement la donnée. Problème, les banques ne savent pas extraire la donnée qu’elles possèdent depuis toujours à cause de la dette technique accumulée depuis des dizaines d’années et l’utilisation encore importante de technologies obsolètes. Alors que les banques critiquent pour des raisons de sécurité les technologies de scraping utilisées par les fintech, elles ont elles-mêmes recours à ces méthodes pour récupérer les données. Un comble. Mais l’enjeu majeur se trouve dans l’exploitation des données brutes. Là encore, les banques ne semblent pas parvenir à le faire correctement. Elles devront donc faire appel à des fintech pour les aider. Attention néanmoins à ne pas les transformer en des SSII « améliorée » car d'autres acteurs de la fintech, profitant de leur agilité dans l’utilisation de la donnée et de leur savoir-faire en matière scientifique et technologique, se positionnent en concurrence des banques pour apporter plus de valeur au client final en fonction de ses besoins. Parmi les centaines d’applications possibles de l’exploitation de la donnée, celle-ci va d’abord permettre d’améliorer la transparence avec notamment l’avènement de comparateurs intelligents des différents acteurs du secteur financier et des produits financiers eux-mêmes. Le client va, entre autres, avoir accès au détail des frais et pourra évaluer l’objectivité d’un conseil. C’est un bouleversement majeur pour les banques qui sont encore loin d’y être préparées complètement. Vers des modèles économiques beaucoup plus data-driven. Le modèle économique classique des banques est en perte de vitesse. Comme on vient de le voir, les fintech viennent menacer les modèles existants en créant des services qui se concentrent sur une meilleure connaissance client, un parcours utilisateur repensé et une adéquation objective entre les attentes du client et la gamme de services/produits conçu pour lui. Les fintech font le pari que mieux connaître le client entraînera nécessairement une progression fulgurante de leur satisfaction. Leur légitimité à facturer un service financier n’en sera que plus forte. Ces constats sont autant d’opportunités pour construire de nouveaux services hybrides, qui mêlent l’accompagnement « humain » et les nouvelles technologies. Si les fintech trouvent le bon équilibre pour devenir le principal interlocuteur du client en tant que « conseiller financier augmenté », elles pourront reléguer la banque à un simple rôle de concepteur des produits, de gestionnaire du risque et de dépositaire des fonds. Une catastrophe. Les modèles économiques existants ne vont néanmoins pas disparaître si facilement. Ils seront d’abord optimisés à l’extrême en améliorant l’efficacité de toute la chaîne de valeur bancaire. L’exploitation de la donnée sera évidemment le principal contributeur de cette optimisation. Par exemple dans l’analyse de crédit aux entreprises, des fintech proposent une analyse automatisée, actualisée en permanence, des données des comptes bancaires de ces entreprises mais aussi celles générées par leur business, comme le paiement des fournisseurs, ou encore par leur activité sur les réseaux sociaux. L’octroi du crédit pourrait être quasi instantané. La donnée bancaire n’est, ainsi, pas la seule exploitable et peut être croisée avec d’autres. Les géants du web, champions du monde dans l’exploitation de tous types de données, s’intéressent de plus en plus à celles produites par l’industrie financière. Ces analyses de données clients (pas uniquement bancaires) commencent d’ailleurs à intéresser tous les marchands qui, eux aussi, font face à un contexte qui les pousse à innover et à mieux répondre aux attentes de personnalisation de leurs consommateurs, quels que soient les canaux utilisés. D’autres fintech s’engouffrent donc vers les vertus business d’une stratégie « customer centric » qui profite à tout le monde. L’expérience bancaire de demain sera d’abord « customer centric ». La concurrence dans les services financiers ne va donc plus se jouer seulement sur le triptyque prix/produit/marque mais de plus en plus sur les données et leur utilisation, l’ultra-personnalisation par exemple. Les acteurs - banque ou fintech - qui se démarqueront et qui généreront de la longévité dans leur interaction client sont ceux qui s’appuieront sur les valeurs et les émotions du client final. Les entreprises « customer centric » ont compris qu’un produit dont la promesse ne repose que sur de simples caractéristiques techniques peut se substituer facilement  : une voiture peut être remplacée par une autre voiture. La création de valeur se fait sur l’expérience client amplifiée par le soin du détail. Ce qui fait le succès de ces stratégies, c’est la capacité de l’acteur à créer un avantage concurrentiel basé sur l’expérience client qui pourra même être parfois empathique  : c’est l’ultra-personnalisation de la relation. Il ne faudra pas négliger, néanmoins, l’importance de la confiance du client dans la notoriété de la marque et dans la solidité de l’entreprise lorsqu’il fera son acte d’achat, et particulièrement dans les services financiers. Dossier Mai 2018 - N°63 - INFORM@CTIONS <11>



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