Inform@ctions n°62 nov 17 à avr 2018
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DOSSIER Le rachat d’actions témoigne de l’intérêt également des managers à la gestion et à la tenue de leurs cours de bourse. Ils l’apprécient d’autant plus que certains bénéficient de plan de rémunération indexé à la performance du titre. « Cela peut être une tactique pour un groupe qui estime que sa valeur boursière ne reflète pas sa valeur réelle, explique Arnaud Chesnay. Nous oublions souvent que le rachat correspond à une sortie de trésorerie de l’entreprise et donc sa valeur diminue d’autant. D’un point de vue comptable, la valeur d’entreprise reste identique après l’opération, seulement si la société décide d’annuler les actions qu’elle a racheté. Elle n’a donc pas forcément besoin de faire cela. » Les opérations de rachat ne sont donc pas à l’abri des critiques. Dans l’esprit de certains investisseurs, elles traduisent l’absence de projets de l’entreprise. « Les politiques monétaires à taux zéro peuvent avoir des effets pervers. Elles peuvent inciter les entreprises à acheter des actifs existants et satisfaire l'actionnaire via des rachats d'actions (ou distribution de dividendes) et cela s'effectue au détriment d'investissements nouveaux. Il y a un effet d’aubaine avec des coûts d’emprunt très bas », déclare Loïc L’Hermitte. « Avec cette vague de rachats, il ne faut pas voir un manque d’imagination de la part des entreprises en matière d’investissement. En raison des valorisations élevées, les acquisitions sont limitées », nuance Jean-Marc Maringe. Les rachats interviennent souvent après une cession d’actifs ou une réorganisation du capital. Ils sont accompagnés également par le versement de dividendes exceptionnels. Ils peuvent être motivés pour compenser la dilution entrainée par l’utilisation d’autres produits financiers, comme la conversion d’obligations convertibles et l’attribution gratuite d’actions. Les titres rachetés sont souvent annulés et ainsi, l’équilibre actionnariale est maintenu. Pour d’autres, au contraire, ces opérations permettent de renforcer le contrôle des actionnaires majoritaires qui n’apportent pas leurs titres. Vincent Bolloré a opéré ainsi sur Vivendi. Depuis 2015, le groupe de médias a racheté ses propres actions pour un montant d’environ 2,3 milliards d’euros et a versé 5,8 milliards sous forme de dividendes. La dernière assemblée générale a approuvé une nouvelle résolution donnant la possibilité au groupe de procéder au rachat de ses propres actions dans la limite de 10% du capital au prix maximum de 20 euros. En revanche, la famille Mittal ne voulant pas accroître sa participation chez Aperam, le fabricant d’acier inoxydable, qu’il contrôle apportera des titres au marché pendant le programme de rachat. Les rachats d’actions peuvent entrer dans une multitude de stratégies. Si la présentation d’un programme est souvent appréciée par les investisseurs, ceux-ci privilégient encore et de loin le dividende. Le marché français n’est pas prêt d’adopter les habitudes américaines. M € 20 000 18 000 16 000 14 000 12 000 10 000 8 000 6 000 4 000 2 000 0 7 618 <12> Novembre 2017 - N°62 - INFORM@CTIONS Les rachats d’actions par le menu détail Les rachats « au fil de l’eau » J'2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 Source  : Vernimmen 4 L’Assemblée générale décide 4 Le programme d’une société cotée ne porte pas sur plus de 10% du total de ses propres actions, le maximum que l’émetteur peut détenir (autocontrôle). L’entreprise doit tenir compte des titres qu’elle détient déjà. 4 Objectif admis - Réduire le capital de l’émetteur. Celui-ci a deux ans pour annuler effectivement les titres rachetés. Il peut annuler ainsi jusqu’à 10% de son capital tous les deux ans. - Satisfaire aux obligations découlant de titres de créance, qui sont échangeables en titres de propriété - Satisfaire aux obligations découlant des programmes d’options sur actions ou autres allocations d’actions, aux salariés, ou aux membres des organes d’administration, de gestion ou de surveillance de l’émetteur ou d’une entreprise associée - Autres objectifs dès lors qu’ils ne sont pas considérés comme un abus de marché Animation du marché de l’action par un prestataire de services d’investissement Opérations de croissance externe L’émetteur doit indiquer dans son programme la répartition des titres rachetés en fonction des objectifs admis. 4 Les transactions déclarées à l’AMF à la fin du septième jour de négociation suivant la réalisation de la transaction 4 La durée du programme est de 18 mois maximum L’Offre publique de rachats d’actions (OPRA) Contrairement aux rachats d’actions, l’offre se déroule à un prix donné et sur une période de temps plus courte, vingt à trente jours calendaires, comme lors d’une offre publique d’achat, et non au fil de l’eau. Les actionnaires peuvent apporter les titres qu’ils veulent. S’il y en a trop, le prorata s’impose à tous. Lorsque l’émetteur veut procéder à un rachat supérieur à 10% de ses titres, il lance une OPRA. La fiscalité Rachats d’actions au sein du cAc 40 depuis 2003 9 209 6 264 7 869 19 200 11 240 1 952 5 699 Les rachats d’actions sont considérés comme des cessions de valeurs mobilières et sont donc soumis à l’impôt sur les plusvalues Lorsque la réduction de capital lors d’une OPRA, par annulation des titres, n'est pas motivée par des pertes, l'investisseur individuel relève à la fois du régime des plus-values et de celui des revenus des valeurs mobilières. La répartition entre les deux régimes est systématiquement détaillée dans la notice AMF accompagnant l'opération, à laquelle il convient de se référer. 4 591 6 573 10 189 5 507 9 511
GESTION DE PORTEFEUILLE « Les entreprises plaçant l’humain au centre de leurs stratégies a∞chent de meilleures performances » Bertille Knuckey est co-gérante avec Cyril Charlot de Sycomore Happy@Work, un fonds ISR (investissement socialement responsable) qui met un peu plus l’accent sur les aspects sociaux. Les entreprises qui créent un environnement de travail épanouissant, vecteur de performance durable, existent dans tous les secteurs et sont à l’origine de belles histoires humaines. <14> Novembre 2017 - N°62 - INFORM@CTIONS Bertille Knuckey La semaine de la finance responsable a eu lieu au début de l’automne. Après le développement durable, l’an passé, ses promoteurs ont décidé de mettre l’emploi à l’honneur. Tout comme votre fonds Sycomore Happy@Work que vous co-gérez avec Cyril Charlot. En choisissant une telle thématique, peut-on réussir à dégager de la performance ? Bertille Knuckey - Pour preuve, notre fonds a progressé de plus de 36% * depuis son lancement en 2015, alors que son indice de référence, l’Euro Stoxx TR** n’a gagné que 16,9%. Pour notre fonds Sycomore Happy@Work, nous avons choisi de nous concentrer sur l’emploi et plus précisément sur les entreprises qui accordent une importance toute particulière à la valorisation du capital humain. Cette approche a été privilégiée, car les équipes de Sycomore AM ont constaté, en 20 ans d’expérience, que les entreprises plaçant l’humain au centre de leurs stratégies affichaient de meilleures performances. Dans l’investissement socialement responsable (ISR), les gérants examinent les valeurs selon des critères financiers et extra-financiers, dits ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance). Vous vous êtes focalisés sur le S ? 150 140 130 120 110 100 90 80 Performance depuis le lancement Sycomore Happy@work R* Euro Stoxx TR** BK – Pas uniquement. Nous avons renforcé nos exigences sur ce pilier en particulier, mais nous restons très vigilants sur les autres. La création de valeur dans une entreprise n’est durable que si elle profite à toutes les parties prenantes, pas uniquement aux actionnaires. Nous avons développé en interne une méthodologie d’analyse rigoureuse qui s’applique à l’ensemble de nos fonds, intitulée SPICE  : les fournisseurs et la société (Suppliers & Society), les collaborateurs (People), les actionnaires (Investors), les clients (Clients), l’environnement (Environment). Les aspects économiques et financiers sont examinés dans le pilier I. Les entreprises dont la note SPICE est inférieure à 3 sur une échelle de 5 sont exclues de notre univers d’investissement. Après les filtres SPICE, vous commencez alors à regarder attentivement les aspects sociaux. BK – En effet. Nous avons lus nombre d’essais et d’ouvrages de référence, dont nous nous sommes inspirés pour bâtir une méthode qui repose sur cinq critères indispensables pour créer un environnement de travail épanouissant, vecteur de performance durable. Premièrement, le sens. Est-ce que les salariés participent à la définition et à la construction de leur 70 07-15 12-15 05-16 10-16 03-17 09-17 *Performances et cours au 30 septembre 2017 **Dividendes réinvestis. 16.9%



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