In Vivo n°18 sep à déc 2019
In Vivo n°18 sep à déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°18 de sep à déc 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre Hospitalier Universitaire Vaudois

  • Format : (170 x 230) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,7 Mo

  • Dans ce numéro : plongée au coeur d'un essai clinique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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C 6416 Le cancer est un ennemi sournois, qui arrive à échapper à la vigilance du système immunitaire. L’immunothérapie a pour but d’aider le corps à reconnaître les cellules cancéreuses et à les détruire. Les anticorps, des molécules produites par les cellules immunitaires, reconnaissent facilement les « envahisseurs » extérieurs tels que les pathogènes, les bactéries ou les virus, et induisent la destruction de ces cibles. Ils peuvent devenir de puissants alliés dans la lutte contre le cancer, comme le rituximab, premier anticorps utilisé pour de l’immunothérapie contre le cancer, l’a démontré. Au XVIII e siècle, un scientifique anglais, Edward Jenner, théorise le fait que contracter la vaccine, une maladie bénigne affectant les vaches, immunise contre la redoutable variole. Considéré comme le père de l’immunologie, il met ainsi au jour 68 H N O 6416 9874 UNE MOLÉCULE, 1688 1987 Le rituximab ou la préhistoire de l’immunothérapie le principe de la vaccination. Au XIX e siècle, Louis Pasteur, à qui l’on doit notamment le vaccin contre la rage, fait bourgeonner l’industrie des vaccins en France et dans le monde. « Ils sont cependant utilisés à cette époque uniquement contre des maladies infectieuses », explique Thierry Buclin, médecin-chef du Service de pharmacologie clinique du CHUV. Au début du XX e siècle émerge l’idée que le système immunitaire pourrait être utilisé contre le cancer  : ce sont les balbutiements de l’immunothérapie. « L’hypothèse que notre système immunitaire nous défend également contre les cancers a été émise dès 1909, raconte Thierry Buclin. Autour des années 1970, on découvre CORPORE SANO ZOOM UNE HISTOIRE TEXTE  : CHARLOTTE MERMIER que le vaccin contre la tuberculose est capable de soigner certains cancers. C’est également à cette période que l’on apprend à produire des anticorps en grande quantité contre une cible choisie. Et dès 1980 apparaissent les premiers essais d’anticorps contre le cancer. » C’est ainsi que naît le rituximab, le premier anticorps commercialisé pour traiter un cancer. Il cible un type de lymphome, un cancer issu précisément des cellules immunitaires. « Cet anticorps a été développé dans les années 1990, approuvé par la FDA (ndlr  : Food and Drug Administration aux États-Unis) en 1997, et il est commercialisé depuis maintenant 22 ans. Il a révolutionné le traitement des lymphomes », poursuit Thierry Buclin. RITUXIMAB C 6416 H 9874 N 1688 O 1987 S 44 1987 S 44 L’efficacité de l’immunothérapie contre le cancer est donc confirmée. L’histoire récente du rituximab a en outre conduit à une évolution significative de la réglementation. Comme les médicaments, les anticorps peuvent avoir leur équivalent « générique » une fois le brevet initial expiré  : on parle alors de biosimilaires. « Les autorités sanitaires se sont rendu compte qu’on ne peut pas raisonner de la même manière que pour les autres médicaments, remarque Thierry Buclin. Les anticorps sont des molécules extrêmement complexes  : des critères stricts ont dû être mis en place pour admettre des biosimilaires, exigeant que l’équivalence thérapeutique de ces produits soit vérifiée. » C’est donc le rituximab, précurseur de l’immunothérapie moderne, qui a ouvert la voie scientifiquement, mais aussi sur le plan réglementaire, à la profusion actuelle de ces traitements. ⁄
CURSUS ÉCLAIRAGE CURSUS ÉCLAIRAGE Texte  : Rachel Perret Photo  : Eric Déroze L’hôpital ne se moque pas de la charité Aujourd’hui, les dons constituent un marché efficace et prometteur pour développer de nouvelles ressources. À travers la Fondation CHUV, l’hôpital a perçu plus de 1,3 million de francs de dons en 2018, soit deux fois plus que l’année précédente. Dans le domaine de la philanthropie – un terme qui englobe toute action privée et volontaire ayant un but d’utilité publique – le facteur chance entre parfois en jeu. Mais il s’agit avant tout de soigner ses contacts et ses relations. « C’est le nerf de la guerre, confirme Michèle Joanisse, directrice de la Fondation CHUV. Une grande partie de mon travail consiste à mettre en contact les bonnes personnes et à faire le lien entre des donateurs potentiels et des projets de santé. » Contrairement aux pays anglo-saxons, la recherche de fonds dans le milieu hospitalier reste discrète en Suisse. 69 En 2018, le Prof. Olivier Lamy, directeur du Centre des maladies osseuses du CHUV, a ainsi pu bénéficier d’un dontestamentaire. « Cette manne plus que bienvenue a permis de payer le salaire d’une infirmière collaboratrice de recherche pendant un an, dans le cadre d’une étude qui s’intéresse aux facteurs de risque communs aux maladies cardiovasculaires et à l’ostéoporose. Cet argent tombait vraiment du ciel. J’ai eu beaucoup de chance, car mon fonds de recherche était épuisé. » UNE GÉNÉROSITÉ QUI PÈSE 1,8 MILLIARD Créée en 2010 pour accueillir les dons spontanés et gérer le sponsoring dans le cadre d’un événement au Comptoir suisse, la Fondation CHUV s’est développée progressivement dans le but de professionnaliser la recherche de fonds à l’hôpital. Dans le paysage hospitalier suisse, cette activité reste discrète. Dans les pays anglo-saxons, a contrario, les campagnes d’appels aux dons foisonnent et les fondations apportent une réelle plus-value à leurs hôpitaux. « C’est une différence de culture,



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