In Vivo n°18 sep à déc 2019
In Vivo n°18 sep à déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°18 de sep à déc 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre Hospitalier Universitaire Vaudois

  • Format : (170 x 230) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,7 Mo

  • Dans ce numéro : plongée au coeur d'un essai clinique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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m’inscrire sur la liste des futurs transplantés en novembre 2017. Onze mois plus tard, je recevais un nouveau foie. » Si le Vaudois parle ouvertement de sa maladie, c’est afin que le grand public sache que des problèmes au foie ne sont pas forcément liés à une hépatite ou à l’alcool. Il fait partie de la minorité des patients atteints d’une NASH qui ne sont pas en surpoids. « Je ne fume pas, je bois très raisonnablement, je marche très régulièrement », faitil remarquer. Il avait néanmoins un diabète de type 2 et du cholestérol. « Les médecins traitants sont apparemment encore peu habitués à faire des examens du foie, surtout chez les personnes non obèses. » DÉPISTAGE NON SYSTÉMATIQUE « C’est une maladie que l’on peut prévenir, note MohammedBarigou, chef de clinique au CORPORE SANO PROSPECTION Service d’endocrinologie, diabétologie et métabolisme du CHUV. De la stéatose simple aux stades initiaux de la fibrose, nous sommes dans des processus réversibles. Mais, pour cela, le dépistage des cas à risque doit se généraliser. » Il s’agit notamment de surveiller les personnes atteintes de diabète de type 2 avec un syndrome métabolique. « Les sociétés savantes recommandent un dépistage systématique des patients à risque en leur proposant des tests hépatiques. Des taux enzymatiques élevés doivent suggérer au médecin traitant la nécessité d’explorations complémentaires telles qu’une échographie du foie. L’élastographie impulsionnelle (FibroScan) en sus est un bon outil de détection de la fibrose hépatique. » Cette dernière méthode, non invasive, évalue la propagation d’une onde de choc dans le foie et mesure son élasticité. Plus l’onde se propage rapidement, plus le tissu hépatique est rigide et la fibrose importante. Le diagnostic précis se fait à l’aide d’une biopsie du foie. « Cependant, avec une consultation, une prise de sang et un ultrason, nous parvenons déjà à aller loin dans le diagnostic, avance le Prof. Moradpour. La probabilité d’une NASH est haute si nous pouvons exclure les autres causes d’atteinte hépatique chronique comme les hépatites virales, des maladies auto-immunes ou héréditaires, la prise de certains médicaments, mais surtout une consommation excessive d’alcool. » Sur ce dernier point, le taux d’alcool ne peut plus être toléré par le foie s’il dépasse 30 grammes par jour pour les hommes et 20 grammes chez les femmes, selon la définition européenne. PAS DE SOLUTION MAGIQUE Lorsqu’une stéatohépatite non alcoolique est dépistée, les médecins analysent son évolution sur trois à douze mois, en prescrivant au patient des changements STADES D’ÉVOLUTION DE LA STÉATOHÉPATITE NON ALCOOLIQUE La NASH est réversible si elle est détectée suffisamment tôt. Les risques s’avèrent importants en cas de fibrose avancée. Moins de 5% des cellules sont graisseuses 50 Foie sain Foie « gras » Foie avec NASH Foie avec une cirrhose avancée, tumeur cancéreuse Réversible Réversible Irréversible Plus de 5% des cellules sont graisseuses (stéatose) Stéatose, inflammation, grossissement et dans certains cas, fibrose Fibrose très avancée
51 alimentaires et d’hygiène de vie. « Adapter le mode de vie peut aboutir à de vrais résultats, explique Darius Moradpour. Promouvoir une vie saine reste une priorité. » Concrètement, MohammedBarigou guidera, en premier lieu, ses patients vers des mesures nutritionnelles (voir l’encadré ci-contre). En parallèle, ils devront avoir une activité physique régulière. « Il sera par exemple recommandé de faire, trois fois par semaine, une activité physique en aérobie (communément appelée cardio), de minimum 30 minutes ». PLUS DE 250 ESSAIS CLINIQUES Quand les mesures hygiénodiététiques ne permettent pas de freiner l’évolution de la maladie ou que celle-ci se trouve à un stade trop avancé, une solution médicamenteuse peut être envisagée. « Nous pouvons suggérer dans ces situations des traitements médicamenteux, notamment les analogues du GLP1, précise MohammedBarigou. Cette neuro-hormone sécrétée physiologiquement par le tube digestif présente des effets positifs sur le plan métabolique et réduit significativement le tissu adipeux viscéral. Plusieurs autres nouveaux traitements hormonaux semblent avoir des effets positifs. » En 2018, plus de 250 essais cliniques étaient en cours sur la NASH dans le monde, dont 74 lancés cette même année. CORPORE SANO PROSPECTION En Suisse, le Service d’hépatologie de l’Université de Berne et de l’Hôpital de l’Île (Swissliver) mène des études cliniques de phases II et III dans le domaine. « Des recherches sont actuellement conduites dans le monde entier afin d’identifier des médicaments pour traiter les patients souffrant de la NASH, indique son directeur, Jean-François Dufour. Même s’il ne s’agit encore que d’analyses intermédiaires, plusieurs molécules ont déjà montré des résultats positifs en phases II et III. Ces médicaments agissent, d’une part, sur le métabolisme en diminuant l’accumulation de graisse dans le foie, et, d’autre part, sur le tissu cicatriciel afin de diminuer le degré de fibrose du foie. » AGIR CONTRE LA NASH PAR L’ALIMENTATION Des mesures nutritionnelles et une activité physique régulière constituent les meilleures alliées d’un patient atteint d’une stéatohépatite non alcoolique. « L’objectif de la prise en charge est avant tout de réduire la graisse intrahépatique et viscérale, détaille MohammedBarigou, chef de clinique au Service d’endocrinologie, diabétologie et métabolisme du CHUV. Il s’agit en premier lieu d’éviter une alimentation riche en aliments à index glycémique élevé et en graisse, et d’augmenter la quantité de fibres alimentaires (légumes, fruits, céréales). » Il convient, en outre, d’éviter les produits à haute teneur en fructose. Peu cher, ce dernier est utilisé, parfois en grande quantité, dans les sodas et autres boissons sucrées, ainsi que dans les préparations industrielles. C’est d’ailleurs pour cette raison que la presse américaine a baptisé la NASH « maladie du soda ». « C’est un savant équilibre alimentaire à trouver. Les fruits, même s’ils constituent la principale source de fructose dans la nature, ne devront pas forcément être éliminés de l’alimentation car, en parallèle, ils sont une grande source de fibres alimentaires avec des effets bénéfiques prouvés sur le métabolisme. » Trouver d’autres marqueurs de la « maladie du foie gras » constitue le second champ de recherche actuel. « L’Université de Berne participe au projet européen LITMUS qui réunit une quarantaine de laboratoires publics et privés », cite Jean-François Dufour. Le but de ce consortium est de mettre au point des tests sanguins ainsi que des techniques d’imagerie qui permettent de diagnostiquer facilement une maladie de NASH, connaître sa gravité et suivre son évolution sans avoir à pratiquer de biopsies du foie. « Nous pouvons déjà mesurer l’élasticité du foie qui reflète le degré de fibrose, mais il nous reste encore à identifier le degré de souffrance et d’inflammation du foie. » Pour y arriver, près de 52 millions de francs ont été mis sur la table./



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