In Vivo n°18 sep à déc 2019
In Vivo n°18 sep à déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°18 de sep à déc 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre Hospitalier Universitaire Vaudois

  • Format : (170 x 230) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 11,7 Mo

  • Dans ce numéro : plongée au coeur d'un essai clinique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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MENS SANA COULISSES Marc Penaud, directeur général du CHU Toulouse, confirme l’importance de ce classement pour la réputation de l’établissement  : « Il donne une image positive de la qualité des équipes médicales et soignantes, de la qualité des organisations et de notre capacité à innover. » Par contre, l’hôpital ne se donne pas d’objectifs. « Nous ne travaillons pas en fonction de ce classement. Nous n’en maîtrisons d’ailleurs pas les critères d’évaluation », dit-il. Comme Newsweek, Le Point utilise plusieurs sources composées d’avis de patients, de données objectives et de recommandations des professionnels pour établir son classement. Concurrence accrue Marc Penaud nuance l’impact du classement en termes d’attractivité de l’hôpital comme employeur ou sur les partenariats externes  : « L’attractivité du CHU Toulouse vis-à-vis des professionnels et des patients est le fruit de nombreux facteurs, bien plus profonds que le classement. » Cependant, comme les universités, les hôpitaux se soucient de plus en plus de leur réputation. En Suisse, cette situation s’est accentuée avec la mise en place du nouveau financement hospitalier en 2012. Celui-ci stipule que 45% des prestations stationnaires des hôpitaux sont financées par les caisses maladie et 55% par les cantons, peu importe qu’elles soient fournies dans un hôpital public ou privé – instaurant ainsi une certaine concurrence. L’un des symboles de cette nouvelle donne a été le lancement en 2015 du comparateur des hôpitaux hostofinder.ch, qui 46 permet aux particuliers de choisir le « meilleur hôpital » en fonction de leurs besoins. Pour Anne-Geneviève Bütikofer, directrice de l’association H+ Les Hôpitaux de Suisse, les établissements helvétiques ont dû s’adapter  : « Ces dernières années, le marketing et la communication se sont professionnalisés dans les hôpitaux et les cliniques, gagnant ainsi en importance. Il existe également un besoin accru de transparence et d’information de la part du public. Les mesures de qualité et de sécurité des soins ainsi que les classements ne peuvent toutefois montrer qu’une partie du spectre d’activités d’un hôpital. Les hôpitaux et les cliniques sont par exemple trop différents dans leurs structures pour être comparés les uns avec les autres. » ⁄ 500 Le nombre de mentions dans la presse lorsque le CHU Toulouse a été élu meilleur hôpital de France en 2018.
DR Cardiologue français installé à New York au début des années 2000, Olivier Ameisen est ravagé par une dépendance à l’alcool. Plus que cela, il souffre d’une anxiété généralisée, d’un état de mal-être psychique profond. Aucune cure, aucun médicament n’a pu l’aider. Un de ses amis lui parle alors d’un cocaïnomane sauvé par un vieux médicament prescrit comme relaxant musculaire  : le baclofène. Le Dr Ameisen s’en administre et augmente massivement les doses. Il devient progressivement indifférent à l’alcool, ne ressent plus ce « craving », comme disent les Anglo-Saxons, qui constitue le symptôme cardinal de l’addiction. S’estimant miraculé, Olivier Ameisen milite pour que le médicament soit reconnu et rendu disponible pour le plus grand nombre. En 2008, il publie Le dernier verre, un immense succès de librairie, et au moment de sa mort, en 2013, quelque 30’000 alcooliques français sont sous baclofène. Olivier Ameisen a cru au médicament miracle et de nombreux autres ont suivi sur la seule foi de son témoignage, même si l’efficacité du baclofène reste très débattue chez les spécialistes et que sa prescription à haute dose a été temporairement interdite en France en 2017 en raison d’un risque accru d’hospitalisation et de décès. PROFIL Médecin interniste, spécialiste de la prévention et du traitement des addictions, le Prof. Jean-Bernard Daeppen dirige le Service de médecine des addictions du CHUV, rattaché au Département de psychiatrie. Il y a développé un concept novateur modifiant l’approche thérapeutique des addictions et privilégiant une approche fondée sur les principes de l’entretien motivationnel. MENS SANA CHRONIQUE 47 JEAN-BERNARD DAEPPEN Chef du Service de médecine des addictions du CHUV Petite histoire du baclofène Un simple médicament a-t-il pu sauver Olivier Ameisen ? Pour lui comme pour tant d’autres, l’alcool a allégé et aggravé ses angoisses, dans un cycle sans fin. L’alcool a d’abord été une tentative d’autotraitement d’une souffrance psychique tenace. À qui a profité le miracle du baclofène, ou cette idée que le craving est au centre de la pathologie addictive, et que s’il en est débarrassé, le malade retrouvera la possibilité de choisir ? À Olivier Ameisen sans doute, aux médias bien sûr, aux prescripteurs de la première heure, héros autoproclamés, aux premiers patients miraculés que les médias se sont arrachés. Au plus grand nombre de personnes traitées, certainement pas. L’alcool constitue une sorte de refuge pour ne pas penser, un refuge dans un psychisme qui fait mal. Par rapport à l’alcool, un anti-craving efficace permettrait de dépasser les limites sans craindre l’addiction. Mais il ne serait pas miraculeux pour autant. Dans tous les cas, il ne guérirait pas de la blessure psychique. À cet égard, la recherche sur l’efficacité des psychothérapies suggère que ce n’est pas tant la technique utilisée qui compte que la relation qui soigne  : une nouvelle figure qui permet de mettre en scène une nouvelle image de soi, où les expériences de changement deviennent possibles, où le choix d’une vie un peu meilleure est envisageable. C’est une bonne et une mauvaise nouvelle  : la mauvaise, c’est que le chemin de la guérison d’une blessure psychique est long, souvent escarpé, parfois sublime, tango d’enthousiasme et de doute. La bonne, c’est que les psychothérapies sont efficaces  : c’est une danse à deux, avec un partenaire qui supporte bien faux pas et pertes d’équilibre. Et si, au fond, ce qui avait permis au Dr Ameisen d’arrêter de boire dans les années 2000 était moins le baclofène lui-même que la croyance dans le médicament miracle, qui l’a fait se sentir moins seul ?/Pour lire l’intégralité de cette chronique  : www.invivomagazine.com



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